CLAUDIE A ENFIN REALISE SON REVE...
AVOIR LA TETE DANS LES ETOILES
En route vers les étoiles...
Pour la première fois, une française s’est envolée dans l’espace, chargée d’une mission qui comprend une série d’expériences médicales, biologiques et technologiques. Claudie André-Deshays, jeune médecin rhumatologue de 39 ans, en compagnie de deux cosmonautes russes Valeri Korzoun, commandant du vol et Alexandre Kaleri, ingénieur de bord, a quitté la terre le 17 août à bord du Soyouz-TM 24 en direction de la station spatiale russe MIR, pour une mission de 14 jours. Baptisée “Cassiopée” cette cinquième mission spatiale franco-russe a été réalisée sous l’égide du Centre National d’études spatiales. Sélectionnée dans le corps des astronautes français en 1985, la jeune femme dispose d’un long passé dans ce domaine. Elle a assisté à la préparation de toutes les missions françaises menées à bord du MIR depuis cette époque, en tant que spécialiste de la recherche en neurologie.
La première cosmonaute française s’appelle Claudie André-Deshays.
Avant les 18 mois de l’entraînement qu’elle a subi à la Cité des étoiles pour son vol, elle avait déjà effectué la même formation en tant que doublure d’un autre français qui s’était rendu à bord de MIR 1993, Jean-Pierre Haigneré. Cette jeune femme aussi professionnelle qu’élégante, dotée d’une volonté de fer confiait encore tout récemment à un journaliste qui lui demandait ce qui poussait une femme à aller dans l’espace. “La même chose qu’un homme, je pense que c’est un défi. J’ai envie d'aller au bout de moi-même, comme d’autres scientifiques concernés par les activités spatiales, je dispose d’un tempérament suffisamment sportif pour tenter de goûter à l’espace... Je dois pousser au maximum l’expérimentation menée dans le cadre de mon métier”. Claudie qui depuis 10 ans se penche sur les problèmes physiologiques et neurosensoriels posés par les vols humains en orbite, et tient à pousser jusqu’au bout l’étude “in situ” de l’impact de l’apesanteur sur l’organisme. La peur de voler...? “A la Cité des étoiles, dit-elle, j’ai côtoyé un grand nombre d'astronautes de la Nasa qui se préparaient à aller dans l’espace à l’aide des moyens spatiaux russes. Que ces Américains n’aient pas peur de voler avec des appareils de ce genre suffit à me libérer de toute crainte.” Durant deux semaines, Claudie sera impliquée dans l’ensemble des expériences préparées par la France dans le cadre de sa mission. Ce sera parfois en tant que manipulatrice lorsqu’il s’agira d’étudier dans des fours spéciaux le comportement des fluides lors de leur passage de l’état liquide à l’état gazeux. Il lui faudra aussi être une sorte de cobaye, puisqu’elle aura droit à des évaluations neurosensorielles pour mieux déterminer les modifications des capacités de perception que subit l’être humain en apesanteur. Ses moments de détente seront consacrés à écouter des cassettes de musique et de s’isoler pour mieux rêver près d’un hublot, la tête dans les étoiles.
S.N.
A Baikonour les trois cosmonautes étudient la mission “Cassiopée”.
Prêts pour le grand départ après des mois d’entraînement suivis.