AU DINER OFFERT EN L'HONNEUR DE DEUX NOUVEAUX MEMBRES DE LA F.O.P.L.
MELHEM KARAM: "Notre corporation est la façade du Liban et sa conscience"
Dr Ghassan el-Amine, Dr Ibrahim Jokhadar, Assem Salam, Melhem Karam, Mohamed Baalbaki et Ata Jabbour (de gauche à droite).
M Melhem Karam, président de l'Ordre des journalistes, a offert au "Vieux Quartier", un dîner en l'honneur de MM. Assem Salam et Ata Jabbour, nouveaux présidents, respectivement, des Ordres des ingénieurs du Liban et du Liban-Nord, en appréciation du rôle dont ils s'acquittent au sein de la Fédération des Ordres des professions libérales (F.O.P.L.) On notait la présence du Dr Ibrahim Jokhadar, président de la FOPL, président de l'Ordre des médecins nordistes; des anciens présidents de la fédération: Me Samir Abillama, M. Mounir el-Khatib; du Dr Fayek Younès; Mohamed Baalbaki, président de l'Ordre de la Presse; Me Samir Jisr, bâtonnier des avocats du Liban-Nord; du Dr Ghassan el-Amine, président de l'Ordre des pharma-ciens; du Dr Sami Chartouni, président de l'Ordre des chirurgiens-dentistes du Liban; du Dr Sabri Eddo, président de l'Ordre des chirurgiens-dentistes nordistes; des présidents fondateurs Georges Doumani, Elie Maalouf, Jean Harb, Dr Bassam Kabbara, Me Ziad Hamadé, secrétaire général, conseiller juridique de la FOPL.
HOMMAGE A ASSEM SALAM...
Prenant la parole à l'heure des toasts, M. Melhem Karam, se réjouit de la présence de tous les présidents faisant partie de la fédération. "Cela prouve leur souci d'honorer deux de leurs frères, les présidents Assem Salam et Ata Jabbour qui se sont avérés dignes d'assumer leurs char-ges professionnelles. Cette élite ne peut se rassembler pour n'importe quelle circonstance. C'est pourquoi, je ressens une vive satisfaction et un grand bonheur." Puis, il dit l'affection qu'il voue à M. Assem Salam. "Cette affection, ajoute-t-il, il l'a méritée et gagnée par ses initiatives, sa science et sa moralité. Ceci justifie son accession à la présidence de l'Ordre des ingénieurs, en dépit de tous les obstacles qu'il a eu à surmonter. Cela prouve qu'il existe au Liban des compétences et des hommes dignes qui se rebellent contre le haut barrage se dressant face aux bourrasques refusant l'op-pression.
... ET A ATA JABBOUR
"Quant à Ata Jabbour, c'est la transparence, la connaissance et le lien intime avec ses confrères. Aucun jour il n'a failli à son devoir, ni hésité à se porter à l'aide d'un collègue. Il aime son rôle et l'exerce à un niveau élevé dont la fédération est fière. "Nous parlons, enchaîne le président de l'Ordre des journalistes, de deux Ordres des ingénieurs libres; deux Ordres œuvrant pour la liberté, la démocratie, le bien national et les questions syndicales et professionnelles. Cependant, et telle est notre conviction, ils sont prêts à faire pré-valoir l'intérêt national sur l'intérêt professionnel, au moment où le Liban fait face à l'épreuve et s'expose aux tourmentes". Ensuite, M. Karam en arrive à par-ler de la liberté au Liban, disant que ce n'est pas une qualité non exercée, mais la foi de la pratique. "D'autant, poursuit-il, que nous vivons en un temps inique, sur une terre occupée. Nous rejetons, naturellement, le cordon frontalier et l'occupation, refusant de traiter avec eux en tant que fait accompli. Cela signifie que nous sommes la résistance, luttant aux côtés de la résistance nationale et lui apportant notre soutien." Et M. Karam d'ajouter: "Les élections israéliennes ont dit non à la paix, la paix juste et globale qui est seule la porte du dialogue... Le sommet de Charm el-Cheikh n'a servi à rien, encore moins la réaction internationale favorable, alors que le mandat de Pérès n'a pas satisfait les souhaits arabes. "Les sommets ont donné satisfaction à tout le monde: ils ont reconnu les droits de Bahrein, condamné l'Iran, sans perdre de vue que la Ré-publique islamique est un Etat voisin ayant son impact sur l'avenir du Mo-yen-Orient. Ils ont pris le parti de la Syrie contre la Turquie, sans oublier que la Turquie est un Etat voisin et ami; que des intérêts nous lient à elle, exigeant de nous de ne pas user de violence à son encontre. "De même, les sommets ont pris fait et cause pour la Libye, sans omettre de dire au président Kazzafi que la Cour écossaise pourrait être plus clémente qu'une cour britannique ou américaine. Aussi, lui ont-ils demandé de livrer les deux prévenus impliqués dans l'affaire de Lockerbie. "Puis, on vous entretient de la limite minima de la solidarité arabe. Face à quoi? A la limite maxima de l'agression, de la criminalité, des des-tructions ou de l'exode? Cette logique, nous devons la rejeter spontanément. "De là, je dis que la fédération dont vous êtes les piliers, est appelée à affronter des jours peu enviables. Toujours est-il, qu'elle adoptera la position habituelle, raison de son existen-ce et de son essor; celle-là même qui en a fait la façade intellectuelle la plus grandiose de la démocratie et du refus constructif au Liban, en plus du fait qu'elle est considérée comme l'entité universitaire et syndicale la plus sublime." "Nous sommes fiers, conclut M. Karam, de compter parmi nos collègues, deux présidents de ce poids et de niveau élevé, dignes des universitaires et d'une fédération qui est la façade de ce pays et sa cons-cience vivante. Je dis cela en réalisant que nous aurons à affronter des jours difficiles. Mais ceci ne nous empêchera pas de poursuivre notre marche, malgré toutes les difficultés que nous aurons à surmonter".
ASSEM SALAM: "Nous avons un rôle vital à jouer"
M. Karam souhaitant la bienvenue à MM. Salam, El Jisr et Jabbour.
SALAM: CETTE FEDERATION, UNE NECESSITE
Dans sa réponse, M. Assem Sa-lam met l'accent sur la nécessité d'une telle fédération, regroupant une élite de membres se distinguant par leur crédibilité scientifique, professionnelle et culturelle. Et ce, afin de mettre en relief le rôle de cette corporation et pour servir la collectivité éminente qu'elle représente dans la so-ciété civile au Liban. "Cette fédération a eu des prises de position honorables dont elle a témoigné avant mon élection en tant que président de l'Ordre des ingénieurs. J'accueille non sans plaisir son essor et son appui au Liban, les Ordres professionnels ayant un rôle vital à jouer dans ces circonstances difficiles, en ce sens qu'ils sont appelés à contribuer à assurer à nos fils un avenir meilleur. "Les dernières élections des Ordres des médecins, des ingénieurs et des avocats ont fait ressortir les aspects véritables de la démocratie au Liban. Ces Ordres peuvent aider à modifier les conceptions de la politique, en vue de promouvoir la démocratie de l'action politico-professionnelle. Les résultats des élections se sont reflétés, positivement, sur notre avenir démocratique." M. Salam termine en remerciant M. Karam de sa délicate attention et les convives de leur présence.
ATA JABBOUR: "Puisse la démocratie se consacrer par l'action syndicale"
JABBOUR: C'EST A NOUS D'HONORER LE PRESIDENT KARAM
M. Ata Jabbour, remercie aussi M. Melhem Karam d'avoir rassemblé tous les Ordres au sein d'une fédération. "Nous avons foi dans l'option démocratique de notre patrie. Je suis fier de coopérer avec mon collègue et frère, Assem Salam, l'Ordre des ingénieurs nordistes ayant été fondé en même temps que celui des ingénieurs de Beyrouth, en vertu d'une loi promulguée dans les années cinquante. Il en est de même pour les autres corporations. "Une même voie nous rassemble. Nous sommes redevables aux présidents de la fédération qui nous ont précédés à la tête des Ordres professionnels et les félicitons pour les efforts qu'ils ont déployés. Nous ne pouvons dissocier l'action syndicale de la situation socio-politique dans ce pays. L'opération démographique et celle de la reconstruction, concernent les ingénieurs de Beyrouth et du Liban-Nord, si longue que soit la distance qui les sépare. Et de conclure: "Notre vœu est que ce pays évolue dans l'intérêt du cito-yen, tout citoyen, et non d'une seule catégorie. Nous souhaitons que la démocratie prônée par nos collègues, se consacre par l'action syndicale. Quant à la prochaine bataille devant déterminer l'identité du Liban et le contour de la liberté, notre vœu est que son option soit la démocratie, afin que les Libanais réalisent leurs aspirations et que le Liban soit tel que nous le voulons, libre, indépendant et unifié. Que cette fédération reste le recours pour tous ceux qui pâtissent d'une injustice et soit à la mesure de ceux qui aspirent à la souveraineté, à la dignité et à l'équité".
Les présidents des Ordres des professions libérales posent pour une photo-souvenir .