SATURNALES

“ANNE MA SŒUR ANNE, NE VOIS-TU RIEN VENIR?”

Jamais voyants, astrologues, diseurs de bonne aventure, cartomanciens, chiromanciens n'ont été aussi sollicités, aussi consultés. A ceux-là, s’ajoutent ceux et celles qui lisent dans le marc de la tasse à café. Innovation, il y a aussi ceux qui lisent l’avenir dans les feuilles de thé. Mais là, attention! Il faut boire jusqu’à la dernière goutte, puis laissez sécher sans renverser la tasse. Ne pas surtout, employer des sachets. N’importe quelle bonne marque de thé fera l’affaire, car les feuilles ne doivent pas s’effriter au contact de l’eau bouillante. Par qui ces voyants sont-ils consultés? Par les candidats aux élections législatives, certes. Mais aussi et surtout par leurs proches et amis, sans oublier leurs adversaires politiques, pour ne pas dire leurs ennemis. Ces prophètes, qu'ils soient des Cassandre, des Pythie ou des Papus (à ne pas confondre avec le mathématicien Pappus - deux p) doivent sonder l’avenir pour prédire l’élection de tel ou tel, ou son échec. Dans de nombreux cas, il faut donner le lieu et la date de naissance exacte du candidat ou de la candidate. Or, les candidates féminines ne donnent pas toujours l’année véritable de leur naissance. D’où maldonne... De pair avec les divinations il y a les pronostics. On joue les candidats, comme les chevaux: dans l’ordre ou... dans le désordre, sans compter les outsiders!

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CEUX QUI BRILLENT PAR LEUR ABSENCE: GEORGES JABRE ET SAMIRA ABOUHAMMAD

Dans ces élections, on remarquera davantage ceux et celles qui brilleront par leur absence, en tant que candidat ou candidate. Sollicité par de nombreux pôles d’attraction politique, Georges Jabre demeure inébranlable. Il ne se présentera en tant que candidat maronite à aucun siège, sur n’importe quelle liste. Ténor du Barreau libanais, connu pour le sérieux de ses études, pour sa ténacité et sa persévérance dans la poursuite des dossiers les plus chauds, proche du Pouvoir et de l'Opposition, Georges Jabre demeure fidèle à son rôle d’Eminence grise. Quant à Samira Abouhammad, elle refuse de céder à la pression de ses amis, qui désirent la voir briguer un des sièges grecs-catholiques de la capitale. Née Samira Sabbagh, ancienne élève des Dames de Nazareth; puis, étudiante à la FFM où elle obtient son diplôme d’infirmière visiteuse et d’assistante sociale, l’épouse de l’ancien ministre des Affaires étrangères Khalyl Abouhammad est connue pour ses activités sociales et culturelles. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Elle sert à l’intérieur de sa communauté, aussi bien qu’en dehors, sans distinction de rite, de religion ou d’affiliation politique. Son devoir national, elle l’exerce en dehors du parlement, où ses desideratas font loi. Il n’y a pas deux comme elle pour galvaniser les décideurs quand il s'agit d’une entreprise valable. Elle restera, elle aussi au-dessus de la mêlée.

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NI SAINT VINCENT DE PAUL, NI L’ABBE PIERRE, NI MERE TERESA

Depuis plusieurs jours on voit défiler sur nos écrans, les candidats et candidates aux élections législatives. Glabres, chauves, moustachus, barbus pour la gente masculine, Pomponnées, en tailleur strict ou en robe et bijoux pour les candidates (sur toutes les chaînes) le spectacle vaut la peine. Mais ce qui est édifiant, c'est leurs déclarations. Des déclarations, des promesses en veux-tu, en voilà. Il est vrai comme on l’a écrit et réécrit que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. A entendre nos futurs et nos futures députés, tous ont l’âme de Saint Vincent de Paul, de l’Abbé Pierre et de Mère Térésa réunis, doublés de Walter Bagehot, de Trotsky, de Marx, de Maurice Duverger ou de Jean Monnet. Sans oublier ceux qui se prennent pour George Washington, le Général de Gaulle ou Winston Churchill. Quant à la réalité, la triste réalité, le Liban ressemble de plus en plus à un bateau s’en allant à la dérive sans capitaine et sans équipage. “Incertitude, ô mes délices Vous et moi nous nous en allons Comme s’en vont les écrevisses A reculons, à reculons”

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AD VITAM, AETERNAM, AMEN

L’âge de la retraite pour les fonctionnaires est fixé à 64 ans. L’âge de la retraite pour les magistrats est fixé à 68 ans. L’âge de la retraite pour les hommes politiques, les députés etc... est l’âge que Dieu leur accordera. Ad Vitam, aeternam, Amen. Pourquoi cette différence? Ceux qui sont dans la catégorie fonctionnaires, c’est à dire les diplomates sont pourtant les mieux conservés. Parce que passant un temps assez long à l’étranger, ils n’ont pas été usés par... les Libanais. (Le Liban n’est pas en cause). Les plus fatigués devraient être logiquement ceux qui sont en contact constant avec les Libanais, ces personnes ingouvernées et ingouvernables. A moins qu’ils appartiennent à l'espèce des crocodiles. Aussi, est-il indispensable de fixer un âge limite pour les politiciens, afin qu’ils ne puissent plus sévir au-delà d’un âge plus que certain!

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EXCELLENT “SAYEF MAANA”

Rendons à César ce qui est à César. En cette période de grisaille et de morosité, un excellent programme conçu et réalisé au Liban est proposé aux téléspectateurs. Un programme des plus naturels, des plus sympathiques où le rire est spontané, le plaisir évident et la sportivité concrète. Il s'agit du programme de “Sayef Maana” qui sera susceptible de concurrencer un jour "Intervilles”. L’excellence de ce programme ressort non seulement dans les jeux, mais aussi dans les costumes et les thèmes. C’est un programme jeune, fait pour les jeunes et les moins jeunes. Il semble spontané, bien qu’il exige une somme énorme de préparation. C’est la qualité première d’un bon programme. Puis, il avance vite... A l’américaine. Finies les longueurs, les répétitions, les redites à l’orientale. Les séquences sont bien enlevées, elles tiennent en haleine le téléspectateur. Bravo! Pourvu que cela dure, ne serait-ce que l’espace d’un été!

MARY YAZBEK AZOURY.