SANTE

Système barbare de remblayage avec du sable côtier et des boues d’égouts.

DOSSIER: ENVIRONNEMENT ET SANTE PUBLIQUE

Cet émissaire de 800 millimètres de l’égout de Hrajel relié à un gouffre sans fond.

MESURES URGENTES A PRENDRE (1)

Le remblayage d’Antélias, cimetière marin de la flore et de la faune des côtes libanaises.

Pour le remblayage de la mer au nord de la rivière d’Antélias, il faut préciser, que sur cette surface estimée à peu près 1 million de mètres carrés, cette réparation a commencé à s’effectuer depuis presque 10 ans avec des déblais de vieux bâtiments démolis, de déchets urbaines, industriels et agricoles ainsi qu’avec des rochers et poussières des carrières très polluants urbaines d’Antélias et de Nahr el-Mot qui ont rongé en grande partie la belle ceinture verte entourant le futur Grand Beyrouth. Le ministère de l’Agriculture aurait dû intervenir. Le sable propre et doré, richesse touristique de l’ex-belle baie d’Antélias de neuf kilomètres de long a été d’abord ramassé illégalement et massivement pour la construction et le remblayage des quais du cinquième bassin du port de Beyrouth et cela depuis dix ans. Le sable aspiré en profondeur a détruit en grande partie la flore et la faune et donc la grande richesse piscicale de la baie de Saint Georges, dont une ex-prairie marine de 36 kilomètres carrés traitant gratuitement grâce à la photosynthèse, les eaux d’égouts et l’air pollué émanant de la ville de Beyrouth et de sa banlieue. Actuellement, un bateau-pompe hollandais le “Ham 310", ramasse tout le sable marin, depuis le début de l'année, jusqu’à 2-3 kilomètres du bord et à une profondeur allant jusqu’à 30 et 50 mètres.

Dr Wilson Rizk dégageant les colorants toxiques enfouis à Midane (jurd d’Ouyoune el Siman).

A une cadence massive et rapide, chaque chargement de 8 mille mètres cubes trois à quatre fois par jour. A ce régime accéléré, tout le sable a été ramassé depuis Antélias jusqu’à la côte de Ramlet el-Baida. Ouzaï, Khaldé, Damour, jusqu’à Jyeh, créant une catastrophe marine, éliminant toutes les frayères de plantes et algues marine (Posidonies, Zoostères, gélidium, laminaires, mousse de Corse…) et détruisant des milliards de paquets d’œufs de poissons printaniers et ainsi toute richesse piscicole. De même pour les crustacés (crabes, crevettes, cigales de mer), les mollusques… Du reste les tortues marines sont devenues rarissimes. Le sable disparu, un raclage systématique du fond marin a été effectué à 40-50 mètres de profondeur, arrachant tous les coquillages et huîtres marines, ainsi que les branches de madrépore, de corail, d’éponges marines diverses… dont la cueillette avait été formellement prohibée aux nombreux boutres grecs qui, contre des rentrées substantielles pour le trésor libanais, en faisaient des récoltes prodigieuses. Toute cette masse biologique considérable a été broyée pour être transformée en un granulé dur, devant servir prosaïquement à un remblayage intensif de terrains gagnés sur la mer et qui seront, parait-il, vendus à prix d’or! Ces marchands du patrimoine vivant libanais en fait et par rapport à l’Histoire du monde n’ont fait que créer un grand cimetière marin en transformant progressivement les eaux de notre littoral en une deuxième Mer Morte.

Remblayage avec des millions de tonnes de coquilles de mollusques et de tests d’animaux marins broyés.

CONCLUSION ET MORALE DE L’HISTOIRE

Où sont nos dynamiques groupes écologiques libanais qui, il y a quelques semaines, saturaient la presse et tous les medias audio-visuels? Est-ce vraiment l’écologie de salon qui règne dans notre cher Liban, creuset précieux des civilisations phéniciennes et arabes qui ont découvert et conquis depuis la nuit des temps les côtes américaines, africaines, sud - asiatiques - avant les Vikings, avant Christophe Colomb, Vasco de Gama et tutti quanti? Sans vouloir offenser nos amis européens, maîtres du monde, cette civilisation du Moyen-Orient à laquelle nous appartenons, s’était même profondément enracinée dans une grande partie de “l’Ancien continent” en y laissant des traces ethniques indiscutables au niveau humain, artistique et scientifique. Ces trois problèmes fondamentaux, la nouvelle Chambre parlementaire libanaise doit les aborder en priorité et les traiter avec le nouveau gouvernement libanais. Espérons qu’ils seront constitués d’éléments nouveaux plus jeunes, dynamiques et bien éclairés à tous les points de vue. Il y a encore d’autres problèmes que nous aborderons au plus vite pour assurer la survie de l’environnement libanais représenté par la robustesse et la verdeur de notre Cèdre national, patriarche de tous nos arbres, que nous protégerons et à l’ombre duquel nous nous abriterons contre tous les cataclysmes mondiaux prévus après le passage à l’An 2000.

Photo d’archives de la première commission d’études des déchets toxiques: de droite à gauche, les Drs Joseph Abi-Saleh, l’expert mondial Ahmad Hamzé, Wilson Rizk et le pharmacien Pierre Malychef (Juin 1988).

Pour un Liban vert et sain WILSON RIZK PIERRE MALYCHEF

1 - 8 - 96 “Jour de l’Armée libanaise”

(1) Voir “La Revue du Liban” du 10.8.96.