EDITORIAL

Par Melhem KARAM
LA SECURITE L'A EMPORTE SUR LA PAIX
Nous avons écrit le précédent article avec l'idée que le candidat pour lequel le monde a voté pourrait ne pas être élu par les juifs israéliens... Et que celui qui a tué nos compatriotes par son opération "Grappes de la colère" n'est pas cher à notre coeur et ne peut l'être. Que fera Pérès? Se relèvera-t-il après sa chute.., ne se relèvera-t-il pas... Renoncera-t-il à la politique ou pas? C'est son problème. Quelqu'un ' parmi les modérés le remplacera-t-il à la tête du parti du "Travail"... Ou quelqu'un pareil à Ehud Barak occupera-t-il le siège du ministre des Affaires étrangères en portant le "kaki" sous la "redingote"? C'est le problème du parti. Nous devons savoir quant à nous qu'Israël est Israël. Que la paix avec lui, en tant que peuple et entité, est une question longue et difficile. Il suffit à un gouvernant d'apparaître sous une image qui n'est pas la sienne... ou différente de son image pour pouvoir prendre sa décision... Cette falsification dans le faciès du gouvernant, suffit pour connaître l'état d'âme des gens. Le grief retenu contre Yitzhak Rabin est qu'il a fait montre de facilité avec les Palestiniens... Et avec les Arabes. Pourtant, Rabin a frappé l'Intifada... des pierres comme aucun Israélien n'a frappé les Arabes auparavant. Et Rabin a écrit les textes du régime d'autonomie de manière que ce pouvoir ne soit ni un pouvoir, ni autonome. Puis, Rabin ne s'est retiré que de Gaza et Jéricho. Après lui, Pérès s'est retiré de honte... Un pas en avant, un pas en arrière. Comme si en agissant de la sorte, il regardait ceux qui observaient son action et son comportement, réalisant que ce qu'il accomplissait n'était pas acceptable de leur part. Ceci est la pire attitude. Que le gouvernant soit d'un côté et les gens d'un autre, se sentant étrangers l'un de l'autre. Ainsi, il fait passer ses comportements d'une manière furtive et gouverne subrepticement., Le pouvoir de l'esquive fut celui de Rabin... Spécialement après lui celui de Pérès. Shamir s'est rendu contre son gré à Madrid. Par la force et a été emporté par le nouvel ordre mondial... George Bush enlaçant Boris Eltsine... Les deux parrains - les parrains de la paix... entraînant l'Orient et l'occident... Une partie de l'Occident ayant accepté Oslo, parce qu'elle n'en a pris connaissance entièrement qu'après la proclamation de l'accord. Israël... Israël du peuple juif... ne veut pas la paix. C'est pourquoi, il a voté comme il a voté. Est-ce pour cela que Netanyahu a été élu... parce qu'il garantit la paix et la sécurité? Non, plutôt parce qu'il donne davantage l'impression de garantir la sécurité...
Au début de leur régime, les communistes ne considéraient pas que la loi socialiste avait triomphé, mais que le socialisme l'avait emporté sur la loi. Le Likoud et les partis religieux n'ont pas considéré la victoire du Likoud comme une victoire de la sécurité... Mais comme la victoire de la sécurité sur la paix. Nous formons partie des gens de la paix. D'autres que nous s'asseoient à la table de la paix... et allument le feu de la guerre. Les événements d'avril dernier en donnent la preuve. Tout cela est du passé. Qu'en est-il du présent... et, surtout, de l'avenir? Des choses doivent être dites. La première est que celui qui a réalisé un acquis sort, immanquablement, des promesses qu'il a faites. Il doit dans la première phase de son pouvoir, s'en tenir à ses promesses. La seconde est qu'Israël n'est pas une île, mais est ouverte à toutes les orientations... et à tous les vents. Le Pouvoir en Israël sait qu'il n'est pas ferme et stable. Aucun pouvoir au monde ne peut s'isoler autant. Même le pouvoir des grandes puissances, ne peut s'entourer d'une clôture pour se prémunir contre les mouvements et les interférences. En plus du fait que le grand principe ne tolère aucune opposition, parce qu'ainsi il s'impose. D'où le mérite de la loi. Avec elle, le terrorisme est rejeté par tous, surtout par ceux qui le distinguent de la résistance. La discrimination raciale est rejetée par tous et, en revanche, la paix unanimement admise.
Il importe dans tout ce tapage qu'une place reste au "si", à travers lequel interviennent des considérations inadmissibles. La paix, oui... dit le Likoud. Dès maintenant? Non, depuis la bataille électorale. Mais... quelle paix? La paix des colonies, de la terre d'Israël dont Jérusalem est la capitale éternelle? Quelle paix? La paix rejetant les concessions... Comme si, une fois de plus, le droit a été restitué à son propriétaire qui y aurait renoncé. L'impression générale est que la paix s'est éloignée. Elle n'est pas tombée? Non, parce que le monde s'y est engagé. Puis, qui sait? D'aucuns disent que les extrémistes sont plus aptes à rédiger les pactes de paix que les modérés. Les modérés sont plus capables dans les négociations... parce qu'ils sont plus faciles au dialogue. Les extrémistes sont plus capables de conclure les pactes... parce qu'ils sont plus enclins à signer. Ces paroles s'appliquent à l'ensemble du peuple israélien. Est-il prêt à supporter la responsabilité du rejet de la paix?