D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

MOUKHEIBER: LA PRESENCE DE L'OPPOSITION AU PARLEMENT, NECESSAIRE

Le Dr Albert Moukheiber, chef de l'opposition de l'intérieur et du Rassemblement pour la République, justifie sa décision de participer au scrutin, en mettant l'accent sur la nécessité pour les opposants d'être présents place de l'Etoile, pour pouvoir faire entendre leur voix sous la voûte du parlement. "Le boycottage pratiqué en 1992, assure-t-il, n'a pas donné les résultats qu'on en escomptait. Aussi, le peuple a-t-il intérêt à voter en masse pour faire accéder le plus grand nombre possible de ses représentants à la Chambre des députés".

BERRI ASSURE DE SA REELECTIONS

Le bâtiement annexe en cours de construction près du siège de l'Assemblée nationale sera fin prêt d'ici à quelques mois, plus exactement au cours du premier trimestre de 1997. L'entourage du président Nabih Berri s'attend qu'il inaugure, personnellement, le nouveau bâtiment de quatorze étages, dont six sont aménagés au sous-sol et serviront de parkings aux voitures des députés.

EN MARGE DU DECOUPAGE DES CIRCONSCRIPTIONS

Un institut libanais de sondage déduit d'une enquête-express que, dans leur ensemble, les Libanais ont une préférence à la petite circonscription, partant du fait que l'élargissement de cette dernière (au mohafazat) n'a pas réglé le problème de l'intégration nationale, ainsi que l'a montré le scrutin de 1992. Le même sondage d'opinion montre que, seuls les candidats de condition aisée, ont intérêt à ce que le mohafazat soit adopté, car il leur permet de soudoyer l'électorat et, ce qui est plus commode pour eux, les chefs de liste pour être choisis à la place d'autres candidats plus représentatifs, ce qui ferme la voie à l'émergence de nouveaux visages au parlement...

LES "BALLONS D'ESSAI" DE HARIRI...

Des rumeurs contradictoires sont propagées à propos de la candidature du président du Conseil, certaines affirmant qu'il l'a posera à Beyrouth, d'autres, qu'il ne briguera pas un siège à l'Assemblée. Toujours est-il, que les milieux proches du chef du gouvernement continuent à propager de telles rumeurs considérées comme autant de ballons d'essai; surtout depuis que M. Hariri a ouvert question de son éventuelle participation aux législatives, quand il a rendu visite, récemment, à M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien, à Bloudane.

QUE VEUT ISRAEL?

M. Mohsen Dalloul, ministre de la Défense, est persuadé que l'intention prêtée à Israël de retirer ses troupes du Liban-Sud, s'inscrit dans le cadre des manœuvres auxquelles l'Etat a toujours au recours, pour camoufler ses intentions véritables, à savoir: semer la division au sein de la société libanaise. "Netanyahu, a ajouté M. Dalloul, a révélé ses visées quand il a dit: Le sujet essentiel est celui des eaux, en plus de la terre". Et de conclure: "Israël ne veut pas évacuer les portions de notre territoire que ses forces occupent illégalement, mais agit aux fins d'induire l'opinion publique en erreur et de camoufler ses visées expansionnites".

NECESSITE DE RECTIFIER LES ERREURS

Le communiqué diffusé par la hiérarchie maronite, la semaine dernière continue et, pour cause, de susciter des réactions variées dans les milieux politiques, communautaires et médiatiques. Bien que les milieux du Pouvoir aient poussé certains députés (maronites) à répliquer à Bkerké, les responsables sont persuadés que le communiqué des prélats a mis le doigt sur bien des "plaies" dont pâtissent les citoyens. Et qu'en dépit du ton particulièrement violent utilisé dans sa rédaction, ce document incite les gouvernants à rectifier les erreurs commises "ce qui, comme l'a souligné le patriarche Sfeir dans sa dernière homélie dominicale, pousse beaucoup de Libanais à boycotter le scrutin".

EN MARGE DES LEGISLATIVES

Les milieux proches des candidats suivent, non sans intérêt, les rencontres de Me Naji Boustany avec les délégations populaires qu'il reçoit en son domicile de Deir el-Kamar chaque dimanche. Dimanche dernier, près de 1.500 personnes de toutes les communautés ont rendu visite à Me Boustany, venues pour la plupart de Barja, Chéhim, Ketermaya (Iklim el-Kharroub), en plus des délégations des communautés chrétirenne et druze. Il est possible que la liste de candidats dont Me Boustany fera partie, soit rendue publique à la fin de cette semaine.

ENTRE L'OPPOSITION DE L'INTERIEUR ET DE L'EXTERIEUR

Les observateurs constatent une rupture entre l'opposition de l'intérieur, dont le Dr Albert Moukheiber est le chef de file, et celle de l'extérieur formée de l'ex-président Amine Gemayel, du général Michel Aoun et de M. Dory Chamoun. On sait que ceux-ci appellent au boycottage des législatives, alors que les opposants de l'intérieur sont favorables à la participation au scrutin et blâment ceux de l'extérieur "de poursuivre leur campagne contre le Pouvoir à partir des cafés-trottoirs ou du "Moulin Rouge" de Paris". L'opposition de l'intérieur devait se retrouver, mardi au domicile du Dr Moukheiber à Beit-Méry, pour délibérer à propos des élections générales.

HOSS: NETANYAHU PRISONNIER DE SES POSITIONS

"La conjoncture régionale est caractérisée par une certaine tension, provoquée par les déclarations et prises de position de Benjamin Netanyahu, nouveau chef du gouvernement israélien, qui porte à penser que le processus de paix pourrait être bloqué pour une longue période", a déclaré le président Salim Hoss. L'ancien chef du gouvernement écarte la possibilité de toute éclaircie avant les prochaines élections présidentielles américaines. "Même après cela, dit M. Hoss, Netanyahu paraît n'être pas en mesure de progresser sur la voie de la paix, parce qu'il est prisonnier de ses positions extrémistes". En ce qui concerne les législatives, le président Hoss ne favorise pas la formation d'une "liste de coalition" à Beyrouth, disant que son groupe parlementaire, le "Bloc du salut et du changement" refuse de s'allier à des candidats à la députation qui seraient de simples compagnons de route...

EL-HAFEZ ET LES COMPTES DES ISRAELIENS

"L'agression israélienne contre le Liban-Sud se perpétue d'une manière ou d'une autre", observe le président Amine el-Hafez. Cependant, le député de Tripoli pense que les comptes auxquels procèdent les responsables à Tel-Aviv, les empêchent de déclencher une attaque d'envergure, car l'opinion internationale a pris conscience de la nature de l'action menée par l'Etat hébreu contre les pays limitrophes, surtout depuis le raid meurtrier sur Cana en avril dernier...

FADEL DE NOUVEAU EN LICE

M. Maurice Fadel, ancien parlementaire, intensifie ses contacts en prévision des élections, en tant que candidat pour le siège grec-orthodoxe de Tripoli. Il nous revient qu'il fera partie de la liste que présidera M. Ahmed Karamé, adverse à la liste de coalition bénéficiant du soutien officiel. Selon des sources renseignées, M. Fadel a de grandes chances d'accéder une fois de plus au parlement, en raison de son expérience électorale et des services qu'il ne cesse de rendre à sa circonscription.

R. EL-KHAZEN S'EXPLIQUE...

Les milieux politiques et de la communauté maronite ont été surpris par la déclaration désobligeante de M. Rouchaid el-Khazen à l'égard de Bkerké, étant donné les liens étroits existant entre le député du Kesrouan et le siège patriarcal. M. el-Khazen s'est empressé, quant à lui, de faire une mise au point, clarifiant sa position et dissipant toutes les équivoques. D'ailleurs, on lui prête l'intention de rendre visite au cardinal Sfeir à Dimane "pour une franche explication"...

ON DIT...

- Que des rencontres ont réuni, dernièrement, les responsables d'un parti fondamentaliste et des leaders chrétiens engagés, mais rien n'a transpiré de leurs échanges de vue sur les problèmes de l'heure et, en tout premier lieu, les prochaines législatives.

- Qu'un responsable gouvernemental est embarrassé par les pressions exercées sur lui par certaines parties pour le convaincre de poser sa candidature aux élections générales à Beyrouth.

- Qu'un ministre a parié sur l'exclusion de vingt-deux membres de l'Assemblée à la suite des législatives. A signaler que 22 parlementaires de la présente législature ont voté contre le projet de loi électorale sur base de laquelle le scrutin sera organisé.

...EN RACCOURCI

- L'imam Mohamed Mahdi Chamseddine, président du Conseil supérieur chiite, invite les Libanais à s'en tenir à la nouvelle loi électorale, telle que ratifiée par la Chambre et à ne pas boycotter les législatives, comme en 1992.

- La coterie du chef du gouvernement rapporte que la position adoptée par la "troïka" de l'opposition établie à Paris n'a pas surpris le président Hariri, car il s'attendait à sa réaction négative à l'égard de la nouvelle loi électorale.

OPINION

LES SIEGES DE "L'AUTOBUS" DES ELECTIONS DEJA RESERVEES!

Les élections sont aux portes et le rush des candidats n'a pas son pareil, chacun aspirant à accéder au parlement, quel que soit le nombre des voix qu'il obtiendra. Aux législatives de 92, des candidats n'ont-ils pas été élus par 41 voix, 130 ou avec moins qu'un millier de suffrages, suite au boycottage du scrutin? Aujourd'hui, le courant s'est renversé et une tendance se dessine en faveur de la participation. Fait curieux: ceux qui ont prôné la participation, lors de la réunion tenue mardi au domicile du Dr Moukheiber, ne l'avaient pas fait de gaîté de cœur, car ils espéraient avoir une place dans les "autobus" des élections. Quand aucune place ne leur a été réservée en 92, ils ont cru accomplir une action d'éclat en se ralliant aux partisans du boycottage, se prenant ainsi pour les maîtres du jeu. Les cinquante-deux candidats potentiels qui se sont retrouvés chez le Dr Moukheiber, se sont prononcés, après de laborieux conciliabules, contre le "maudit boycottage" qui a été, à leur avis, la cause de tous nos malheurs, y compris, peut-être, la dernière agression israélienne!!! Ainsi, les "52" ont tourné le dos au boycottage et appelé les citoyens à participer en masse aux législatives, se voyant déjà trônant sous l'hémicycle. Ils perdent de vue que ce rêve se heurte à une loi électorale inique, confectionnée à la mesure de ceux qui auront le privilège de siéger place de l'Etoile. Ils ont oublié qu'ils doivent prendre place dans l'"autobus", si une place leur est réservée, pour pouvoir accéder à la Chambre. Mais n'est-ce pas déjà un titre d'honneur pour un citoyen de se prévaloir de la condition de candidat aux élections, croyant de ce fait se distinguer du commun des mortels! Le boycottage est une option, comme la participation et le bulletin blanc qu'on dépose dans l'urne. Chaque citoyen est libre de son choix et les boycotteurs ont leurs raisons valables pour s'y accrocher, la première de ces raisons étant leur refus de prendre place dans "l'autobus", étant donné les risques qu'ils encourent, dont celui de ne pas vouloir contribuer au jeu visant à contourner la volonté de l'électeur, en lui imposant une liste, même si cette dernière réunit les antagonistes. Car ils ont foi dans le jeu démocratique et dans ses principes qui exigent, avant tout, une saine représentation des électeurs. Ceci ne peut se produire à travers tant de candidats que rassemble le jeu des intérêts. Pratiquons-nous la démocratie mieux qu'en France et en Grande-Bretagne où la circonscription est réduite alors que chez nous on s'emploie à l'élargir? Bien des points d'interrogation se posent à ce propos, la plus importante étant la suivante: Pourquoi ce rush et cette manie de critiquer les critiqueurs, "pour ne pas réactiver le principe du boycottage"? Ne sont-ils pas responsables de cela? Et ne sont-ils pas des partenaires, au moins, dans la responsabilité? Pourquoi donc n'ont-ils pas agi et ont attendu que les autres agissent à leur place?

NADIM EL-HACHEM.