SATURNALES

DORY CHAMOUN: HOMME D’ETAT

Dory Chamoun a créé la surprise. Une surprise fort agréable. Ses interventions télévisées, ses conférences de presse ont été un véritable bol d’oxygène pour les Libanais. Employant un langage clair, châtié, direct, Dory Chamoun a su exprimer sa position et celle de ses alliés d’une manière élégante, sans le moindre qualificatif péjoratif à l’égard de ses adversaires politiques. Avec une grande dignité, beaucoup de chic et un sens indéniable d’humour, Dory Chamoun s’est révélé un véritable leader. Un leader charismatique sympathique que les Libanais cherchent depuis longtemps. Il n’est pas indispensable d’appuyer son appel au boycott pour reconnaître dans le fils de Camille Chamoun, l’homme d’Etat, courtois, gentleman sûr de lui, logique: un exemple qui a disparu peu à peu du paysage politique libanais. Grâce à Dory Chamoun, on est porté à croire que la véritable démocratie n’est pas tout à fait morte au Liban. Le style “Dory Chamoun” contraste étrangement avec les déclarations pompeuses, ampoulées, obscures et hargneuses d’une certaine “école politique” au Liban. Au pouvoir ou dans l’opposition, Dory Chamoun est un apport positif dans le paysage politique libanais.

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LE BOYCOTT SEUL? INSUFFISANT

La politique du vide n’est pas toujours rentable. Pour être conséquents avec eux-mêmes, les leaders de l’Opposition au gouvernement actuel ont prôné le boycott par les candidats et les électeurs potentiels. Or, l’expérience précédente a prouvé qu’il y a eu des défections en dernière minute qui ont changé la donne du problème. Le boycott est valable, efficace quand il y a solidarité. Mais quand l’intérêt personnel supplante l’union sacrée, le boycott devient dangereux, car il laisse l'opportunité à des personnes peu représentatives de combler le vide laissé par les boycotteurs. En sus du boycott, les leaders de l’opposition devraient prôner un véritable programme de désobéissance civile. Il faut se rappeler Gandhi, en Inde, Lech Walesa en Pologne. Leur action a dépassé de loin le simple boycottage. L’expérience a prouvé au Liban, que le boycott seul arrangeait et convenait parfaitement aux autorités en place. Le boycott a éloigné du parlement et du gouvernement des ténors valables de la politique libanaise pour les remplacer par des minus “missi dominici” à la solde “de qui vous savez”. Il est donc indispensable d’y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans la politique du boycott solitaire!

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GILBERTE ZOUEIN ABOUHAMAD: PERPETUE LA TRADITION DU "LION DU KESROUAN”

Dans le paysage monotone, ennuyeux, quelconque, souvent médiocre et agaçant des futurs candidats, il est toujours agréable de noter la présence d’un ou d’une candidate sortant de l’ordinaire. Perpétuant la tradition du “Lion du Kesrouan”, surnom de son grand-père le député Georges Zouein, et poursuivant la carrière de son père, Maurice Zouein, une des figures de proue de presque tous les parlements libanais, Gilberte Zouein, épouse de Nadim Abouhamad de Tarrazi se lance dans la mêlée. Eleve des Sœurs de Besançon, diplômée en Sciences Politiques, elle a été élevée et a vécu dans une ambiance politique qui la prépare à son futur rôle. En sus, elle s’occupe et s’est toujours occupée d’œuvres caritatives, portant secours et soutien à tous les démunis. Très proche des milieux populaires, Gilberte possède un don d’écoute et une capacité de travail incommensurables. En tant que femme, elle “possède une vie plus féconde, plus confiante et sans doute plus mûre et même plus humaine que la vie de l’homme: ce mâle impatient” comme l’écrivait Rainer Maria Rilke. Ce sera avec plaisir que l'on verra siéger à la Chambre des députés une femme de cette trempe, qui contribuera au changement de la vie politique libanaise.

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POURQUOI PAS DE CHAINE DE TV SCOLAIRE?

Les Libanais qui sont de grands imitateurs, faute d'être de géniaux inventeurs, auraient dû copier les TV mondiales qui ont toutes une chaîne de télévision scolaire destinée à enseigner toutes les matières, d'une manière agréable à tous ceux qui le désirent ou qui n'ont pas les possibilités d'aller à l'école. Que ce soit en Australie ou au Canada, en France ou en Allemagne, en Italie ou en Afrique du Sud, une chaîne de télévision dispense un programme scolaire à tous ceux qui disposent d'une TV. D'autres pays ont adopté en sus l'enseignement des langues, des jeux de société intelligents tels que le scrabble, les échecs, les dames, etc… Au Liban, il n'y a que des films de violence, entrecoupés chaque cinq minutes d'une pub souvent de mauvais goût. Qu'on se souvienne, lors des reportages sur les événements de Cana et les bombardements du Sud, une marque de serviettes hygiéniques vantait ses vertus entre gros plans de saccage, de désespoir et de mort. Il est vrai que "l'argent n'a pas d'odeur". Ce n'était pas un péché mortel, pour sûr. Mais une telle faute de goût, a incité de nombreux téléspectateurs à rayer définitivement de leurs listes d'achat la marque en question. Avec l'avènement des antennes paraboliques, des câbles et de nombreuses techniques qui font déjà la concurrence aux chaînes locales de TV, ce n'est pas en programmant des films mexicains, indiens, parlant en arabe littéraire, ou en produisant des émissions plus ou moins valables qui font de leur mieux avec des moyens limités, mais toujours insuffisants que les chaînes de TV survivront au Liban.

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LES "NONNES REVOLUTIONNAIRES" QUI NE SONT PAS DES NONNES!

L'hebdomadaire égyptien "Rose el-Youssef" rapporte que le dirigeant libyen Mouammar Kazzafi s'entoure de gardes du corps féminins, qui ont fait vœu de célibat et juré de ne jamais épouser "un mâle arabe vaincu". Ces "nonnes révolutionnaires" comme elles se font appeler, ont été remarquées dans l'entourage du président libyen au cours de son récent séjour en Egypte. Il était accompagné d'une douzaine de ces jeunes vierges bien rodées à tous les arts martiaux et guerriers. Selon "Rose el-Youssef", ces jeunes femmes prononcent le voeu suivant: "Je me consacre à la révolution, refuse le mariage pour protester contre la gent masculine arabe qui a perdu la Palestine et bradé les droits arabes et pour aiguillonner le mâle arabe vaincu". Cette unité de "nonnes révolutionnaires" a été créée en 1981 par le colonel Kazzafi pour "mettre des femmes au premier rang de la lutte armée". Cet appel, bien entendu, n'a pas fait l'unanimité au sein des familles et s'est attiré les critiques de dignitaires religieux libyens qui ont fait valoir que la notion de "nonne" n'existe pas en Islam. On ne connaît pas le nombre exact actuel de ces recrues de cette force spéciale mais "Rose el-Youssef" cite quelques-uns de leurs slogans: "Malgré nos pères, nos frères et nos oncles, nous nous donnons à toi cher colonel" ou "Nous n'épouserons pas des hommes vaincus qui ne donneront que des enfants vaincus".

MARY YAZBEK AZOURY.