NOTRE COUVERTURE

ATLANTA, CAPITALE DE LA GEORGIE REÇOIT LES DERNIERS JEUX OLYMPIQUES DU 20ème SIECLE

ATLANTA SOUS HAUTE SURVEILLANCE...

A l’origine, les Jeux olympiques constituaient une trêve entre les combats que se livraient les cités grecques: elles transposaient leurs batailles sur un terrain autre que celui des armes. C’est dire qu'au-delà des sportifs, la compétition a toujours témoigné de la rivalité des nations et des puissants! Tous les quatre ans, les Jeux olympiques établissent un état des lieux, non seulement du sport, mais aussi des capacités humaines. En dépit du dopage, des sorciers de la mise en forme et autres soigneurs et entraîneurs de tous acabits, cette rencontre demeure un thermomètre, un repère pour une jeunesse où les idéaux, notamment dans les sociétés occidentales, s’estompent, hélas... De 1896 à 1996, les Jeux se sont trouvés associés à la vie de la planète et sont ponctuellement devenus les otages des grands problèmes politiques: terrorisme ou boycottage. Enfin, dès le début de la présidence de Juan Antonio Samaranch en 1980, la place de l’argent dans l’organisation des Jeux est devenue de plus en plus importante, en liaison avec l’extension des moyens techniques des télévisions et avec l’introduction des sponsors attirés par la répercussion planétaire de l’événement. Pour les 100 ans des Jeux olympiques de l’ère moderne, Atlanta, a d’ores et déjà gagné la course des superlatifs: ce sont les J.O. les plus commercialisés et les plus médiatisés de l’histoire.

Hillary Clinton et sa fille Chelsea à la cérémonie d’ouverture.

Le Prince Albert de Monaco.

Carlos Menem, président de la République d’Argentine.

La chanteuse Gladys Night chante “Georgia in my mind”.

La chanteuse canadienne Céline Dion chantant en honneur du Sud “Le Pouvoir du Rêve” et “Summertime”.

Ce sont les Jeux de la démesure et du gigantisme; les Jeux, dévorés par l’argent et écrasé par la technologie, les Jeux-fric, les Jeux-pub... Ces 23èmes Jeux olympiques, qui révèlent au monde la perle noire de la Georgie, passant de “Gone With the Wind” à l’air conditionné, accueille aujourd’hui les meilleurs athlètes du monde, quatre milliards de téléspectateurs et 197 pays pour une pléthorique moisson de médailles d’or.

En présence du président des Etats-Unis d’Amérique, Bill Clinton qui a solennellement déclaré les Jeux ouverts, la cérémonie d’ouverture à l’américaine, haute en couleurs, a donné le coup d’envoi des XXIIIème Jeux olympiques de l’ère moderne, rénovés il y a tout juste 100 ans. 10.800 athlètes vont pendant 17 jours s’affronter pour la conquête de 813 médailles. Toujours est-il qu’avec 52% d’humidité et 50Þ au soleil, les épreuves ont bel et bien commencé et s’annoncent fructueuses pour les Français: 8 médailles au terme des deux premiers jours. Les judokas ont ouvert la voie avec David Douillet les autres Cicot. Traîneau. Longo. Touya. Yalouz. etc... Une observation inquiétante cependant: en matière d’organisation: il semble qu’il y ait défaillance sur les plans trafic et informatique. Et cela se double malheureusement d’une rigueur toute américaine, tatillonne et tracassière qui augure assez mal des relations entre les indigènes et les visiteurs. Certes les premiers jours sont toujours un peu difficiles - mais Atlanta a peu de temps pour prouver qu’elle est une ville digne d’avoir été privilégiée... dans le choix dont elle a fait l’objet. Il faut cependant reconnaître qu’après l’explosion du Boeing 747 de la TWA, il n’y a pas eu de psychose dans la cité olympique. Seul l’aéroport est un peu plus surveillé. Partout ailleurs rien n’a changé.

Sur le podium, quelques anciens champions olympiques encore vivants: Greg Louganis, Nadia Comaneci, Carl Lewis, Léon Stukelj...

Un gymnaste des Jeux olympiques de 1924. Léon Stukelj, aujourd’hui âgé de 97 ans, se rappelle...

Toujours des policiers présents, attentifs - mais pas agressifs. L’Américain de base ne semble pas plus inquiet, qu’il soit touriste, chauffeur de taxi ou cadre dynamique... “Ici tout a été prévu, selon le discours des autorités, pour éviter un drame quel qu’il soit. Il faut malgré tout rester vigilant, car les Jeux doivent être une fête!” Avec le recul et vue de loin et de haut, la puissance d’Atlanta exprime la jeunesse du nouveau Sud. Elle donne une impression de puissance. Les J.O. en sont le couronnement. Mortes et enterrées les séquelles de la guerre de Sécession... Le Sud pas à pas a entamé la reconquête du Nord. Aujourd’hui il a gagné. Et les fils des anciens producteurs du coton et du vieil “Old Man River...” du Mississipi, peuvent faire un pied de nez au reste de l’Amérique. L’histoire pour Atlanta commence maintenant. La preuve est là... C’est peut-être la revanche de Scarlett O’Hara!

LA CEREMONIE D’OUVERTURE

Dans une explosion magique de lumières et de couleurs, la cérémonie d’ouverture des Jeux s’est déroulée pendant quelque 4 heures devant des milliers de spectateurs et des centaines de millions de télespectateurs qui ont pu assister au défilé de toutes les délégations passant sur la piste au rythme de la voix de Céline Dion, la chanteuse québecoise interprétant l’hymne des dernières olympiades du siècle! Tout cela en présence de Bill Clinton, Président des E.U., de Juan Antonio Samaranch, Président du Comité olympique international, et de Bill Payne Président du Comité olympique d’Atlanta. Sous une grandiose féerie de feux d'artifices et l’ovation de plus des 100.000 personnes présentes, l'ancien champion de boxe, Mohamed Aly Clay - actuellement atteint de la maladie de Parkinson - est parvenu à rallumer la flamme olympique qui brûlera pendant toute la durée des Jeux. Alors que l’ex-champion mettait le feu à la cuve, voilà le tableau panoramique et impressionnant qui s'offrait à son regard - alors que celui-ci était simultanément projeté par sattellites sur tous les écrans aux quatre coins du monde!

EN HOMMAGE A LA GRECE ANTIQUE, FONDATRICE DES JEUX OLYMPIQUES

En hommage à ce berceau des Olympiades que fut la Grèce ancienne avant notre ère, un spectacle émouvant en ombres chinoises, devait soulever l’admiration des 100.000 spectateurs - rappelant en trois tableaux, deux disciplines très prisées dans ces temps très anciens: les prouesses du discobole, du tireur à l’arc et le couronnement du vainqueur.

C.E.H.