NOTRE COUVERTURE
RASSEMBLANT LA GRANDE FAMILLE ARABE (SANS SADDAM HUSSEIN)
Vue d'ensemble des souverains et chefs d'Etat arabes assis autour d'une table en forme de bateau.
LE SOMMET FAIT ASSUMER A ISRAEL LA RESPONSABILITE D'UN EVENTUEL TORPILLAGE DU PROCESSUS DE PAIX
Le président Hafez Assad et, à sa gauche, le président soudanais Al-Bachir. On reconnait derrière le chef de l'Etat syrien, MM. Abdel-Halim Khaddam, vice-président, et Farouk el-Chareh, ministre des Affaires étrangères.
La grande famille arabe divisée par Rabin et, après lui, par Pérès a été rassemblée par Netanyahu. En effet, si l'on excepte le président Saddam Hussein - qui n'a pas été invité par le président Hosni Moubarak, afin de ne pas indisposer les émirats du Golfe, le Koweit en tête - les Etats membres de la Ligue se sont rapprochés et ont passé l'éponge sur leurs litiges, après plusieurs années de rupture. Ainsi, le Raïs a donné l'accolade au maréchal Omar el-Bachir (Soudan); celui-ci a été accusé d'accorder l'asile aux éléments ayant attenté à la vie du président Moubarak, au moment où il se rendait à Addis Abéba, l'an dernier, pour participer au sommet africain. Le président Hafez Assad a mis une sourdine au ressentiment qu'il éprouvait depuis le jour où Abou-Ammar prenait ses distances du "front du refus", en signant un accord séparé (celui d'Oslo) avec l'Etat hébreu et a même invité le chef de l'Autorité palestinienne à Damas. Le chef de l'Etat syrien a, également, échangé une chaleureuse poignée de main avec le roi Hussein, bien que les rapports entre la Syrie et la Jordanie n'étaient pas, ces derniers temps, au beau fixe, le souverain ayant insinué, dernièrement, que des éléments séditieux venus des bords du Barada, projetaient de fomenter des troubles à Amman... Les deux hommes se sont promis de maintenir le contact, à l'effet d'assainir le climat interarabe, à commencer par le leur propre.
MISE EN GARDE A NETANYAHU
Voici pour les réconciliations. Quant aux travaux du sommet, ils se sont concentrés, comme on s'en doute, sur le processus de paix et, surtout, sur les conditions conformément auxquelles les négociations devraient reprendre avec l'Etat hébreu. Les Arabes ont conditionné leur reprise à l'engagement par M. Benjamin Netanyahu, nouveau Premier ministre israélien, de respecter le "principe de la terre contre la paix", tel que proclamé par la conférence de Madrid, en présence d'un ancien chef du Likoud, Yitzhak Shamir et du même Netanyahu qui était, alors le porte-parole de la délégation israélienne. D'autre part, ils ont lancé un appel à la communauté internationale et, en tout premier lieu, aux "parrains", leur demandant d'œuvrer aux fins de contraindre Tel-Aviv à respecter les accords déjà conclus et à ne rien faire qui puisse compromettre le processus de paix. Le communiqué final dont la rédaction a nécessité de laborieux conciliabules, peut être considéré comme un compromis: ceci était vital, pour ne pas raviver les dissensions et, partant, provoquer l'échec de ces assises, les premières à ce niveau depuis six ans. Le comité de rédaction est parvenu à dégager un dénominateur commun ayant rallié l'unanimité des souverains et chefs d'Etat présents. Tout compte fait, ce sommet a permis les grandes retrouvailles qui, si elles ne créent pas une nouvelle, dynamique ou ne favorisent pas une action commune, contribuent à assainir les relations interarabes. L'Egypte, quant à elle, récupère son ancien rôle de "cœur battant" de l'arabisme - en même temps que Damas - la décision relative au sommet ayant été prise lors d'une réunion à trois - Assad - Moubarak - prince Abdallah d'Arabie séoudite - tenue dans la capitale syrienne. Enfin, le but essentiel de ces assises a été atteint. De fait, la position des Arabes a été consolidée dans le processus de paix et ceux-ci réaffirment leur attachement indéfectible aux principes à la base de ce processus. Les questions épineuses qui auraient pu donner lieu à des débats enfiévrés, susceptibles de torpiller la rencontre, ont été réglées sur base de compromis, entre autres: la normalisation avec Israël, les attentats à Bahrein et l'accord de coopération militaire israélo-turc. En ce qui concerne ce dernier point, la Turquie n'a pas été condamnée, mais l'inquiétude de Damas a été prise en considération.
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1) Les couleurs nationales des pays participants flottant à l'entrée de l'édifice où le sommet arabe a tenu ses assises.
2) Le président Moubarak a rétabli le contact entre le président Hafez Assad et M. Yasser Arafat, chef de l'Autorité palestinienne, en froid depuis la signature par Abou-Ammar d'un accord séparé avec Israël.
3) Vigoureuse poignée de mains entre le président libanais M. Elias Hraoui et le secrétaire général de la Ligue arabe M. Esmat Abdel-Majid.
4) Le prince héritier du Koweit, cheikh Saad el-Abdallah As-Sabah, descendant d'avion à l'aéroport du Caire.
LES GRANDES LIGNES DE LA "DECLARATION DU CAIRE"
Voici, par ailleurs, les grandes lignes de la "Déclaration du Caire", consignant les délibérations du sommet et ses résolutions: Les dirigeants arabes affirment qu'une paix juste et globale nécessite 1): le retrait d'Israël de tous les territoires occupés, y compris Jérusalem, la reconnaissance au peuple palestinien de son droit à l'autodétermination et à la création d'un Etat indépendant ayant la Ville sainte comme capitale; 2) Le retrait israélien du plateau du Golan jusqu'à la ligne du 4 juin 1967, du Liban-Sud et de la Békaa ouest, en application des résolutions internationales (242,338 et 425); 3) l'aboutissement des négociations à une paix juste et globale qui constitue un choix et un objectif stratégiques; 4) Le processus de paix doit aboutir au recouvrement des droits arabes et à la récupération des territoires occupés; garantir une sécurité équilibrée et équitable pour tous les pays de la région. Le communiqué final soutient que toute initiative de la part d'Israël de nature à compromettre le processus de paix, l'Etat hébreu en assumera seul l'entière responsabilité. Les dirigeants arabes affirment leur attachement aux résolutions internationales bannissant la reconnaissance des situations résultant des colonies de peuplement dans les territoires occupés, car il s'agit d'une mesure nulle et non avenue. Aussi, exigent-ils l'arrêt de toutes les activités de peuplement israélien sur les hauteurs du Golan et dans les territoires palestiniens occupés et le démantèlement de ces colonies. Par ailleurs, ils rejettent tout changement de l'aspect et du statut juridique de la Ville sainte (Jérusalem est) et soulignent "qu'aucune solution au conflit israélo-arabe ne peut y être apportée et la paix instaurée au Proche-Orient, sans le règlement de la question de Jérusalem et du problème des réfugiés conformément à leur droit du retour reconnu par l'ONU". A la lumière de ces principes et pour assurer la réussite du processus de paix dans ses volets syrien, libanais et palestinien, les dirigeants arabes appellent les deux coparrains du processus de paix (Etats-Unis et Russie). l'Union Européenne, le Japon, les non-alignés, les autres Etats concernés, l'ONU et les institutions internationales à œuvrer pour garantir le respect par Israël des bases du processus de paix et pour l'amener à honorer les engagements pris, qu'il s'agisse des accords sur la période intérimaire (dans le volet palestinien) ou des questions liées aux négociations sur le statut final (des territoires), et à continuer à fournir le soutien politique et économique nécessaire au peuple palestinien et à son Autorité nationale. Dans ce contexte, ils affirment la nécessité de mettre fin au blocus israélien imposé au peuple palestinien.
Le président Moammar Kazzafi (Libye) examinant, méticuleusement, une bouteille d'eau minérale: on sait qu'il repousse tout produit de fabrication américaine…
APPUI AU LIBAN
Les dirigeants arabes soutiennent le Liban face aux agressions israéliennes continuelles contre son territoire, son peuple et sa souveraineté (voir aussi "LES EVENEMENTS DE LA SEMAINE") et demandent à la communauté internationale de garantir l'arrêt immédiat et inconditionnel de ces agressions, la fin de l'occupation et d'obtenir d'Israël qu'il indemnise le Liban pour tous les dommages qu'il lui a causés.
Le président Moubarak et le roi Hussein de Jordanie au cours d'une séance de travail.
INAUGURATION AU CAIRE DU SIEGE PERMANENT DE L'UNION DES JOURNALISTES ARABES
M. Melhem Karam, président de l'Ordre des Journalistes libanais, s'est rendu au Caire le 26 juin pour assister à l'inauguration du nouveau siège permanent de l'Union des Journalistes arabes, dont il est le vice-président. Un comité de réception formé du président de l'Union des Journalistes Arabes M. Ibrahim Nafeh et de ses vice-présidents a souhaité la bienvenue à M. Karam dès son arrivée dans la capitale égyptienne, ainsi qu'au Dr Saber Falhout, à M. Ahmed Bahbahani, président de l'Association des Rédacteurs koweitiens, et à un grand nombre de rédacteurs en chef de quotidiens égyptiens et arabes. Etaient également présents le Conseil de l'Ordre des Journalistes égyptiens, ainsi que les écrivains et hommes de lettres d'Egypte. M. Esmat Abdel-Magid, secrétaire général de la Ligue arabe et les ministres de l'Information des pays arabes qui se réunissent au Caire pour étudier et mettre au point les décisions et le communiqué final publié par le Sommet des Pays arabes ont félicité les membres de l'Union des Journalistes Arabes pour leur nouvel immeuble et pour les efforts de l'Union qui tendent à toujours rehausser la valeur de la Presse. Dans son allocution, M. Melhem Karam a associé l'inauguration du nouveau siège permanent de l'Union au fait que cette initiative est appelée à pousser les journalistes pour grouper leurs efforts à une époque critique et très sensible de l'histoire arabe, ce qui nécessite une présence massive d'un haut niveau. M. Karam a, également, adressé ses remerciements au président égyptien M. Hosni Moubarak pour avoir fourni aux journalistes arabes un lieu de rencontres en disant: "L'Union dans sa nouvelle politique constructive, et par sa direction consciente sera à même d'accomplir le rôle demandé d'elle dans les jours prochains. Les journalistes libanais quant à eux, ont, également, un rôle à accomplir, nonobstant les nombreux obstacles qui entraveront leur chemin, et cela côte à côte avec leurs confrères arabes, qui, j'espère, se réuniront tous sous les couleurs d'un seul drapeau et sous les auspices d'un seul slogan lequel est "l'union de la parole symbolise l'union du rang”.