LA CHRONIQUE

QUELLE HEURE EST-IL EN ALGERIE?

Et d'ajouter: "C'est le discours évangélique des Béatitudes: "Heureux êtes-vous, quand on vous persécutera à cause de moi. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux"... La guerre est déclarée dès le début. L'humanité croyante, toute religion confondue, stupéfaite, indignée par l'assassinat des sept moines trappistes, en mission humanitaire en Algérie se demande: "Au nom de quel Dieu, cet acte barbare a-t-il été consommé?" Certes, ils ne sont pas morts, pour rien, sinon pour une noble cause, pour que la paix et la justice triomphent sur le mal, pour que l'Algérie se réconcilie avec elle-même. Malheureusement, dans ce tourbillon de violence, c'est la communauté chrétienne qui paie aujourd'hui le plus lourd tribut. On a peine à croire que l'esprit vindicatif propre aux intégristes soit capable de pareilles horreurs, dans un pays qui se veut gardien des libertés et de la tolérance.

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L'identité algérienne, jadis prise en exemple, est-elle aujourd'hui mise en cause? Dieu veuille qu'il n'en soit pas ainsi. C'est bien lamentable que ce pays dont l'amitié, nous est à plus d'un titre, chère et familière, soit acculé à se soumettre au diktat d'une minorité, jusqu'auboutiste affamée de sang et de vengeance! Quelle réponse donnera-t-il désormais, à ses interlocuteurs et à ses amitiés de par le monde? Une fois encore, la démocratie au corps défendant de ses principes est en mauvaise posture, en Algérie et ailleurs, prise, qu'elle le veuille ou pas dans le cyclone intégriste dont la véhémence semble ne pas avoir des limites faisant des victimes innocentes totalement étrangères au conflit qui menace non seulement l'Orient arabe, mas l'humanité entière et qui pour notre grand malheur, semble s'éterniser.

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Face à une Algérie qui s'entre-déchire au quotidien, l'opinion inquiète se demande: Le processus de réconciliation en Algérie, souhaité de tous nos vœux serait-il encore possible dans un climat aussi nébuleux, où couvent toutes les haines et les contraintes, sachant que le pouvoir dont est revêtu depuis novembre 1995, de la légitimité populaire le président Liamine Zéroual, - lui échappe au profit de la toute puissante nomenklatura militaire qui détient les rênes du pouvoir, prête à tout faire pour en conserver les pri-vilèges dans un pays à la dérive. Face à tous ces drames, à celui qui vient de se produire, peut-on faire confiance à l'actuelle caste politique algérienne, pour recouvrir l'identité d'un peuple avide de convivialité, de liberté? Les fondamentalistes du GIA et ceux qui l'ont précédé, fidèles à leur engagement, parviendront-ils, à imposer la "réislamisation forcée" d'Algérie? A l'heure où les hautes instances chrétiennes et musulmanes dans le monde, s'activent à endiguer ce foudroyant courant intégriste, faisant appel à la conscience universelle, à la musulmane en particulier à non seulement condamner solennellement ces actes de barbaries d'un autre âge, ces spéculations qui se font au nom d'une fausse foi, l'univers croyant s'inquiète à bon droit! Qui, en définitive, sera l'artisan de la paix en Algérie, le président Zéroual, les pays du Maghreb, l'Occident, la France première concernée dans la crise algérienne, la Ligue arabe, la communauté internationale dont l'impuissance s'avère de plus en plus évidente? Les ratés de la dernière heures prendront-ils la relève au détriment de tous?

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La situation opaque qui prévaut en Algérie est dangereuse. Elle est dangereuse pour la paix et la sécurité de ce pays, pour la liberté du culte plus que jamais menacée. Elle est dangereuse surtout pour la Cité, qui se laisse constituer d'une façon inconsciente et inhumaine. L'Algérie, à l'orée du troisième millénaire, va-t-elle demeurer, à la merci d'une fureur fanatique qui n'épargne personne, quel que soit le sang versé? Qui, en définitive, battra en brêche, ce courant intégriste destructeur, à ne pas confondre surtout avec l'Islam modéré clément et tolérant? Qui empêchera enfin, ce genre fallacieux d'endoctrinement religieux qui malheureusement fait école, "au nom du Dieu, clément et miséricordieux? C'est aux Algériens qu'il incombe de réfuter énergiquement tous ces mensonges et ces faussetés qui se trament et s'éxécutent à leur insu, et ce, en recourant aux vraies sources de l'Islam. Car la première loi de l'Histoire, est de ne pas mentir, et la seconde, de ne pas craindre de professer sa foi. Il y va de leur honneur et de leur foi en eux-mêmes et en Dieu. La prière est-elle devenue elle aussi un problème politique?

José M. LABAKI.