SATURNALES
NI SCOUT, NI CARITAS, NI "COR UNUM"
Pourquoi tant de candidats pour les élections à la Chambre des députés? Pourquoi se bouscule-t-on chez tel ou tel futur "tête de liste"? Pourquoi rampe-t-on tant devant tel ou tel politicien? Pourquoi est-on prêt à payer des sommes exorbitantes - sous forme de frais de participation - pour être nommé sur telle ou telle liste? Si l'on en croit les futurs candidats, c'est pour "mieux servir Dieu, la patrie et la famille." A les croire, tous ont une vocation de scout ou d'assistant social, en sus d'autres qualités. Or, nous le savons par expérience, chez les députés (sauf rares exceptions) charité bien ordonnée commence par soi-même et finit comme elle a commencé. Les Libanais sont payés pour le savoir que la Chambre des députés, ce panier à crabes, n'est ni Caritas, ni "Cor Unum", ni la Société Saint Vincent de Paul. Il n'y aurait pas de candidats, si ces derniers n'étaient assurés d'amortir en moins d'un an tous les frais encourus pour leur élection.
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LES FAISEURS DE LISTE: HOSS, SOLH, KHATIB, SKAFF, BERRI, KARAME, ARSLAN, JOUMBLATT, MURR ET BOUEZ, etc...
Si on examine la composition de la Chambre actuelle, issue des élections de 1992, on se rend compte que les Partis politiques traditionnels ont disparu pour être remplacés, souvent non par des partis, mais des personnes, des individus dont le programme politique est des plus vagues. D'ailleurs, nous l'écrivions la semaine dernière, les "promesses n'engagent que ceux qui y croient." Ceux qui ont fait la Chambre de 1992, portent le nom de Salim Hoss pour la circonscription de Beyrouth, légèrement panaché de Rachid Solh. Dans la Békaa, les députés de Baalbeck-Hermel ont été élus sous le panache du Hezbollah ou Parti de Dieu, à l'exception de Hussein Husseini et de Yahia Chamas. Dans la Békaa Ouest, c'est Sami Khatib qui a été le maître des jeux. A Zahlé c'est Elias Joseph Skaff qui a dominé. Quant au Liban-Sud, que ce soit à Bint Jbeil, Jezzine, Marjeyoun, Nabatiyé, Saïda, Tyr ou Zahrani, c'est Nabih Berri qui a été seul et unique décideur. Au Liban Nord, que ce soit au Akkar, à Batroun, Bécharré, Denniyeh, Koura, Tripoli ou Zghorta, tous les députés ont été élus sous l'étendard Omar Karamé. Au Mont-Liban, il y a eu des alliances pratiques et tactiques. A Aley, c'est Talal Arslan en coopération avec le PSP qui a fait élire sa liste. A Baabda, cela a été une alliance PSP - Hezbollah. Dans le Chouf, c'est Walid Joumblatt qui a dominé. A Jbeil, ce sont trois indépendants proches du pouvoir qui ont été élus. Dans le Metn, c'est Michel Murr qui a été le grand chef d'orchestre. Au Kesrouan, c'est enfin Farès Bouez qui a brillé en faisant élire trois de ses co-listiers. Serait-il difficile à l'ombre du nouveau découpage de faire des pronostics quant aux prochaines élections, si elles ont lieu? Il semble qu'à l'exception de quelques comparses, la composition de la prochaine Chambre ne va pas créer de surprises.
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"GERRYMANDERING"
Mot anglais qui s'emploie dans toutes les langues, pour désigner un découpage électoral arbitraire, fait sur mesure afin de favoriser tel ou tel candidat. En 1812, le gouverneur du Massachussetts, Elbridge Gerry, dessina des frontières électorales dans son Etat, d'une manière arbitraire afin de maximaliser les chances de victoire de son parti politique. Le célèbre caricaturiste Elkanah Tisdale dessina une carte montrant les sinuosités du découpage et fixa sur la carte la tête et la queue d'une salambre. Le mot était né: gerrymandering. Découpage artificiel, irrationnel, que l'on effectue afin de s'assurer une victoire dans des élections et que le Liban peut être "fier" d'avoir adopté.
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ETRE OU NE PAS ETRE KATAEB
Cette année, les Kataëb célèbrent leur soixante ans d'existence. 60 ans qui n'ont pas été toujours très sereins. On dit que si l'on n'est pas révolutionnaire à vingt ans, c'est que l'on n'a pas de cœur, mais si on l'est encore à quarante ans c'est que l'on n'a pas d'esprit... Alors que serait-ce si à soixante ans on se dispute encore comme des garnements ou des gosses mal élevés? Il est indispensable, il est vital pour les Kataëb que cette année soit l'année de la réconciliation. Que l'on expulse ceux qui ont fauté gravement, que l'on fasse démissionner ceux dont on s'est assuré de leur traîtrise envers la Patrie, mais de grâce qu'on cesse toutes ces querelles médiatisées au maximum. Pierre Gemayel, Bachir Gemayel et tant d'autres doivent être en train de se retourner dans leurs tombes devant tant d'étalages malsains. Il est temps pour tous les Kataëb de réaliser qu'aujourd'hui leur véritable problème se résume à se souder ou à disparaître.
"ERRARE HUMANUM EST"
Il est de la nature de l'homme de se tromper et les coquilles ont été nombreuses dans les Saturnales de la semaine dernière. Contentons-nous de relever les plus flagrantes et de nous en excuser auprès de nos lecteurs. Il fallait lire l'Université de Heidelberg (Allemagne) une des plus célèbres au monde. Pour les joueurs de l'EURO 96: il fallait lire le français Zinedine Zidan et le Suisse Chapuisat. Il est à souhaiter que pour les Jeux Olympiques d'Atlanta, les commentateurs de la TV laisseront aux Libanais le plaisir de jouir, soit des commentaires en direct, ou s'il faut absolument les "libaniser", assurer une équipe de plusieurs journalistes sportifs qui se relayeront sans assommer les téléspectateurs de lapalissades ou de répétitions annonées qui gâchent tout le plaisir des performances. Et qu'on leur apprenne que s'ils n'ont rien à dire de valable, le silence reste d'or. Un des meilleurs programmes internationaux de TV est celui intitulé "No comment" que l'on peut savourer sur EURONEWS.
MARY YAZBEK AZOURY.