D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
HARIRI A LA TETE D’UNE LISTE COMPLETE?
Après avoir décidé de poser sa candidature aux prochaines législatives à Beyrouth, le président Rafic Hariri a indiqué au cours d’une conférence de presse, qu’il avait retardé l’annonce de sa candidature d’un mois, pour des concertations avec plusieurs instances politiques et, en tout dernier lieu, avec sa famille qu’il a rencontrée dimanche dernier à Paris. Le président-candidat à qui on avait attribué l’intention de se présenter à titre individuel, a fait savoir qu’il s’emploiera à former une liste, après avoir désespéré de convaincre d’autres candidats, le président Salim Hoss en tête, de mettre sur pied une liste de coalition dans la capitale. M. Hariri n’a pas manqué de prendre à partie les députés de Beyrouth “dont la décision a été occultée au cours des quatre dernières années”, ajoutant que ceux-ci étaient en-deça du niveau requis. “Ils n’ont aucune fois œuvré en faveur de leur ville et n’ont présenté aucun projet en vue d'améliorer sa situation”. Au moment où le président du Conseil tenait sa conférence de presse, on a appris que deux noms étaient retenus pour figurer sur sa liste: MM. Salim Diab et Mohamed Amine Daouk. D’autres sont supposés être ses colistiers: le Dr Assaad Rizk, ancien ministre; le Dr Saadeddine Khaled, fils du regretté mufti cheikh Hassan Khaled; Ibrahim Chamseddine, fils du président du Conseil supérieur chiite, cheikh Mohamed Mahdi Chamseddine; Ihsan Mansour, fils de l’ancien ministre et député, Hassan Mansour; le Dr Atef Majdalani, neveu de feu Nassim Majdalani, ancien député et ministre, ancien allié du président Saëb Salam. Il est possible que la liste Hariri ne soit pas complète... pour des raisons non encore élucidiées jusqu’ici...
TOTOUNJI EN BONNE POSITION
M. Joseph Totounji, candidat des Kataëb à Kesrouan-Ftouh, poursuit sa campagne électorale et enregistre des progrès sensibles auprès des électeurs qui n’oublient pas les services qu’il leur rend, ainsi que les services de son regretté père, le Dr Louis Totounji. Accompagné de délégations de supporters, M. Totounji a déjà fait le tour de la plupart des localités de sa circonscription.
BOUTROS N’EST PAS CANDIDAT...
M. Fouad Boutros, ancien ministre et député, a réaffirmé qu’il n’a nullement l’intention de poser sa candidature aux législatives. Et ce, à la suite de rumeurs selon lesquelles il serait l’un des colistiers du président Rafic Hariri pour le siège grec-orthodoxe de Beyrouth. “Je préfère rester chez moi, a-t-il ajouté, loin des tractations et des manœuvres pré-électorales”.
BOUEZ CONSEQUENT AVEC LUI-MEME
M. Farès Bouez, ministre des Affaires étrangères, qui a jugé anticonstitutionnelle la nouvelle loi électorale, n’a assisté ni au Conseil des ministres au cours duquel cette loi a été approuvée, ni à la séance parlementaire l’ayant ratifiée, constatent les observateurs politiques. Son entourage précise que le chef du palais Bustros veut être conséquent avec lui-même. Aussi, a-t-il décidé de s’absenter, d’autant qu’il était incapable de changer quoi que ce soit au texte gouvernemental.
INTENSE ACTIVITE DE LA “LISTE DE LA DIGNITE” AU CHOUF
Les membres de la “Liste de la dignité et de la décision libre” poursuivent leurs réunions, la plupart des fois au domicile de Me Naji Boustany à Deir el-Kamar, afin de mettre au point leur machine électorale et d’assurer le bon déroulement de la bataille. Rappelons que Me Boustany a comme colistiers: MM. Samir Aoun, le colonel Fouad Kowan, le brigadier Mohamed Saad, Fayçal Abou-Hamdane, ingénieur; notre confrère Wiam Wahab, le Dr Naji Abdessamad et Sleiman Khattar, ingénieur. La liste a déjà nommé ses représentants dans les bureaux de vote et son chef continue à recevoir les délégations populaires venant des différentes régions du Chouf pour lui réitérer leur soutien.
LES RAISONS D’UNE EXCLUSION
Des pressions ont été exercées sur Me Ibrahim Kanaan pour l’amener à renoncer à sa position négative envers le scrutin législatif au Metn-Nord. Me Kanaan devait faire partie de la liste Moukheiber-Lahoud, avant qu’il se désiste, ouvrant la voie à un candidat ne bénéficiant pas du même appui dans la circonscription metniote.
MAZBOUDI, CANDIDAT (SUNNITE) A BEYROUTH
M. Zaki Mazboudi, ancien député et ministre, a rendu visite à l'Ordre des journalistes, pour faire part de sa décision de poser sa candidature au siège sunnite de Beyrouth. L’ancien parlementaire a été reçu par M. Melhem Karam, président de l’Ordre, entouré de plusieurs membres du conseil exécutif. M. Mazboudi a exprimé le souhait de voir M. Karam et ses confrères “mener campagne en faveur de législatives libres et intègres, où l’achat des voix serait sanctionné avec vigueur et l’égalité des chances assurées à tous les candidats”. M. Karam a formulé des vœux de succès à M. Mazboudi, “mon ami et mon maître à la Faculté de droit, qui a toujours agi selon sa conscience et sa conviction dans toutes les phases de sa vie active”.
SONT-CE VRAIMENT DES “CONSTITUTIONNALISTES”?
Le fait pour le projet de la nouvelle loi électorale d’avoir été étudié, avant son examen en Conseil des ministres, par une commission ministérielle formée de MM. Bahije Tabara, Fouad Sanioura, Marwan Hamadé, Nicolas Fattouche, Yassine Jaber, Hagop Demerjian, Anouar el-Khalil et Chaouki Fakhoury, pose plus d’un point d’interrogation sur la solidité des arguments invoqués par ces derniers pour rendre le projet non sujet à invalidation une seconde fois. En effet, ces membres du gouvernement ne peuvent être considérés comme des “constitutionnalistes” invétérés, aptes à élaborer un projet de loi de manière à en exclure les dispositions sujettes à contestation...
ABOUZEID, CANDIDAT A JEZZINE
Notre confrère, Hikmat Abouzeid, candidat maronite aux législatives à Jezzine, poursuit sa campagne au Liban-Sud où il bénéficie d’un appui de la part d’une large fraction du corps électoral... M. Abouzeid met l’accent dans ses entretiens avec les populations des villages du caza sur la nécessité de préserver, en la renforçant, l’unité des Sudistes face à Israël et à ses projets, engageant ses compatriotes à les combattre avec vigueur. Il souligne, aussi, l’attachement des chrétiens au Sud et leur détermination à contribuer à son développement dans tous les domaines.
LIBAN NORD: CONSTITUTION DE LA SECONDE LISTE
La seconde liste du Liban-Nord a été constituée. Les candidats se répartissent comme suit: - Tripoli: MM. Ahmed Karamé, Fathi Yakan, Omar Meskaoui, Samir Jisr et Khaldoun Naja (sunnites), Maurice Fadel (grec orthodoxe), Khalil Chmor (maronite), Ahmed Abdo Hbous (alaouite). - Akkar: M. Khaled Daher, cheikh Mohamed Khaled Zoghbi et Jamal Ismaïl (sunnite), Riad Sarraf et Riad Rahhal (orthodoxes), Mikhaël Daher (maronite) et Ali Ali (alaouite). - Denniyé-Minieh: Assaad Harmouche, Hachem Alameddine et Ahmed Fatfat (sunnites). - Zghorta: César Moawad, Selim Karam et Robert Boulos (maronites). - Bécharré: Gébran Tok et Boutros Succar (maronites). - Batroun: Bahaa Harb et Georges Daou (maronites). - Koura: Nicolas Ghosn, Négib Boulos et Hanna Inani (grecs-orthodoxes).
ON DIT...
- Qu’un ministre en vue a qualifié la candidature d’un membre de l’Assemblée aux législatives de “fedaï”.
- Que selon le propriétaire d’une maison d’édition, non moins de 3 millions de portraits de candidats à la députation ont été imprimés et distribués dans les différentes régions libanaises.
- Qu’après avoir obtenu une aide financière substantielle de candidats aux élections générales, certains clubs sportifs ont entrepris des pourparlers avec des footballeurs réputés à l’étranger pour les joindre à leurs équipes.
...EN RACCOURCI
- Les ulémas musulmans ont félicité dans leurs prêches du vendredi, le Conseil constitutionnel pour avoir invalidé la loi électorale, en raison de plusieurs irrégularités qu’ils y ont relevées. “C’est un prélude, ont-ils observé, au retour des institutions étatiques qui pourront ainsi jouer de nouveau leur rôle”.
- Bien qu’elle ait été ratifiée par l’Assemblée mardi, la nouvelle loi électorale, en dépit de l’exposé des motifs élaboré selon les indications définies par le Conseil constitutionnel, peut d’après les milieux renseignés, faire l’objet d’un nouveau recours en invalidation...
OPINION
ELECTIONS DES PERSONNES OMNIPOTENTES
…Et le train roule. Toute chose peut tomber, mais aucune lettre du Livre sacré ne tombe. Ainsi est la politique au Liban… Une politique de défis et de supériorité. Ceux qui disposent du droit de décider, agissent selon leur bon plaisir, accusant les autres de commettre des fautes à leur égard. “Organisons les élections”, ont-ils dit et la majorité écrasante a répondu à l’appel en répliquant: “Nous voulons des élections et non des nominations... Des élections dans toute l’acception du terme, non préparées à l’avance et à la mesure de ceux qui bénéficient du soutien des milieux influents. Les artisans de la consultation populaire l’ont planifiée à leur guise: la loi électorale a été bâclée parce qu’élaborée à la va-vite. Les délais ont été brûlés, sans tenir compte des protestations des ayants-droit et des opposants, le patriarche maronite en tête… Oui, le patriarche qui a été l’associé fondamental à Taëf, ayant couvert l’accord sur la base duquel a été édifiée la IIème république. Ils n’ont pas tenu compte de son point de vue et se sont comportés à son égard comme Staline avait agi à l’égard du Pape. Staline avait demandé: “De combien d’unités dispose le Souverain Pontife?” Le patriarche Sfeir n’a ni armée, ni milice, sa force résidant dans ses prises de position courageuses et franches. La politique de la répression est-elle de mise en ce temps? Ils ont dit: “Nous ne voulons pas privilégier une partie aux dépens de l’autre. Au Liban, la politique du vainqueur et du vaincu est prohibée, la devise de notre pays étant le “Liban du ni vainqueur, ni vaincu” et le “Liban de l’entente et de la compréhension”. Est-ce parce que ces slogans ne sont plus désirables, qu’on s’emploie à annihiler une école dont le promoteur est le président Saëb Salam? Ils ont dit aussi: “Nous ne voulons pas de la répression, car nous prônons l’égalité et la justice, les patries ne s’édifiant que sur l’amour… Alors qu’ils agissent contrairement à ce qu’ils proclament! Les plus hautes instances dont se réclame une fraction de notre peuple, font l’objet de campagnes désobligeantes et on tient à leur égard des propos indignes de l’ennemi. Hier, la loi électorale était basée sur le principe des deux poids et deux mesures, ce qui a entraîné des recours en invalidation auprès de la plus haute-instance juridique… Mais l’espoir s’est volatilisé suite au comportement ayant suivi l’arrêt du Conseil constitutionnel. Les milieux omnipotents se sont tout permis et ont fait ratifier la loi en y ajoutant l’expression “à titre exceptionnel et pour une fois”. “Pourquoi la guerre de vingt ans a-t-elle eu lieu”, demandent-ils. Et ils passent sous silence les abus et passe-droits qui se commettent, ayant provoqué cette guerre destructrice! Et, après cela, ils veulent se racheter en organisant les législatives sur la base de cette loi inique, quelles que soient les considérations. Que les élections, dont les résultats sont connus à l’avance aient lieu, mais l’Histoire les jugera sans pitié.
NADIM EL-HACHEM.