EDITORIAL

Par Melhem KARAM
ISRAEL... REGARDE-T-IL AUTOUR DE LUI?
Le plus important dans les élections au Liban, ce sont leurs implications et les causes qui les ont fait dérouler de la manière connue de tous… C’est-à-dire par des volontés dictées à la volonté libanaise… Les gens ont suivi la ligne tracée pour cette étape, celle de la confrontation avec la paix et la non-paix, même lorsque la paix trébuche. Les élections au Liban et dans la montagne ont un titre; ce fut l’une des histoires des magiciens. Les mots ne peuvent relater ce qui s’est produit. D’autres que nous soumettent le visage laid à une opération d’embellissement. C’est leur droit. Cependant, cette opération se fait lorsque la beauté n’existe pas. Ou, tout au moins, quand la beauté n’est pas parfaite. En est-il ainsi des élections au Liban? C'est vrai, bien des fois, il en fut ainsi… Un marché où l'argent sévit, les bulletins étant déposés dans l’urne quand les contrôleurs s’absentent et les bureaux de vote étant transférés d’un endroit déclaré, à un endroit connu des seuls électeurs devant accorder leurs suffrages aux candidats dont la victoire est assurée. Tout cela s’est produit. Les morts ont voté; les absents, aussi, de même que les émigrés, les déplacés et ceux qui ont préféré jouir du congé dominical, plutôt que de manifester leur volonté à propos de la plus grande question nationale. Parce que ceux-ci savent que le congé est un plaisir garanti. Quant à la volonté… la volonté des gens… elle est entachée d’inquiétude et de déceptions. Cette image du Liban est-elle l’image du Proche-Orient? Oui, dans une grande proportion. L’image du Proche-Orient est celle de la guerre et non de la paix. Ou du moins, c’est l’image de la non-paix. Il suffit que le Palestinien souhaite l’arrêt des négociations sur les étapes du régime d’autonomie avec Israël, pour comprendre jusqu’à quelle limite il ingurgite la coupe de l’amertume. Yasser Arafat est menacé dans sa personne, depuis que Benjamin Netanyahu s’est comporté avec arrogance à son égard. L'action de David Lévy ne suffit pas à entretenir la flamme de la paix, ne serait-ce que par intermittence, à travers des paroles dont l'efficacité n'est pas garantie, du moment que le chef du gouvernement d’Israël est prisonnier des rabbins, des partis religieux et de la droite. Lorsque Dan Shomron a été nommé coordonnateur des négociations avec les Palestiniens, d’aucuns ont dit: Voici un homme modéré. Cela peut être vrai, car ce qu’on connaît de l’homme, n’exclut pas la qualité de la modération. Mais à quoi profite la modération, quand la décision politique, qui a le dernier mot en définitive, n’est pas à la portée de Dan Shomron? Les négociations qui n’atteignent pas une finalité, le sont-elles vraiment, si l’un des partenaires les a voulues déterminantes avant de s’asseoir à table; puis, pratiques au moment où il y est assis et, enfin, clôturant les négociations après sa levée de table et à son départ de la salle? Et ce, pour perdre le temps ou le gagner, selon qu’il les considère sous sa propre vision ou sous la vision des autres? Israël du Likoud n'a donné aucune preuve de son désir de paix du 29 mai et jusqu’à ce jour. Pourquoi le ferait-il, du moment qu’il ne s'agit pas d’une paix israélienne, prenant les droits d’Israël à Israël et les droits des autres à l’Etat hébreu? On dirait qu’Israël du Likoud ne veut pas regarder autour de lui… pour réaliser que l’Intifada en Jordanie, était un soulèvement jordanien auquel le Baas d’Irak était étranger. Un soulèvement dont les promoteurs n’ont pas voulu voir, dans l'un de ses aspects, le roi Hussein jouer le rôle de médiateur entre les Arabes et Israël. Entre la Syrie et Israël. Et la Turquie… est-elle encore la Turquie de la laïcité? N’est-elle pas devenue, d’une manière ou d’une autre, la Turquie musulmane, pour ne pas dire islamique, déviant de la politique américaine avec Najmeddine Erbakan et, partant, refusant de pactiser avec Israël? Shimon Pérès tente de condamner la politique du Likoud dans la mesure du possible. Et le mouvement de “la paix maintenant” recommence à paraître et à manifester. C’est le mouvement formé d’anciens officiers et de gens qui s’opposent au Likoud quand il se trompe, sans s’opposer au parti du Travail quand il est dans l'erreur, preuve en est son attitude négative et absente au temps des “grappes de la colère”. Tout cela, Israël ne le voit-il pas? Et le Likoud croit-il pouvoir couler le monde dans un moule, y compris l’Amérique, même si la réputation de son président, Bill Clinton, est en jeu?