EDITORIAL

Par Melhem KARAM
L'EQUATION DE MADRID... OU CELLE DE NETANYAHU?
Dans le précédent article, il y avait une question: Pourquoi l'Amérique ne se comporte-t-elle pas à l'égard de Benjamin Netanyahu, comme elle se comporte à l'égard de Boutros Ghali? Ceci avant que Netanyahu prenne la parole devant le congrès américain. Qu'en est-il après qu'il eut parlé et dit ce qu'il a dit? Avec Netanyahu, l'Amérique a supporté la griserie et la gâterie. Et les paroles prononcées par le chef du gouvernement d'Israël, insinuant qu'Israël pourrait se passer, prochainement, de l'aide américaine… sont-ce les paroles destinées à rassurer ou les paroles de l'arrogance? De toute manière, ce ne sont pas les paroles de la paix. Car la paix ne s'impose par la force qu'au cas où il y a un vainqueur et un vaincu. Serait-ce le cas d'Israël par rapport aux Arabes? Non, naturellement. Cependant, certains comportements arabes, poussent l'Israélien et un autre que l'Israélien à se comporter avec les Arabes comme s'ils sont les vainqueurs, alors que les Arabes seraient les vaincus. Aucune fois, l'Israélien n'a renoncé à quoi que ce soit. Ni en temps de guerre, ni au cours des négociations de paix. Pourtant, il a tout pris, dans la guerre et aux négociations de paix. Voici une remémoration spontanée. De 1948 à Wye Plantation et à Washington… où était la mentalité de la justice et de la paix en Israël? Certaine réaction favorable au cours des négociations et les comportements ayant suivi Madrid… le chef du gouvernement du Likoud y a vu, aujourd'hui, des dérogations au droit d'Israël, promettant de faire ce qui convient… Comme s'il était le punisseur capable. Pas de paix. Fort bien. Les Arabes sont-ils les seuls à pâtir de l'état de non-paix? Non, les Arabes subissent un préjudice à l'instar d'Israël. Comme le monde entier dans l'état d'instabilité… Shimon Pérès, non les Arabes, a dit aux Israéliens pourquoi et en quoi ils subiraient un préjudice, si l'opération de paix venait à s'estomper. Car Shimon Pérès et il était, alors, en état de légitime défense, s'est soucié de dire ce qu'a valu l'approche de la paix à l'économie israélienne. Que serait-ce la paix elle-même? Et le monde… de l'Amérique à l'autre parrain russe, revient après les élections, plus ouvert vers l'Europe sur l'autre côté de l'Atlantique. Ce monde… les cent quatre-vingt cinq membres des Nations Unies… écoute, voit et se tait… Comme avec Staline après la deuxième conflagration mondiale et comme Hitler avant et durant la guerre. En dépit de cela, Netanyahu parle de la paix. Sa paix à lui. C'est-à-dire le refus israélien de toute chose offerte par les juifs. Et l'acceptation israélienne de tout ce qu'offrent les Arabes sous la pression des Juifs. Telle est la paix de Netanyahu. Qui a oublié Abdel-Rahman Azzam et Ahmed Choukairy? Combien ont-ils menacé de jeter Israël dans la mer! On connaît le reste de l'histoire. Israël s'est trouvé à l'étroit dans la mer, laquelle n'a pu contenir les Arabes! Tout cela est connu. Quant à la nouvelle équation, c'est quelque chose de nouveau. L'équation de Netanyahu. Les conditions israéliennes sont connues. Les Arabes capituleront-ils? Et pourquoi les négociations par la suite? L'histoire du "oui" et du "non" et le reste sont des détails. Netanyahu se comporte comme si la nouvelle équation, la sienne, doit prévaloir en définitive. Elle sera retenue, parce "qu'il connaît les Arabes". Le Juif négocie avec eux de cette manière, parce qu'il "les connaît". Que connaissent-ils, eux, de lui? S'ils sont, effectivement, tel que dit le Juif… aujourd'hui, cinquante années après l'éclatement du conflit arabo-israélien… Plutôt cent ans après le déclenchement du conflit arabo-juif… le conflit moderne… Si les Arabes étaient, effectivement, comme dit d'eux le Juif "Eshkenazi", celui du Likoud de droite religieux sans limite, la capitulation serait leur destin. Mais s'ils n'étaient pas ainsi et ils ne le sont certainement pas, que feraient-ils? Nul ne veut la violence, ni le terrorisme. Nous sommes tous contre ces deux fléaux. Mais la violence engendre la violence. Et le défi engendre le défi. Et la fermeture des portes incite à la recherche de voies menant aux portes en dehors des endroits de leur fermeture. Pourquoi arrivons-nous à ce point? Les Arabes sont les partisans de la paix. Une paix juste et globale. Et ces deux mots ne sont pas incompréhensibles par ceux qui œuvrent en faveur de la paix de l'autre côté, avec une bonne intention et une bonne volonté. Le Proche-Orient serait-il, après le discours de Washington, une place pour l'équation de Madrid… ou pour celle de Netanyahu?