SOUS-PRESSE
L'ATTENTAT MEURTRIER DE DAHRAN PREND DE SURPRISE LES AMERICAINS!
Après l'explosion, une vision du cratère
Un camion chargé semble-t-il de 2.500kgs d'un très puissant explosif a sauté, mardi, à 21h55, sur la base aérienne de Khobar près de Dahran. Le camion piégé n'a pas réussi à pénétrer dans l'enceinte protégée de la base mais la déflagration a néanmoins éventré un immeuble de huit étages et creusé un cratère d'une dizaine de mètres de profondeur et de vingt mètres de large. L'explosion a été d'une violence inouïe. La TV séoudienne en a montré mercredi les images, notamment l'immeuble totalement éventré et des véhicules américains calcinés, alors que les artificiers tentaient de rassembler les débris susceptibles de leur permettre de trouver une piste et d'arrêter les auteurs présumés. Parmi les 386 blessés figurent 147 séoudiens, 118 Bengladeshis et 109 Américains selon les premiers bilans.
Devant l'immeuble éventré
L'Arabie Séoudite a offert une récompense de 10 millions de ryals à toute personne qui donnerait des indications sur les auteurs de l'attentat. Dans la nuit de mercredi un mouvement inconnu se réclamant de l'appartenance à "La Légion du martyr Abdallah El Houzaïfi" a téléphoné au journal "Al Arab" dont le siège est à Londres et annoncé que d'autres attaques seraient perpétrées si le gouvernement séoudien n'expul-sait pas les troupes étrangères. Mais qui est Houzaïfi? C'est simplement l'un des quatre hommes arrêtés et décapités, après l'attentat de novembre dernier. Pour divers milieux diplomatiques à Ryad, les intégristes et notamment les "Afghans" apparaissent de nouveau comme les plus logiquement responsables de l'attentat. Des 10.000 qui ont combattu en Afghanistan, la moitié étaient séoudiens - dont vraisemblablement beaucoup sont revenus dans leur pays d'origine en zélateurs d'un Islam radical et violent. Il s'agit du deuxième attentat contre des intérêts américains en l'espace de huit mois, qui les a pris totalement par surprise. "Ce nouvel attentat, a déclaré l'ambassadeur U.S. à Ryad est une claire indication que les règles ont changé et que l'Arabie Séoudite est tout aussi vulnérable que n'importe quel autre pays à une attaque terroriste." Quant aux réactions, celle de Bill Clinton en premier: "Les lâches qui ont commis cet acte meurtrier ne doivent pas rester impunis. D'ici quelques heures une équipe de FBI sera dépêchée là-bas pour assister les autorités dans l'enquête. Nous remercions les autorités séoudiennes pour leur progressionnalisme dans leurs réactions à l'explosion et nous sommes prêts à travailler avec eux..." Et celle de Warren Christopher accouru en catastrophe: sur les lieux de l'attentat, "Que les pêcheurs en eau trouble ne se fassent pas d'illusion. Nous continuons de croire que le Royaume est fondamentalement stable. Et que cette situation ne menace en aucun cas le régime". Par ailleurs, d'autres réactions indignées, ne se sont pas fait attendre. Celle du Premier libanais Rafik Hariri qui a condamné au nom du gouvernement et en son nom l'attentat: "Le Liban qui est passé par là, est conscient du fait de l'importance d'une action commune pour éviter ce genre d'opérations et d'empêcher les terroristes d'atteindre leurs objectifs. " Celle du président Hafez el-Assad qui a exprimé la condamnation de la Syrie et adressé ses condoléances au président Bill Clinton et aux familles des victimes. Le Qatar, le Koweit, les Emirats arabes unis Bahrein et Oman ont eux aussi énergiquement dénoncé l'attentat. Des condamnations similaires ont été formulées par le président Chirac, par la Russie et par le Conseil de Sécurité - dans des messages au président Clinton ainsi qu'au roi Fahd, réaffirmant s'opposer fermement à tous les actes de terreur d'où qu'ils viennent.
Une photo
d'archive montrant des fantassins US débarquant d'un super-Galaxy sur la
base de Dahran; lors de la guerre du Golfe en 1990.
C.E.H.