MALGRE LES BARREAUX DE LA PRISON, LE LIEN ENFANT-PARENT DOIT ETRE MAINTENU!

Images symboles: 80% des détenus sont des parents.

En France, chaque année des milliers d’enfants sont séparés d’un parent incarcéré. Pour ces enfants, au choc de la rupture s'ajoutent ceux de la honte des familles et des “mensonges protecteurs” du parent concerné qui préfèrera se dire malade, en stage à l’étranger, plutôt que d’affronter la vérité. Et ces épisodes d’enfance où domine l’obligation de se taire ont pendant très longtemps été négligés.

A travers les barreaux, cet enfant cajolé par sa mère une dernière fois, avant la séparation.

Sans trace de son parent, l’enfant est un voyageur sans bagage. Le poète n’a-t-il pas affirmé à juste titre. “Plus tu t’éloignes et plus ton ombre s’agrandit...” Un enfant séparé des siens peut en témoigner. Et ces ruptures peuvent engendrer des conséquences durables et profondes. Dame... De hauts murs, quelques tourelles et un vaste portail toujours clos... décidément la prison n’est pas un lieu pour les enfants. Pourtant... ils sont nombreux chaque année ceux qui en franchissent le seuil. Ces rencontres tant attendues, censées réconforter l’enfant autant que le parent, laissent souvent un goût âcre. On s’en réjouit, mais on les craint: accueillir et laisser partir c’est unir violemment dans un même instant des émotions contraires: douleur et satisfaction! Une épreuve douloureuse qui fige l’attitude et lentement la rencontre glisse dans l'incommunicable. Aussi ne s’étonnera-t-on pas de voir certains parents renoncer à ces visites et l’enfant se soumettre sans révolte... à une absence qui lui est pourtant insupportable. En vue de parer à ces situations “inhumaines” pour le moins qu’on en puisse dire, une association s’ingénie à y remédier: RELAIS-ENFANTS-PARENTS en s’appuyant sur la déclaration internationale des “Droits de l’Enfant”.

Univers carcéral.

Car, pour aussi incroyable que cela puisse être, on en est arrivé à un nombre de 150.000 enfants par an directement concernés par la prison, soit parce qu’ils y vivent avec leur géniteur, soit directement par la fréquentation des parloirs... qui, tant bien que mal permettent de maintenir le lien parental. Ce sont les bénévoles du REP qui prennent en charge l’accompagnement des enfants jusqu’aux différentes maisons d’arrêt, où sont incarcérés leurs parents. Et c’est à cette Association que l’on doit tant de joies familiales maintenues malgré les vicissitudes judiciaires subies par un parent sinon tous les deux. A noter que l’enfant, au cas échéant, peut vivre avec sa mère jusqu’à l’âge de 18 mois. Et parfois davantage, sur décision du Ministère de la Justice.

Partie de ballon improvisée entre une détenue, son fils et une co-détenue.

Bébé derrière les grilles.

Dans sa cellule, une mère de cinq enfants qui viennent la voir au parloir.