ELECTIONS

LES ELECTIONS AU MONT - LIBAN , UN GRAND LEURRE ?

Les élections du Mont-Liban ont confirmé ce que l’on savait d’avance: la victoire des “listes du pouvoir”, à quelques exceptions près et l’impossibilité dans un pays “sous tutelle”, d’organiser des élections libres et démocratiques, tel que le souhaitent, si intensément, les citoyens. Certes, l’appel au boycott n’a pas été suivi dans la même proportion qu’en 1992, pour de multiples raisons, dont la pléthore de candidats, les pressions de toutes parts, l’aspiration de ceux qui n’ont jamais été aux urnes de s’affirmer politiquement, le désenchantement dû à l’éclipse des courants d’opposition... N’empêche que bon nombre de ceux qui ont voté se sont demandé, en fin de journée, s’ils n’auraient pas mieux fait de s’abstenir. Au Metn-Nord, au moins, les électeurs peuvent se consoler d’avoir assuré la réussite de M. Nassib Lahoud, figure symbolique de l’opposition de l’intérieur. Mais que pourra-t-il faire seul, alors que d’autres députés ont été pénalisés pour avoir eu le courage de s’opposer au fait accompli et aux abus de pouvoir? Le découpage du Mont-Liban en six cazas, a remarquablement servi Walid Joumblatt qui sort victorieux au Chouf, comme à Aley et fait passer son candidat à Baabda. Ce qui prouve davantage encore que la loi électorale a été faite à la mesure de certains. Est-ce ainsi qu’on gère les nations, en faisant fi de l’égalité de tous devant la loi dans le respect de la Constitution? Truffées d’irrégularités, surtout au niveau des listes électorales, ces législatives montrent la nécessité d’adopter la carte électorale et de réviser les listes d’électeurs, où tel que nous l’avons constaté, figurent des personnes nées au XIXème siècle et tant d’autres erreurs. Partant du fait que les élections au Mont-Liban ont une importance particulière et qu’elles donnent le ton du déroulement du processus électoral dans le pays, va-t-on assister au même scénario en duplicata, dans les quatre autres mohafazats? Qui est-on en train de leurrer?

VICTOIRE QUASI-ABSOLUE DES “LISTES DU POUVOIR

Par Nelly HELOU.

CAZA DE BAABDA:

DACCACHE PERCE LA LISTE DU POUVOIR

Dr Pierre Daccache

Au caza de Baabda connu, aussi, sous l’appellation de caza du Metn-Sud, deux grandes listes s’affrontaient: l’une “loyaliste, présidée par le ministre Elie Hobeika; l’autre présidée par l’ex-député, le Dr Pierre Daccache, qui se présentait au nom de “l’opposition de l’intérieur”. Il sera, d’ailleurs, le seul à “percer” la première. Deux autres listes incomplètes avaient été formées et quelques candidats indépendants, dont Salah Honein, fils d'Edouard Honein, tentaient leur chance, certains pour la première fois dans l’espoir, surtout, non pas d'être élus mais de se faire connaître pour l’avenir. La caractéristique essentielle du scrutin du dimanche 18 août 96 dans ce caza du Mont-Liban, sera la nette participation des électeurs au vote, contrairement au boycott massif qui s’était produit en 1992, au niveau des localités chrétiennes. Cette journée de fièvre électorale sera marquée, comme pour les cinq autres cazas, par de vives critiques concernant le déroulement du scrutin et par de virulents échanges d’accusations entre les “tenors” des listes. N’empêche, qu’en dépit de la tension et de la chaleur du mois d’août, qui fait bouillonner le sang, aucun incident grave ne sera signalé.

Dans la banlieue-Sud devant un bureau de vote, une affluence à nulle autre pareille.

Rassemblement devant un bureau de vote à Mraijé.

Le Cellulaire a joué un rôle important dans le déroulement du vote. Ici le candidat indépendant Adaïmé.

Au collège de La Sagesse-Hadeth, les déléguées des candidats à l’heure de la pause café.

INSOLITE: DES FEMMES EN TCHADOR A BAABDA

Dimanche à 7h30 du matin, nous entamons notre tournée par un bref passage au Sérail de Baabda, siège du mohafazat du Mont-Liban. Au bureau des régistres civils, un groupe de six jeunes gens s’activent à remplir des extraits de naissance sous la supervision d’un fonctionnaire. Ils commencent par refuser de se laisser photographier, ce qui nous met la puce à l’oreille. La raison de ce refus est qu’ils ne sont pas des fonctionnaires, mais des “volontaires” chargés de cette tâche. Est-ce vraiment correct comme procédure? Mais on réalise qu’il vaut mieux ne pas trop insister sur cette irrégularité qui ne sera pas la seule au cours de cette longue journée. On se rend, alors, aux bureaux de vote installés dans l'école officielle des filles, située près de l’hôpital gouvernemental. Première difficulté: où garer la voiture, les agents des F.S.I. ayant reçu des ordres stricts pour empêcher tout stationnement devant les bureaux de vote? On croise, d’ailleurs, un citoyen qui a renoncé à voter, car il doit faire un bon bout de chemin pour arriver aux urnes. Au bord de la route, non loin du lieu de vote, trois jeunes femmes en tchador remettent la liste Daccache-Ali Ammar. Le spectacle est peu familier à Baabda, mais les temps changent. D’ailleurs, l’alliance Daccache-"Hezbollah” a paru insolite pour certains. D’autres l’ont admise comme impératif électoral. N’empêche qu’elle s’explique, aussi, par le fait que le courant intégriste fait souvent figure d’opposant. Mais Ali Ammar perdra cette bataille. Le vote se déroule dans le calme, tel que cela se passe de tout temps, à Baabda. A huit heures du matin, il y a déjà treize bulletins dans une urne; 9, dans une autre, alors que dans un troisième bureau, le vote n’a pas encore commencé faute de greffier. Les délégués des candidats, souvent à majorité des femmes, s’entendent bien entre eux.

Fouilles des sacs à l’entrée des bureaux de vote.

Une paralytique déposant son bulletin dans l’urne, à Hadeth.

Au service des registres civils au Sérail de Baabda, des volontaires pour remplir les extraits de naissance. Ils ne voulaient pas de photo!

Les femmes attendant leur tour dans la banlieue-sud.

HADETH: VIVE ANIMATION A LA DIFFERENCE DE 92

A Hadeth, devant les différents bureaux de vote, les électeurs affluent en ce début de matinée et le rythme, nous dit-on, s’accélèrera davantage après la messe. Le spectacle est, en tout cas, totalement différent de celui de 92 où cette localité avait respecté presque à cent pour cent l’appel au boycott. La présence, cette fois, de deux candidats maronites, fils de Hadeth même, a déjà changé les données. Vers 9h30, il y a du mouvement aux bureaux de vote installés à l’école des Saints-Cœurs, mais c’est surtout au collège de La Sagesse que l’animation est très vive. Dans ces bureaux, les deux candidats (Daccache et Karam) déposeront leur bulletin. Nous croisons M. Ernest Karam qui semble confiant en l’issue du scrutin: “Tout ira bien”, dit-il. Dans les bureaux, certains ont beaucoup à faire; d’autres peuvent siroter calmement leur café. A l’extérieur, les soldats de l’armée et les F.S.I. veillent à maintenir le calme. Nous arrivons au domicile bondé de gens, du Dr Pierre Daccache, au moment où il vient d’appeler le palais présidentiel pour réclamer l’intervention personnelle du chef de l’Etat, “afin que soit mis un terme à tous les abus commis dès l’ouverture du scrutin”. Il les énumère: changement de l’emplacement du bureau de vote réservé aux habitants déplacés de Kfarselwane, qui devait être placé chez les Sœurs de Besançon à Hadeth et a été installé au village même; extraits de naissance falsifiés, etc... Le ministre Elie Hobeika s’empressera de réfuter sans ménagement les accusations de Daccache. BANLIEUE-SUD: ON SE BOUSCULE... Dans la banlieue-sud, l’affluence est à nulle autre pareille. A Bourj Barajneh, par exemple, des femmes se bousculent pour entrer dans la cour déjà surchargée de l’école où sont placées les urnes et l’élément des F.S.I. en faction, ne sait plus où donner de la tête. Les portraits des candidats sont partout; des voitures circulent appelant les citoyens à voter, de la musique contribue à mettre encore plus d’ambiance. Pour les candidats chiites, l’enjeu de la bataille est de taille, surtout que les députés sortants: Bassem el-Sabeh, bénéficiant de l’appui de Hariri; et Ali Ammar, du “Hezbollah”, sont, cette fois, sur deux listes séparées, alors qu’ils avaient fait front commun en 92. Appuyé par le mouvement “Amal”, un nouveau venu, Salah Haraké est sur la liste Hobeika-Sabeh.

LA MONTAGNE: PARTICIPATION ET CALME

Nous quittons le littoral vers la partie haute du caza de Baabda. A Hammana, les gens vont aux urnes, contrairement à 92, surtout que ce gros bourg de montagne présente deux candidats maronites, sur deux listes adverses: Dr Jean Ghanem et Victor Farhat. Ce dernier, que nous avons rencontré à son domicile, archi-plein, dénonce les abus et erreurs. Ses partisans, dont ceux du village de Kfarselwane, affirment: “Nous avons déposé nos bulletins envers et contre tout.” A Kornayel, comme dans d’autres villages druzo-chrétiens, la bataille est serrée entre les deux candidats forts et rivaux druzes: d’une part, le joumblattiste Aymane Shoucair; de l’autre, Aref el-A’war, sachant que le siège druze du caza de Baabda revenait traditionnellement, à feu Bachir A’war qui proche alors, du PNL, avait l’appui massif des électeurs chrétiens. Si, au cours de cette journée les Arslane se font discrets, les joumblattistes se démènent, circulant sans arrêt et brandissant le fanion du parti pour manifester leur présence. En soirée, au Sérail historique de Baabda, il sera possible de suivre les résultats du vote de chaque bureau, projetés sur un écran géant placé au milieu de la cour. Un bon début de modernisation!

JE ME RETIRE PAR DEGOUT

Parce qu’il est intègre, honnête, et a le courage de ses opinions, Pierre Hélou n’a pas été réélu. Dommage! Une belle figure qui manquera au parlement. Au lendemain du scrutin, il reçoit la visite de Nassib Lahoud qui, lui, a eu plus de chance, en présence de ses colistiers malheureux comme lui, Fouad el-Saad et Marwan Abou-Fadel. Interrogé sur son évaluation du résultat du vote, Hélou nous confie: “Je ne veux faire aucune déclaration et je me contente de vous dire ce que j’ai déjà dit à vos collègues: Je me retire de la politique, par dégoût.”


CAZA D’ALEY:

LES CANDIDATS CHRETIENS, ENJEU DE LA BATAILLE

M. Fouad el-Saad, député sortant, devant une tente abritant un bureau de vote à Jamhour.

Le déroulement du scrutin au caza d’Aley sera marqué par l’incident survenu à Choueifat, le plus grave de la journée: la mort d’un des gardes du corps de l’émir Talal Arslan, Akram Arbid qui a succombé à ses blessures, victime d’un matraquage violent de la part des hommes du candidat joumblattiste, le député Akram Chéhayeb. Profondément touché par le décès de Arbid, l’émir Talal dénonce avec virulence l’attitude de l’Etat et le comportement de M. Walid Joumblatt: “La communauté druze, dit-il, ne peut plus supporter davantage le discours quotidien hargneux et vindicatif du ministre Joumblattt qui m’accuse ainsi que ceux qui pénètrent dans ma maison comme si nous étions des juifs... (...) “Qu’il cesse de verser le sang pour conserver certains acquis et privilèges, en dilapidant la caisse des déplacés ou à travers sept ou huit députés”. A l’adresse de l’Etat il dira: “(...) “La partialité dont l’Etat fait preuve, les pressions qu’il exerce, les menaces et les moyens les plus vils jamais utilisés dans la vie politique libanaise nous ont amenés là” (...).

Pour les déplacés du caza d’Aley les tentes ont servi de bureaux de vote, dans la cour de l’école des sœurs de la Délivrande, sous un soleil de plomb.

DIVORCE ENTRE JOUMBLATTI ET YAZBAKI

Si en 1992, Walid Joumblatt et Talal Arslan avaient conclu une alliance et formé une liste commune, ils ont cette fois, présenté deux listes rivales, tout en assurant à la fois la victoire du candidat joumblattiste Akram Chéhayeb et celle de Talal Arslan, car sur les deux listes opposées le deuxième siège druze est resté vacant. L’épreuve de force va, dès lors, se faire entre les candidats chrétiens des trois sièges du caza qui leur sont réservés: deux pour les maronites et un pour les grecs-orthodoxes. Les trois députés sortant: Pierre Hélou, Fouad el-Saad et Marwan Abou-Fadel qui étaient en 92 sur la liste commune Joumblatt-Arslane, sont, cette fois, sur la liste patronnée par Talal Arslan, alors que le "joumblatti”, Akram Chéhayeb prendra sur sa liste trois nouvelles figures: Abdo Bejjani, de Kahalé; Antoine Hitti (PPS) et Antoine Andraos, ex-directeur de la caisse des déplacés. D’autres listes incomplètes sont formées avec plusieurs candidatures individuelles. En tout, 23 candidats pour cinq sièges. A Kahalé, les gens iront voter, cette fois, car deux des fils de la localité se présentent aux élections: Abdo Bejjani, sur la liste joumblatti et Seif Moukarzel qui a fait liste commune avec Fayçal Arslan. Au bureau de vote de Kahalé, installé près de l’église je demande où est le délégué de Talal Arslan qui se trouvait, à ce moment, hors de la salle. Cette réflexion déplaît, apparemment, au délégué de M. Andraos qui répond: “On s’entend bien entre nous, pourquoi cherchez-vous à soulever cette question... pour semer la zizanie”. Mais l’entente est loin d’être parfaite, puisqu’un mort est tombé dans ce caza et qu’on a signalé plus d’un incident dans les centres de vote.

Un cheikh de plus de 80 ans, déposant son bulletin à Aley.

ABUS ET IRREGULARITES

Les trois candidats chrétiens de la liste Arslan: Pierre Hélou, Fouad el-Saad et Marwan Abou-Fadel dénonceront, à maintes reprises au cours de la journée de manière virulente, les abus et irrégularités du scrutin. Avant le jour “J”, ils avaient vivement critiqué l’utilisation de la Caisse des déplacés au profit de la liste Joumblatt et, surtout, du candidat Andraos. A Aley, les druzes en “cherwal” et bonnet de tête; les femmes aux jupes longues et châle blanc couvrant une partie du visage, se rendent nombreux aux urnes dans le calme, en présence des partisans du P.S.P. Au sérail d’Aley, les gens se pressent pour obtenir ou rectifier un extrait de naissance. Toutes sortes de rumeurs circulent disant qu’on a voté avec des extraits de naissance de personnes décédées ou se trouvant à l’extérieur du pays. Akram Chéhayeb refute ces propos, mais reconnaît toutefois l’existence de failles dans les listes électorales. Pour les villages où les déplacés n’ont pas encore réintégré leurs foyers, les urnes sont placées dans la cour extérieure du couvent des Sœurs de la Délivrande, à Araya. Le vote se déroule sous un soleil de plomb et les chefs des bureaux, tout comme les délégués et les électeurs, se plaindront de la chaleur. A 15 heures, au bureau de Dfoun, il n’y a que 160 votants, hommes et femmes, sur 978 inscrits. Un délégué explique que la population n’est pas motivée à voter n’ayant pas encore réintégré son village. La victoire de la liste du P.S.P. à Aley privera le parlement d’une figure représentative, celle de Pierre Hélou qui, avec ses deux colistiers chrétiens perdra la bataille, les trois ayant été sanctionnés pour avoir eu le courage de leurs opinions et prises de position.

Une femme druze, bien voilée votant au caza d’Aley.


DE NOUVEAUX VENUS

Les élections au Mont-Liban où 35 sièges sont à pourvoir ont permis à 11 députés d’entrer, pour la première fois, au parlement et au 12 d’y revenir. Les nouveaux venus: Caza du Metn-Nord: Raji Abou-Haïdar (grec-orthodoxe), Antoine Haddad (grec-catholique), Chaker Abou-Sleiman (maronite), Sebouh Hovnanian (arménien-orthodoxe). Caza de Baabda: Salah Haraké (chiite). Caza d’Aley: Antoine Andraos (grec-orthodoxe), Abdo Bejjani et Antoine Hitti (maronites). Caza du Chouf: Wadih Akl (maronite). Caza de Jbeil: Mme Nohad Soueïd et Emile Naufal (maronites). Quant au Dr Pierre Daccache (maronite - caza de Baabda), il réintègre le parlement où il avait déjà siégé.

CAZA DU CHOUF:

CLIMAT CALME ET LISTES TRUFFEES D’ERREURS

Pensif, Joumblatt attend les résultats. Doutait-il de sa victoire?

Les élections au Chouf se déroulent dans un climat plutôt tranquille, avec un taux de participation assez élevé, alors qu'en 92, les électeurs chrétiens avaient boycotté les urnes. Face à la liste présidée par Walid Joumblatt, Me Naji Boustany a formé une liste pour témoigner que le leadership du Chouf ne revient pas, nécessairement, aux druzes, ni aux Joumblatt. Mais il lui sera bien difficile de percer la liste joumblattiste qui passera entièrement. A Deir el-Kamar, la place centrale de la ville est bien plus animée que d’habitude. Les jeunes partisans de Naji Boustany portent des tee-shirt où est imprimé son portrait, alors que le député Nabil Boustany, candidat sur la liste de Joumblatt a fait confectionner des tee-shirt portant simplement son nom. A 10h30, Walid Joumblatt se rend à l’école officielle de Moukhtara pour déposer son bulletin de vote. Une foule de partisans et de nombreux journalistes l’entourent. “Tel que vous le constatez, dit-il, les élections ici se déroulent dans un climat calme et démocratique, sans aucune entrave”. S’adressant aux électeurs, il leur demande de voter la liste complète et de mettre le nom de Zaher el-Khatib avant le sien. Etrange revirement: un mois avant les élections, il refusait de prendre ce dernier sur sa liste. Il finit par obtempérer à la demande des “décideurs”... et ses volte-face ne le gênent nullement.

Animation et bonne humeur dans le bureau de vote réservé aux femmes à Baakline.

Deir el-Kamar a enregistré une proportion élevée de votants, deux de ses fils étants candidats.

On vote pour Walid Joumblatt, naturellement, à Moukhtara.

Affluence moyenne à Damour; ici au siège de la municipalité.

Il les justifie toujours en disant: “La conjoncture est délicate et ce n’est pas le moment de provoquer des fissures dans les rangs nationaux”. A Iklim el-Kharroub à majorité sunnite, on relève un taux de participation élevé (plus de 50%) et une nette tendance au panachage. Sur le littoral du Chouf, surtout à Damour, contrairement à 92, les gens votent dans une grande proportion: d’une part, parce que le retour est déjà bien amorcé et, d’autre part, du fait que deux des fils de la ville s’affrontent. Sur la liste de Joumblatt, Wadih Akl a remplacé Samir Aoun, député sortant, qui n’a pas manqué, ces derniers mois, de lancer de virulentes attaques à l’encontre du gouvernement, de son chef, du ministre Joumblatt et de la gestion scandaleuse de la Caisse des déplacés. Résultat: il ne sera pas sur la liste du P.S.P. Pourtant, feu son père Dr Aziz Aoun, était un allié inconditionnel de Kamal Joumblatt. Au Chouf, tout au long de la journée, la seule véritable fausse note seront les multiples erreurs dans les listes électorales que ne manqueront pas de relever la plupart des candidats. Même le ministre Marwan Hamadé dénonce la disparition des listes électorales de six pages du registre des électeurs chrétiens de Gharifé. Tout s’est bien passé au Chouf, mais on est loin des grandes batailles électorales d’antan entre Camille Chamoun et Kamal Joumblatt.


METN-NORD:

BATAILLE ACHARNEE ETAYEE D’ECHANGES D’ACCUSATIONS

M. Michel Murr, ministre de l’Intérieur, parmi ses partisans.

La confrontation est ici à son paroxysme, entre deux listes fortes qui s’affrontent avec acharnement. La première présidée par le ministre de l’Intérieur Michel Murr, groupe les candidats du PSNS et du Tachnag avec de nouveaux visages et l'ancien président de la Ligue maronite. L’autre est présidée par M. Nassib Lahoud, avec à ses côtés une figure de proue très populaire de l’opposition le Dr Albert Moukheiber, défenseur acharné des valeurs démocratiques et d'un Liban libre et indépendant. M. Michel Samaha complète le tableau. La virulence des accusations entre Lahoud et Murr témoigneront de l’intensité de la bataille et de son enjeu. Mais seul Nassib Lahoud parviendra à “percer” la liste du ministre de l’Intérieur. Dès l’ouverture des urnes à sept heures du matin et jusqu’à leur fermeture à 17 heures, le caza du Metn connaîtra une véritable fièvre électorale. La bataille prend son véritable sens; le taux de participation en témoigne. Murr et sa liste ont déjà pour acquis, au départ les voix des Arméniens de Bourj Hammoud et celles de naturalisés de fraîche date (7.000 voix) inscrites dans ce caza. Le tandem Lahoud - Moukheiber a, pour sa part, à son actif la soif des électeurs de faire parvenir, place de l’Etoile, des députés capables de défendre l’indépendance du Liban, sa souveraineté et sa liberté. La défaite de Moukheiber sera une grande déception et la victoire de Nassib Lahoud, celle de tout Libanais refusant le fait accompli.

M. Nassib Lahoud, député du Metn, seul membre de la “Liste du peuple” à avoir percé la liste rivale (de Murr).

POLEMIQUE…

Dès l’ouverture des urnes, une virulente polémique va opposer, d’une part, les députés et colistiers Nassib Lahoud et Michel Samaha, au ministre de l’Intérieur. Cet échange de propos acerbes a été provoqué par l’arrestation, dans la nuit du samedi à dimanche, par le ministère de l'Intérieur de huit partisans actifs de Nassib Lahoud. Après minuit, des éléments armés de la sécurité, en tenue civile, sont venus tirer ces personnes de leur lit, pour les amener les yeux bandés au sérail de Baabda, sans aucun mandat d’arrêt. A trois heures du matin, le député Lahoud contacte le président Hariri pour le mettre au courant de l’incident. Les personnes arrêtées devaient être libérées à l’aube. Le comité électoral du ministre Murr devait, aussitôt, publier un communiqué disant, notamment, que ledit comité “a reçu des informations selon lesquelles le candidat au Metn, Nassib Lahoud, a corrompu des électeurs dans la nuit du 17 au 18 août 96". Plus loin, le communiqué ajoute que le Parquet a approuvé la libération des inculpés (à savoir les personnes arrêtées la nuit) quitte à les convoquer lundi matin pour la suite de l'enquête…" Evoquant l’incident devant les media, Nassib Lahoud ne mâche pas ses mots: “J’accuse, dit-il, des gangs armés d'avoir arrêté des gens sans mandat d’arrêt et nous réclamons tout simplement la démission du ministre de l’Intérieur. (…) Nul mieux que ce dernier, ne pratique la corruption qui fait partie de sa morale et de ses habitudes depuis 40 ans. Nous demandons aux présidents de la République et du Conseil de le démettre de ses fonctions, car il est inacceptable qu’un ministre de l’Intérieur ait recours à de telles pratiques qui vont à l'encontre de la démocratie et de la liberté du scrutin”. Le député Michel Samaha réclame avec la même virulence l’éviction du ministre Murr.

Le Dr Albert Moukheiber accueillant M. Najah Wakim, député de Beyrouth, venu manifester sa solidarité à l’ancien député metniote.

Les religieuses se sont rendues nombreuses aux urnes.

Quant à Najah Wakim, qui a rendu visite au Dr Moukheiber à Beit-Méry il s’insurge contre Murr. Dans le cadre de sa tournée électorale, celui-ci répond de manière non moins acerbe: “Ils souhaitent ma démission, mais j’ai pitié d’eux et je leur réponds en toute sérénité, car ils ont perdu les nerfs et, ce soir, après la proclamation des résultats définitifs, ils vont littéralement perdre la raison (…) C’est vrai que je suis un chef de gang. Si je ne l’étais pas, aurais-je amené avec moi ces voyous (sic) pour qu’ils deviennent députés… Quant à l’autre qui s’égosille, il est l'homme de la corruption. Les hommes du Metn le connaissent”. (…) Dans ce caza, comme ailleurs, les plaintes ne manqueront pas concernant les erreurs et failles dans les listes électorales, ou les vexations de la part des loyalistes à l’égard des opposants.


ELECTEURS, SIEGES ET CANDIDATS

Pour les six cazas du Mont-Liban, on comptait 655.957 électeurs, pour 35 sièges, avec 180 candidats en lice répartis comme suit: Baabda: 126.508 électeurs, pour six sièges: trois maronites, deux chiites, un druze (32 candidats). Aley: 100.635 électeurs pour cinq sièges: deux maronites, deux druzes, un grec-orthodoxe (24 candidats). Chouf: 142.768 électeurs pour huit sièges: trois maronites, deux druzes, deux sunnites, un grec-catholique (26 candidats). Metn-Nord: 144.452 électeurs pour huit sièges: quatre maronites, deux grecs-orthodoxes, un grec-catholique, un arménien-orthodoxe (37 candidats). Kesrouan: 79.067 électeurs pour cinq sièges, tous maronites (25 candidats). Jbeil: 62.526 électeurs pour 3 sièges: deux maronites, un chiite (44 candidats).

LE KESROUAN:

UNE BATAILLE MARONITO-MARONITE

M. Farès Bouez, chef de liste, au cours d’un entretien avec les reporters de presse à son domicile de Ballouneh.

Les cinq députés sortants vont être réélus à la seule différence qu’en 92 ils étaient sur une même liste. Cette fois, ils sont sur deux listes rivales, l’une présidée par le ministre Farès Bouez qui, bien-entendu, jouit de l'appui du Chef de l’Etat; l’autre ayant à sa tête Rouchaïd el-Khazen soutenue par le premier ministre Hariri. Les grandes familles traditionnelles de ce fief du maronitisme sont présentes sur l’une ou l’autre de ces deux listes. Le pouvoir de l’argent aidant, l’importance des services rendus aux citoyens par l’un ou l’autre des députés-candidats font de sorte que la bataille sera vive, alors qu’en 92, c’était la platitude avec un taux élevé de boycott. Sur les deux listes, on note la présence de candidats considérés comme des opposants, ainsi que la candidature du “député-frondeur” Camille Ziadé qui avait dit “non” à la prorogation du mandat Hraoui mais qui, malgré tout, sera réélu. Aux côtés des deux listes-clés, plusieurs candidats feront cavaliers seuls, dont le candidat du parti Kataëb, Joseph Tutounji et l’ancien député proche des F.L., Georges Kassab.

Dans un bureau de vote à Kleyate.

Grande affluence à Achkout.

M. Mansour el-Bone, député sortant, a obtenu le plus grand nombre de voix.

Quant aux électeurs, on pouvait les classer en trois catégories: ceux qui étaient convaincus de la nécessité de voter, ceux qui l’ont fait pour des raisons de liens familiaux ou par amitié et ceux ayant agi par intérêt... Les échanges de propos virulents et d’accusations entre les deux chefs de liste qui avaient marqué la campagne électorale vont se poursuivre le jour même du vote. Farès Bouez et Rouchaïd el-Khazen ne mâcheront pas leurs mots, l’un à l’encontre de l’autre. Deux incidents sécuritaires auront lieu à Batha et à Ghosta, vite circonscrits par les F.S.I. qui renforcent leur mesure pour en empêcher d’autres. Les plaintes afflueront toute la journée concernant les failles dans les listes électorales, la lenteur à corriger les erreurs dans les extraits de naissance, les entraves au déplacement des électeurs ou aux convois des candidats. Par ailleurs, on note un fort courant de panachage ce qui, d’ailleurs, assurera la réussite de candidats des deux listes. Plus d’un électeur rôdé nous confie que ces élections rappellent en quelque sorte celles de 1968.


JBEIL:

UNE INCROYABLE PLETHORE DE CANDIDATS...

Le caza de Jbeil qui avait connu le plus bas niveau de participation en 1992 (6,5%) connaîtra cette fois, le taux le plus élevé parmi les six circonscriptions du Mont-Liban avec une participation de 55%, selon les chiffres officiels. La raison majeure de l’afflux des électeurs aux urnes est le nombre excessivement élevé des candidatures, 44 au total, pour trois sièges, ce qui, automatiquement, entraînait les familles, les proches ou les partisans de chaque candidat à voter. Cela servait, très astucieusement, le jeu des autorités officielles qui voulaient par tous les moyens amener les électeurs aux urnes. La manœuvre a réussi, d’autant plus que ceux-ci auraient préféré suivre l’appel au boycott lancé par le leader du Bloc national, Raymond Eddé et par l’alliance des trois: Aoun-Gemayel-Chamoun. Mais l’affluence des candidats les amènera à contre-cœur à voter. Seul le village de Eddé a suivi dans sa totalité l’appel au boycott et sur les 372 noms inscrits, trente ont voté, “car, expliquent les habitants, ils ont leurs intérêts propres et nous les excusons”. A Eddé, on a sonné le glas et les partisans du “amid” se sont regroupés sur la place de l’église, portant le “deuil de la vérité” tels qu’ils le disent, en se référant aux propos de leur leader pour expliquer leur choix. Dans l’ensemble, la journée électorale de Jbeil fut assez calme et a même manqué de piquant. On était bien loin de la fièvre électorale d’antan, lorsque le B.N. et le Destour se confrontaient avec véhémence. Le panachage sera aussi maître des lieux, assurant l’élection de trois candidats de trois listes différentes. Une femme succède à une autre, mais avec un score autrement plus élevé de suffrages. Un vétéran, résume par ces mots le climat électoral: “Sans le “amid” les élections n’ont aucune saveur”.

PLAINTE DES FONCTIONNAIRES, CHEFS ET GREFFIERS DES BUREAUX DE VOTE

Tout au long de la journée électorale, les chefs et greffiers des bureaux de vote nous ont demandé de transmettre leur indignation concernant la manière dont on leur a remis le samedi 17, les urnes et enveloppes du scrutin. “C’était une pagaille indescriptible. On nous a traités comme du... bétail sans aucun respect, ni égard, nous laissant poireauter durant des heures en plein soleil, sur la route menant au sérail de Baabda, siège du mohafazat où se faisait cette distribution. On aurait mieux fait de se révolter et de refuser de superviser le scrutin. Mais la menace d’être déférés devant le Conseil de discipline pesait sur nos têtes.” Il a fallu s’humilier et accepter. Par ailleurs, certains fonctionnaires de 3ème catégorie, chefs des bureaux dans leur administration, furent nommés comme simple greffier, alors que des fonctionnaires de 4ème ou 5ème catégorie ont été désignés comme chefs des bureaux de vote. Pourquoi une telle discrimination pour les uns et ces privilèges pour d’autres?


L’ELECTION DES DEPUTES ET LEUR ENTREE EN FONCTION

Par EDMOND NAIM.

D‘après l'article premier de la loi électorale du 26 avril 1960, les membres de la Chambre des députés sont élus pour une période de quatre ans. L’élection a lieu, d’après l'article 7 de la même loi, soixante jours avant l'expiration du mandat de la Chambre, à l'exception de l’hypothèse où celle-ci est dissoute. Ce qui veut bien dire qu’il faut faire une distinction entre une Chambre élue et une Chambre entrée en fonction. Tant qu’une Chambre élue n’est pas entrée en fonction, parce que les quatre années de la durée de la Chambre précédente n’ont pas expiré, les membres de cette dernière poursuivent l'exercice de leur mandat, sans aucune écornure. Dans un ouvrage sur le “Droit parlementaire” (Paris 1988, p.29 et 30), Pierre Avril et Jean Gicquel ont écrit qu”il faut distinguer la nomination de l'entrée en fonction… qui n’intervient qu’au moment où cessent les pouvoirs des élus sortants… Un certain délai sépare, par conséquent, le début du mandat de la proclamation qui confère à l’élu son titre de député…" Les deux auteurs précités illustrent cette règle par un exemple historique. “… Lorsque le président Paul Doumer fut assassiné le 6 mai 1932, entre les deux tours des élections législatives qui avaient lieu les premier et huit mai, l’Assemblée nationale convoquée le dix pour élire son successeur, comprenait les députés sortants et non ceux qui venaient d’être élus, les pouvoirs de la législature n'expirant que le 31 mai…" Nous avons relevé, au début de ces lignes, que la loi électorale de 1960 déclare bien que la durée du mandat des membres de la Chambre est de quatre années. Il n’est pas possible, par conséquent, d’argumenter sur ce point en partant d’un texte qui n’a pas force de loi, pour dire que ce délai est moins de quatre ans ou qu’il commence à courir pour chaque député à partir de la proclamation des résultats de sa circonscription. Car, alors, durant plus d’un mois, au moins, avant l’expiration d’une législature, la Chambre sera composée d'anciens élus, en même temps que de nouveaux. Ce qui serait absurde. Il faut, nécessairement, admettre que les quatre années d’une législature doivent élémentairement commencer en même temps pour tous les députés en fonction dans une même législature. Dire que cette durée a un point de départ pour les élus d’une circonscription différent des points de départ des élus des autres circonscriptions (réglement intérieur de la Chambre libanaise, additif à l'article 13 du 24 oct. 1994) est un grossier non-sens qui contredit l’article premier d’une loi qui fixe une seule durée pour chaque législature et non pas une durée pour chaque mandat de député. D’ailleurs, comme on doit le savoir, “la validité du réglement (de la Chambre) ne s’étend pas au-delà de l’assemblée qui l'a adopté” (Avril et Gricquel, précité, p.8). Il ne peut excéder les limites d’un statut qui organise le fonctionnement interne de l’assemblée et déterminer le point de départ du mandat de député. Il n’est pas une loi, puisqu’il n’est pas promulgué par le Pouvoir exécutif; d’autant plus que la Constitution exige (art. 24) une loi votée et promulguée en bonne et due forme pour déterminer les modalités des élections législatives. Somme toute, lorsque le réglement intérieur est en contradiction avec une loi, c’est celle-ci, sans conteste, qui s’applique. En conséquence, tous les membres de la Chambre élue en 1992, gardent leur mandat de députés jusqu’au premier jour de l’entrée en fonction de la nouvelle législature qui commence en septembre 1996 et jusqu’au dernier jour de celle qui avait débuté en septembre 1992. Ces députés de 1992, tous sans exception, continueront d'exercer jusqu’à la proclamation des derniers résultats des élections qui ont cours actuellement et l'entrée en fonction des députés qui en sont issus. En conséquence, les députés de 1992 ont le droit, à part entière, de signer et présenter tout recours en annulation devant le Conseil constitutionnel. Ils pourraient, aussi, être convoqués à une session extraordinaire pour proroger leur législature dans l’hypothèse où le Conseil constitutionnel annulerait la loi du 13 août 1996 qui a découpé les circonscriptions des élections en cours.


LES RESULTATS DEFINITIFS DU SCRUTIN AU MONT-LIBAN

BAABDA

- 1ère liste: Elie Hobeika (maronite): 25.995 ELU Jean Ghanem (maronite): 19.674 ELU Ayman Choukeir (druze): 21.677 ELU Bassem el-Sabeh (chiite): 27.220 ELU Salah Haraké (chiite): 21.367 ELU Ernest Karam: 17.382. - 2e liste: Pierre Daccache (maronite): 22.072 ELU Victor Farhat: 15.567 Elie Gharios: 14.538 Aref Aawar: 18.956 Riad Raad: 14.823 Ali Ammar: 18.960 - Autres listes et indépendants: Antoine Khalil: 6.635; Saad Slim: 4.981; Salah Honein: 4.776; Antoine Ghanem: 4.309; Souheil Aawar: 3.056; Emile Rami: 2.989; Chaouki Naïm: 2.380; Joseph Adaïmi: 1.420; Jean Saab: 1.287; Ahmed Harb: 1.199; Wagih Rami: 994; Saïd Alameh: 982; Khaled Abi Farrage: 975; Fadi Abou Hassan: 414; Riad Kanj: 52; Mahmoud Ammar: 38; Riad Haraké: 29; Nabil Mezher: 20; Saïd Abou Chakra: 17; Joseph Freiha: 9; Adib Salha: 8; Edouard Yammine: 5.

ALEY

1ère liste: Akram Chéhayeb (druze): 28.805 ELU Antoine Andraos (grec-orthodoxe): 26.242 ELU Antoine Hitti (maronite): 24.534 ELU Abdo Bejjani (maronite): 24.454 ELU - 2e liste: Talal Arslan (druze): 18.294 ELU Pierre Hélou: 13.890 Fouad el-Saad: 13.484 Marwan Abou-Fadel: 11.550 - Indépendants: Fayçal Arslan: 5.284; Seif Mkarzel: 3.896; Mahmoud Abdel-Khalek: 3.464; Elias Sélim Habre: 1.983; Fadi Habre: 1.668; Chafic Badre: 960; Toufic Bou Ghannam: 922; Khalil Khairallah: 789; Assaad Abi Raji: 747; Sami Abdel-Malak: 712; Ghazi Jaber: 436; Elias Habre: 66; Adel Chaaar: 10; Jihad Bejjani: 6; Hafez Sayegh: 6; Najib Kekk: 5.

CHOUF

1ère liste: Walid Joumblatt (druze): 52.032 ELU Marwan Hamadé (druze): 55.880 ELU Khalil Abdel-Nour (grec-catholique): 47.380 ELU Zaher el-Khatib (sunnite): 40.214 ELU Alaeddine Terro (sunnite): 47.974 ELU Nabil Boustany (maronite): 49.472 ELU Georges Dib Nehmé (maronite): 44.566 ELU Wadih Akl (maronite): 43.606 ELU - 2e liste: Naji Boustany: 25.171 Sleiman Khattar: 15.204 Fouad Kiwane: 14.609 Samir Aoun: 14.034 Mohammed Saad: 12.973 Fayçal Hamdane: 12.881 Wiam Wahhab: 11.871 Naji Abdel-Sammad: 10.802 - Indépendants: Nabil Oueidate, 7.379; Khaled Haddad: 5.432; Elie Cordahi: 3.049; Mohammed Basbous: 3.031; Dib Hajjar: 1.599; Boutros Merhef: 888; Raja Safieddine: 548; Souheil Fatayri: 367; Youssef el-Khatib: 12.

METN-NORD

1ère liste: Michel Murr (grec-orthodoxe): 43.407 ELU Raji Abou Haidar (grec-orthodoxe): 30.331 ELU Antoine Haddad (grec-catholique): 30.431 ELU Ghassan Achkar (maronite): 34.597 ELU Habib Hakim (maronite): 32.965 ELU Chaker Abou Sleiman (maronite): 29.063 ELU Sebouh Hovnanian (arménien-orthodoxe): 29.764 ELU Auguste Bakhos: 28.811 - 2e liste: Nassib Lahoud (maronite): 31.914 ELU Albert Moukheiber: 26.270 Michel Samaha: 25.535 Walid Khoury: 15.956 Emile Kanaan: 15.777 Michel Akl: 15.295 Farid Zard Abou Jaoudé: 13.034 - Indépendants: Paul Gemayel: 10.952; Rafi Madayan: 5.238; Antoine Dagher: 4.842; Bassam Abou-Fadel: 4.010; Wadih Hajj: 3.991; Fadi Gemayel: 3.841; Charbel Abdel-Massih: 3.307; Roger Chamaa: 3.131; Mitri Bitar: 1.715; Jihad Abou Jaoudé: 702; Georges Abboud: 602; Moawwad Ramouz: 537; Riad Abi Fadel: 48; Fouad Hayek: 24; Masis Alexandrian: 23; Antoine Chakabian: 20; Menhem Azar: 17; Nassib Abi Habib: 14; Boutros Ghanem: 9; Mounir el-Hajj: 7; Antoine Harik: 7.

KESROUAN

1ère liste: Mansour Ghanem el-Bone (maronite): 20.133 ELU Rouchaid el-Khazen (maronite): 17.926 ELU Camille Ziadé (maronite): 14.518 ELU Joseph Abou Charaf: 13.685 Abdallah Chéhab: 12.005 - 2e liste: Elias el-Khazen (maronite): 14.802 ELU Farès Bouez (maronite): 14.666 ELU Henri Sfeir: 14.362 Gilberte Zouein: 10.131 Elias Bouéri: 7.647. - Indépendants: Youssef Khalil: 9.665; Georges Kassab: 4.443; Elie Zouein: 3.247; Rabih Zgheib: 2.919; Charbel Azar: 2.911; Faouzi Khalil: 2.863; Joseph Tutounji: 2.747; Antoine Hakim: 2.361; Joseph el-Alam: 1.357; Massoud Mrad: 1.126; Georges Khairallah: 753; Samy Khoueiry: 720; Antoine Saadé (il avait retiré sa candidature): 672; Maroun Sfeir: 202; Haikal Akiki: 50; Jihad Hjeily: 26; Ghassan el-Khazen: 8.

JBEIL

- 1ère liste: Nohad Soueid (maronite): 7.195 ELUE Nazem Khoury: 6.621 Abbas Hachem: 7.164 - 2e liste: Mahmoud Awwad (chiite): 7.591 ELU Jean Hawat: 5.390 Boutros Hachem: 4.422 - 3e liste: Emile Naufal (maronite): 6.932 ELU Antoine Absi: 5.313 Mahmoud Mokdad: 3.021 - Autres listes et indépendants: François Bassil: 5.378; Kamal Cordahi: 4.384; Michel Khoury: 4.368; Fadi Rouhana Sacre: 4.304; Moustapha Husseini: 4.077; Rabih Karam: 2.891; Hussein Berro: 2.767; Maha Khoury Assaad: 2.655; Samir Haïdar: 2.242; Jihad Haïdar Ahmed: 1.798; Elias Bassil: 1.373; Michel Akl: 1.135; Majed Ibrahim: 1.039; Jad Nehmé: 906; Ahmed Ammar: 823; Philippe Zgheib: 723; Mohammed Ali Haïdar: 707; Mohammed Dib Haïdar Ahmed: 636; Nazih Makhoul: 520; Talal Hamdane: 484; Charbel Hachem: 458; Khairallah Ghanem: 457; Antoine Keyrouz; 452; Nagib Abou Younès: 427; Nadim Saliba: 396; Hassan Mokdad: 320; Abdallah Mokdad: 312; Samir Ali Haïdar: 193; Nakhlé Merheb: 130; Ali Haïdar: 50; Riad Issa: 16; Atef Awwad: 9; Jihad Nassar: 5; Naji Haïdar Hassan: zéro.