LA VISITE DE JACQUES CHIRAC EN ARABIE SEOUDITE:
Le pari arabe du président français et sa mise en garde contre une reprise du terrorisme au Proche-Orient
Le président Chirac et le roi Fahd, se tenant familièrement par la main, en s’acheminant tous deux vers la salle de réception du Palais royal.
La presse séoudienne a rendu un vibrant hommage à la politique d'indépendance de la France au terme de la visite de deux jours du président français en Arabie Séoudite. "Bien qu'elle soit une grande puissance politique, économique et militaire la France n'a pas tiré vanité de sa force..." Elle s'est félicitée notamment "du soutien historique de ce pays aux droits arabes, en particulier, celui à l'auto-détermination du peuple palestinien. Cette visite revêt une très grande importance vu les positions de principe favorables à une paix juste et globale au Proche-Orient... Car le président Chirac en Arabie Séoudite n'est pas en villégiature!" Tels sont les termes et le ton élogieux dans lequels se se sont exprimés les journaux séoudiens dans leur totalité au sujet de la visite de leur hôte illustre. D'ailleurs, deux heures après son arrivée samedi, M. Chirac dans sa première intervention publique, avait annoncé la couleur: la relance tous azimuts de la coopération franco-séoudienne devant se traduire par des contacts ministériels beaucoup plus réguliers et approfondis notamment au niveau des ministres des Affaires étrangères... insistant au passage sur la nécessité d'une reprise du processus de paix. Sur ce plan, et après une journée d'entretiens avec les dirigeants séoudiens M. Chirac devait souligner une convergence de vue réconfortante entre les responsables du monde, notamment européens et arabes "pour lutter contre un terrorisme - dont chacun voit bien qu'il peut très bien repartir, dans l'indésirable hypothèse où le processus de paix s'enliserait, et, où se développerait une nouvelle crise". "Si Israël, a-t-il précisé, décide de poursuivre le processus de paix, alors je souhaite qu'il le dise le plus rapidement possible, pour poursuivre le chemin déjà emprunté. Mais... s'il décidait d'abandonner ce processus, je souhaiterais alors qu'il prenne un peu plus de temps pour réfléchir! Car, le risque c'est que l'incertitude conduise à une reprise du terrorisme. Ce n'est pas une hypothèse d'école - il y a des gens, il y a des organisations qui ont intérêt que les choses aillent mal!..." La visite du président Chirac, on peut affirmer qu'elle s'est inscrite dans le cadre de la nouvelle politique étrangère de la France, - dont la politique arabe. Celle-ci devrait se fonder sur quatre principes: dialogues entre partenaires égaux, attachement au droit des peuples à choisir leur destin, soutien à l'aspiration des peuples arabes à leur solidarité et à leur union et appui aux politiques d'ouverture et de paix... Et il faut relever que dans son court périple de deux jours, le président Chirac n'a pas oublié le Liban. Durant ses entretiens avec le roi Fahd, il lui a fait savoir "que plus l'Arabie séoudite soutiendrait matériellement le Liban et l'Autorité palestinienne, mieux ce serait - tout en rappelant que le Royaume séoudite faisait déjà beaucoup dans les deux cas. Comme aussi, il n'a pas omis de signaler que le dialogue "critique" que poursuit l'Europe avec l'Iran, - critiqué à tort par Washington - est dans l'intérêt des pays du Golfe, quoiqu'on dise, de l'Europe et de la lutte contre le terrorisme". Lundi matin le président Chirac devait quitter Djeddah pour le Qatar, une étape de quelques heures dans un pays qui a des relations très étroites avec la France notamment dans le domaine militaire. Il devait revenir à la charge sur ce qu'on peut appeler son leit-motiv durant son séjour dans le Golfe: "Avec le Conseil européen de Florence, le sommet arabe du Caire, et le sommet G7 + la Russie, pratiquement toute la communauté internationale s'est prononcée pour la poursuite du processus de paix!" Le président Chirac devait regagner Paris dans la soirée du lundi.
Le prince héritier Abdallah Ben Abdel Aziz recevant le président Chirac dans son palais d’El Hamra.
C.E.H.