SATURNALES

“THE BOLD AND THE BEAUTIFUL”

Un nouvel épisode s’est ajouté à la version libanaise de “The Bold and the Beautiful”. Mais si dans les feuilletons américains on voit évoluer surtout des “beautifuls” avec des robes, coiffures, maquillages les uns plus ravissants que les autres, nos “beautifuls” libanais héros du best-seller “Elections” donneraient des cauchemars à ceux qui ont le malheur de les apercevoir sur le petit écran avant de s’endormir. Ce n’est pas tant leur physique qui fait peur, mais bien leur outrecuidance, leur suffisance, leur fatuité et leur cynisme. Ils semblent mépriser téléspectateurs et futurs électeurs et s’ils ne le disent pas textuellement, ils n’en pensent pas moins: au “va-t-en chétif insecte, excrément de la terre”... Ils jouent les “bold” avec beaucoup de naturel, car plus audacieux et plus effronté, il n’y en a guère!

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“LA LAITIERE ET LE POT AU LAIT”

“Quel esprit ne bat la campagne? Qui ne fait châteaux en Espagne”? Combien se sont endormis députés, et se sont réveillés “gros Jean comme devant?” Optimistes, grandiloquents, se pavanant devant la caméra, se gargarisant de mots, pavoisant avant l’heure, pontifiant et assommant le monde, les candidats aux législatives auront eu le plaisir, l’espace d’un moment, d’être une étoile. Souvent une étoile filante, mais qu’importe!

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HONNEUR AUX VAINCUS

Il y a des défaites plus honorables que des victoires. “Il y a des pertes triomphantes à l’envi des victoires.“ C’est ce que l’on pourrait dire à un Fady Moghaïzel, un Georges Khadije, un Albert Moukhaïber, un Michel Sassine, un Abdel Majid el Zein, un Riad-Abdel Jalil, un Fouad Issa, un Elie Gharios etc... Ils ont perdu une bataille, mais l’avenir nous dira s’ils ont perdu la guerre!

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“LA PIRE DES DEMOCRATIES

Est préférable à la meilleure des dictatures”, disait Nehru. Ceci a été démontré au Liban, au cours des “Trois Dimanches” qui pour n’être pas les “Trois Glorieuses” (Journées Révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 et celles plus récentes des 26, 27 et 28 août 1940) ont quand même prouvé que la liberté d’expression existe encore au Liban, tout comme la liberté de presse! Il est vrai que le pouvoir en place n’avait rien à craindre des parleurs et des diseurs. Ils ont eu l’intelligence de laissez dire, comme une soupape de sécurité pour le citoyen qui sans avoir grande possibilité d’agir a encore au moins la possibilité de parler. Et les gens ne se sont pas gênés, pour critiquer, pour vilipender ou pour encenser! Ce n’est déjà pas mal... Parodie de liberté? Peut-être. Mais cela nous a changé des chers pays “frères et voisins" où le Pouvoir l’emporte toujours à des 99% près, des pays où des familles accaparent le pouvoir depuis des lustres, des pays où n’existe qu’un seul parti, le parti unique au pouvoir. Aussi choquant que cela puisse paraître, Edward Gibbon, le politologue et écrivain britannique auteur du “Decline and Fall of the Roman Empire” (périmée comme étude historique mais qui garde encore sa valeur littéraire et politique) écrivait: “La corruption est le plus infaillible symptôme de liberté constitutionnelle”. Le Liban a prouvé qu’il possédait cette liberté.

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DIPLOMATIE ET IMPOLITESSE

Ce qui a éclaté au grand jour durant la période pré-électorale et les jours d’élection proprement dits, c’est la grande différence de niveaux dans la presse et parmi les commentateurs politologues et soi-disant politologues. Les journalistes n’ont pas l’habitude de se lancer des fleurs, mais il faut rendre hommage à certains de nos collègues qui, malgré la pression de l’heure ont toujours su garder un langage châtié, voire diplomatique par contraste avec ceux qui ont voulu faire des scoops en manifestant une grossièreté innée et un manque de savoir-faire et de savoir parler inadmissibles dans une profession qui se respecte. Il faudrait applaudir Camille Ménassa, Philippe Abi-Akl qui ont su tenir en haleine, les téléspectateurs non seulement en faisant preuve d’un professionnalisme certain, (ce qui est évident) mais en sachant y apporter leurs grains de sel, de poivre, assaisonnés d’un humour incontestable. Ils ont prouvé qu’on peut être intéressant voire passionnant sans être agressif, ou impoli. Malheureusement cela n’a pas été le cas pour nombre de journalistes qui ont employé un vocabulaire brutal, souvent vulgaire et presque toujours ont prouvé leur ignorance. A reconnaître que nombre de candidats ont payé de la même monnaie ces grossiers personnages. Les téléspectateurs ou les lecteurs se rappellent sans doute les échanges d’“amabilités” entre interviewers et interviewés, ou entre candidats eux-mêmes. Ceux et celles qui ont voulu jouer les David Frost, Barbara Walter ou Anne Sinclair, à la mode libanaise n’ont réussi le plus souvent qu’à mettre les pieds dans le plat!

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YALTA, CHURCHILL ET STALINE

Plusieurs Libanais qui ont été horrifiés de voir des listes où cohabitaient des personnes à la vision politique diamétralement opposée. Ils en ont vu, ils voient et ils verront ces listes où ont lieu des mariages contre-nature mais qui poursuivent un but commun. Ils s’allient avec le diable pour réussir aux élections et pourquoi pas! En politique, on le sait déjà, il n’existe ni amitié, ni inimitié permanentes, il n’existe que des intérêts, permanents... ou immédiats. Que des gens dits de gauche s’allient à des gens dits de droite, ne devrait pas étonner...! Mais au fond, les gens dits de gauche au Liban sont de grands féodéaux, qui n’ont adopté de la gauche et du marxisme-léninisme défunt ou agonisant que les mots. Ils ont gardé pour eux tous les profits du capitalisme, même du capitalisme sauvage. N’a-t-on pas vu à Yalta et durant la IIème Guerre mondiale, les Etats-Unis et le Royaume Uni s’allier à l’URSS? N’a-t-on pas vu à Yalta, Churchill, Roosevelt et Staline boire à la victoire alliée et à la défaite de l’Allemagne? Ce qui n’a pas empêché la “guerre froide” après la victoire des Alliés. Quelques années plus tard, se référant à la politique stalinienne, Winston Churchill déclarait: “Un rideau de fer est tombé sur l’Europe”.

MARY YAZBEK AZOURY.