D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

OPTION DEMOCRATIQUE

M. Nassib Lahoud, député du Metn, a mis l’accent au cours de sa récente rencontre avec le Dr Albert Moukheiber, sur “la nécessité d’une option démocratique dans cette circonscription”. M. Lahoud demande au gouvernement d'assumer ses responsabilités et de tenir ses engagements en ce qui concerne la liberté du scrutin et son intégrité. “Les élections, dit-il, ne sont pas un moyen que l’Etat peut utiliser pour constituer un parlement à son image, mais pour permettre au peuple d’élire ses véritables représentants”.

LA “TROIKA” DE L’EXTERIEUR REMERCIE LE PATRIARCHE

S. Em. le cardinal Nasrallah Sfeir a reçu, vendredi dernier, un message de la “troïka” de l’opposition à l’extérieur (Gemayel-Aoun-Chamoun), dans lequel les trois leaders remercient l'éminent prélat de ses prises de position foncièrement nationales. Ce message a été transmis à Sa Béatitude par M. Gebrane Tuéni, coordonnateur des contacts entre la “troïka” et l’opposition de l’intérieur.

LA LISTE MOUKHEIBER-LAHOUD FIN PRETE

Les candidats arméniens et le second grec-orthodoxe posaient un problème au Dr Albert Moukheiber et à M. Nassib Lahoud dans la formation de leur liste. Aux dernières nouvelles, ceux-ci ont tranché le cas du candidat arménien, en le laissant vacant pour pouvoir ébranler la “liste officielle” dont le chef de file n’est autre que le ministre de l’Intérieur. En ce qui concerne le second candidat grec-orthodoxe, les concertations se poursuivent: M. Lahoud propose le nom de son ancien colistier, M. Riad Abi-Fadel, alors que le Dr Moukheiber voudrait joindre à la liste un élément capable de faire face à M. Michel Murr. En ce qui concerne les candidats maronites, le nom de M. Walid Khoury (pour le jurd) est le plus cité. Quant à M. Mounir Hajj (Kataëb), ses tendances vont à l’encontre de celles du Dr Moukheiber, alors que M. Antoine Dagher aurait été écarté au profit d’un autre membre du PPS, Ghassan Achkar, ainsi que M. Mansour Azar pour le même motif. Pour le littoral du Metn et après le retrait de M. William Abou-Jaoudé, il reste en lice MM. Georges el-Hayek, Emile Kanaan et Ibrahim Kanaan, ce dernier étant considéré comme le plus proche du Dr Moukheiber et de l’opposition. Enfin, il est presque certain que M. Michel Samaha sera le candidat grec-catholique, la liste devant être rendue publique au début de la semaine prochaine.

CONDITIONS REDHIBITOIRES DE F. BOUTROS?

Selon des sources renseignées, M. Fouad Boutros, ancien ministre, qui est resté jusqu'ici éloigné des tractations préélectorales, est soumis à de fortes pressions pour l’amener à poser sa candidature aux prochaines législatives et à faire partie d’une liste forte à Beyrouth. Cependant, il aurait posé des conditions rédhibitoires pour accepter de se porter candidat: il s’agit, plus exactement, de six questions auxquelles il exige des réponses claires, par lesquelles il veut sauvegarder son entière liberté d’action à l’avenir, s’il venait à accéder à la Chambre.

DOUBLE SURPRISE (CHIITE) A BEYROUTH

Les milieux politiques s’attendent à une double surprise (chiite) à Beyrouth: il s'agit de la candidature du fils d’une haute instance de la communauté, la décision finale attendant celle d’un responsable gouvernemental quant à l’intention qu’on lui prête de se porter lui-même candidat. Le second candidat chiite dans la capitale, serait M. Ibrahim Charara, l’un des responsables de la caisse des déplacés qui a déjà entrepris sa campagne électorale.

PAR CONVICTION OU OPPORTUNISME?

Des observateurs constatent que des députés ayant voté contrairement à leurs convictions au terme du débat institué à la Chambre sur la révision de l'article 49 de la Constitution, le 19 octobre 1995, en vue de permettre la reconduction du sexennat présidentiel, n’ont émis aucune remarque à propos du projet de la loi électorale et l’ont ratifié dans la forme où il a été présenté par le gouvernement...

HARIRI PROCLAMERA SA LISTE LE 10 AOUT

Le président Rafic Hariri aurait, finalement, décidé de s’engager dans la bataille électorale. A cet effet, il proclamera sa liste au cours d’un meeting populaire à organiser dans la capitale, probablement le 10 août prochain. Le chef du gouvernement a fait part à sa “machine électorale” de sa décision de briguer un siège à l'Assemblée nationale, partant de sa conviction ”qu’un leadership doit être consacré par une consultation populaire”. Selon certains recoupements, le président Hariri aurait entre autres colistiers: MM. Mohamed Amine Daouk, Omar el-Zein, Salim Diab, Bahaëddine Itani, Hassane Hallak, Hassane Hussein Mansour (fils du regretté Hussein Mansour), Michel Pharaon (fils du ministre de l'Environnement).

R. EL-KHAZEN S’EXPLIQUE UNE FOIS DE PLUS…

M. Rouchaid el-Khazen, député du Kesrouan, continue à exprimer son amertume, suite à la fausse interprétation faite par certains milieux de la manière dont il a commenté le communiqué de la hiérarchie maronite. “Je reste le gardien de Bkerké, dit-il, que je considère comme une instance spirituelle mais, aussi, comme une instance nationale". Et d’ajouter: “J’ai émis mes réflexions à propos dudit communiqué à l’issue d’une rencontre avec le président Nabih Berri et des députés du “Hezbollah” qui n’ont pas ménagé leurs critiques… J’ai donc estimé nécessaire de prendre les devants et de couper la voie à d’autres parlementaires, mahométans ou autres, qui auraient pu décocher leurs flèches empoisonnées en direction du siège patriarcal”. Et de conclure: “Nul ne peut prétendre être plus maronite que moi et, surtout, plus soucieux de sauvegarder la dignité de Bkerké”.

KABALAN: PRIORITE AUX CITOYENS

Cheikh Abdel-Amir Kabalan, vice-président du Conseil supérieur chiite, a appelé l’Etat à se pencher sur les problèmes qui intéressent les citoyens dans leur vie quotidienne, au lieu de consacrer exclusivement son temps aux élections générales. “Le pays, observe-t-il, traverse des circonstances économiques difficiles, notre peuple vivant dans des conditions très peu enviables. Il a donc besoin d’une attention particulière dans cette phase, pour pouvoir vivre décemment au-dessus du seuil de pauvreté”.

G. GERMANOS: HAWAT A FAIT FAILLITE

M. Gabriel Germanos, ex-président du conseil du Bloc national, ancien parlementaire, a évalué en ces termes la prise de position de son ancien collègue, Me Jean Hawat, ancien secrétaire général du parti: “On m’a demandé s’il était possible de former une liste commune avec Hawat et j’ai répondu, littéralement: Celui qui a conduit le B.N. à une situation aussi désastreuse, n'est pas digne de représenter le peuple libanais au parlement. “C’est pourquoi, je ne peux coopérer avec une personne ayant fait faillite, ni trahir ma patrie. Jean Hawat pourrait prétendre être l’un des fondateurs du Bloc national. Où était-il en 1943 et en 1948? “Le “amid” Eddé sait bien qui a fondé le Bloc national dans ma ville et au caza de Jbeil, la plupart des gens adhérant, à l’époque, au bloc destourien. Avec une ou deux personnes, dont mon gendre, Assad el-Hachem, nous avons fondé le B.N. au caza de Jbeil, mais nous n'avons jamais imaginé que la fin du parti serait aussi déplorable”…

TENTATIVE (PARLEMENTAIRE) D’INVALIDATION DE LA LOI ELECTORALE

Un développement majeur vient de se produire, place de l’Etoile, où sept députés - sur les dix requis - ont signé une pétition en vue d’un recours devant le Conseil constitutionnel, dans une tentative d’invalider la nouvelle loi électorale. Les signataires de la pétition sont: MM. Michel Samaha, Najah Wakim, Zaher el-Khatib, Mikhaël Daher, Habib Sadek, Oussama Fakhoury et Moustapha Saad. Ils ont jusqu’à lundi prochain, dernier délai, pour recueillir trois autres signatures sur la pétition et la présenter au Conseil mentionné, aux fins d’obtenir l’invalidation d’une loi jugée “inéquitable et élaborée sur la mesure de certains candidats bénéficiant de l’appui officiel”. Rappelons qu’en plus des parlementaires ayant déjà signé la pétition, plusieurs autres ont dénoncé le “caractère anticonstitutionnel” de la loi électorale, ce sont: MM. Camille Ziadé, Nassib Lahoud, Riad Abou-Fadel et les députés du “Hezbollah”. Si la démarche parlementaire est retenue par le Conseil constitutionnel, il y a un risque que le processus électoral soit gelé jusqu’à ce que cette haute juridiction rende son arrêt...

ON DIT...

- Qu’un groupe consultatif d’un respon-sable gouvernemental lui a conseillé de poser sa candidature aux prochaines législatives; puis, lui a prodigué un conseil contraire...

- Qu’un haut fonctionnaire a été placé devant l’alternative suivante: accepter de prendre en charge une mission diplomatique ou poser sa candidature aux élections générales, car son successeur au poste administratif qu’il occupe a été désigné.

- Que certaines instances commencent à rassembler des extraits de l’état civil, dès aujourd’hui, contre une promesse de la part des personnes concernées à accorder leurs suffrages à une liste déterminée...

...EN RACCOURCI

- Les milieux politiques et les observateurs se perdent en conjectures sur les parties qui s’emploient à diviser les rangs de l’opposition, en incitant des fractions locales à ne pas se conformer au mot d’ordre de la “troïka” de Paris...

- Les observateurs s’attendent que le président Omar Karamé effectue un second déplacement à Damas, la semaine prochaine, en vue de compléter les échanges de vues avec les responsables syriens, autour des questions d’actualité et aussi, du choix de certains candidats devant être les colistiers de l’ancien chef du gouvernement au Liban-Nord.

OPINION

S’IL EN EST AINSI... MERCI AU “AMID”!

Les développements survenus la semaine dernière à Jbeil, suite à la décision - prise par Me Jean Hawat, secrétaire général du Bloc national, de poser sa candidature, pose plus d’un point d’interrogation. D’autant que celui-ci a été déchargé de ses fonctions et déféré devant le conseil de discipline du parti. Le “amid” Raymond Eddé est établi en France et a abandonné la scène locale depuis plusieurs années. N’aurait-il pas été préférable pour lui de revenir, de reprendre son activité sur place, de diriger son parti et d’entretenir sa popularité, au lieu d’émettre son opinion à propos des problèmes de l’heure à partir de la capitale française? A ces questions nous répondons en ces termes: Si le “amid” était ici, quelle aurait été son efficacité et quels auraient été les fruits de son action? S’il s’agit pour lui de mobiliser les gens en vue de consolider la position nationale, il en est capable, quel que soit le lieu de sa résidence. Evoquant l’action et l’œuvre du général De Gaulle sans prétendre lui ressembler ou être son héritier, il rappelle que le Général avait dirigé sa bataille durant la guerre à partir de Londres, les Français ayant, alors, agi selon ses plans sans qu’il soit parmi eux. S’il est demandé au “amid” d’affirmer sa présence parmi ses partisans et supporters, pour influer sur les décisions engageant l’avenir de la patrie, ingnore-t-on que la scène locale est contrôlée de telle manière qu’il est incapable d’y opérer le moindre changement? Les gens qui ont dénoncé l’initiative de Jean Hawat, le jour où il a posé sa candidature aux législatives, partent de ce point, estimant que le secrétaire général du B.N. n’aurait pas dû poignarder son leader dans le dos. La réaction négative contre Hawat s’est manifestée dans les milieux tant des supporters que des adversaires. Il en est ainsi des décisions de l’intérieur. Quant à ceux de l’extérieur, elles se reprennent dans les grandes capitales, à savoir: Washington, Paris, New York, le Vatican, Londres, Moscou et Bonn. Aussi, l’endroit où réside le “amid”, où qu’il soit, n’est-il pas inutile. Là-bas il lui est possible de faire entendre la voix du Liban et défendre sa cause. Comme de conférer avec les responsables américains, français, européens et autres, à travers des rencontres ou au moyen d’intermédiaires. Sa présence sur les bords de la Seine a eu entre autres avantages: de lui valoir le respect et l’estime que lui vouent les hauts responsables français, le président Jacques Chirac en tête; preuve en est que le chef de l’Elysée a tenu à s’entretenir longuement avec lui, la veille de sa visite au Liban. De même, l’administration gaulliste a tenu compte de ces idées pour élaborer sa stratégie sur base de laquelle la France s’emploie à régler le problème libanais... Depuis de longues années, le “amid” milite en vue d’un triple but: obtenir l’application de la résolution 425 du Conseil de Sécurité, exigeant le retrait inconditionnel des forces israéliennes du Liban-Sud; combler le vide sécuritaire dans la partie méridionale du pays, par le déploiement de nos forces régulières ou de forces internationales ayant une puissance dissuasive; assurer le retrait de toutes les forces armées non-libanaises du territoire national. La stratégie française repose sur ces trois points. Le président Chirac les a définis dans le discours qu’il a prononcé devant la Chambre des députés à Beyrouth. N’a-t-il pas dit que la France était disposée à combler le vide sécuritaire au Sud, dans le cadre d’un accord international ou séparé à conclure avec les Etats arabes ou autres qui le désirent? Ce fut la première brèche percée dans le mur de la cause libanaise, accaparée par l’Amérique depuis près d’un quart de siècle. La France d’aujourd’hui diffère de celle d’hier. Celle d’aujourd’hui a une crédibilité et la capacité de concrétiser ses promesses et ses engagements. Ces vérités, on ne peut les nier, car elles se passent de preuves. Et si le “amid” Eddé a pu, en résidant à Paris, influer sur le cours des événements, comme on l’a constaté, nous lui disons merci!

NADIM EL-HACHEM.