SATURNALES
DE L’AUDACE, ENCORE DE L’AUDACE, ET TOUJOURS DE L’AUDACE
“Liberté, Liberté chérie, combats avec tes défenseurs...” Nous aurions aimé entendre un des candidats à la députation, nous tenir le discours suivant: “Le temps n’est plus aux compromis et aux compromissions. Nous devons dire la vérité sans illusions. Nous nous devons de dénoncer la politique de concessions qui a mené le Liban jusqu’au gouffre. “Nul n’est besoin de donner de nombreux exemples et de beaucoup parler pour tirer la sonnette d’alarme. Nous n’avons plus rien à perdre que notre dignité. Nous autres Libanais, nous voulons vivre en paix. Nous nous refusons d’être plus longtemps le jouet de nos puissants voisins et de leurs plus puissants protecteurs. La Force jusqu’à présent a primé le Droit. Il est temps que le Droit prime la Force. Il est temps que le monde entier sache que le Liban serait heureux d’avoir des amis, mais qu’il refuse d’avoir des maîtres.” Hélas! aucun de nos politiciens ou pseudo-politiciens n’a tenu ce discours. La plupart d’entre eux ont couru consulter l’Oracle de Damas.
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JE VEUX ETRE DEPUTE A LA PLACE DU DEPUTE
L’envie plus irréconciliable que la haine ronge le Liban. Le fond du problème? Celui du héros des bandes dessinées IZNOGOUD qui arrive à Bagdad et déclare: “Je veux être Calife à la place du Calife”. Au Liban? Même scénario, en changeant un mot. Rien n’arrête ces kamikazes de la politique. On les a vus prêts à tout. A tricher sans compter. A dépenser sans vergogne. Tant qu’il y a des hommes à vendre, on trouvera toujours des hommes pour acheter. Quel qu’en soit le prix. Nous nous refusons à comprendre, même après toutes ces années de guerre que: “Tout royaume divisé contre lui-même court à la ruine; et nulle ville, nulle maison divisée contre elle-même ne saurait se maintenir”. Telle est la première leçon des élections du 18 août.
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“IL SIED ENCORE PLUS MAL A UN MINISTRE DE DIRE DES SOTTISES QUE D’EN FAIRE”
déclare le Cardinal de Retz Si nous avions l’espace nécessaire, mais cela nécessiterait une revue entière, il serait édifiant et surtout amusant pour les lecteurs de collectionner les perles dites par les ministres, les députés et les candidats-députés au cours de cette brève campagne électorale où le maximum de sottises a été dit en un minimum de temps. Un moustachu bien astiqué et fort élégamment habillé a “sorti” tout son programme en déclarant: “Je suis venu, je suis là. Les gens me connaissent. Je n’ai pas besoin de programme électoral”. En effet, il n’en a pas eu besoin. On ne sait pour quelles raisons, il n’a pas été élu. Un autre a déclaré pompeux: “Je me suis présenté par la volonté du peuple... Je n’en sortirais que par la force des baïonnettes”... Il n’a guère eu besoin de baïonnettes, il a obtenu sa voix et celles de sa proche famille, une quinzaine en tout! Mais le plus ahurissant est ce candidat malheureux qui a obtenu Zéro voix. A croire qu’il n’a même pas voté pour lui-même. Tous ont “blablaté” à souhait. Nous les avons vus moustachus, imberbes, chevelus ou chauves parler, parler, encore parler. Ils nous ont expliqué en long et en large pourquoi cela allait plutôt mal dans le pays. Ils ont déclaré qu’ils sont arrivés à la conclusion que séparément ils ne peuvent rien faire, et que, collectivement, rien ne peut être fait. Mais qu’il y a quand même une lueur d’espoir. Cet espoir c’est le candidat lui-même. Bravo!
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STATISTIQUES: A QUOI SERT L’EDUCATION?
“Quelle est la première partie de la politique? “L’Education. La seconde? L’Education. Et la troisième? L’Education”, écrit Michelet dans “Le Peuple”. Dans le parlement actuel libanais! Sur 128 députés, environ une cinquantaine déclare posséder un diplôme d’études supérieures. Une quarantaine déclare avoir la baccalauréat... Le reste ne déclare rien... Des curriculum vitae un peu fantaisistes, car nombre d’entre nos députés ont des diplômes-bidons ou issus d’Universités bidons. Sérieusement. Il y a une trentaine d'entre eux capables d’amorcer en arabe une discussion juridico-politique ou d’écrire une phrase sans faute. Les autres sont capables d’apposer leurs pouces! Mais sincèrement, à quoi servirait une éducation dans un Parlement tel qu’il existe actuellement? Les députés n’ont qu’à lever la main. Et en bons élèves ils ne se gênent pas pour le faire! Alors à quoi sert l’Education? Le parlement issu de ces fameuses élections en cours nous le dira, peut-être!
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OUBLIONS LA POLITIQUE! Et si l’on oubliait la politique pour quelque chose de plus amusant, de moins déprimant? Pourquoi les Anglais utilisent-ils le mot “Love” pour désigner une marque nulle ou un zéro au tennis? En France, le zéro inscrit au tableau de pointage ressemblait à un œuf. C’est par ce mot qu’on désignait la marque nulle plus jolie que le zéro. Quand à leur tour, les Britanniques ont adopté le tennis, ils ont repris le terme français, mais en le prononçant à l’anglaise: C’est ainsi que “l’œuf” est devenu “love”. Bien sûr ce n’est pas l’explication unique. Certains romantiques attribuent le “Love” à l’adage qui veut que “qui perd au jeu gagne en amour...” De là à dire “Love” à celui qui a la marque nulle, il y a un pas réconfortant. Aux lecteurs de choisir.
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HOMMES ET FEMMES
Pourquoi les vêtements des hommes se boutonnent-ils sur la droite et ceux des femmes sur la gauche? La plupart des gens étant droitiers, il leur est plus facile de pousser les boutons de la droite vers la gauche pour les faire entrer dans la boutonnière: c’est pourquoi les vêtements masculins se boutonnent sur la droite. A l’origine, les boutons coûtaient fort cher et étaient réservés aux classes aisées. Or dans ces milieux, les dames se faisaient habiller par leur femme de chambre. Les tailleurs plaçaient donc le boutonnage à gauche pour la dame, de sorte qu’il se trouve à droite pour la femme de chambre qui lui faisait face. L’usage s’est maintenu depuis.
MARY YAZBEK AZOURY.