D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
HOSS: UN “GRAND SCANDALE”...
Un homme politique proche du président Salim Hoss soutient que la bataille électorale à Beyrouth s'est caractérisée par l’inégalité des chances. En ce sens, qu’elle a opposé la liste du chef du gouvernement à celle de M. Hoss, la première ayant bénéficié du soutien du Pouvoir et de ses rouages à tous les niveaux... Rappelons que M. Hoss a qualifié le scrutin du 1er septembre de “grand scandale où l’argent a joué un sale rôle”...
“HERESIE DEMOCRATIQUE”...
Un grand juriste a qualifié les législatives en cours “d’hérésie démocratique”, en raison de la loi inique sur base de laquelle elles ont été organisées et, aussi, des irrégularités et infractions ayant entaché l’opération électorale dans toutes les circonscriptions, le reste de cette opération ne devant pas être meilleur... Le même juriste n’a pas manqué d’exprimer sa surprise quant à l’attitude adoptée par une grande puissance considérée comme “la mère et la protectrice de la démocratie”. De fait, il s’est étonné d’entendre l’ambassadeur des USA, M. Jones, qualifier les élections générales libanaises de “bonnes”, en passant sous silence tant d’abus et de fraudes dont se sont plaints la plupart des candidats, même les élus parmi eux. "Je ne trouve pas étrange, conclut le juriste, la position des Etats Unis, d’autant que leurs prises de position par rapport aux pays étrangers reposent sur l’intérêt et non sur les principes.” Et de se demander: “Quel prix les USA ont-ils obtenu contre leur insistance à inviter l’électorat chrétien à voter en masse?”
LE SENS DU REDEPLOIEMENT SYRIEN…
Des cercles politiques occidentaux se perdent en conjectures sur le sens du redéploiement partiel opéré, dernièrement, par les forces syriennes stationnées en territoire libanais. Certains observateurs pensent que ce redéploiement a été décidé suite aux menaces israéliennes réitérées contre les troupes syriennes, laissant entendre que ces dernières pourraient être la cible des prochaines attaques de “Tsahal”. Et ce, suite au refus de Damas de l’option “Liban, d’abord” et de mater la résistance qui a repris ses agressions anti-israéliennes dans la zone frontalière”.
AOUN RENTRERA-T-IL?
Le 27 août 96 a pris fin l’exil du général Michel Aoun qui avait quitté le pays cinq ans plus tôt - le 27 août 1991 - en compagnie des généraux Abi-Jamra, Maalouf, anciens ministres et du capitaine Habib Farès, à partir du “Golden Beach” (Antélias) pour s’établir en France. Le chef du gouvernement, Rafic Hariri, a dit que rien n’empêchait le Général de rentrer au pays et le ministre de la Justice, Bahije Tabbara, a nié l'existence de quelqu’empêchement d’ordre judiciaire au retour de l’ancien chef du Cabinet militaire. Cependant, le général Aoun tient à s'assurer de la fermeture de tous les dossiers que le Pouvoir et les “décideurs” pourraient être tentés de rouvrir, afin de lui susciter des ennuis et d'entraver son activité politique…
HUSSEINI: NON AUX LISTES “OFFICIELLES”
Exposant les critères et principes sur base desquels il formera sa liste électorale, au cours d’une réunion tenue à l’évêché melkite de Zahlé, le président Hussein Husseini a affirmé qu’il ne coopèrera pas avec le Pouvoir dans le cadre des législatives. “Je n'accepte pas d’être classé parmi les proches du Pouvoir”, a dit l’ancien chef du Législatif, qui se dit “modéré”, parce que, affirme-t-il, le Liban ne peut survivre que par la modération, sans laquelle l’entente nationale ne peut se réaliser et se raffermir”.
LES LEGISLATIVES ONT ATTENUE LE MARASME
L'argent versé depuis le début de la campagne électorale par les candidats à la députation a eu pour conséquence de réactiver le cycle économique et, partant, de contribuer à atténuer le marasme qui affecte les différents secteurs productifs. Les imprimeurs, les colleurs d’affiches et de portraits, les milliers de personnes travaillant pour le compte des candidats, etc… ont pu réaliser des revenus qui leur permettront de faire face aux dépenses, combien lourdes, de la rentrée.
3 ECHEANCES IMPORTANTES
M. Issam Farès, nouveau député du Akkar, a déclaré qu’il fallait attendre la fin des élections générales pour voir se constituer les blocs de la future législature. "Ces blocs, dit-il, ont leur importance, d’autant que l’Assemblée aura à faire face à trois échéances plus délicates l’une que l’autre, à savoir: l’élection présidentielle, la situation socio-économique et les négociations de paix.
LANGAGE DE LA RAISON
Les instances pédagogiques et universitaires ont apprécié la façon avec laquelle M. Michel Eddé, ministre de la Culture et de l’Enseignement supérieur, a mis fin au sit-in des professeurs de l’Université libanaise, pratiqué mardi dans les bureaux de son département ministériel, à Starco. M. Eddé a usé du langage de la raison dans son dialogue avec les membres du corps professoral dont il a promis de satisfaire les doléances. Le ministre s’est engagé à élaborer, dans un délai de dix jours, le projet de décret en vertu duquel les professeurs de l’U.L. seront titularisés.
ON DIT...
- Que des sources renseignées s’attendent à une confrontation directe entre le gouvernement et le secteur médiatique dans la période post-électorale...
- Qu’un rapport financier international a été entouré d’un mur de silence, en raison d’indices sérieux quant à la gravité de la situation économique résultant du gonflement de la dette publique.
- Que le nombre d’électeurs d’un village de la montagne qui s’élevait à 70 voix en 1972 a excédé 3.000 cette année.
...EN RACCOURCI
- Un chef de liste a dépensé au cours des élections plus de 750.000 dollars, une partie de la somme ayant été versée à plusieurs candidats pour les amener à se désister...
- Les observateurs s’attendent que plus d’une dizaine de personnes, parmi les candidats malheureux aux législatives, demandent l’invalidation du scrutin dans leurs circonscriptions.
- L’élection de notre confrère Bassem el-Sabeh qui a obtenu un grand nombre de suffrages à Baabda, a été accueilli avec satisfaction dans les milieux journalistiques, parce qu’ils y voient la consécration de la liberté d'expression et de la démocratie.
OPINION
DEPUTES DES VIVANTS... OU DES MORTS?
La troisième phase des élections n’a pas été meilleure que les deux précédentes. Au cours des deux premiers rounds des législatives, les morts ont voté. Il en a été de même au cours du troisième round. De plus, le jeu des extraits falsifiés de l’état civil s’est exercé sur une large échelle, beaucoup d’électeurs ayant utilisé de tels documents pour se substituer à d’autres et leur épargner le déplacement jusqu’aux urnes. Certains “falsificateurs” ont été appréhendés en flagrant délit et fait l’objet d’un interrogatoire serré, en direct sur le petit écran... Pourtant, leur intention était “saine”, en ce sens qu’ils se sont servis d’extraits falsifiés pour faciliter la tâche des votants. Puis, des erreurs ont été relevées dans les listes d’électeurs, visant des catégories déterminées d’une certaine couleur, naturellement... Peut-on omettre de parler des fournées de nouveaux naturalisés et de membres d’une communauté connue pour son allégeance au Pouvoir qui ont accordé leurs suffrages en bloc aux candidats figurant sur les listes officielles? Le Pouvoir a essayé de s’adonner à un jeu prétendûment intelligent, pour laisser croire que le boycottage du scrutin était fictif, les citoyens n’ayant pas prêté l’oreille aux exhortations des ténors de l’opposition. Mais ce jeu a été déjoué grâce à la lucidité des gens et à leur perspicacité. Par leur comportement, ceux-ci ont prouvé qu’on ne pouvait les leurrer davantage, ni faire passer des vessies pour des lanternes... La première phase des législatives a révélé des erreurs au niveau du caza. Et dans la seconde, ces erreurs une se sont manifestées sur une plus large échelle, au niveau du mohafazat. Quant à la troisième phase, les erreurs ont été autant de péchés mortels, au niveau de la capitale et de la “décision” que d’aucuns ont prétendu vouloir récupérer et unifier. Le recours aux moyens cœrcitifs a été la marque distinctive de l’opération électorale à Beyrouth. Imaginez qu'une région ayant son importance n’était représentée dans aucune des listes rivales, bien qu'elle constituait jusqu’à Taëf une circonscription électorale autonome, dont les députés avaient leur mot à dire. Pourquoi cette circonscription n’est-elle plus traitée sur le même pied d’égalité que les autres? Pourtant, les cazas de Tripoli, de Bécharré et de Batroun ont leurs candidats, comme c’est le cas de Saida au Liban-Sud, alors que la première zone de Beyrouth est rattachée aux deux autres! Est-ce dans le but de favoriser l’intégration nationale? Puis, celle-ci peut-elle se réaliser par la contrainte? Pour en revenir à l’affaire des extraits falsifiés de l’état civil, dont a parlé longuement le ministre de l’Intérieur à travers les moyens d’information, alors que les personnes impliquées dans ce scandale ont été soumises à un interrogatoire par le procureur général de Beyrouth à travers la télévision, comment savoir qui a profité du vote des “falsificateurs”? La proclamation des résultats n’a-t-elle pas été retardée de dimanche à lundi; puis, à l’après-midi et au soir de ce jour, pour procéder à un nouveau décompte des voix, deux candidats de la liste officielle ayant obtenu presque le même nombre de suffrages... Ceci étant, pourquoi persévérer dans le même procédé, susceptible de semer la zizanie entre le Pouvoir et les administrés, tout en éloignant les citoyens les uns des autres? Est-ce la patrie que chacun souhaite édifier, basée sur la justice, l’égalité et la solidarité, sans lesquelles l’intégration reste un mot vide de sens?
NADIM EL-HACHEM.