D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
O. KARAME REPART EN GUERRE CONTRE HARIRI
Le président Omar Karamé a repris sa campagne contre le Cabinet Hariri, après avoir observé une trêve, suite à la récente agression israélienne. Selon des milieux proches de l'ancien chef du gouvernement, celui-ci repart en guerre contre le président du Conseil, après avoir reçu des renseignements dont il ressort que M. Hariri soutient des personnalités tripolitaines et nordistes, les incitant à former une liste concurrente à celle que comptent constituer le président Karamé et M. Sleiman Frangié. Fait à signaler: M. Karamé n'a pas rendu visite à M. Hariri au lendemain de l'agression israélienne, comme l'ont fait MM. Frangié, Talal Arslan et d'autres opposants…
MERAABI: L'UNITE NATIONALE A PRESERVER
"Nous devons préserver l'unité nationale et la raffermir, pour faire face à la prochaine étape qui s'annonce difficile", a déclaré M. Talal Méraabi, député du Akkar. "Israël, observe-t-il, ne cesse d'entraver les efforts de paix dans la région, preuve en est qu'il suscite des difficultés retardant la formation du groupe de surveillance du cessez-le-feu, tout en réclamant le retrait de la FINUL, laquelle s'acquitte pourtant d'un rôle positif au Liban-Sud". Le parlementaire nordiste insiste sur la nécessité d'obtenir l'application de la résolution 425 du Conseil de Sécurité, en vertu de laquelle les forces internationales se sont déployées dans la zone frontalière. "Ceci, dit-il, est la responsabilité dudit Conseil, des Nations Unies, comme des pays arabes et amis". Enfin, M. Méraabi met l'accent sur la nécessité de maintenir la coordination entre Beyrouth et Damas, en vue de parvenir à une paix juste et globale, sur base du retrait des forces israéliennes des territoires arabes occupés, le Golan et le Sud libanais en tête.
LES CRAINTES DU PATRIARCHE PREOCCUPENT LES RESPONSABLES
S.Em. le cardinal Nasrallah Sfeir ne cesse de mettre en garde dans ses homélies dominicales et en recevant ses nombreux visiteurs, contre les "surprises désagréables" pouvant résulter de la manière si peu transparente qui caractérise l'action des responsables, en ce qui concerne la loi électorale sur base de laquelle seront organisées les prochaines législatives. L'éminent prélat ne cache pas son appréhension quant aux conséquences de l'inscription des nouveaux "naturalisés" dans des régions d'une même couleur, "ce qui, observe-t-il, risque de rompre l'équilibre démographique et de constituer la semence de mouvements séditieux à l'avenir". Sa Béatitude s'est étonné, d'autre part, du retard à élaborer la nouvelle loi électorale "qui devait être mise au point depuis longtemps". La dernière homélie du patriarche Sfeir retient l'attention des responsables qui semblent devoir agir aux fins de dissiper ses appréhensions.
NASRALLAH: IL N'Y A PAS DE GOUVERNEMENT
M. Hassan Nasrallah, secrétaire général du "Hezbollah", soutient que les violations à "l'arrangement du 26 avril 96" avaient eu leurs pareilles après "l'arrangement de juillet 93". "Le problème, dit-il, réside en ce que nous n'avons pas de gouvernement. Certes, nous entretenons de bonnes relations avec les ministres, mais nos rapports avec le président du Conseil laissent beaucoup à désirer".
LE MECANISME DES 425-426 RESTE LE MEILLEUR
"Le mécanisme défini par les résolutions 425 et 426 du Conseil de Sécurité pour pacifier la région frontalière, reste le meilleur", observe M. Farès Bouez, ministre des Affaires étrangères. "Ces résolutions, ajoute-t-il, prévoient le retrait israélien des portions du Sud que "Tsahal" occupe, en contre-partie de la sécurité et de la stabilité dans la partie méridionale du Liban où l'Armée libanaise se déploiera jusqu'aux frontières internationalement reconnues".
VERS LE PARTAGE DU MONT-LIBAN?
D'après des sources officielles et parlementaires, la tendance serait en faveur du partage du Mont-Liban de manière à dissiper les appréhensions de M. Walid Joumblatt, du fait du maintien de ce district en circonscription unique où l'électorat chrétien est majoritaire. Le cas du Mont-Liban serait toujours selon les sources mentionnées, tranché dans le cadre de la nouvelle loi électorale qui serait élaborée à la fin du mois prochain et ratifiée par la Chambre au cours de la session extraordinaire.
RADIO-LIBAN ENTRE LES OFFRES FRANÇAISE ET AMERICAINE
Le projet relatif à la grande station de Radio-Liban fait l'objet de deux offres, française et américaine. Le ministère de l'Information aurait opté pour l'américaine, dont le chiffre global est de 33,8 millions de dollars, alors que la française se monte à 25,6 millions, soit 8 millions de dollars en moins… On ignore, pour le moment, laquelle des deux offres l'emportera en définitive!
REPONSE NON EQUILIBREE
L'organisation pour le contrôle des droits de l'homme (Human rights watch) a accusé, la semaine dernière, Israël d'avoir répliqué à la menace militaire du "Hezbollah" d'une manière non équilibrée, ce qui a eu pour conséquence de semer la ruine, la désolation et la mort parmi les populations civiles au Liban-Sud. L'organisation mentionnée relève dans "l'arrangement du 26 avril" ayant mis fin aux affrontements, des lacunes graves, pour la raison "qu'il ne met pas les civils à l'abri des bombardements".
TENTATIVE D'UNIFICATION DE LA POSITION MARONITE...
MM. Farouk Abillama et le Dr Abdallah Zakhem ont effectué, cette semaine à Paris des contacts avec le général Michel Aoun, l'ex-président Amine Gemayel et Raymond Eddé dans le cadre des efforts qu'ils déploient aux fins d'unifier la position maronite envers les élections législatives. Par ailleurs, le "amid" Eddé a adressé un télégramme de félicitations au président Rafic Hariri, pour avoir démenti l'intention qu'on lui prête de vouloir poser sa candidature aux prochaines élections générales.
VISITES (PRE-ELECTORALES) DE N. BOUSTANY
Divers milieux suivent de près l'activité de Me Naji Boustany, surtout après les visites qu'il fit, la semaine dernière, à un certain nombre de personnalités officielles et spirituelles, entre autres: le président Hraoui, S. Em. le cardinal Nasrallah Sfeir et cheikh Fadlallah. Me Boustany a, également, fait parler de lui en assumant la défense des héritiers de cheikh Nizar Halabi auprès de la Cour de justice. Par ailleurs, le Club de tir de Deir el-Kamar a offert un dîner en son honneur, pour le remercier des services qu'il ne cesse de lui rendre.
JOUMBLATT CRITIQUE LES KHAZEN
Au cours de sa récente visite à Bkerké, M. Walid Joumblatt, ministre des Déplacés, n'a pas épargné de ses critiques M. Rouchaid el-Khazen, député du Kesrouan, et son frère, M. Haykal el-Khazen. Quand on lui a rapporté les paroles désobligeantes prononcées à son égard par M. Joumblatt, le parlementaire kesrouanais s'est contenté de dire: "Walid bey peut tout se permettre, car son père était notre ami"...
VERS LA FORMATION DE TROIS LISTES A BEYROUTH?
Un membre en vue de l'Assemblée prédit la formation de trois listes aux élections législatives dans la circonscription de Beyrouth, en précisant que seuls les sièges réservés à la communauté arménienne seront tranchés à l'avance, suite à un accord qui interviendra entre les partis dont ils se réclament. "Si, ajoute le même parlementaire, le président Rafic Hariri, en dépit de ses démentis, posait sa candidature dans la capitale, le nombre des listes électorales pourrait augmenter. "Dans le cas contraire, les chefs de listes devront s'ouvrir sur le chef du gouvernement et solliciter son soutien, parce qu'il est considéré comme l'un des "grands électeurs".
POURQUOI LA CHAMBRE N'A-T-ELLE PAS SIEGE FIN AVRIL?
Au cours de la réunion tenue récemment au domicile beyrouthin du président Omar Karamé, certains députés ont soulevé le fait pour la Chambre de n'avoir pas été appelée à siéger durant la récente agression israélienne. "La non-convocation de l'Assemblée nationale, ont-ils observé, a rendu perplexes les parlementaires auprès de leurs partisans d'autant que plusieurs parlements arabes avaient tenu des séances extraordinaires, afin de délibérer à propos des moyens à mettre en œuvre pour aider le Liban face à l'agression".
ON DIT...
- Qu'un haut responsable a promis à une instance spirituelle de poursuivre de près une affaire délicate auprès des départements ministériels et des organismes qualifiés.
- Qu'il serait question d'ajourner les législatives de six mois, en vertu d'un décret à prendre en Conseil des ministres, à… l'insu de la Chambre. De cette manière, le mandat de la présente législature serait prorogé sans embarrasser les députés…
- Qu'un diplomate occidental prédit la reprise des négociations de paix en juillet prochain, au cas où Shimon Pérès se maintient à la présidence du Conseil en Israël.
...EN RACCOURCI
- Le gouvernement a décidé de ne pas se faire représenter à une conférence devant tenir ses assises en Turquie, arguant qu'il se préoccupe de voir comment évoluera la conjoncture régionale dans les prochains mois.
- Une source parlementaire assure que le nombre des stations de télévision sera porté de six à dix tout au plus, sans fournir la moindre indication en ce qui concerne le nombre des stations radiophoniques.
OPINION
BKERKE A SON MOT A DIRE ET SON PRESTIGE
La troïka ne manque aucune occasion pour affirmer que les élections législatives auront lieu dans le délai constitutionnel; plus précisément, entre le 15 septembre et le 15 octobre, soit l'automne prochain. Les visiteurs des présidents Hraoui, Berri et Hariri leur attribuent des propos corroborant leur affirmation. Quant aux candidats éventuels, ils restent perplexes. Pourquoi? Parce qu'en dépit de tout, ils accueillent avec scepticisme les affirmations des responsables, parce que les précédents ne rassurent guère, aussi, prennent-ils leur disposition pour faire face à toutes les éventualités. Les opposants, eux, restent sur leur position. Ceux qui n'ont pas souscrit à l'accord de Taëf, s'abstiennent de participer à toutes les élections dans les circonstances présentes, à moins qu'elles soient organisées dans un climat de liberté et d'intégrité. Les autres opposants qui œuvrent dans le cadre de Taëf, appellent à la participation à l'opération électorale, qualifiant de criminel quiconque la boycotte. Toute élection se déroule conformément à un règlement qui définit les circonscriptions, les conditions à remplir pour poser sa candidature et conformément auxquelles l'électeur accomplit son devoir électoral. Au Liban, la loi électorale remonte à 1992; elle a été élaborée suivant les clauses de l'accord de Taëf et avait prévu des exceptions relatives aux circonscriptions. Mais il reste aujourd'hui des points en suspens qu'il importe de trancher sans plus de retard, le temps qui nous sépare du scrutin étant relativement court. Bien des voix s'élèvent réclamant une loi électorale juste et équilibrée, mais ces voix restent pratiquement sans écho, pour la raison que la scène politique est vidée de leaders charismatiques: les uns sont décédés et d'autres ont été éloignés du pays su se sont exilés volontairement. Mais le patriarche maronite "à qui la gloire du Liban a été donnée", tel que le rappelle l'inscription gravée à l'entrée du siège patriarcal, comble ce vide. Bkerké, il est vrai, est une instance spirituelle, mais est en même temps une instance nationale où se retrouvent les représentants de toutes les communautés qui forment la grande famille libanaise. Le patriarche maronite exprime des craintes qui sont celles de la paroisse libanaise et ne cesse d'insister sur la nécessité de les dissiper. Or, ce qui s'est produit ne rassure pas: il a approfondi la blessure au lieu de la panser, tout en faisant perpétuer le doute. Ainsi, on répartit les nouveaux naturalisés dans des régions où ils n'ont ni vu le jour ni vécu, ce qui perturbe l'équilibre démographique et sème les germes de nouvelles séditions à l'avenir. Ceux qui agissent de la sorte, imposent des conditions et des spécifications qui ne servent que des intérêts d'une fraction déterminée. Et ils continuent à parler de liberté, de démocratie et d'intégrité. Cela dit, pourquoi ceux qui partagent les vues de Bkerké ne se rencontreraient-ils pas au siège patriarcal, pour délibérer à propos de la conjoncture locale et des législatives qui semblent devoir se dérouler à l'ombre de l'actuel gouvernement, dont la plupart des membres poseront leur candidature, certains d'entre eux détenant des portefeuilles à travers lesquels ils ont la possibilité d'influer sur le cours du scrutin?
NADIM EL-HACHEM.