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RAYMOND EDDE LEADER DU BLOC NATIONAL:
“Pour représenter le peuple libanais, il faut que l’Assemblée soit élue à 51% des électeurs”.
“LES LIBANAIS SONT PLUS AU COURANT DES INTERETS DE LEUR PAYS QUE NOS AMIS FRANÇAIS”
La candidature du secrétaire général du Bloc national n’a nullement ébranlé le “amid” qui demeure plus que jamais déterminé dans ses positions face aux législatives. “En vertu des principes élémentaires de démocratie et de liberté, il ne peut y avoir, dit-il, d’élections à l’ombre de l’occupation” et cite l’exemple de la France sous l’occupation allemande. Certes, il aurait préféré une prorogation d'un an de la présente législature, puisqu’à son avis, celle qui va être élue sera encore plus syrienne que l’actuelle. Il considère, par ailleurs, que le boycott garantit à l’opposition le droit de contester, à l’avenir, tout accord allant à l’encontre des intérêts du Liban, qui aurait été conclu par un parlement ne représentant qu’une infime minorité du peuple. M. Eddé affirme que les électeurs de Jbeil (Byblos) lui demeureront fidèles dans leur grande majorité et que même s’il y aura cette fois un peu plus de votants qu’en 1992, le parlement n’en sera pas moins illégitime.
- M. Jean Hawatt vous a-t-il avisé de sa candidature?
“Non, il m’en a avisé après l’avoir proclamée, alors que, suivant une décision prise par le comité exécutif à laquelle il avait pris part en tant que secrétaire général, le B.N. avait décidé de boycotter les élections, avec interdiction de voter et de poser sa candidature. Cette décision a été approuvée par M. Hawatt. “Le Conseil de discipline du parti, en vertu d’une décision du 26/7/96 a révoqué Jean Hawatt en application de l’article 37 du règlement intérieur”.
- Avez-vous été surpris par cette candidature et comment l’expliquez-vous?
"Oui, j’ai été surpris, parce qu’il est au parti depuis longtemps et il était parmi les plus acharnés pour décider le boycottage des élections, comme le parti l’avait fait en 1992. “Le soir même du jour où il s’est rendu à Dimane, en compagnie du Dr Salim Salhab, président de l’assemblée du parti, pour transmettre de ma part un message au patriarche Sfeir, on me téléphone de Jbeil pour m’apprendre que Hawatt avait, soudainement, proclamé sa candidature aux élections. Je demande à l’un des membres du parti de dire à Hawatt de m’appeler. Et je lui ai dit: “Qu’est-ce que cette histoire?” Il me répond que sa maison avait été entourée par plus de 1000 personnes venues lui demander de poser sa candidature. Je lui ai répondu: “Vous savez bien, puisque vous l’avez vous-même décidé, que tout membre du parti qui veut se porter candidat aux élections doit, au préalable, présenter sa démission. C’est ce que vous auriez dû faire avant de mettre le parti devant le fait accompli. "Il m’a répondu que tout Jbeil le réclamait. Alors, je lui ai fermé le téléphone au nez”.
LE PARTI N’EST PAS AFFAIBLI
- Comment, à votre avis, vos électeurs de Jbeil vont-ils réagir?
“J’ai reçu de nombreux coups de téléphone critiquant l’attitude de Hawatt. D’abord, de sa propre fille, ensuite, de deux de ses sœurs. Déjà, une partie de sa famille critique son attitude. Par ailleurs, la majorité de nos partisans de Jbeil boycotteront les élections. Quant aux membres du parti, ils ont été en très grande majorité satisfaits de la décision prise par notre conseil de discipline et sont censés respecter la décision de boycottage.”
- Cette candidature et celle du Dr Moukheiber, considéré comme un proche du B.N., ne vont-elles pas affaiblir le parti?
"Pas du tout! Cela ne fera que renforcer notre position. “Concernant le Dr Moukheiber qui est un ancien ami, j’ai toujours soutenu, en blaguant, que sa seule maîtresse était le parlement. Car tous les jours, après sa clinique, il se rendait place de l’Etoile. Subitement, il décide de poser sa candidature, alors qu’en 1992 il avait, comme nous, boycotté les élections. Et il espère battre son propre ennemi qui est Michel Murr et que j’ai dénommé Michel Laval”.
- Par votre réponse, vous semblez justifier quelque peu la candidature de Moukheiber?
“Je ne la justifie pas; j’essaye de la comprendre parce que, physiquement, il ne peut plus se passer du parlement.”
- L’opposition offre, aujourd’hui, une image plutôt en retrait. Croyez-vous que le peuple suivra l’appel des quatre au boycott?
“D’ores et déjà, il y a une nouvelle génération de Libanais qui vont voter pour la première fois et ils sont fiers de le faire. Ils considèrent qu’ils sont devenus politiquement majeurs dans toute l’acceptation du terme. Alors, il se peut que le chiffre de 13,78% d’électeurs augmente et atteigne 15 ou 20%. Ce qui n’aura pas pour effet de rendre la Chambre légitime. Parce que pour représenter le peuple libanais, il faut que l’Assemblée, à mon avis, soit élue par 51% des électeurs!
J'AI LES DEUX PIEDS SUR LA CARPETTE
- Les courants d’opposition qui se sont jusqu’à l’heure présentés aux élections vous ont en tout cas retiré le tapis de sous les pieds. Comment croyez-vous pouvoir réagir?
"Vous êtes dans mon salon et vous voyez bien que j’ai les deux pieds sur la carpette qui n’a pas bougé. On oublie que ce n’est pas le peuple libanais qui vote en réalité. La Syrie, à travers les candidats libanais, va constituer la nouvelle Chambre qui sera plus syrienne que l’ancienne. "D'ailleurs, quand le président de la République, Elias Hraoui, se rend à Damas, se réunit avec les autorités syriennes; puis, déclare à la presse libanaise en date du 23 juillet, que “la Syrie se trouve à égale distance de tous les candidats”, je trouve cette déclaration scandaleuse. Elle prouve que la Syrie va appuyer des candidats qui étaient censés être dans l’opposition, comme elle va appuyer d’anciens parlementaires qui jouissent depuis longtemps de son soutien”.
- Le fait d’avoir boycotté les élections en 1992 a-t-il été d’une quelconque efficacité et la conjoncture locale n’est-elle pas, après tout, différente de celle qui prévalait il y a quatre ans?
“En 92, j’étais le premier à parler de boycottage et à annoncer que je ne poserai pas ma candidature. Non parce que je craignais d’échouer. Je savais que la très grande majorité des électeurs de Jbeil voteraient pour moi, comme ils l’ont fait les fois précédentes. La meilleure preuve que je peux donner est que la participation des électeurs du caza de Jbeil en 1992 n’a été que de 1,01%. “J’avais décidé avec mon parti de boycotter les élections: d’abord, parce qu’il est inadmissible, démocratiquement parlant, d’organiser des élections législatives dans un pays occupé par l’ennemi israélien au Sud et par l’armée syrienne sur le reste du territoire. Tout en sachant que les Syriens, par le truchement de leurs services spéciaux, interviendraient dans le choix des candidats. Les Libanais savent que les candidats ayant réussi en 1992 s’étaient rendus à Damas et avaient obtenu sa bénédiction. “Aujourd’hui, la situation n’a pas changé: occupation du Sud par l’ennemi, présence sur le reste du territoire de plus de 40.000 soldats syriens, sans compter tous les services spéciaux qui font au Liban, la pluie et le beau temps.
“La Syrie, à travers les candidats libanais, va constituer la nouvelle Chambre qui sera plus syrienne que l’ancienne”, nous confie le leader du Bloc national.
PAS DE DEMOCRATIE SANS LIBERTE
“Le mot démocratie signifie liberté. Pas de démocratie sans liberté. Pas d’élections législatives, si l’électeur n’est pas libre de son comportement. Pas de démocratie non plus, si le candidat est désigné par la Syrie et imposé par elle. J’ai dit que la Chambre actuelle est une Chambre syrienne, parce qu’elle a voté tous les accords voulus par les Syriens. “La nouvelle Chambre le sera, davantage. Voilà pourquoi, je suis pour la prorogation de la législature actuelle, comme je l’ai déjà dit parce qu’elle est illégitime et peut être contestée, car elle ne représente que 13,78% des électeurs, c’est-à-dire du peuple libanais”.
LES GENS SONT DES INNOCENTS
- Mais pourquoi cette attitude négative? N’aurait-il pas été préférable pour le présent scrutin de présenter des listes fortes d’opposition, capables de renverser les données et de changer la couleur du parlement?
“Les gens seraient des innocents s’ils croyaient que les élections au Liban se passent comme en Grande-Bretagne ou en France. Seuls les initiés et ils sont nombreux, savent que les élections sont truquées et le truquage se pratique de différentes façons. Lors des fameuses élections du 25 mai 1947, j’étais chargé par le parti de m’occuper du caza de Jbeil. Au village de Jeige, mon père avait obtenu 500 voix et le procès-verbal avait été établi par le chef du bureau de vote qui, à l’époque, n’était pas obligé de remettre aux représentants des candidats sur une feuille dûment signée, une copie du procès verbal. J’ai, par la suite, modifié cette loi. Au moment du dépouillement final qui avait lieu au Sérail de Baabda, car les élections se faisaient sur la base du mohafazat, j’apprends que mon père n’avait plus que 50 voix. J’ai protesté, sans pour autant pouvoir apporter de preuves concrètes. L’objectif de tout ce truquage était d'assurer la réélection du président Béchara el-Khoury. “Pour moi donc, c’est une question de principe: je n’admets pas que, dans un pays occupé par l'ennemi israélien et sur le territoire duquel stationnent 40.000 soldats syriens, on puisse procéder à des élections législatives.
LE CAS DE LA FRANCE SOUS L'OCCUPATION
“A des amis français qui ne cessaient de me convaincre qu’il fallait sauvegarder la démocratie au Liban et que pour cela, il fallait organiser des élections, je leur répondais tout simplement par ces mots: lorsque la moitié de la France était occupée par l’armée allemande, ni le maréchal Pétain, ni le général de Gaulle n’ont songé procéder à des élections législatives. Bien entendu, ils n’ont pas changé d’attitude, lorsque la France entière a été occupée. “Certains me disent: ce n’est pas la même chose. Je réponds: c’est exact. Nous sommes au Liban trois millions d’habitants et la France, à l’époque, en comptait, 40 millions. Mais à part cela, la question qui se pose est la même: on ne procède pas à des élections dans un pays qui n’est pas libre. C’est une question de principe. “Voilà pourquoi, aussi, contrairement à d’autres, quand j’ai décidé avant les autres partis, de ne pas me présenter aux élections, je ne me suis pas occupé du mode de scrutin; ni de savoir si ces élections allaient se dérouler sur la base du caza ou du mohafazat.
LA MEILLEURE CIRCONSCRIPTION EST LA PETITE
“Certes, j'ai toujours soutenu que la meilleure circonscription est la petite, c’est-à-dire le caza, où le candidat connaît les habitants et les électeurs, leurs candidats. En France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, la circonscription est représentée par un député. “Tous ces petits problèmes ne m’ont pas intéressé. Au risque de me répéter, ce qui comptait pour moi, en 92 comme aujourd’hui, c’est que les élections législatives aient lieu dans un Liban libéré de toutes les troupes étrangères. “La deuxième raison est que je veux prouver au monde démocratique que la grande majorité du peuple libanais est autant contre l’occupation israélienne que contre la présence syrienne; voilà pourquoi, elle refuse qu’il y ait des élections. Dans l'espoir que l’Amérique, la grande démocratie qui, aujourd'hui, domine l’Europe, le monde arabe et l’Amérique du Sud, ait la décence de faire appliquer par Israël la fameuse résolution 425 exigeant son retrait inconditionnel du Liban-Sud. Malheureusement, l’Amé-rique est l’alliée de l’Etat hébreu qui lui trace sa politique”.
NOTRE LIBANISME EST INCONTESTABLE
- Mais croyez-vous sincèrement que votre message soit parvenu au monde dit libre et démocratique?
“D’abord, nous avons agi de sorte que le parlement soit syrien. Si des membres du Bloc National, ou ceux qui pensent comme nous, tel le Dr Albert Moukheiber faisaient partie de la Chambre, on n’aurait pas dit qu’elle est syrienne, car notre libanisme est incontestable. En tout cas, à quoi notre présence aurait-elle servi, puisqu’au parlement la majorité impose sa volonté? La seule chose que peut faire un député mécontent est de présenter sa démission. Mais il n’a pas le droit de renoncer à son mandat, car ses électeurs comptent sur sa qualité de député pour obtenir les services dont leur circonscription a besoin. C’est, d’ailleurs, la grande différence qu’il y a entre le député des villes et celui de province. Ce dernier doit s’occuper de l’eau, de l’électricité, du téléphone des routes, etc... tandis que le député de Beyrouth, par exemple, n’a pas à s’embarrasser de ces questions qui sont assurées par la municipalité et les organismes qualifiés”.
- Au début de l’entretien, vous avez dit avoir fait parvenir un message au patriarche Sfeir. Quelle est sa teneur?
“Je lui demande d’intervenir auprès des autorités pour que le mandat de la Chambre actuelle soit prorogé d’un an, en attendant de connaître les décisions que prendra le nouveau président du Conseil israélien Benjamin Netanyahu et quelle sera la politique suivie par le président des Etats-Unis que ce soit l’actuel ou son successeur, puisque les E.U. sont depuis toujours les alliés d’Israël. Les décisions devront être prises, également, par le gouvernement libanais et approuvées par la Chambre. Comme ce parlement ne représente que 13,78% des électeurs, je préfère qu’il soit appelé à prendre des décisions qu’on pourra contester, si elles ne sauvegardent pas l’intérêt du peuple libanais, en soutenant qu’il ne le représente pas et n’a donc pas le droit de l’engager dans une politique contraire à ses intérêts. “Le patriarche ne s’est pas opposé à cette proposition et a dit à mes deux représentants qu’il comptait l’étudier”.
LES OFFICIELS FRANÇAIS SONT DES GENS EDUQUES
- Vous êtes francophile et résidez en France. N’avez-vous pas reçu des conseils de la part des responsables français afin de participer aux législatives que la France officielle semble appuyer?
“D’abord les officiels français sont des gens éduqués et ne se permettent pas de me donner des conseils de ce genre. Certes, nous avons vu et entendu le ministre des A.E. M. De Charette; le président de la Chambre, M. Seguin; un ancien ministre, M. Pasqua et, finalement, le président Chirac demander aux chrétiens de voter. Or, nous constatons que quatre partis politiques à majorité chrétienne ont décidé de boycotter les élections dans l’intérêt du Liban. Parce que les Libanais sont plus au courant des intérêts de leur pays que nos amis français. Nous savons que les élections sont truquées et, en tout cas, manipulées par la Syrie. “Nos amis français devraient déléguer quelqu’un à Damas pour faire le tour des hôtels. Ils se rendraient, alors, compte que la quasi-majorité des clients de ces hôtels sont des libanais, candidats aux prochaines élections”.
- Et votre ami Hariri ne vous a-t-il pas convaincu de participer aux législatives?
“Au contraire, j’ai essayé moi-même de le convaincre de ne pas se présenter aux élections. Parce qu’aujourd’hui comme homme politique, après tout ce qu’il a réalisé, au niveau de la reconstruction et après le comportement qu’il a eu suite à l’attaque de Cana, il est devenu plus important que de représenter 1/128 du parlement libanais”.
JE SOUHAITAIS L’ARRIVEE DE NETANYAHU
- Venons-en au processus de paix. L’arrivée de Netanyahu au pouvoir va-t-elle bouleverser les données dans la région à votre avis?
“Je souhaitais l’arrivée de Netanyahu, notre ennemi, parce qu’il représente l’extrême-droite. Cela étant, il peut se permettre d’exécuter la résolution 425, de retirer l’armée israélienne du Liban-Sud et de la Békaa-Ouest. Il ne risque pas d’être attaqué par son adversaire, Shimon Pérès, qui ne représente pas grand-chose aujourd’hui., Par contre, Pérès qui a été plusieurs années au pouvoir n’a jamais voulu appliquer la 425. “Mais même avec Netanyahu, je ne pense pas qu’il retirerait son armée du Liban, sans aucune compensation: celle d’avoir une partie des eaux du Litani auxquelles Israël n'a pas droit, parce que c’est un fleuve libanais, de sa source à son embouchure entre Tyr et Saïda. A ce moment-là, nous refuserons. Et comme je vous l’ai déjà dit, Israël en application des 425 et 509 doit se retirer inconditionnellement du Liban-Sud”.
- Ross était, récemment, dans la région et a proposé une nouvelle initiative visant à faire passer le processus libanais avant le processus syrien. Ce qui a été refusé par Damas. Que pensez-vous de cette nouvelle initiative?
“Puisque cela se passe entre Ross et Damas, cela ne me concerne pas; ce qui m’intéresse, c’est le retrait de l’armée israélienne du Liban. Mais je suis sûr, d’ores et déjà, que l'autorité libanaise refusera ce retrait, si la Syrie ne donne pas le feu vert. Cela prouve le “grand libanisme” de nos dirigeants. Il ne faut pas oublier qu’il y a une grande différence entre l’occupation du Liban et de la Syrie par Israël. Le Liban n'a pas déclaré la guerre à Israël et ne l'a déclenchée ni en 1967, ni en 1973. Nous n'avons donc pas perdu le Liban-Sud à la suite d’une guerre. Par contre, la Syrie a déclaré et fait la guerre à Israël en 1967 et en 1973. Elle a perdu. Israël peut dire, j’ai conquis le Golan et je ne veux pas le restituer. Je ne fais pas l’avocat du diable, mais, à titre d’exemple, lorsque l’Allemagne a pris l’Alsace et la Lorraine en 1870, la France n’a pu récupérer cette région qu’à la suite d’une guerre qu’elle a gagnée en 1918. “Mais il y a une autre raison qui porte Netanyahu à ne pas évacuer tout le Golan: C’est une histoire d'eau. Il y a différentes sources dans le Golan, la principale étant celle qui alimente le Banias, lequel se déverse dans le lac de Tibériade dont la salinité ne cesse d’augmenter. Voilà pourquoi, Israël ne peut pas se dispenser de rester en possession du Banias.”
- Amid, une dernière question classique: à quand votre retour au Liban?
“Pour la millième fois, je déclare que je ne rentrerai au Liban que le jour où il sera libéré de toutes les forces étrangères qui l’occupent. Mais tout en résidant en France, je pense nuit et jour au Liban et toute non activité est consacrée à mon pays”.
NELLY HELOU