D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
F. BOUTROS CRITIQUE LA LOI ELECTORALE
M. Fouad Boutros, ancien ministre des A.E. et député de Beyrouth, est sollicité par certains leaderships pour faire partie d'une liste électorale unique dans la capitale. Mais M. Boutros a donné l'impression à ses visiteurs qu'il n'est nullement enclin à s'engager dans la bataille. L'ancien ministre critique le projet de loi électorale, disant "qu'il dévie de la logique et des normes"...
TENTATIVE DE CONCILIATION ENTRE HOSS ET T. SALAM
En dépit du peu d'enthousiasme manifesté par le président Salim Hoss et M. Tamam Salam, président des Makassed, de faire partie d'une même liste électorale, leurs amis communs s'emploient à les faire changer d'avis. Il y a lieu de signaler que les deux hommes avaient fait tandem ensemble en 1992, mais leur alliance ne s'était pas concrétisée sur le terrain, M. Salam ayant décidé, au dernier moment, de ne pas poser sa candidature.
CAPITAUX ET ELECTIONS
Deux détenteurs de capitaux se disent disposés à mettre leurs possibilités financières à la disposition d'une instance politique influente, si cette dernière adoptait leur candidature aux législatives...
ULTIME SEANCE DE LA CHAMBRE LE 9 JUILLET
La Chambre des députés tiendra, mardi 9 juillet, la dernière séance parlementaire de la présente législature, dont l'ordre du jour comporte une cinquantaine de projets et de propositions de lois, dont celui de la loi électorale. Trois points seraient discutés en priorité: la constitutionnalité du projet de loi électorale, afin que ce dernier ne soit pas l'objet de contestation auprès du Conseil constitutionnel; la possibilité de demander de cet organisme de désigner quarante observateurs ayant pour tâche de s'assurer de la régularité du scrutin; ajouter à la loi électorale une clause en vertu de laquelle l'Assemblée aurait le droit de remplacer l'un de ses membres au cas de son décès, six mois avant l'expiration du mandat de la législature.
KOUHAIMI: L'A. SEOUDITE, CITADELLE DE L'ARABISME
Cheikh Ahmed Al-Kouhaimi, ambassadeur d'Arabie séoudite, s'est réjoui des sentiments fraternels manifestés par les Libanais, suite à l'attentat au camion-piégé perpétré la semaine dernière près de la base aérienne de Khobar (Dahran), au royaume séoudite. "L'Arabie séoudite, a déclaré cheikh Al-Kouhaimi, restera, s'il plaît à Dieu, la citadelle de l'arabisme et de l'Islam, disposée à déjouer les complots et les opérations séditieuses quels qu'en soient les auteurs et les planificateurs".
LES "GRANDS" INVITES A DESAMORCER LA BOMBE DU P.O.
Cheikh Abdel-Amir Kabalan, vice-président du Conseil supérieur chiite, a demandé aux grandes puissances, les Etats-Unis en tête, d'exercer des pressions sur Israël pour le contraindre à appliquer les résolutions internationales relatives au Liban et au Proche-Orient. "Les députés, dit-il, s'activent dans leurs circonscriptions respectives en prévision des élections générales, alors que l'état hébreu poursuit le pilonnage des villages sudistes. "Pourquoi les grandes puissances, demande le dignitaire chiite, n'agissent-elles pas en vue de désamorcer la bombe qui menace la région proche-orientale?"
POURQUOI BOUEZ S'EST-IL ABSENTE?
Les milieux politiques se perdent en conjectures sur les raisons pour lesquelles M. Farès Bouez, ministre des Affaires étrangères, s'est absenté de la réunion du Conseil des ministres qui a été consacrée à l'étude et à l'approbation du projet de loi électorale. Le chef du palais Bustros s'est absenté, selon certains de ses proches, pour manifester son opposition au projet mentionné dans la forme où il a été adopté. M. Bouez ne cesse de critiquer le texte gouvernemental et insiste sur la nécessité d'organiser le scrutin sur base des mêmes critères.
FERZLI: LE MEILLEUR PROJET POSSIBLE…
M. Elie Ferzli, vice-président de la Chambre, juge que le projet de loi électorale, tel qu'élaboré par le gouvernement, est "le meilleur possible dans les circonstances actuelles". De plus, il met l'accent sur le fait que l'organisation des législatives figure en tête des priorités nationales, "afin que le sang continue à couler dans les veines du système démocratique". Aussi, invite-t-il l'opposition "à jouer son rôle en participant au scrutin et à ne pas invoquer de fallacieux prétextes pour justifier son boycottage du processus électoral".
KANSO: PAS DE SUBSTITUT A LA RESISTANCE
"Il n'y a pas de substitut à la résistance et à l'unification des rangs, tant qu'Israël continue à occuper des territoires arabes", soutient M. Assem Kanso, membre du conseil national du Baas socialiste arabe. "Il nous faut, ajoute-t-il, reconsidérer notre action politique, pour revenir aux principes sur base desquels nous devons poursuivre la lutte, en éliminant de notre lexique le terme de "normalisation" et à ne parier sur n'importe quelle forme de coopération avec Israël".
QUE SE PASSE-T-IL AU CDR?
Le président Hariri s'est employé, en même temps que d'autres personnalités politiques et religieuses, à dissiper la tension qui caractérise les rapports entre MM. Nabil Jisr et Ibrahim Chamseddine, respectivement président et vice-président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). Le litige entre les deux hauts fonctionnaires - le second étant le fils de l'imam Mohamed Mahdi Chamseddine, président du Conseil supérieur chiite - a amené le second à présenter sa démission, par écrit. Les efforts déployés pour les raccommoder semblent avoir porté leur fruit, puisque M. Chamseddine a accepté de retirer sa démission...
LA REUNION (ELECTORALE) DE KLEIATE
La réunion tenue, dimanche dernier, par MM. Farès Bouez, Camille Ziadé, Rouchaid el-Khazen et Elias el-Khazen, députés du Kesrouan (seul M. Mansour el-Bone s'étant absenté) est considérée comme une consécration de l'alliance que ceux-ci semblent devoir conclure entre eux, en prévision des prochaines législatives. M. Bouez a assuré qu'aucune divergence n'opposait les députés de la circonscription et, par conséquent, on ne peut leur faire assumer le retard mis dans l'exécution des projets intéressant la région.
AUTOUR DE LA VISITE DE HARIRI AU LIBAN-NORD
La visite que le président Hariri a effectuée lundi dernier au Liban-Nord, n'a pas manqué de poser plus d'un point d'interrogation quant à son objectif (non dévoilé), étant donné les mauvais rapports existant entre le chef du gouvernement et son prédécesseur, le président Omar Karamé. D'ailleurs, celui-ci a boycotté la visite et n'a assisté à aucune cérémonie au cours de laquelle M. Hariri a inauguré le nouveau tronçon de l'autoroute Beyrouth-Tripoli à la hauteur de Chekka; posé la première pierre d'un complexe d'habitations populaires à Kobbeh et ouvert l'exposition des industries alimentaires organisée à la Foire internationale Rachid Karamé. Fait à signaler: alors que M. Omar Karamé et ses alliés politiques ont brillé par leur absence, leurs adversaires locaux, M. Omar Meskaoui, ministre des Transports en tête, ont réservé au président du Conseil un accueil populaire dans leurs fiefs respectifs...
LE BAREME DES ECHELONS ET DES TRAITEMENTS AJOURNE...
Selon des sources parlementaires, le projet relatif au barême des échelons et des traitements dans le secteur public, ne serait pas examiné par la présente législature. Les membres de l'assemblée, toujours d'après les mêmes sources, laisseraient à la future Chambre le soin de statuer sur la question. Bien que les présidents des commissions parlementaires l'aient examinée au cours d'une réunion tenue au début de la semaine, sous la présidence de M. Nabih Berri...
ON DIT...
- Des sources fiables prédisent le remplacement de 45 des 128 membres actuels de l'Assemblée nationale à la suite des prochaines élections générales.
- Qu'une instance gouvernementale joue un rôle actif dans le rapprochement des positions parmi les candidats en vue de la constitution des listes.
- Qu'une ambassade qui occupait des biens-fonds situés à proximité de son siège, "pour des considérations sécuritaires", les a restitués à leurs propriétaires, estimant qu'elle ne court plus aucun danger...
...EN RACCOURCI
- Le président Rafic Hariri a eu, la semaine dernière, des entretiens à Bloudane avec M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien, autour de la conjoncture régionale. Il a, également, échangé les vues avec lui à propos du projet de loi électorale que le Conseil des ministres devait approuver 24 heures plus tard.
- Les responsables libanais s'abstiennent de faire des prévisions en ce qui concerne l'évolution de la conjoncture régionale. Cependant, une note pessimiste continue à marquer leurs prédictions, au point que certains milieux n'écartent pas la possibilité d'une escalade sur le terrain, susceptible de provoquer l'ajournement des législatives…
OPINION
POURQUOI APPROFONDIR LE SENTIMENT D'OPPRESSION?
M. Auguste Bakhos, président de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, en a fait l'annonce aux Libanais. Et quelle annonce! "La commission a approuvé le projet de loi électorale, en y apportant de légères modifications, dont celle fixant à quinze jours le délai imparti aux fonctionnaires désireux de poser leur candidature, pour démissionner", a-t-il déclaré, à l'issue de la réunion de ladite commission tenue sous sa présidence. Un autre amendement apporté au projet habilite le gouvernement à installer des bureaux de vote à l'intention des citoyens désireux d'accomplir leur devoir électoral en dehors du cordon frontalier. Ainsi, la commission a ramené le délai (pour la démission des fonctionnaires) d'un mois à quinze jours et permis l'installation de bureaux de vote où les habitants déplacés de leurs villages peuvent déposer leurs bulletins de vote... Si le gouvernement donne une suite favorable à une proposition en ce sens émanant du ministre de l'Intérieur. Autrement dit, le ministre de l'Intérieur pourrait ne pas juger opportun d'ouvrir de tels bureaux de vote et, dans le cas contraire, le gouvernement ne serait pas tenu d'y souscrire, pour les beaux yeux de candidats que ces bureaux gêneraient... C'est normal avec ce gouvernement qui ne voit que d'un œil et manœuvre sans répit à l'effet de sauvegarder ses intérêts et ceux de ses alliés. Aussi, pousse-t-il les citoyens à boycotter le scrutin comme en 1992, à travers ses comportements. De cette manière, la scène serait débarassée des opposants. S'il n'en était pas ainsi, pourquoi a-t-il opposé une fin de non-recevoir aux requêtes de ceux qui sont censés être ses associés dans la patrie? Le patriarche maronite était le principal partenaire maronite à Taëf. Hier, vous l'avez ignoré et aujourd'hui aussi, au point de ne pas tenir compte de son opinion. Sa Béatitude a demandé que la loi électorale soit équilibrée et traite les Libanais sur le même pied d'égalité, sinon ils perdraient confiance dans la patrie, qui serait menacée de nouveau par le risque de la division. Les citoyens ont le sentiment d'être ignorés et opprimés, alors que les conditions de vie ne cessent de se dégrader chaque jour davantage, sans que les pouvoirs publics prennent la peine de les améliorer. Les gouvernants ne prêtent pas une oreille attentative aux plaintes des administrés et leur tiennent le langage suivant: "Dites ce que vous voulez. Que nous importent vos desiderata, du moment que la caravane marche?" Les indices montrent que les fondements de l'édifice futuriste comportent bien des lacunes, dans une étape où Benjamin Netanyahu s'apprête à réaliser les rêves du peuple d'Israël. Les responsables n'ont-ils pas conscience de la gravité de la conjoncture et ne jugent-ils pas urgent de freiner le jeu dangereux qui est en train de se dérouler sous notre ciel, pour sauver le pays des périls qui le menacent?
NADIM EL-HACHEM.