Au cours de sa rencontre avec Clinton
NETANYAHU RESTE DANS LE VAGUE A PROPOS DE HEBRON, D'UNE RENCONTRE AVEC ARAFAT ET DES NEGOCIATIONS AVEC LA SYRIE…
… Mais évoque un éventuel retrait unilatéral du Liban-Sud
Le président Clinton en conversation avec M. Benyamin Netanyahu dans le bureau ovale.
L'idée d'un éventuel retrait de "Tsahal" du Liban-Sud avait été évoquée au cours des dernières semaines, par les journaux israéliens, sans prévoir un traité de paix, ni même des négociations entre les parties libanaise et israélienne. On avait pensé qu'il s'agissait d'un "ballon d'essai", Tel-Aviv ayant pu avoir recours à ce procédé pour tenter de dissocier Beyrouth de Damas et conclure avec le Liban, un accord séparé pareil à ceux signés, précédemment, avec l'Egypte, les Palestiniens et le royaume hachémite. Or, M. Benjamin Netanyahu, s'est étendu sur cette éventualité mardi, au cours de ses trois heures d'entretiens avec le président Bill Clinton à la Maison-Blanche. Selon certains recoupements, il aurait même sollicité l'intervention du chef de l'Exécutif américain auprès de Damas, pour l'amener à en admettre le principe et, partant, à faciliter le déploiement de l'armée libanaise jusqu'aux frontières méridionales du Liban internationalement reconnues. Dans le même temps, le Premier ministre israélien s'est interrogé sur la capacité des forces régulières libanaises, de garantir la sécurité des frontières-nord de l'Etat hébreu, en les mettant à l'abri des opérations du "Hezbollah". Sans pour autant soulever le cas de l'Armée du Liban-Sud (du général Lahad). Rappelons que les responsables travaillistes exigeaient d'inclure les effectifs de l'ALS dans tout arrangement de sécurité qui serait adopté pour la zone frontalière, après le retrait de l'armée israélienne. Pour en revenir au "Hezbollah", il nous revient, aussi, que Netanyahu a posé comme condition sans doute afin de forcer la main aux Syriens, pour reprendre les négociations, que ces derniers neutralisent les "Hezbollahis" au Sud libanais. Tout en proposant, une fois de plus, de rencontrer le président Hafez Assad, "aux fins de débattre des actions terroristes du "Hezbollah" et du processus de paix". Le président Clinton qui avait pris contact, téléphoniquement, au lendemain des législatives israéliennes, avec le chef de l'Etat syrien, a indiqué qu'il s'employait à donner un nouveau souffle au processus de paix au Proche-Orient".
...avant de poursuivre leurs échanges de vues au cours d'une promenade dans les jardins de la Maison-Blanche.
"PAIX AVEC LA SECURITE"
Netanyahu a évité de s'engager et de promettre quoi que ce soit à M. Clinton, lequel voulant probablement ménager son interlocuteur, a adopté son slogan: "la paix avec la sécurité", que le chef du gouvernement israélien a échangé contre le principe de "la terre contre la paix" proclamé à la conférence de Madrid où il était le porte-parole de la délégation israélienne. Par ailleurs, il a renvoyé la balle aux Palestiniens en leur demandant "de redoubler leur lutte contre le terrorisme et de ne plus avoir de représentation officielle à Jérusalem", allusion à la "Maison d'Orient" que la droite israélienne se propose de fermer. D'une manière générale, Netanyahu a signifié à ses partenaires arabes "qu'il ne peut continuer sur la voie de la paix s'ils ne garantissent pas la sécurité d'Israël" Et d'ajouter: "Nous ne pouvons progresser sans réciprocité... le terrorisme ne pouvant cohabiter avec la paix". Aussi, a-t-il conditionné la levée du blocus sur la Cisjordanie et Gaza au rétablissement de la sécurité dans ces régions. "Je le lèverai, dit-il, dès que les conditions de sécurité le permettront".
M. William Perry, secrétaire d'Etat à la Défense, accueillant M. Netanyahu à son arrivée au Pentagone.
CLINTON: "NE PAS REVENIR EN ARRIERE"
Quant au président Clinton, il se soucie de ne pas permettre que le processus de paix fasse marche arrière, sans jamais contredire totalement son nouveau partenaire, répétant plus d'une fois que "la sécurité d'Israël est indissociable de la paix". En ce qui concerne le cas de Hébron, Netanyahu l'a qualifié de "problème grave de sécurité, auquel on ne devrait pas se prononcer d'une manière hâtive". Fait à signaler: le retrait de "Tsahal" de Hébron, prévu dans l'accord palestino-israélien, a déjà pris trois mois de retard. Et à propos de son éventuelle rencontre avec Abou-Ammar, il a dit qu'il pourrait l'envisager "s'il l'estime nécessaire et si la sécurité d'Israël l'exige", mais sans fixer de date. Le président américain juge cette rencontre utile et laisse aux deux hommes le soin d'en discuter les détails. Réaffirmant que le soutien américain à la sécurité de l'Etat hébreu est inébranlable, le chef de la Maison-Blanche a annoncé qu'Israéliens et Américains tiendront leur première rencontre "antiterroriste" en juillet à Washington, les Etats Unis devant fournir à Tel-Aviv, avant la fin de l'année, des informations ayant trait à la détection de tirs de missiles.
(voir aussi "Les événements de la semaine")
Le chef du gouvernement israélien passant en revue la garde d'honneur, en compagnie de M. Perry, à son arrivée au siège du ministère US de la Défense.