55e CONSEIL EUROPEEN A FLORENCE
LA "VACHE FOLLE" N'EMPOISONNERA PLUS L'EUROPE
Romano Prodi, Premier ministre italien accueillant M. John Major, chef du gouvernement britannique...
Une réunion préliminaire, deux jours plus tôt, des experts du Comité vétérinaire de l'Union européenne avait déjà annoncé la couleur. Le plan adopté à l'unanimité a permis la conclusion d'un accord entre John Major et ses pairs continentaux, lors du 55e Conseil européen qui a réuni les 21 et 22 juin à Florence 15 chefs d'Etats et de gouvernement. En échange de la levée progressive de l'embargo sur l'exportation de la viande bovine britannique, en vigueur depuis le 27 mars, le Royaume-Uni met fin à sa politique de non-coopération et de blocage au niveau des institutions européennes. Désormais, la "vache folle" qui risquait d'empoisonner ce sommet et toutes les rencontres ultérieures, n'est plus au menu du jour, bien que le problème de fond ne soit pas véritablement tranché et qu'il faille encore emprunter un long parcours pour éliminer les sources et risques de contagion de l'encéphalite spongiforme bovine. La Grande-Bretagne qui a plus que jamais besoin de l'assistance financière de l'Union (850 millions d'écus seront partagés entre les éleveurs bovins européens), devrait procéder à l'abattage de près de 150.000 bêtes représentant une source potentielle de contamination. Le Comité vétérinaire de l'UE ainsi qu'un comité de scientifiques suivront, étape par étape, le plan d'éradication mis en application par les Britanniques. A la suite de quoi serait autorisée l'exportation de viande bovine. Le chemin est encore semé d'embûches. N'empêche que John Major a crié victoire et que les Quinze ont affiché une satisfaction de commande. Enfin, ils étaient libérés pour se pencher sur divers dossiers de premier plan: "l'Europol", future police européenne, le passage à la monnaie unique prévu pour le 1er janvier 1999, l'emploi, la révision du traité de Maastricht. Ce dernier sujet étant le pivot central des discussions européennes enclenchées en mars dernier à Turin et devant trouver leur épilogue au printemps 1997. Auparavant, elles auront été à l'ordre du jour d'un sommet informel en octobre à Dublin.
... et s’entretenant avec le président Chirac.
LA SITUATION EN BOSNIE
Les Quinze ont, en outre, abordé la situation en Bosnie, les élections russes et le processus de paix au Moyen-Orient. A ce sujet, une déclaration en huit points a redéfini la position du Conseil européen sans aucune équivoque: "Le Conseil européen réaffirme avec force que la paix dans la région du Moyen-Orient constitue une question d'intérêt fondamental pour l'Union européenne. Le processus de paix est la seule voie conduisant à la sécurité et à la paix pour Israël, les Palestiniens et les Etats voisins. L'Union européenne demeure résolue à le soutenir. De même que les co-parrains, l'UE aspire à ce qu'Israël et ses voisins puissent vivre à l'intérieur de frontières sûres, reconnues et garanties et que les droits légitimes des Palestiniens soient respectés. "L'UE encourage, également, toutes les parties à s'engager de nouveau dans le processus de paix, à respecter et à mettre pleinement en œuvre tous les accords déjà conclus et à reprendre les négociations dès que possible sur la base des principes déjà acceptés par toutes les parties dans les cadres de Madrid et d'Oslo. Ceux-ci englobent toutes les questions sur lesquelles les parties ont accepté de négocier, y compris Jérusalem, compte tenu de l'importance qu'elle revêt pour les parties et la communauté internationale, notamment de la nécessité de respecter les droits établis des institutions religieuses. "L'UE rappelle les principes essentiels sur lesquels devrait se fonder le succès des négociations. Ces principes ont été consacrés par les résolutions 242, 338 et 425 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les principes clés-l'autodétermination pour les Palestiniens avec tout ce que cela implique, et l'échange de la terre contre la paix - sont essentiels à l'instauration d'une paix juste, globale et durable..."
Une manifestation pour la démocratie dans une rue de Florence.