LA DEPOUILLE DU GENERAL OTTOMAN ENVER PACHA RAPATRIEE A ISTANBUL

Le général Enver Pacha, ministre de la guerre durant l’Empire Ottoman.

La dépouille du général turc Enver Pacha, qui fut ministre de la guerre durant l’Empire Ottoman, qu’on avait découvert en début d’année seulement au Tajikistan a été rapatriée à Istambul. Enver Pacha qui est mort à l’âge de 41 ans a occupé ses fonctions de ministre de 1914 à 1918. Il fut tué lors d’une embuscade en 1922 au moment où il luttait contre les Bolcheviks et enterré près de Baljouvan à 300 kilomètres de Duchanbé, la capitale du Tajikistan. Un service funèbre a eu lieu dans la capitale turque en 1992 en présence du président Suleiman Demirel, qui s’était recueilli devant la dépouille de celui qui fut membre de l’Union Progressiste Jeune Turc, luttant jusqu’à la fin de ses jours aux côtés de la guérilla Basmatchi pan-islamique.

On a rapatrié le corps d’Enver Pacha à Istanbul.


L’EMIRAT DE DUBAI AU SERVICE D’UN MARCHE DE 1,5 MILLIARD DE CONSOMMATEURS

Une pompe à essence à Dubai.

Un nombre croissant de sociétés étrangères prennent pied à Dubai dont l’infrastructure sert un marché de 1,5 milliard de consommateurs couvrant le Golfe, l’Asie centrale, l’Inde et l’Afrique. Dubai, un des sept membres de la fédération des Emirats arabes unis, attire de plus en plus de sociétés étrangères en investissant ses revenus pétroliers dans la construction de ports, de routes, d’entrepôts et en cultivant une ambiance cosmopolite. “Le pétrole de Dubai se tarit, les autorités font tout pour attirer les étrangers et je pense qu’ils sont en train de gagner ce pari”, estime Terry Sorgi, attaché commercial au consulat américain à Dubai. En 1995, 1.495 firmes étrangères se sont installées à Dubai ou dans la zone franche de Jebel Ali, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de la ville, y ouvrant des branches, des bureaux de représentation ou créant des entreprises conjointes avec des Emiratis. Au total 4.279 firmes étrangères se sont installées dans l’émirat au cours des dix dernières années. En tant que plaque tournante commerciale, l’émirat de Dubai est sans rival dans la région du Golfe, ses trois ports et son aéroport international assurant des liaisons avec 150 destinations. Outre le pétrole, des produits de près de 20 milliards de dollars ont été importés, exportés ou réexportés à partir de Dubai en 1995, marquant une hausse de 9,4% par rapport à 1994, selon des chiffres officiels. La Chine populaire est devenue en 1995 le premier partenaire commercial de Dubai, ses échanges ayant dépassé pour la première fois ceux du Japon. Les marchandises les plus diverses sont débarquées ou embarquées chaque jour sur les quais des ports de Jebel Ali, Port Rached et de la crique qui divise la ville: véhicules, ordinateurs, machines industrielles, métaux, produits textiles, alimentaires, etc. Des quantités de sucre d’une valeur de cinq millions de dollars sont vendues chaque jour à Dubai, affirme un commerçant. Le représentant de la Dresdner Bank, M. Werner Benz, estime que la zone franche de Jebel Ali est d’un intérêt particulier aux hommes d'affaires. Fin 1995, on dénombrait 888 entreprises dans la zone franche alors qu’elle n’en comptait que 19 en 1985, à son inauguration. Dans la ville de Dubai, 1.266 sociétés ont été conjointement mises en place par des étrangers et des Emiratis en 1995, portant à 21.000 le nombre des entreprises mixtes. Indiens, Iraniens et Pakistanais forment la majorité des hommes d’affaires étrangers de la ville. Dubai paye cependant le prix de son essor économique par un déséquilibre démographique, les étrangers étant cinq fois plus nombreux que ses propres citoyens, estimés à près de 200.000. “Nous avons mis le pétrole à contribution pour faire de Dubai un grand centre de commerce, de tourisme et d’exposition”, explique Ahmad al-Banna, un responsable de la Chambre de commerce et de l’industrie. Dubai est également sur la voie de devenir un centre financier, ajoute M. Benz. Les chefs d’entreprises soulignent néanmoins, que malgré sa vitalité, Dubai n’est pas encore à la hauteur de son surnom “Hong Kong du Golfe”. Dubai a encore besoin d’une bourse, il devrait améliorer sa législation commerciale, lutter contre la piraterie visant les droits d’auteurs et améliorer ses services. “ Il faut une journée pour endosser un chèque à Dubai alors qu’à Hong Kong ça se fait sur un coup de fil”, fait remarquer un homme d’affaires asiatique.

LACHLAN CARMICHAEL