D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
POUR RESTAURER LES MAISONS ENDOMMAGEES
Après la dernière agression israélienne, les habitants du Liban-Sud et de la Békaa ouest qui ont réintégré leurs villages, se préoccupent de restaurer leurs maisons. Aussi, réclament-ils le déploiement de l'armée pour assurer leur protection. Ils insistent, aussi, sur l'aménagement d'abris pour pouvoir s'y réfugier en cas de nouvelle attaque israélienne. Fait à signaler: le Conseil du Sud a payé 10 pour cent du montant des indemnités devant être versées pour chaque maison détruite, les dégâts ayant été évalués par une équipe du service de génie de l'armée libanaise. Les sinistrés constatent, non sans étonnement, que les organismes officiels qualifiés ont procédé à la réparation des canalisations d'eau et des lignes électriques avec une célérité extraordinaire, alors qu'ils prennent leur temps pour venir en aide aux villageois dont les demeures sont devenues inhabitables.
AUTOUR DU SALON D'HONNEUR DE L'AIB
Le fait pour la direction de l'aéroport international de Beyrouth d'avoir ouvert le salon d'honneur à l'occasion du voyage d'un député, en l'occurrence M. Jokhadarian, a suscité un problème ayant nécessité la fermeture de ce salon. Mis au courant de l'affaire, le président Nabih Berri l'a soulevée lundi au cours de la réunion du bureau de l'Assemblée. Après délibérations, décision a été prise de recommander que le salon d'honneur ne soit ouvert que pour les délégations officielles et les membres de l'Assemblée chargés d'une mission par la deuxième présidence, sans que les familles des députés puissent bénéficier de ce "privilège".
YOUNES AVEC L'OPPOSITION MAIS CONTRE LE BOYCOTTAGE
Tout en se montrant favorable à l'action de l'opposition, "nécessaire dans le régime démocratique", M. Manuel Younès, député de Batroun, se dit opposé au boycottage des législatives. "La différence entre l'opposition et le boycottage, dit-il, est que la première émane du doute quant à la capacité des gouvernants de gérer les affaires publiques, alors que le second traduit le doute quant aux fondements de l'Etat, autrement dit dans les institutions et non les hommes chargés de les diriger. "Or, l'Etat est la première institution dans l'histoire de la civilisation, sans lequel aucune réforme n'est possible.
PLUS IMPORTANT QUE LES ELECTIONS
Au cours d'une visite qu'il fit, lundi dernier, à S.Em. le cardinal Nasrallah Sfeir, M. Gebrane Tok, ancien parlementaire, a soulevé la question des législatives et, surtout, de la loi sur base de laquelle le scrutin devra se dérouler. "Il aurait été préférable que les élections aient lieu sur base du caza, dit M. Tok. Mais si nous avons accepté qu'elles se déroulent sur base du mohafazat, c'est parce que nous souhaitons voir se réaliser une plus grande intégration sur le plan national. "Quant à dire que l'intégration doit se réaliser au Liban-Nord, au Liban-Sud, à Beyrouth, dans la Békaa et non au Mont-Liban, c'est un fait inacceptable. J'ai dit à Sa Béatitude que chaque région a ses particularités, mais il n'est pas sage de boycotter le scrutin, pour n'importe quel motif. "Les élections sont importantes, conclut M. Tok, mais le plus important est que des éléments aptes à assumer des charges parlementaires et à servir le peuple puissent accéder au parlement, dans l'intérêt des citoyenss et de la patrie".
RENCONTRE
A ANTELIAS DES DIGNITAIRES RELIGIEUX ORTHODOXES
S.S. Aram 1er, catholicos de Cilicie; S.S. Shenouda III, patriarche des Coptes et Zakka Iwas 1er, patriarche de l'Eglise syriaque se sont rencontrés au siège du catholicossat d'Antélias, à l'occasion du congrès sur Jérusalem. Les trois dignitaires religieux ont échangé les vues sur le rôle de l'Eglise orthodoxe orientale au sein du Conseil mondial des Eglises et du Conseil des Eglises du Moyen-Orient, sous l'angle de leurs relations avec les Eglises sœurs et de leurs efforts destinés à unifier l'Eglise chrétienne. Ils se sont engagés à poursuivre leur action commune à cet effet dans les divers domaines au Moyen-Orient et à l'étranger.
BOUEZ OPTIMISTE...
M. Farès Bouez, ministre des Affaires étrangères, juge édifiante pour le Liban l'organisation des élections générales en Israël. "Les déclarations de personnalités officielles, ajoute-t-il, portent à l'optimisme, quant au déroulement du scrutin chez nous dans le délai constitutionnel. Ceci ne peut que réjouir les Libanais, car l'organisation des législatives contribue à la consolidation de la vie démocratique". Par ailleurs, le chef du palais Bustros a qualifié le projet de loi électorale "d'anti-constitutionnel", pouvant perturber l'unité nationale et revêtir l'aspect d'une provocation à des fractions déterminées du peuple. "Bkerké n'approuve pas un tel projet, ajoute-t-il, mais je doute que le cardinal-patriarche appelle ses coreligionnaires à boycotter le scrutin, à cause des résultats négatifs du boycottage, tel qu'il a été pratiqué en 1992."
HRAOUI: NOUS DEMANDONS AUX ETATS ARABES LEUR SOLIDARITE
"Le Liban ne veut des Etats arabes frères que de lui manifester leur solidarité et s'ils désirent contribuer à le remettre sur les rails, le pays a besoin de 25 milliards de dollars pour reconstruire ses régions dévastées par la guerre". Par ailleurs, le chef de l'Etat a réitéré sa demande relative au retrait de "Tsahal" de la région frontalière. "Dans ce cas, assure-t-il, l'armée libanaise prendra à sa charge la tâche de pacifier le Liban-Sud. Nos forces régulières pourront, alors empêcher toute opération anti-israélienne en direction de nos frontières internationalement reconnues".
K. EL-ASSAAD: "LA LOI ELECTORALE, UNE MASCARADE"
Le président Kamel el-Assaad a qualifié le projet de la nouvelle loi électorale de "mascarade" et dénoncé le fait, pour le gouvernement, d'avoir fusionné les districts du Liban-Sud et de Nabatieh. L'ancien chef du Législatif a fait part, d'autre part, de son intention de poser sa candidature aux prochaines législatives. Il l'a affirmé en sa résidence de Kfartibnite, en présence de M. Oueydate, ancien député, et de plusieurs membres du Parti social démocrate dont il est le leader. "Je m'oppose à la séparation du cordon frontalier et de Jezzine des autres régions sudistes, dans l'intention de ne pas y organiser les élections générales, celles-ci devant y avoir lieu sous la supervision d'un organisme international, sans aucune interférence de la part de l'ennemi israélien", a-t-il conclu.
CHAMSEDDINE:
LES LEGISLATIVES, UNE NECESSITE
Cheikh Mohamed Mahdi Chamseddine, président du Conseil supérieur chiite, a déclaré: "Les chiites ne disposent pas d'un projet politique ou de toute autre nature, en dehors de l'Etat libanais. "Cependant, ils demandent à l'Etat de ne pas renoncer à l'autorité de la loi et de ne permettre à aucun citoyen d'aliéner sa volonté à une instance extérieure, quelle qu'elle soit". Des élections législatives, le dignitaire religieux a dit qu'elles constituent une nécessité pour le Liban et s'est prononcé en faveur de l'adoption du diistrict (mohafazat) en tant que circonscription électorale.
ON DIT...
- Des membres d'une sous-commission chargée de statuer sur un projet de loi d'un caractère déterminé, ont été surpris par les propositions que certains de leurs collègues ont présentées à titre personnel…
Des députés de la présente législature et d'anciens parlementaires ont entrepris leur campagne électorale, comme s'ils ne devaient faire partie d'aucune liste et se présenter en tant que représentants d'une "troisième force"…
- Qu'un député se réclamant d'un parti, n'écarte pas la possibilité pour les membres de l'Assemblée de donner leur accord en vue de la prorogation du mandat du parlement pour quatre ans et de n'accepter aucune reconduction de ce mandat pour une période inférieure.
...EN RACCOURCI
- Le gouvernement a transmis à la Chambre le projet de loi relatif à la clôture des comptes du budget de l'année écoulée et de ses annexes. Fait à signaler: c'est la première fois depuis 1971 qu'un tel projet est déposé sur le bureau de l'Assemblée dans le délai règlementaire.
- Des instances politico-financières ont conseillé à un détenteur de capitaux, de ne pas convertir ses économies (en livres libanaises) en devises étrangères, en dépit de tout ce qui se passe dans la région proche-orientale, de crainte qu 'il subisse de lourdes pertes.
OPINION
CE QU'IL EST DEMANDE DU SOMMET ARABE
Les préparatifs du sommet arabe du Caire se poursuivent activement, depuis la rencontre tripartite ayant réuni à Damas les présidents Assad, Mobarak et le prince héritier Abdallah d'Arabie séoudite, représentant S.M. le roi Fahd. Les dirigeants arabes attachent beaucoup d'importance à ce sommet, car il sera un tournant historique dans le processus en cours au Proche-Orient. D'autant que rien ne porte à l'optimisme quant à l'avenir, à l'ombre des développements au plan régional. Surtout après la mise sur pied du gouvernement de Benjamin Netanyahu, dont le moins qu'on puisse dire est que c'est le Cabinet le plus extrémiste dans l'His-toire d'Israël depuis sa création jusqu'à ce jour. Ainsi, les nouveaux ministres israéliens ont troqué l'appellation "Autorité palestinienne" contre le terme Palestiniens. A leur avis, il faut passer outre à l'étape transitoire et insister sur la colonisation, même sur le Golan et dans la vallée du Jourdain, non seulement en Judée-Samarie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. De plus, ils s'opposent à échanger la terre contre la paix, partant du fait que le Golan est une région vitale pour la sécurité d'Israël, susceptible de garantir ses ressources hydrauliques, "tout accord avec la Syrie devant maintenir la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan". Le programme gouvernemental du "Likoud" fait état, également, des orientations du Cabinet Netanyahu "qui agira aux fins d'éliminer toutes les menaces à la sécurité des habitants dans la région-nord de l'Etat hébreu et de sa détermination à conserver Jérusalem en tant que "capitale éternelle unifiée" non sujette à division; toute action allant à l'encontre de ce principe sera interdite". A la lumière de ces faits et de ces données, nous ne pouvons que dire: "Il est regrettable que le sommet arabe ne soit pas le plus élargi possible et ne se tienne que pendant deux jours, au lieu d'une semaine, au cours de laquelle il serait procédé à l'étude des moyens à mettre en œuvre pour relever tous les défis. Il est demandé au sommet arabe, dans cette étape, de parvenir à une décision politique tenant lieu d'acte de foi dans la solidarité arabe, laquelle constitue la pierre angulaire dans l'édification de l'avenir. Ainsi, nous pourrons nous préserver contre tous les périls. Car les expériences nous ont donné beaucoup de leçons dans ce domaine et il est à déplorer que nous n'avons pas su en profiter. La solidarité interarabe une fois scellée, les participants au sommet devront: 1- bloquer les accords signés jusqu'à ce jour avec Israël et arrêter toute négociation bilatérale avec l'Etat hébreu. 2- Le sommet est appelé à former un secrétariat général pour assurer la coordination entre les Etats membres de la Ligue, en prévision d'éventuelles négociations avec notre voisin du Sud; 3- jeter les bases de nature à favoriser la création d'un marché arabe commun pour faire face au projet moyen-oriental en faveur duquel œuvre Israël, afin d'exercer son emprise sur la région dans son ensemble et, partant, d'accaparer ses riches-ses naturelles. En bref, nous attendons des initiatives décisives rapides de la part du sommet du Caire, pour pouvoir tenir tête à Netanyahu, qui laisse prévoir une nouvelle étape de violence et de perdition.
NADIM EL-HACHEM.