L’ASIE AU XXIème SIECLE: VILLES SURPEUPLEES, POLLUEES ET ENGORGEES
Vue de Hong Kong.
Si l'industrialisation continue au rythme actuel en Asie-Pacifique, celle-ci risque de se trouver au siècle prochain avec des villes surpeuplées et d’énormes problèmes de pollution, indique un rapport d’une conférence internationale sur l'environnement. Calculée sur la base de la croissance économique actuelle, la production industrielle dans la région sera multipliée par 3 à 8 d’ici 2025, perspective qui n’est pas sans “graves implications sur la hausse des déchets industriels, la pollution des eaux et de l’air”, souligne le rapport adopté par cette conférence intitulée Eco-Asia qui a réuni des représentants de 20 pays. La population urbaine en Asie-Pacifique va en même temps plus que doubler pour passer de 923 millions d’habitants en 1993 à 2,07 milliards en 2025, souligne ce dossier qui a été présenté en juin à une conférence des Nations Unies sur l’environnement.
CINQ FOIS PLUS DE VOITURES
Le nombre de voitures particulières va exploser pour passer de 91 millions à 522 millions, soit plus de cinq fois le niveau de 1993, relève ce rapport préparé sous la conduite de l'Agence japonaise pour l'environnement. A cette date, la Chine aura trois fois plus de voitures sur ses routes que le Japon, un changement considérable pour un pays où les voitures particulières étaient l'exception, il y a seulement quelques années. La consommation en énergie va grimper aussi, son niveau de 1990 devant être multiplié par 2,3 à 3,8 d’ici 2025, date à laquelle les émissions de gaz carbonique (considérées comme responsables du réchauffement de la planète) passeront de 25% du total de la Terre à 36%.
LES EMISSIONS D’OXYDE VONT QUADRUPLER
Les émissions d’oxyde de soufre provenant des usines vont quadrupler d’ici 2050, “ce qui implique de graves dommages causés par les pluies acides en Asie de l’Est et du Sud-Est”. L’industrialisation va réduire la surface des terres arables, modifier la diversité biologique des sols et menacer les modes de vie traditionnels des populations indigènes. L’une des conséquences en sera la réduction de moitié des forêts entre 1990 et 2100, la région connaissant déjà le rythme de déforestation tropicale le plus élevé de la planète avec 1,2% des surfaces de forêts coupées chaque année. “Du fait de la consommation d’énergie en progression rapide, la région est un facteur majeur et croissant des changements climatiques (du globe) tout en étant la plus vulnérable à la hausse du niveau de la mer”, souligne le document. Les représentants des pays participants (Australie, Bengladesh, Birmanie, Cambodge, Canada, Chine, Corée du Sud, Fidji, Japon, Indonésie, Laos, Malaisie, Mongolie, Népal, Nouvelle Zélande, Pakistan, Papouasie Nouvelle-Guinée, Philippines, Sri Lanka, Vietnam) sont tombés d’accord pour inviter les pays nouvellement industrialisés à “éviter les erreurs commises par ceux qui les ont précédé dans le développement économique”. Ils ont préconisé un développement économique plus modéré et le respect des valeurs traditionnelles de la région qui sont des modes de vie sobres, la coexistence harmonieuse avec la nature et la satisfaction des besoins réels plutôt que ceux créés par des désirs de consommation artificiels. Cet appel, estiment les analystes, risque toutefois de rester un voeu pieux dans une région plus que jamais préoccupée par la recherche de la performance économique maximale.