LA CHRONIQUE
CONSCIENCE ALGERIENNE REVEILLE-TOI!
Et d'ajouter: “C’est chaque fois la même chose quand le mal a eu raison du bien: on reste saisi d'effroi et d’indignation, alors que le silence des sépulcres tombe sur les martyrs. Il n’y a certes plus rien à dire.” Quelle heure est-il en Algérie, où les zélotes de l'intégrisme, n’ont plus peur de personne, faisant fi de l’Islam et de ses enseignements. Ils massacrent froidement des innocents, sous le regard impassible d’un monde devenu insensible aux crimes perpétrés au nom d’une certaine imposture religieuse que l’Islam et l’humanité croyante dénoncent au quotidien. Voilà le sentiment d’indignation qui prévaut actuellement en Algérie, en France, prise pour cible sans relâche, et dans le monde. L'assassinat de Mgr Pierre Claverie évêque d’Oran, connu pour son attachement à l’Algérie indépendante et démocrate a été stigmatisé par la haute hiérarchie islamique de par le monde. Et comme "un crime contre l’humanité” par Mgr Lustiger, archevêque de Paris, qui, dit-il, devrait, le moment venu, être sévèrement puni comme tel.”
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Certes avec toute l’amitié qui nous unit à nos confrères algériens qui, depuis longtemps luttent inlassablement pour la liberté et la démocratisation, qu’il nous soit permis de leur dire en toute sincérité: unissez-vous, ou vous serez dévorés par un monstre dévastateur alimenté, obnubilé par l’empire du mal, la CIA aidant! Il est grand temps que l’ensemble des forces démocratiques algériennes s’unissent et prennent la relève. Il y va de leur honneur, et de leur survie. Aussi, est-il normal que le brave peuple algérien, qui a vocation une fois de plus, de devenir la résistance acharnée anti-intégriste, soit aussi divisé, alors que rien d’essentiel ne le sépare? Est-il normal de le voir capituler aussi facilement, face à l’intégrisme? De céder aux chantages pour s’exposer davantage à voir monter les enchères? Si un jour, à Dieu ne plaise, les Algériens devaient être acculés à démissionner, s'avèrant incapables de faire respecter sur leur propre sol les enseignements coraniques, et les principes de la démocratie dont ils se réclament à bon droit les opiniâtres défenseurs, avec la même bravoure, la même détermination qui les caractérisent depuis des lustres, ils risqueraient de perdre le plus sacré d’eux-mêmes leur identité!
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L'erreur la plus fatale est de confondre l’Islam politique avec la religion musulmane. Il serait inimaginable et illogique de les confondre. Nul n’a le droit d’identifier l’Islam à une telle hérésie aussi provocatrice soit-elle. C'est aux Algériens qu’ils revient en premier de contribuer courageusement au dénouement de leur propre drame, avant que le mal ne sape à jamais les fondements mêmes de leur raison d’être, leur identité. C’est au gouvernement en place de mener la barque algérienne à bon port. La France, mise en demeure pour la centième fois par les intégristes, est la première menacée. Son attitude face au défi maintes fois réitéré, semble être, la suivante: “non-ingérence, non-indifférence”, mais la France entend défendre, tant s’en faut, ses intérêts en Algérie. Elle refuse de se soumettre au diktat terroriste. Le gouvernement français ne se laissera pas détourner de sa voie. Il est plus que jamais déterminé à maintenir les meilleures relations avec son ancienne colonie, malgré toutes les atrocités qui se poursuivent à son encontre et aussi récrudescentes que puissent être les menaces intégristes!
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Mais il y a plus grave: Désormais, toute la planète est suspectée et contrôlée. Tout est marchandé. Terrorisme intellectualisé, fondamentalisme ou intégrisme à outrance, sous le regard indifférent de l’impuissante communauté internationale. Drôle de guerre Sainte contre les démocraties occidentales, sans pour autant compter les incommensurables dégâts qu’à long terme elles devront supporter. Dès lors, on ne s’étonnera pas que le monde libre fasse les frais de cette “real politik” aveuglante qui régit le monde, qui, après avoir connu mésaventures et défaites, a si bien épousé la paix et la modernité, pour y puiser un nouveau souffle, retombe derechef dans l’atonie des époques décadentes. Le voici dépressif, désabusé, secoué de révoltes et de connivences de toute nature, là où il aurait fallu une révolution intellectuelle, pacifique et délibérée pour le redresser. Le voilà assister, à la funeste renaissance d’un fondamentalisme nécrosant tous azimuts. Conscience algérienne réveille-toi! Haro, sur les sirènes trompeuses d’un intégrisme abâtardi et menaçant.
(1) à propos de l’assassinat de Mgr Pierre Claverie évêque d’Oran.
“Il y a des moments où les mots n’ont plus aucun sens, ils ne servent qu’à ressasser un mélange de dégoût, de révolte et d’épouvante”.
Franz Olivier Giesbert (Editorialiste du Figaro (1))
José M. LABAKI.