D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

DEFI SCIENTIFIQUE ET CULTUREL

“L’instauration de la paix au Proche-Orient, observe M. Michel Eddé, ministre de la Culture et de l’Enseignement supérieur, donnera lieu à une lutte sans merci, voire à des défis aux niveaux culturel et scientifique avec notre voisin du Sud. “Notre destin national dans son ensemble, poursuit-il, est désormais lié à notre capacité de consolider notre bagage scientifique et culturel, en l’enracinant dans notre société”.

BERRI: APPEL A LA PARTICIPATION…

Le président Nabih Berri réitère ses appels aux électeurs, les engageant à participer massivement au scrutin, “la participation, soutient-il, signifiant l’association à la décision nationale, comme à l’édification du présent et de l’avenir”. Le président de la Chambre enchaîne: "Il n’y a pas de retour à 1982 et nous ne devons pas exploiter le sang de nos martyrs. “Nous n’édifions pas une patrie aux dépens des citoyens; ne cédons jamais aux surenchères et n’importons pas nos institutions de l’étranger”.

MISE EN GARDE DE KARAME

“Quelle peut être la valeur de la députation, si elle est achetée au moyen du dollar?”, demande le président Omar Karamé avant d’ajouter: “Elle n’a de valeur réelle que si elle émane de la conscience de ce peuple, traduisant ses aspirations et ses principes”. L'ancien chef du gouvernement s’en prend, ensuite, au Cabinet: “On prive Tripoli de ce dont cette ville a droit. Mais la capitale nordiste, n’est pas habituée à quémander ce qui lui revient, car elle n’est ni à acheter, ni à vendre”…

QU’A DIT HRAOUI A BAKHOS?

“Votre absence de la nouvelle législature est une perte irréparable, car la tâche de légiférer qui incombe à la Chambre est liée à votre nom”, a dit le chef de l’Etat à M. Auguste Bakhos, député sortant du Metn-nord, candidat de la liste Murr évincé par M. Nassib Lahoud, de la liste rivale. Le président Hraoui a dit encore à M. Bakhos: “Vous êtes appelé à vous dépenser encore dans le domaine public, le Liban ayant encore besoin de vos services, ainsi que le prouveront les jours à venir”. Fait à signaler: M. Bakhos a été victime du panachage qui a été opéré par l’électorat arménien et à Sin el-Fil…

POURQUOI F. BOUTROS N’A PAS POSE SA CANDIDATURE?

M. Fouad Boutros, ancien député de Beyrouth et ex-ministre, expose à ses visiteurs qui les lui demandent, les raisons l’ayant incité à ne pas poser sa candidature aux législatives. La principale de ces raisons réside en ce que “la véritable représentation de la base populaire n’est pas assurée”. M. Boutros est en faveur du partage de la capitale en trois circonscriptions, car il n’est pas permis qu'une catégorie prédomine, comme c’est le cas actuellement, suite à l’élargissement de la capitale devenue une circonscription unique. Puis, M. Boutros craint que son rôle soit marginalisé à l’ombre des listes en cours de constitution, estimant qu’il ne trouve sa place dans aucune d’elles. “Je ne boycotte pas le scrutin, mais je préfère rester chez moi”, conclut-il, en ne cachant pas sa gêne de la manière dont sont accrochés les portraits des candidats dans la capitale.

EL-HACHEM, COLISTIER DE HARIRI?

Il est possible, disent les observateurs, que M. Joseph el-Hachem soit l’un des colistiers (maronite) du président Rafic Hariri à Beyrouth dont la liste pourrait avoir été proclamée au moment où paraîtront ces lignes. Le retard mis par M. Hariri à choisir ses colistiers était motivé, semble-t-il, par son souci de choisir parmi les candidats maronites en lice, celui qui bénéficie le plus de l'appui de sa communauté.

LE SUCCES ARROSE AU CHAMPAGNE

Dès l’annonce du succès de Mme Nouhad Souaid aux élections dans la circonscription de Jbeil, les habitants de Kartaba, son village natal, même ceux qui ne lui ont pas accordé leur suffrage, ont célébré sa victoire... en l’arrosant au champagne, après avoir porté sa voiture. Il y a lieu de signaler que trois autres candidats étaient natifs de cette localité; ce sont Mme Maha Assaad, député sortant; Fady Rouhana Sacre et Rabih Karam.

HOSS, “CONSCIENCE DU LIBAN”

Des guirlandes de portraits du président Salim Hoss ont été suspendues en travers des rues dans les quartiers de Beyrouth, mais à la place de son nom on peut lire l’inscription suivante: Conscience du Liban. M. Hoss a toujours émis un avis défavorable à l’accrochage des portraits des candidats à la députation, mais a dû accéder à la demande de ses supporters, pour démentir les rumeurs malveillantes propagées par ses adversaires annonçant qu’il aurait retiré sa candidature. “L’ultime décision, dit le président Hoss, est du ressort du peuple. Si je venais à échouer, cela voudrait dire que le peuple ne me veut pas au sein de l’Assemblée nationale et se serait prononcé contre mes principes et mes idées”.

PREMIERES ANALYSES DES RESULTATS DU SCRUTIN AU CHOUF...

Les premières analyses des résultats du scrutin au Chouf, indiquent que Me Nagi Boustany vient en tête parmi les candidats maronites, tant par rapport à l’électorat chrétien que sunnite et chiite. De fait, les chiffres montrent que les électeurs sunnites et chiites lui ont accordé leurs suffrages, respectivement dans la proportion de 70 et 65 pour cent. Ce qui étonne les observateurs, toutefois, c’est le faible pourcentage, du reste inexplicable, des voix druzes qui est de l’ordre de 4 pour cent. Pourtant Me Boustany est considéré comme l’un des candidats les plus forts dans les milieux druzes. Les sondages le créditaient de 30 à 40 pour cent des suffrages de cette communauté, étant donné les liens profonds qu’il a noués de longue date avec elle.

PAS DE JUSTICE SANS DEVELOPPEMENT EQUILIBRE

M. Talal Méraabi ne cesse d’appeler les Nordistes à participer en masse aux législatives et à accorder leurs suffrages aux candidats à la députation qu’ils jugent les plus représentatifs. “La justice et l’égalité ne peuvent être instaurées dans la patrie, observe-t-il, sans l’adoption du principe du développement équilibré. C’est pourquoi, nous demandons à l’Etat de ne pas priver le Liban-Nord de ses droits les plus élémentaires, par rapport à la réalisation des projets d’utilité publique et aux prestations sociales”.

LE KOWEIT RALLIE LE GROUPE DE CONSULTATIONS

Cheikh Saad el-Abdallah, prince héritier et Premier ministre du Koweit, a informé son homologue libanais, au cours du dîner que le président Hariri a offert en son honneur en sa résidence de Koraytem, que la principauté avait décidé de rallier le groupe de consultations issu de “l’arrangement d’avril”. Rappelons que ce groupe a pour tâche de contribuer à la reconstruction des régions libanaises, à commencer par le Sud, ayant été affectées par les douloureux événements et les agressions israéliennes.

HUSSEINI: L’ARABITE A BESOIN DE PROUVER SON LIBANISME

"La convivialité christiano-musulmane, soutient le président Hussein Husseini, est une condition essentielle pour la pérennité du Liban; sans elle, il n’y a pas d’espoir de sauvegarder notre souveraineté et de défendre la patrie. “Le désir de vivre en commun des Libanais, a ajouté l’ancien chef du Législatif, n’est pas un slogan vide de sens, mais commence par la liberté, laquelle diffère de ce qu’elle est dans d’autres pays. Car le Liban constitue une plate-forme permanente pour le dialogue islamo-chrétien dans le cadre des libertés publiques. “Le Libanais se distingue des autres ressortissants arabes, parce qu’il s’acquitte d’un rôle vital en rapport avec l'arabité du Liban. Notre pays n’a pas besoin de prouver son arabité; c’est cette dernière qui a plutôt besoin de prouver son libanisme”.

MOUKHEIBER NE REGRETTE RIEN…

La coterie du Dr Albert Moukheiber lui attribue des propos dont il ressort qu’il ne s'attendait nullement au “changement” intervenu au Metn-Nord. Il a été notamment surpris par l’écart des voix qu’il a obtenues et celles remportées par son concurrent sur la liste rivale, M.Ragi Abou-Haidar… “Je ne regrette rien, a-t-il affirmé, parce que notre participation au scrutin a mis à nu la partialité de l'autorité dans l'opération électorale”.

PAS DE COALITION ENTRE “AMAL” ET LE “HEZBOLLAH”

Au cours d’une rencontre avec un groupe d’intellectuels à Zahrani, M. Mohamed Abdel-Hamid Beydoun, député sortant et colistier du président Berri, a affirmé que le “Hezbollah” a refusé de constituer une liste de coalition avec “Amal”. Et ce, en dépit des réunions tenues souvent en présence des généraux Ghazi Kanaan et Ibrahim Safi, respectivement chef des services de renseignements et commandant des troupes syriennes stationnées en territoire libanais.

ON DIT...

- Que le chef d’une liste électorale a trouvé étrange le fait pour son adversaire dans la liste rivale d'avoir obtenu un grand nombre de voix, contrairement à toute attente…

- Que maintes considérations, la plus importante étant la représentation d’une société ayant son poids dans le pays, ont joué en faveur d’un candidat aux élections de Jbeil.

- Que dans certaines régions sensibles, les électeurs ont été placés devant l'alternative suivante: voter pour l'ensemble de la liste sans panachage ou s’abstenir…

...EN RACCOURCI

- Pourquoi ne tient-on pas compte de votre opinion depuis 1992, alors que vous avez contribué à faire passer l'accord de Taëf?”, a-t-on demandé à S. Em. le cardinal Nasrallah Sfeir qui a répondu par une autre question: “Est-ce depuis 1992, seulement?”

- M. Ali Osseiran, député sudiste, a appelé les forces politiques de sa circonscription à se coaliser, les menaces israéliennes persistantes exigeant l’unité des rangs.

OPINION

AH! SI LE DR MOUKHEIBER AVAIT SU...

Les “illustres” élections du 18 août 1996 sont venues couvrir celles du 25 mai 1947, ces deux dates étant désormais incrustées dans la mémoire. “Il faut juger les boycotteurs”, s’est écrié le Dr Albert Moukheiber. Le Docteur peut avoir raison et, dans le cas contraire, il lui est permis d’extérioriser ses sentiments; n’est-il pas le “patriarche de l’opposition” et du boycottage en 92? Qu’est-ce qui a bien pu le convaincre que les législatives de 96 seraient meilleures que celles de 92? Puis, les causes ayant poussé au boycott il y a quatre ans, se sont-elles dissipées en 96? Le Dr Moukheiber n’a-t-il donc pas lu le titre de ces élections à travers la loi qu’ils ont bâclée, sciemment, pour organiser la consultation populaire sur sa base? N’a-t-il pas détecté les résultats du scrutin à travers les délais fixés entre l’élaboration du texte de loi et les dates fixées pour le scrutin? Si tout cela n’est pas apparu clairement au Docteur, lui qui est connu pour sa longueur de vue, n’a-t-il pas ressenti quelque chose de louche dans l’insistance du Pouvoir à organiser les législatives aux dates initialement fixées, sans tenir compte de l’essence de l'arrêt rendu par le Conseil constitutionnel, lequel a reconnu le caractère anti-constitutionnel de la loi électorale? Le Dr Moukheiber n’a-t-il pas compris que nul, dorénavant, n’oserait plus présenter un nouveau recours en invalidation, ne serait-ce que dans un délai d’une ou de deux semaines? Tous ces faits, le Dr Moukheiber ne les a-t-il pas pris en considération, pour tirer les déductions qui s’imposent, à savoir que la loi a été confectionnée à la mesure d’un certain nombre de “privilégiés” dont il ne fait pas partie, en même temps que ceux qui n’ont pas eu la chance de figurer sur les “listes officielles”? A cause de tout cela, le Dr Moukheiber qui aurait dû agir en expert invétéré en la matière. Il est appelé à procéder à une auto-critique, car il est responsable en tout premier lieu de “l’humiliation” qui a atteint l’opposition et les opposants, le boycottage et les boycotteurs... Il aurait dû savoir que les droits des candidats et des électeurs seraient violés le 18 août sur une large échelle; que les listes d’électeurs seraient truffées d’erreurs de façon à en exclure les votants indésirables... Il aurait dû savoir, aussi, que bon nombre de représentants des candidats seraient empêchés d’accéder aux bureaux de vote d’une manière ou d’une autre et pour n’importe quel motif... Il aurait dû savoir que les morts sortiraient, de nouveau, de leurs tombes, par divers procédés n’entrant pas dans le cadre des miracles du Christ, pour prendre part au scrutin dont les résultats étaient connus à l’avance et qui sont une honte pour la liberté, la démocratie au Liban, exactement comme les élections du 25 mai 1947. Ah! si le Dr Moukheiber avait prévu tout cela. S’il l’avait fait, il aurait épargné à l’opposition un choc terrible et garanti à l’opposition et à lui-même une place honorable dont ils sont dignes... Il aurait suffi pour cela de tant soit peu de vision saine, de perspicacité et de longueur de vue...

NADIM EL-HACHEM.