EDITORIAL

Par Melhem KARAM
L’EPREUVE AU LIBAN… COMMENCEMENT ET FIN
A Atlanta ils étaient avec lui… les terroristes! La Libye était-là-bas. L’Iran et la Corée. Mais lui, le président américain, est-il sérieux dans son action contre le terrorisme… Lui, les Européens et non-Européens? Si telle était la vérité, l’intérêt porté au Charm el-Cheikh électoral n’était pas plus grand que pour Charm el-Cheikh opposé au terrorisme! Charm el-Cheikh était une manifestation électorale pour Shimon Pérès. Il n’était pas, dans la même mesure, une manifestation dénonciatrice des “kamikazes” qui, en assassinant les innocents, grignotaient la popularité du candidat américain et international, pour mettre en avant l'homme du 29 mai. L’Occident se comporte comme s’il se réservait des titres dans la grande marche: le terrorisme, la paix et les droits de l’homme. Même s’il n’est pas le grand militant en faveur de la paix et des droits de l’homme… Ni le grand combattant contre le terrorisme. La légalité internationale, c’est vrai, a évincé Radovan Karadic du leadership des Serbes de Bosnie, en prévision de sa comparution devant le procureur général international de La Haye. Mais… quoi après? Après que les sanctions se soient abattues à cause de lui, sur le peuple serbe. Il est vrai, aussi, que des concessions libyennes se sont produites à propos de la livraison des personnes impliquées dans la catastrophe aérienne de Lockerbie? Mais l'histoire n’est pas terminée depuis deux ans. Ce qu’on voulait de l'affaire de Lockerbie, c’est une chose visible et une autre invisible… La visible: assurer la justice. Et l’invisible, une politique déterminée à l'égard de la Libye et du président libyen en personne… Et on voit la balance de la justice pencher vers ceux qui partagent, depuis longtemps, cet avis. Il en est de même au Liban. L’Amérique appelle à la participation aux élections générales… Elle invite les Libanais, naturellement, en précisant que l'Amérique ne s’immisce pas dans les affaires libanaises… Pourtant, les paroles américaines laissent clairement entendre que le but des élections est de réactiver les institutions libanaises, pour que le Liban récupère son visage naturel aux yeux du monde… Et, peut-être, jusqu’à ce que l’Amérique abroge l’interdit empêchant le voyage des Américains au Liban. Participation.. ou boycotage.. au Liban? Si les gens écoutent la troïka appeler à la participation, ils s'abstiennent. Car l'appel de la troïka n’est pas entendu. Du tout. La troïka n’a rien dit ni tenu sa promesse. Elle tient des propos qu’annulent d’autres propos. Même la mise en scène manque à la troïka… Celle de l’action… Non celle de contraindre les gens à perdre patience, après les avoir mis dans l'embarras. Bien des scandales ont été découverts, sur lesquels ont été lâchés les sables de l’oubli.. Ou bien ils ont été occultés, provisoirement, par des couvertures qui cachent la vue des témoins oculaires… Et le provisoire dure, tel le gouvernement de la troïka maintenu jusqu’à ce jour, qui œuvre comme s’il devait durer à jamais! Combien de candidats ont entendu cela… Et on leur a promis de rester ministres, tant que le chef du gouvernement de ce temps, sera président du Conseil. Elle parie sur le lendemain… la troïka. Parce qu’elle sait que le lendemain est hypothéqué par la paix… Et la paix ne sera pas instaurée, tant qu’Israël se comporte comme il le fait, aujourd’hui, en parlant du lendemain avec les “non”, les colonies de peuplement et la perpétuation. Qui sait jusqu’à quel degré influent les assurances égyptiennes après la rencontre égypto-israélienne? Le ton des colons confiants dans la colonisation durant les quatre années… celles du pouvoir du Likoud… efface toutes les assurances, de quelque côté qu’elles viennent… Même du côté du Caire qui connaît tout… et sait, surtout, que toute chose attend le 4 novembre prochain… date de l'élection du nouveau président américain. Temps perdu… jusqu’à ce moment… au Proche-Orient. Et au Liban. Parce que le Liban est la fin du processus arabe… et de l’épreuve. Et, partant, c'est l'épreuve la plus longue, car c'est ici qu’elle commence et finit.