LE PRODIGIEUX MECANISME DE NOTRE VISION
Ombrelle et lunettes ne sont jamais de trop pour protéger les yeux.
Les hommes de la préhistoire utilisaient principalement la vue pour surveiller ce qui se passait au loin, prévoir le danger ou guetter l’apparition du gibier. Mais le monde moderne impose de rudes épreuves à nos yeux, notamment avec le cinéma et la télévision. Malgré cela, il est erroné de croire qu’un surmenage visuel soit à l’origine de certains troubles, comme la migraine ou le vertige. Certes, les muscles oculaires peuvent devenir douloureux lorsqu’on les surmène. Ils se fatiguent surtout chez les personnes qui ont besoin de porter ou de changer de lunettes. A vrai dire, dans nombre de troubles oculaires, ce sont les facteurs émotionnels qui jouent le rôle principal. Le professeur John Mac Lean, ophtalmologiste à l’hôpital Cornell de New York, raconte justement: “Une jeune fille souffrait de terribles migraines. En la pressant de questions, je découvris que ses maux ne survenaient que lorsqu’elle étudiait les mathématiques, véritable casse-tête pour elle”. En fait nous ne voyons pas uniquement avec nos yeux mais également avec notre cerveau et en pratique avec toute notre personnalité. C’est pourquoi, les personnes sensibles ferment automatiquement les yeux à la vue d’images remplies d’horreur.
LES PROUESSES DU CRISTALLIN
Décrivons sommairement un œil. Voici, d’abord, la cornée qui possède un rôle protecteur et contribue à infléchir les rayons lumineux qui la traversent de façon à les rassembler méthodiquement à l'intérieur. Ensuite, vient la pupille qui fait fonction de diaphragme réglable. En plein soleil, elle est presque fermée et dans la nuit, elle est grande ouverte. Cependant, les prouesses de l’œil commencent à partir du cristallin. C’est une lentille biconvexe entourée de fibres d’une solidité et d’une activité incroyables. Ce sont celles du muscle ciliaire qui sert à accommoder la vue aux différentes distances. En se contractant, il fait bomber le cristallin pour la vision de près. En se relâchant, il le fait s’aplatir pour la vision de loin. Que se passe-t-il quand on pose le regard sur un objet? La lumière passe d’abord à travers le cristallin qui la concentre sur la rétine. Celle-ci tapisse sur les deux tiers l’arrière de la paroi interne de l’œil. Là, sur moins de cinq centimètres carrés, on dénombre cent-trente-sept millions de cellules réceptrices de la lumière: cent-trente millions de bâtonnets pour la vision en noir et blanc, sept millions pour la vision colorée.
L'EXEMPLE D’UNE LUCIOLE
Une luciole qui passe dans la nuit devant nos yeux fait déclencher aussitôt des réactions chimiques. La petite lueur décolore le pigment contenu dans les bâtonnets. Ce phénomène de décoloration produit une sorte de courant électrique qui va se propager par le nerf optique jusqu'au cerveau, à une vitesse voisine de cinq cents kilomètres à l'heure. Le cerveau analyse alors les signaux qui lui arrivent et renvoie son interprétation: c’est une luciole. Tout ce processus électrochimique s’est déroulé en deux millièmes de seconde! Encore plus étonnante que la complexité des bâtonnets est celle des cônes. Ces cellules sont rassemblées dans une minuscule cavité où se loge la fovéa, à peine plus grosse qu’une tête d’épingle. C’est là où s’opère la perception des couleurs. Comparable à l’artiste qui mélange les couleurs sur sa palette, le cerveau combine le rouge, le vert et le bleu pour en tirer une multitude de nuances chromatiques.
Un geste instinctif quand la lumière solaire frappe les yeux.
UNE SUBTILE DEVINETTE
Terminons par cette jolie devinette libanaise à la fois subtile et colorée: “Un oiseau qui vole sans ailes, plus rapide que tous les oiseaux. S’il a faim, il mange des pierres et pourtant on craint pour lui le toucher de la soie”. Il s’agit naturellement de l’œil. Il nous faut, cependant, préciser que les pierres mentionnées dans cette devinette font allusion au “kohl” à base d’antimoine et qui est souvent employé au Liban comme fard à paupières.
GLADYS CHAMI