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"MOI, C’EST DONOVAN BAILEY…"

Au cours de la cérémonie de la remise des médailles à l’issue du 100 mètres hommes, Donovan est heureux d’exhiber la médaille qu’il a remportée en réalisant un record mondial 9 secondes 84.

Mon nom, c’est Donovan Bailey”. Comme après chacune de ses grandes victoires, le Canadien doit faire cette mise au point pour éviter trop de questions sur Ben Johnson, compatriote maudit qui a figuré avant lui - durant un court laps de temps - au palmarès olympique et dans les annales du 100 m. A 28 ans, Bailey sait parfaitement que le spectre de Johnson planera toujours sur lui. Il est parfaitement conscient de la symétrie qui existe entre leurs histoires, notamment par leur origine jamaïcaine dont il est d’ailleurs très fier. Mais il insiste pour souligner que les similarités s'arrêtent là. “Je n’essaye pas de faire ou ne pas faire ce que Ben Johnson a fait avant moi. Je suis Donovan Bailey”, a martelé Bailey après son sacre d’Atlanta, le 28 juillet, agrémenté d’un nouveau record du monde (9 sec 84), comme il l'avait fait l'an dernier après son triomphe mondial de Goeteborg. Tout le monde devrait, désormais, connaître son nom et son histoire. Celle de ce courtier en bourse devenu superman du sprint. De cet athlète surdoué, étudiant de l’université de Baton Rouge, qui prit longtemps son sport à la légère, préférant les sorties nocturnes et se contentant de quelques bons chronos à l’occasion.

UNE RENCONTRE DETERMINANTE

Cela aurait pu durer infiniment s'il n’avait pas rencontré en 1994 son entraîneur actuel Dan Pfaff, qui l’a convaincu qu’il avait les moyens de dominer le sprint mondial. L’ascension fut très rapide, jusqu’au sacre de Goeteborg, suivi d’un record du monde en salle. Mais Bailey fut bien moins brillant à l’abord de la saison en plein air, battu à plusieurs reprises, même par le “vieux” Carl Lewis lors de l’inauguration du stade olympique en mai dernier. Pas de quoi, pourtant, entamer sa confiance. Sa force mentale ajoutée à sa puissance et à sa détermi-nation, eurent raison d’adver-saires supposés plus rapides tels ses dauphins, le Namibien Frankie Fredericks et le Trinitéen Ato Boldon. L’homme aussi est très différent de “Big Ben”. Ses yeux pétillent de joie, son sourire éclaire l'assemblée et il n’est pas avare de commentaires même si, après son sacre de Goeteborg, il a ajouté le facteur dollars à beaucoup de demandes d’interviews. “Peu importe ce qui arrive, je sais que la question (sur Johnson) reviendra toujours”, concède le champion olympique. Et comme à chaque fois, il rappellera son nom, Donovan Bailey.

S.G.

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