HARIRI CHEZ CHIRAC
"POUR LE LIBAN EN PARTICULIER, IL S'AGIT D'APPLIQUER TOUTES LES RESOLUTIONS DE L'ONU", A DECLARE ENTRE AUTRES, LE PRESIDENT FRANÇAIS
L'amicale réception faite à M. Hariri par le président Chirac.
Des fréuquentes visites effectuées par le président Rafic Hariri à Paris, celle du 5 juillet s'inscrit en lettres capitales et revêt un intérêt particulier. Elle intervient quelques jours après le sommet du G7 qui s'est tenu à Lyon et durant lequel ce sont les efforts menés par le président Chirac qui ont permis de placer la question des négociations de paix libano et syro-israéliennes parmi les sujets à débattre. Elle intervient en outre après le sommet arabe tenu en juin dernier au Caire, pour analyser principalement les retombées de l'accession de M. Netanyahu à la tête du gouvernement israélien. Mais il semble que le pôle des entretiens consisterait dans le rôle que va jouer la France dans l'accélération de la formation du Comité de surveillance du cessez-le-feu au Liban-Sud. Les quatre-vingt dix minutes d'entretien qu'ont eu les deux hommes d'Etat. - dont une demi-heure dans les jardins de l'Elysée - ont permis au président français d'évoquer avec son hôte toutes les questions intéressant le Liban. Et l'événement de la journée a été la double annonce faite par le président Chirac lui-même d'une visite qu'il effectuera en septembre ou octobre prochain au Liban bien entendu, et en Syrie, à Gaza et en Israël, et de l'envoi dans la région de son ministre des affaires étrangères, M. Hervé de Charette. Tout laisse supposer que le chef de l'Etat français veille aux intérêts du Pays des Cèdres à un moment où le Sud risque de connaître un embrassement généralisé. Il ressort des informations qui ont filtré officieusement que les deux interlocuteurs ont longuement discuté de ce qu'il convient de faire pour consituer enfin et rendre opérationnel ce fameux Comité international de surveillance de la trêve d'avril dernier - malgré la mauvaise volonté manifeste d'Israël et la tiédeur complice de ses alliés américains. Le président Hariri a ouvertement confirmé que la question a été examinée en profondeur exprimant l'espoir que l'organisme entamera ses activités dans quelques semaines. De source bien informée on déclaré par ailleurs que cette rencontre Chirac - Hariri est intervenue à la demande du chef de l'Etat français pour informer son interlocuteur que cette question cruciale avait fait l'objet de ses entretiens avec Bill Clinton lors du sommet du G7. Sur un tout autre plan, MM. Chirac et Hariri ont-ils discuté des élections législatives libanaises et de l'attitude de plus en plus réticente de l'opposition? Malgré la réponse négative du premier ministre, des sources proches de l'Elysée laissent entendre que le président Chirac et son hôte en auraient parlé dans le cadre des efforts déployés par la France auprès de toutes les parties libanaises pour qu'elles acceptent de s'exprimer par le scrutin. Répondant en premier aux questions des journalistes, le chef du gouvernement au terme des entretiens, devait indiquer que les discussion avaient porté sur les relations entre les deux pays après les derniers grands sommets - à l'exclusion des questions internes. Et sur les risques de flambée au Sud, il devait affirmer que sa réunion avec le président Chirac avait porté sur la situation dans cette zone... Pour au part, le président Chirac après avoir annoncé son prochain voyage au Proche-Orient, déclarait à son tour "Sur la situation dans la région après l'arrivée au pouvoir de M. Netanyahu, il convient d'attendre avant de porter un jugement. La position de la France est connue ainsi que celle de l'Union européenne adoptée à Florence, et celle du G7 + Russie adoptée à Lyon. C'est la même que celle des Pays arabes adoptés au Caire... à savoir qu'il est impératif de poursuivre le processus de paix..." Quant à la teneur de ses entretiens avec le président Clinton au sujet du Liban: "J'ai expliqué au président Clinton que le Liban était un pays extrêmement important, qu'il a une longue histoire et une longue tradition; un pays qui peut permettre un développement économique important non seulement chez lui mais pour la région... Un pays dont il faut tenir grand compte!" Le président Hariri devait rentrer dans la soirée à Beyrouth, après avoir effectué un crochet par la capitale syrienne.
Un entretien de plus d'une heure dans les bureaux du président français.
Dans les jardins de l'Elysée, le chef du gouvernement libanais s'entrenant avec le président français.
L'accolade devenue traditionnelle entre les deux amis que sont les deux hommes d'Etat.
Marque particulière d'attention du président français: il accompagne jusqu'au bas du perron de l'Elysée son ami le président Hariri, au terme de sa visite.