Rompant le silence et désesperant de former une liste de coalition

HARIRI POSE SA CANDIDATURE A BEYROUTH

POUR ELEVER LE NIVEAU DE LA REPRESENTATION NATIONALE

Le président Hariri se propose de constituer un bloc parlementaire homogène.

Après avoir pris son temps et laissé entendre qu’il ne briguerait pas un siège à la Chambre, le président Rafic Hariri a mis fin au suspense qui durait depuis plusieurs semaines, en annonçant qu’il posait sa candidature à Beyrouth, non plus à titre individuel comme le faisaient croire les rumeurs propagées par sa coterie, mais à la tête d’une liste. Mais il n’a pas donné les noms de ses colistiers, se contentant d’exposer son programme de travail au cours d’une conférence de presse tenue, lundi dernier en sa résidence de Koraytem, en présence de MM. Mohamed Baalbaki et Melhem Karam, présidents respectivement des Ordres de la Presse et des journalistes et d’un grand nombre de confrères. “J’avais résolu, précise-t-il, de ne pas me porter candidat, afin de préserver l’unité de la capitale. Mais j'ai finalement décidé de m’engager dans la bataille électorale pour défendre cette ville en tant que pôle de décision”. Disant que l’avenir, la stabilité, le développement et l’essor de Beyrouth étaient en jeu, le chef du gouvernement rappelle les efforts qu’il déploie pour renforcer la paix civile et effacer les séquelles de la guerre après en avoir tourné définitivement la page... “Nous avons gagné le pari en rétablissant l’Etat des institutions et en donnant le coup d'envoi de la reconstruction”.

LES DEPUTES DE BEYROUTH CRITIQUES...

Le président - candidat critique, ici, les députés de Beyrouth, qualifiant “d’insuffisance” et “d’inefficace” la représentation de la capitale au Parlement.. “Au cours des quatre dernières années, ces députés n’ont pas défendu les intérêts de leur ville. Aussi, nous proposons-nous de former sous l’hémicycle un bloc beyrouthin capable de défendre les intérêts nationaux... “Le gouvernement a fait beaucoup plus pour Beyrouth que ses députés dont quelques-uns ont critiqué nos projets concernant la capitale, mais je ne mes souviens pas qu’ils aient proposé des projets intéressant leur circonscription. Nous avons essayé de faire avancer les choses, mais il est difficile de travailler seul, le gouvernement et les députés ayant œuvré chacun de son côté. “Nous voulons que Beyrouth soit la capitale de l’Etat des institutions, le protecteur des libertés et de la démocratie, qu’elle soit le creuset de l’intégration nationale et le symbole de la convivialité”. M. Hariri dit, en réponse à une question, que la coalition (avec M. Hoss) n’est plus possible, faisant retomber la responsabilité de l’échec dans ce domaine à l’ancien président du Conseil. “Si nous avions réussi avec M. Hoss, poursuit-il, nous aurions également envisagé cette éventualité avec M. Tammam Salam, mais rien ne nous empêche de le faire à présent”. Le Premier ministre s’est accordé un certain délai pour former sa liste, en laissant entendre qu’il se propose de constituer un bloc parlementaire homogène. A son avis, un groupe non-homogène porterait en lui les germes de son éclatement et il n’est pas logique ni normal que les membres d’une même formation tiennent des discours politiques différents. Enfin, M. Hariri lance un vibrant appel, aux Libanais, leur demandant de participer en masse au scrutin et de choisir eux-mêmes leurs représentants à l’Assemblée nationale.

ULTIME TENTATIVE DE KHADDAM

Il y a eu lieu de signaler que M. Abdel-Halim Khaddam, vice-président syrien, a tenté in extremis de favoriser la mise sur pied d’une liste de coalition à Beyrouth pour y éviter une grande bataille électorale. A cet effet, il s’était entretenu avec le président Salim Hoss qui s’est excusé de ne pouvoir souscrire à une telle formule. Il semble que M. Hoss souscrivait à une “liste de coalition”, à condition que les colistiers de M. Hariri soient de simples “compagnons de route” et ne fassent pas partie d’un bloc parlementaire, du moins les candidats proches de l’ancien chef du gouvernement.