ELECTIONS
Scrutin Calme
SUITE A LA COALITION “AMAL-HEZBOLLAH”
SCRUTIN CALME ET SANS SURPRISES AU LIBAN-SUD
Les Sudistes viennent de démontrer qu’ils ont une véritable prédilection pour les législatives et seront les plus acharnés à se rendre aux urnes, quoique les résultats étaient quasiment connus d’avance, suite à la coalition contre nature et du dernier quart d’heure,entre “Amal” et le “Hezbollah”. Malgré l’éventail considérable de listes “panachées”, ‘infiltrées”, “piégées” qui ont circulé, les tentatives de percées spectaculaires, comme au Mont-Liban, au Nord ou à Tripoli, se heurteront au barrage infranchissable du “rouleau-compresseur” mis en place par les soins des “décideurs”. Pourtant, on aurait souhaité une véritable bataille démocratique qui aurait reflété les véritables rapports de forces entre les groupes et partis politiques actifs sur le terrain. Dommage! Ce n’est que partie remise, pour l’an 2000, espérons-le. Seule Saïda a constitué un réel enjeu dans ce scrutin dont l’issue a démontré un certain partage de forces égalitaire entre les principaux protagonistes au niveau, aussi bien de la capitale du Sud, que de l’ensemble de la région. La journée fut calme, les points de passage avec “la zone de sécurité” furent ouverts pour permettre aux fils de ce secteur de venir voter et les résultats furent connus rapidement. Tout indique qu’une entente similaire va coiffer la dernière étape des législatives dans la Békaa le 15 courant. Reste à savoir si cette “coalition forcée” chiito-chiite qui n’a guère tenu compte de l’opinion des fractions chrétiennes au Sud qui constituent le tiers des électeurs, va survivre aux législatives ou bien n’aura-t-elle duré, “telle la rose” que l’espace d’un scrutin!
Par Nelly HELOU.
Le président de la Chambre et son épouse ont effectué une longue tournée dans la région.
SAIDA, UNIQUE ENJEU DE LA BATAILLE
On s’attendait d’avance à ce qu’il y ait du panachage au Sud, tout comme à Beyrouth et au Nord, mais l’important était de savoir si ce panachage allait pouvoir opérer la moindre percée au sein de la coalition contre-nature, formée selon les directives de Damas et sous son égide entre les deux fractions chiites rivales: “Amal” et le “Hezbollah”. Les résultats du scrutin ont révélé que cette entente a tenu bon, du moins l’espace d’une journée de vote. Car nul ne peut augurer de l’avenir... Non que les Sudistes fassent vraiment l’unanimité autour de ces deux formations politiques, mais il faut reconnaître qu’elles étaient en mesure de regrouper autour d’elles une confortable majorité. A partir du moment où le président de la Chambre et le S.G. du “Hezbollah” avaient demandé à leurs partisans respectifs de ne pas pratiquer le panachage, il y avait peu de chance aux autres formations de faire face à ce rouleau-compresseur... Surtout que les autres candidats se réclamant de différents courants politiques ne faisaient pas un front commun entre eux face à la coalition, tout en ayant échangé des candidats. Il s'agissait, notamment, de l’ancien président de la Chambre et leader sudiste Kamel El-Assaad qui a formé une liste incomplète et d’une deuxième liste, elle aussi incomplète, présidée par le député sortant, Habib Sadek et ayant entre autre colistier, le président de la C.G.T.L. Elias Abou-Rizk.
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Bahia Hariri au moment de la proclamation des résultats. |
Mme Berri déposant son bulletin. |
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A Kfarremane chez Abdel-Latif el-Zein qui suit, calmement, la campagne. |
Le bureau de vote connaît une affluence à nulle autre pareille. |
SI LA COALITION N’AVAIT PAS EU LIEU
Avant la coalition du dernier quart-d’heure, Assaad, Sadek et Abou-Rizk avaient sérieusement envisagé de former une liste commune avec les candidats du “Hezbollah”, face à celle de “Amal” sous la présidence de M. Berri. Quelle aurait été la véritable issue de la bataille? Comment les Sudistes se seraient départagés les voix et quelle aurait été le véritable rapport de forces, entre les deux fractions politiques dominantes, si la coalition n’avait pas vu le jour aux forceps? La crainte des effets de cette alliance entre le “Hezbollah” et ceux qu’il avait qualifiés de “suppôts du féodalisme politique culturel et syndical” a, peut-être, poussé le président de la Chambre Berri à accepter de constituer, in extremis une liste commune avec le “parti de Dieu” incluant quatre de ses candidats, alors qu’il avait mené une campagne des plus virulentes contre les intégristes jusqu’au dernier moment ayant précédé les directives de Damas. Les leaders du Hezbollah avaient, par contre, maintenu un ton plutôt modéré dans leur campagne et ne s'en prendront vivement qu’au Premier ministre Hariri qui ne les avait guère ménagés. Le véritable enjeu des législatives au Liban-Sud va se faire autour des deux sièges sunnites de Saïda, pour lesquels il n’y a pas eu d’entente entre “Amal” et le “Hezbollah”, le premier appuyant les candidatures de Bahia Hariri et Abdel-Rahman Bizri et le second, celles de Moustapha Saad et Ali Cheikh Ammar de la “Jamaa islamiya”. Mais alors qu’on pensait que ces candidats dont aussi un cinquième de la famille Bizri allaient se présenter à titre individuel, on était surpris de voir à l’ouverture du scrutin, les noms de Hariri et Bizri sur les listes distribuées par “Amal” et ceux de Saad et Ammar sur celles distribuées par le “Hezbollah”. Le président Berri explique cette décision “prise, dit-il, la veille même du scrutin, en apprenant que Moustapha Saad avait conclu des accords avec les deux autres listes adverses”.
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Un bureau de vote réservé aux femmes à Nabatiyé. |
Toujours à Nabatiyé, l’ex-député et candidat Rafic Chahine venant voter. |
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Moustapha Saad se rendant, à son tour, au bureau de vote. |
Elle vote pour la première fois. |
PAS DE FORCE DOMINANTE
Les résultats du scrutin concernant, surtout, les deux sièges de Saïda, ont démontré qu’aucune des deux formations politiques dominantes au Sud ne pouvait s’imposer de façon exclusive du fait que l’un des candidats (Mme Hariri) appuyé par Amal, a passé et, l’autre (Moustapha Saad) appuyé par le “Hezbollah”, a réussi. Il y a donc un rapport de force équilibré au niveau du Sud et, par rapport à Saïda, Rafic Hariri ne peut prétendre en détenir le leadership. Une autre révélation de ce scrutin: la grande affluence des électeurs. Alors qu’on croyait que, face à une bataille quasiment connue d'avance, les Sudistes ne se rendraient pas nombreux aux urnes, on aura la surprise de voir une grande affluence et d’apprendre, après la fermeture des bureaux de vote, que le Sud avait enregistré le plus haut taux de participation (48,3%) comparé avec les trois scrutins précédents: 32% à Beyrouth, 40% au Nord et 45% au Mont-Liban. Qu’en sera-t-il de la Békaa? Si les failles et erreurs relevées dans les listes d’électeurs et les extraits de naissance, sont les mêmes pour chaque tour de scrutin - des gens votant pour d’autres - la journée du huit septembre sera plutôt calme. Aucun incident grave ne fut signalé; il y avait peu d’agitations dans les rues, l’armée et les F.S.I ayant veillé au bon déroulement de la consultation populaire.
Kamel el-Assaad et à ses côtés Anouar el-Sabbah: “Attendons la fin de la journée”.
Sur la route vers Kfartibnite dans cette école où les urnes ont été placées pour les habitants de Arnoun et Chékif de la “zone de sécurité”.
SAIDA:
VERITABLE ENJEU DE LA BATAILLE
Tôt le matin, la circulation sur la route côtière menant au Sud est encore fluide. La première pluie d’automne renforce le vert de la nature lui conférant un aspect propre. On a le plaisir de rouler vite sur le tronçon de l’autoroute déjà achevé. En près de trente minutes venant de Beyrouth, nous voilà aux portes de la capitale du Sud. Le trafic est aussitôt ralenti et la file de voitures s'allonge devant un point de contrôle tenu par l'armée et les services de renseignements syriens; puis, par ceux de l'armée libanaise. On passe, aussitôt, sous un premier arc de triomphe dressé par “Amal”, suivi un peu plus loin d’un second du “Hezbollah”. Le ton électoral est donné. Les troncs des palmiers du bord de route et les poteaux électriques sont couverts par les portraits des candidats. A Saïda, on circule assez facilement, alors qu’on s'attend à des embouteillages dès l’ouverture du scrutin, vu l’enjeu de la bataille. Mais il n’en sera pas ainsi et la cité sudiste connaîtra une compétition électorale très vive, dans une ambiance plutôt tempérée. L’affluence des électeurs commence lentement, s’intensifie nettement autour de midi et connaît un deuxième temps fort avant la fermeture des bureaux de vote. La bataille est serrée entre, d’une part, le tandem Bahia Hariri et Abdel-Rahman Bizri, appuyé par “Amal” et le Premier ministre Hariri; et, d’autre part, le second tandem Moustapha Saad - Ali Cheikh Ammar candidats soutenus par le “Hezbollah”. Rafic Hariri s’était rendu la veille, samedi, au domicile de sa sœur à Majdalioun dans la région de Saïda, pour appuyer sa candidature. Les machines électorales fonctionneront à plein rendement, mais Saïda restera calme contrairement à la fièvre électorale qui s’était emparée de Beyrouth. Il y aura, par exemple, beaucoup moins de photos de candidats et, surtout, aucune de Bahia Hariri. Pourquoi cette pudeur incompréhensible pour une femme engagée avec tant de détermination dans la vie publique?
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Les déléguées dans les bureaux de vote. |
A Nabatiyé devant un centre, la distribution des listes. |
LES SORTANTS REELUS
Saïda enregistre en fin de journée un taux de participation élevé (de 60,31%): 24.359 électeurs se sont rendus aux urnes, pour y déposer un véritable cocktail de listes, car le panachage semble maître du jeu. Les deux candidats sortants qui s'affrontent cette fois, alors qu’en 1992, ils étaient sur la même liste, seront réélus, confirmant le maintien d’un double leadership à Saïda et d’un partage des forces au niveau du Sud. “Quelle que soit l’issue de cette bataille démocratique, nous devons l’accepter et la respecter, car c’est la volonté populaire,” affirme Mme Bahia Hariri qui se rendra au cours de la journée plus d’une fois au sérail de Saïda pour s’occuper de la correction d'extraits de naissance et de listes d’électeurs. “Je m’occupe de tout le monde et pas simplement de nos partisans, affirme-t-elle. J'admire ces citoyens qui ont attendu des heures pour obtenir leur extrait de naissance. Cela veut dire qu’ils ont une cause sacrée à défendre. mais ce n’est pas une raison pour les humilier de la sorte. Il est grand temps de mettre tout sur ordinateur et d’adopter la carte électorale”. Moustapha Saad considère que "le nombre élevé d’électeurs est un signe de bonne santé, les citoyens voulant exprimer leurs sentiments et leur choix”. Il ajoute: “nous n’avons pas de conflit personnel avec Hariri, mais une attitude critique vis-à-vis du projet politique qu’il exécute”. Mme Saad que nous rencontrons en tournée dans l’un des bureaux de vote, en fin d'après-midi, semble satisfaite, malgré les failles et erreurs des listes d’électeurs: “Le Sudiste, en général, et le Sidonien, en particulier, dit-elle, ne se laissent pas influencer par le pouvoir ou l'argent. Chacun vote selon sa conviction et ses affinités. Les gens sont bons et nos amis nombreux”.
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Les législatives au Liban-Sud ont connu le taux de participation le plus élevé. |
Même affluence à Sarafand. |
NABATIYE:
LISTES COMPLETES; LE PANACHAGE SE PARTAGE LES ELECTEURS
Tôt le matin, le président Nabih Berri quitte Msaïleh pour aller voter à Tibnine. Sa résidence est donc encore calme en ce début de matinée où quelques reporters attendent son retour, la plupart l’ayant accompagné dans sa tournée. Devant Msaïleh, une cinquantaine de taxis et plusieurs autocars attendent les directives afin d’aller prendre les électeurs et les accompagner à leurs centres de vote. Calicots, portraits, bureaux de candidats, supporters vont créer de l’animation à Nabatiyé qui connaîtra avec l’ensemble de sa région une grande affluence d’électeurs, enregistrant un taux de participation de 61,45%. Pour les trois sièges chiites à pourvoir, sept candidats sont en lice répartis sur trois listes; auxquels s’ajoutent plusieurs indépendants natifs de Nabatiyé. D’où le recours au panachage. Devant les bureaux de vote installés, pour la plupart, dans les écoles, toutes sortes de listes circulent: complètes, présentées par les “Amalistes” ou les “Hezbollahis”; panachées ou “piégées. Ce sont ces dernières qui dérangent le plus, car elles peuvent tromper l’électeur. Il s’agit, généralement, de listes pareilles à celles de la coalition, dans lesquelles on a remplacé un ou deux noms, les infiltrant parmi les autres. “Cette infiltration est une falsification de la volonté et de la liberté de l’électeur”, dira M. Berri. Parmi les personnes interrogées, plusieurs affirment que les fils de Nabatiyé ont toujours opté pour le panachage, alors que les villages ont de tout temps voté plutôt pour la liste. Au milieu de la matinée, dans certains bureaux de vote réservés aux femmes, on assiste à de véritables bousculades; des altercations s’en suivent entre les délégués des candidats adverses. L’intervention des F.S.I. rétablit l’ordre. Un bureau de vote, surchargé à l’école secondaire “Al-Sabbah” sera fermé pour un moment afin de calmer les esprits.
COMME AU TEMPS DU BAC
Le ministre et candidat Yassine Jaber a installé une partie de sa machine électorale en sa villa à Hay el-Bayada à Nabatiyé. Il se dit satisfait du déroulement du processus électoral et affirme à propos du panachage: "Nous ne sommes pas pour des élections de 99,99%. On s’attendait à ce qu’il y ait du panachage car, après tout, des gens ont des obligations familiales, d’amitié et d'intérêts à respecter . L’important est que tout se déroule dans un climat démocratique". Dans son bureau, le téléphone ne cesse de sonner et on le laisse à ses préoccupations. A Kfarremane, le député sortant et candidat Abdel-Latif el-Zein, suit très calmement le déroulement du scrutin, entouré de quelques amis et proches. “Vous devez en savoir plus que moi, nous dit-il, car je n’ai pas beaucoup circulé. Mais tout semble se dérouler dans le calme, d’après les rapports et les informations que je reçois”. Comment explique-t-il l’affluence élevée des électeurs, alors que la coalition a enlevé à la bataille son piquant? “Les gens étaient, dit-il, mobilisés d’avance et sont restés sur leur lancée”. Pour lui, même s’il y a du panachage, ceux qui voteront pour la liste demeureront les plus nombreux. “C’est une évidence!” Est-il du moins sûr de sa victoire? “Dans les élections, répond-il, il n’y a pas de certitude ni de donquichotisme. Le candidat attend les résultats jusqu’au moment où les urnes parlent d’elles-mêmes. Cela fait presque 40 ans que je suis au parlement et à chaque élection j’éprouve le même sentiment que le jour où j’ai présenté mon bac, c’est la même inquiétude. Je ne me sens rassuré qu’après le verdict des urnes".
Les portraits de “Amal” et du “Hezbollah” feront bon ménage l’espace d’un scrutin.
AMBIANCE TERNE CHEZ KAMEL EL-ASSAAD
A la sortie - est de Nabatiyé, un bureau de vote est consacré aux habitants de Arnoun et Yehmor - Chékif venant du “cordon de sécurité” et connaît une affluence telle que je n’essaye même pas de m’y approcher. Les gens interrogés expriment des avis partagés: “Oui, pour la liste complète”, d’autres “pour le panachage” et toutes les formules circulent. On poursuit la route jusqu’à la résidence de l’ancien président de la Chambre, Kamel el-Assaad qui préside une liste incomplète formée d’anciens parlementaires: Rafic Chahine et Anouar el-Sabbah et de jeunes de la relève: Pierre Farid Serhal, Philippe Rached el-Khoury, Khalil el-Khalil, Elham Rizk. Ayant veillé très tard pour mettre au point la journée électorale du dimanche, Kamel el-Assaad ne sera pas très matinal et nous recevant un peu après-midi, il affirme préférer attendre la fin du scrutin pour exprimer son opinion. Concernant le “Hezbollah” il s’explique: “Nous ne travaillons pas sous la table et nos cartes sont ouvertes. Je ne sais pas s’ils mettent des noms de notre liste et le font, peut-être, à titre individuel. Par contre, nous mettons leurs noms, convaincus qu’ils doivent être représentés au sein de la Chambre”. Auparavant son colistier Anouar el-Sabbah relève les multiples failles et erreurs dans les listes d’électeurs et extraits le naissance ajoutant: “Je ne vais pas me plaindre pour ne pas donner l'impression que nous sommes faibles. Aux électeurs de dire leur mot. Le panachage sévit. Il parle, aussi, de citoyens qui votent pour d’autres. D’après les informations qu’il a reçues, Moustapha Saad aurait failli à sa promesse d’appuyer la liste de Kamel el-Assaad”. Mais interrogé sur cette question, l’ancien président de la Chambre affirme vouloir s’assurer d’une telle information avant de reconsidérer l’appui de sa liste à M. Saad.
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NOUVEAUX VISAGES Cinq nouveaux députés ont fait leur entrée place de l’Etoile. Au caza de Tyr: Abdallah Cassir (Hezbollah) et Ali Khreiss (Amal) tous deux chiites. Au caza de Marjeyoun - Hasbaya, deux chiites: Ali Hassan Khalil (Amal) et Nazih Mansour (Hezbollah). A Nabatiyeh: un chiite: Yassine Jaber, (pro-Amal). |
Les futurs électeurs et jeunes supporters.
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ELECTEURS, CANDIDATS ET LISTES 522.585 électeurs officiellement inscrits et répartis sur 1076 bureaux de vote au Liban-Sud se rendent aux urnes pour élire 23 candidats répartis comme suit: 14 chiites, trois sunnites, deux maronites, deux grecs-catholiques, un grec-orthodoxe et un druze. Les députés sont ainsi répartis sur sept cazas: Saïda (deux sunnites), Nabatiyé (trois chiites), Tyr (quatre chiites) Jezzine (deux maronites, un grec catholique), Zahrani (deux chiites, un grec-catholique), Bint-Jbeil (trois chiites), Marjeyoun et Hasbaya (deux chiites, un druze, un sunnite, un grec-orthodoxe). 122 candidats sont officiellement en lice pour ces 23 sièges, même si plusieurs se retirent une fois que la coalition est consacrée. Trois listes sont ici en présence: 1- La “Liste de la libération et du développement” formée de la coalition “Amal - Hezbollah” présidée par Nabih Berri incluant 21 noms stables. “Amal” ajoute, au dernier moment, sur sa liste les noms du tandem sunnite de Saïda (Hariri - Bizri) et le “Hezbollah”, celui du tandem: Saad - Ammar. La deuxième liste est présidée par Habib Sadek; la troisième, par Kamel el-Assaad, les deux étant incomplètes. |
CALME A IKLIM AT-TEFFAH
Ailleurs, dans le caza de Nabatiyé, le gros bourg d’Iklim At-Teffah, fief du “Hezbollah” et bastion de la résistance face à Israël, connaît une journée électorale calme, avec une affluence moyenne aux urnes et, fait nouveau, les chrétiens fils de ce secteur ont quelque peu participé cette fois au vote qu’ils avaient boycotté en 92. Il y aura, aussi, du panachage dans ce secteur, vu la sympathie manifeste qu’a le “Hezbollah” pour les candidats adverses de la coalition, dont surtout Habib Sadek et Saïd el-Assaad. Ce dernier affirme: “Le Hezbollah existe en force sur le terrain. Comment, dès lors, Hariri peut-il nier cette réalité? Et si Berri a accepté la coalition, c’est de peur que cette force électorale révèle son véritable poids au Sud, lui qui prétend être le maître des lieux.”
A Msaileh, le président Berri tiendra plus d’une conférence de presse.
TYR:
TAUX DE PARTICIPATION LE PLUS ELEVE, UNE “NOCE ELECTORALE”
Seize candidats indépendants sur les trois listes se disputent les quatre sièges chiites de Tyr. Ce caza va enregistrer le taux de vote le plus élevé (66,36%); 74.446 électeurs se rendront aux urnes. La présence de plusieurs courants politique dans la ville, créent une certaine fièvre électorale que Nabih Berri fait ressembler à celle des “noces”. Mais tout se déroule sans incidents majeurs, alors que d’importantes mesures de sécurité y sont prises par l’armée libanaise qui patrouille à longueur de journée et les F.S.I. Des bureaux de vote pour les habitants de huit villages du secteur de Nakoura, sous contrôle israélien, sont placés à Tyr où les électeurs peuvent se rendre sans problème. Dans les villages du caza, où la FINUL s’est déployée, les élections se déroulent sous la supervision des F.S.I., l’armée n’étant pas autorisée à pénétrer dans ce secteur. Il y a eu de l'affluence et du panachage. Et si le candidat du “Hezbollah”, Ahmed Fneiche, respecte la trêve vis-à-vis d’Amal, il ne mâche pas ses propos à l’égard du premier ministre accusant Hariri de “lancer une nouvelle opération (politique) des grappes de la colère pour servir les intérêts américains et israéliens”. En cours de matinée, le président Berri se rend à Tyr et visite les prélats maronite et grec-catholique de cette cité phénicienne rencontrant NN.SS. Maroun Sader et Youhanna Haddad. Il affirme, en présence de Mgr Sader: “Je n’ai pas visité l’archevêché à Tyr, parce qu’il représente les chrétiens ou les maronites, mais tous les Libanais, et les habitants de Tyr et ce qui est plus important, il représente nos fils dans la zone de sécurité”. Berri s’informe de la situation des 2000 électeurs arméniens établis dans ce secteur et souhaite leur retour: “Eux, au moins, votent en bloc pour une liste”.
ZAHRANI ET JEZZINE
TAUX DE PARTICIPATION REDUIT
Dans le caza de Zahrani où il y a trois sièges à pourvoir, deux chiites et un grec-catholique, la participation sera de 48%. Nabih Berri est le candidat de l’un des sièges chiites et Ali Adel Osseiran est candidat pour le second siège. Le panachage reste réduit. On relève surtout, les revendications des électeurs de l’est de Saïda chrétiens en majorité qui, déplacés de leur foyer, les ont réintégrés après 92. Ils se considèrent toujours marginalisés par rapport à l’ensemble du Sud, aussi bien sur le plan politique, que psychologique et des services. Certains relèvent que la “liste du pouvoir” n’a même pas pris la peine de sonder les fils de ce secteur pour connaître le choix du candidat à prendre sur la liste ou des alliances qu’ils auraient aimé conclure. Ils souhaitent donc qu’on s’intéresse davantage à leur situation et tienne compte à l'avenir de leurs opinions et préoccupations. Par rapport à Jezzine représentée par trois députés: deux maronites et un grec-catholique, on entend, aussi, un son de cloche identique: le peu d’intérêt manifesté par les responsables politiques du pays à l’égard de cette ville de montagne et de l’ensemble de sa région à majorité chrétienne, surtout maronite, alors qu’elle fait face à tant de problèmes, surtout d’ordre socio-économique. Plus d’une quinzaine de candidats sur les listes ou indépendants se disputeront les trois sièges qui reviendront, toutefois, aux députés sortants inscrits sur la liste de la coalition. Pour Jezzine, les bureaux de vote sont placés à Beyrouth et ses fils se présenteront aux urnes dans une proportion de 36,24%.
BINT-JBEIL
ET LES REVENDICATIONS DES ELECTEURS
Dans les villages du caza de Bint-Jbeil se trouvant en dehors de la “zone de sécurité”, les 66 bureaux de vote qui y sont placés connaissent une grande affluence d’électeurs. A Tibnine, aux portes de la "bande frontalière”, où le président Berri a voté tôt le matin, les gens se bousculent devant les bureaux. Même s’il y a du panachage dans l’air, on vote pour la liste. Par rapport aux localités se trouvant dans la zone même de sécurité, des bureaux de vote sont placés à Beyrouth et les citoyens s'y rendront mais pas en grand nombre, si bien que le score final pour ce caza ne dépassera pas les 37,15%. “Nous voterons pour ceux qui nous rendent service. Les responsables ont plutôt tendance à nous oublier”, disent les votants. L'ancien ministre et député sortant du Baas pour Bint-Jbeil, Abdallah el-Amine, sacrifié pour les impératifs de la coalition, confie avec son franc-parler: “Cette coalition va durer un jour, le dimanche 8 septembre et s'achèvera ce soir même. Ensuite, chacun ira de son côté.”
MARJEYOUN-HASBAYA:
UN NOUVEAU VENU EN TETE DE LISTE
Tout comme à Tripoli, le candidat élu alaouite, Ahmad Hbous avait remporté le plus grand nombre de voix, un phénomène similiaire va se produire à Marjeyoun avec le candidat-élu du “Hezbollah” Me Nazih Mansour (chiite), qui obtiendra 159.244 voix, (Nabih Berri n’en ayant obtenu que 155.890). Le président de la Chambre explique lui-même ce phénomène: il aurait demandé en personne, non seulement aux membres de “Amal”, mais à tous les sympathisants et proches, ainsi qu’à Mme Bahia Hariri, de mettre le nom de cet avocat peu connu (il s’était présenté en 1992 et avait obtenu moins de 2000 suffrages), afin de barrer par tous les moyens la voie à Habib Sadek, candidat qui avait le plus de chance de percer la liste. Le candidat grec-orthodoxe de Marjeyoun, Elias Abou-Rizk, président de la C.G.T.L. qui patronne la liste avec Habib Sadek, face au ministre Assaad Herdane (P.P.S.) réussit, pour sa part, à enregistrer le score le plus élevé parmi les noms gagnants avec 94.452 voix. Les bureaux de vote de Hasbaya-Marjeyoun sont placés à Beyrouth, sauf pour quelques villages situés en dehors de la “zone de sécurité”. La participation est faible. Pourtant, de nombreux électeurs ont fait ce long et pénible chemin jusqu’à la capitale, afin de remplir leur devoir électoral, mais quelle ne fut la surprise et la déception d’un certain nombre d’entre eux de constater que leur nom ne figurait pas sur les listes d’électeurs. Tout comme pour Jezzine et Bint-Jbeil, les fils de cette région de la “zone de sécurité” relèvent l’indifférence des autorités à leur égard. Un groupe d’entre eux rencontrés à Nabatiyé confie: “Nous allons voter pour la liste de la coalition, en charcutant, toutefois, le nom de Ahmed Soueid qui n’a rien fait pour la région”.
Ex-député et candidat malheureux, Habib Sadek ne mâche pas ses mots.
SANS SURPRISES
Aux différents points de passage de la zone de sécurité, des bus affrêtés surtout par Berri assurent le transport des votants. Au niveau de Hasbaya-Marjeyoun, les sunnites voteront à 25% les moins chauds étant les maronites qui parlent de fissure entre la base et les responsables. Dans l’ensemble, ce secteur électoral enregistrera le plus bas niveau de vote: (28,4%) et des appels directs au boycott sont lancés. La journée s’achève sans problèmes, ni incidents majeurs. Les plaintes, failles, fraudes, falsifications du scrutin, caractéristiques des législatives de 96, y seront à un niveau moindre que dans les trois précédents mohafazats. Ou du moins on en fera moins état dans les médias, tel que cela a été le cas à Beyrouth, peut-être parce qu’un député réellement “frondeur” tel Najah Wakim y faisait défaut. Les résultats du scrutin furent officiellement proclamés assez vite lundi à 21 heures. Sans surprise. Il semble qu’il en sera de même pour la Békaa dernière étape des législatives.
| LES RESULTATS OFFICIELS DES ELECTIONS AU LIBAN-SUD |
| LISTE DE LA COALITION PRESIDEE PAR BERRI
Zahrani: Nabih Berri, chiite, 155.890 ELU Ali Osseirane, chiite, 145.748 ELU Michel Moussa, grec-catholique, 137.360 ELU Tyr: Ali Youssef el-Khalil, chiite, 136.484 ELU Abdallah Cassir, chiite, 131.002 ELU Ali Khreiss, chiite, 125.752 ELU Mohammed A.H. Beydoun, chiite, 136.638 ELU Marjeyoun-Hasbaya: Ali Hassan el-Khalil, chiite, 123.493 ELU Nazih Mansour, chiite, 159.244 ELU Ahmed Soueid, sunnite, 124.278 ELU Anouar el-Khalil, druze, 136.182 ELU Assaad Herdane, g.orthodoxe, 126. 695 ELU Jezzine: Samir Azar, maronite, 132.716 ELU Sleiman Kanaan, maronite, 131.167 ELU Nadim Salem, g.catholique, 132.383 ELU BINT-JBEIL: Mohammed Fneich, chiite, 134.822 ELU Ayoub Hmayed, chiite, 136.320 ELU Hassan Alawiyé, chiite, 129.498 ELU NABATIYE: Abdel Latif el-Zein, chiite, 136.115 ELU Yassine Jaber, chiite, 135.093 ELU Mohammed Raad, chiite, 130.682 ELU LISTE PRESIDEE PAR HABIB SADEK Zahrani: Khodr Slim, chiite, 34.613 Youssef Saad, grec-catholique, 1.418 Tyr: Saïd el-Assaad, chiite, 57.169 Mahmoud Fawaz, chiite, 32.433 Marjeyoun-Hasbaya: Habib Sadek, chiite, 65.883 Tarek Chéhab, sunnite, 34.000 Elias Abou Rizk, g.orthodoxe, 94.452 Jezzine: Claude Azouri, maronite, 25.022 Bint Jbeil: Saadallah Mazraani, chiite, 35.674 Nabatiye: Majed Fayad, chiite, 23.394 LISTE PRESIDEE PAR KAMEL EL - ASSAAD Zahrani: Ibrahim Kawsarani, chiite, non communiqué Abdel Aziz Jawad, chiite, 13.771 Philippe Rached el-Khoury, grec-catholique, 44.020 Tyr: Khalil el-Khalil, chiite, 26.961 Bouchra el-Khalil, chiite, 20.149 Hussein Abou Hassan, chiite Marjeyoun-Hasbaya: Kamel el-Assaad, chiite, 42.160 Ghaleb Ramadan, chiite, 8.996 Mounif Khatib, sunnite, 20.025 Sami Kays, druze, 22.804 Jezzine: Elham Rizk, maronite, 15.387 Pierre Farid Serhal, maronite, 40.930 Antoine Khoury, g.catholique, 31.3334 Bint Jbeil: Imad el-Amine, chiite, non communiqué Ali Méhanna, chiite, non communiqué Nabatiye: Anouar el-Sabbah, chiite, 19.919 Rafic Chahine, chiite, 30.780 Kassem Rammal, chiite, 8.833 Pour les deux sièges sunnites de Saïda: Bahia Hariri: 141.338 Elue Moustapha Saad: 128.595 Elu. |
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Les principaux autres candidats independants ont obtenu : Saïda Sunnites: Abdel-Rahman Bizri 112.757 Ali Sadek Cheikh Ammar 91.330 (1037 bureaux de vote) TYR Chiites: Hussein Assad Kchour 9.060 Youssef Darwiche Hammoud 6.204 Kamal Younès 3.457 ZAHRANI Chiite: Ahmad al-Assaad 19.791 Grec-catholique: Youssef Saad 1.418 BINT-JBEIL Chiites: Hassan Hachem 10.590 Mohammed el-Amin 15.518 JEZZINE Maronites: Joseph Nawfal 11.032 Hikmat Abou-Zeid 18.822 Georges Najm 16.137 Abdallah Kanaan 2.841 Diab Azouri 1.136 Grecs-catholiques: Salem Salem 2.272 Maroun Haddad 2.492 MARJEYOUN-HASBAYA Sunnites: Zakaria Koudsi 6.185 Noureddine Noureddine 1.781 Chiite: Ibrahim Zaarour 6666 NABATIYE Chiite: Imad Jaber 6551. |
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Les resultats selon le nombre de voix obtenues par les 23 elus: * Nazih Mansour: 159.244 (chiite, Marjeyoun-Hasbaya) * Nabih Berri: 155.890 (chiite, Zahrani). * Ali Osseirane: 145.748 (chiite, Zahrani). * Bahia Hariri: 141.338 (sunnite, Saïda). * Michel Moussa: 137.360 (grec-catholique, Zahrani). * Mohammed Beydoun: 136.638 (chiite, Tyr). * Ali el-Khalil: 136.484 (chiite, Tyr). * Ayoub Hmayed: 136.320 (chiite, Bint Jbeil). * Anouar Khalil: 136.182 (druze, Hasbaya). * Abdel Latif el-Zein: 136.115 (chiite, Nabatiyé). * Yassine Jaber: 135.093 (chiite, Nabatiyé). * Mohammed Fneich: 134.822 (chiite, Bint Jbeil). * Samir Azar: 132.716 (maronite, Jezzine). * Nadim Salem: 132.383 (grec-catholique, Jezzine). * Sleiman Kanaan: 131.167 (maronite, Jezzine). * Abdallah Cassir: 131.002 (chiite, Tyr). * Mohammed Raad: 130.682 (chiite, Nabatiyé). * Hassan Alawiyé: 129.498 (chiite, Bint Jbeil). * Moustapha Saad: 128.595 (sunnite, Saïda). * Assaad Herdane: 126.695 (grec-orthodoxe, Marjeyoun-Hasbaya). * Ali Khreiss: 125.752 (chiite, Tyr). * Ahmed Soueid: 124.278 (sunnite, Marjeyoun-Hasbaya). * Ali Hassan Khalil: 123.493 (chiite, Marjeyoun-Hasbaya). |