SATURNALES
IL ETAIT UNE FOIS UN CONVOI
Jeudi 5 septembre sur l’autoroute de Jounieh. Un embouteillage monstre vers 15h30, dans le sens Beyrouth-Jounieh. Dans le sens contraire, sur l’autre voie Jounieh-Beyrouth, la circulation est assez fluide, mais la route est loin d’être déserte. Soudain, à la hauteur de la “Cigale”, sur la voie Jounieh-Beyrouth, un convoi surgit en sens interdit et fonce à toute allure avec vanettes, tourelles et mitrailleuses en l’air. Les usagers de la route n’en reviennent pas. Devant cette invasion en contresens, les voitures se rangent, alors que le dit convoi passe sous un flot de jurons et d’insultes. On se rend compte bien vite qu’il s’agit du convoi qui escorte l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, mais en l’absence du diplomate, car aucun pavillon étoilé ne flotte au vent, d’une voiture. L’immunité diplomatique couvre-t-elle ce genre d’incident? En supposant que cela soit le cas, le chef de la mission des USA peut-il tolérer un tel comportement de la part de son escorte? Cela signifie-t-il que le personnel - local ou étranger - de la mission diplomatique US peut agir comme dans un pays occupé ou conquis? Pourrait-on imaginer, même une seconde, le convoi du président américain se comporter de la sorte dans son propre pays? Alors, pourquoi tolérer la conduite de ces malabars, ces fiers-à bras aux cervelles d’oiseau?
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HELAS! LE LIBAN N’EST PAS LA SUISSE
Permettez-nous, Monsieur le ministre de l’Intérieur, de piétiner légèrement vos ailes d’ange et de bousculer un peu votre auréole de sainteté. Car à vous entendre, tout a été exemplaire dans le déroulement des élections, avec de très légers incidents par-çi par-là, en passant sous silence les visites, les conseils et les interventions de Damas. Ceux qui ont écouté M. Michel Murr, au cours de sa conférence de presse, n’en sont pas revenus. Il a déclaré urbi et orbi “que même si on était en Suisse, le scrutin législatif n’aurait pas pu mieux se dérouler.” Les journalistes présents n’ont pas osé contester cette affirmation; quant à ceux qui auraient osé le faire, ils étaient absents. De qui se moque Monsieur le ministre? De tout le monde. Et ceci depuis le début des législatives. Jusqu’à présent, il se contentait de vagues fumisteries. Mais cette fois, il a dépassé les bornes. Sait-il que, tout d’abord, en Suisse, il n’aurait jamais pu passer plus de quelques secondes ou minutes, à l’antenne? Ce qui est certain, il n’aurait jamais pu déclamer autant d’inepties. Sait-il qu’en Suisse, les responsables maintiennent un profil bas, presqu’invisible et surtout en période d’élections? Tous y compris le président de la Confédération conduisent eux-mêmes leur voiture, sauf en de très rares occasions? Qu’on aille demander à un Suisse le nom du Président en exercice (il est élu pour un an), ou celui du Chancelier ou de n’importe quel ministre, on s’entendra répondre: “Peu importe le nom ou l’homme, c’est l'Institution qui compte”. Il semble que c’est l’inverse qui existe au Liban. Peu importe l’Institution, c’est l’homme en charge qui compte. Ainsi, on a dû supporter le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre, le président de la Chambre et même, quelquefois, le président de la République, parler des heures. En vertu de qui et de quoi ces messieurs monopolisent-ils les médias, la Presse, la Radio et la TV? Qu’a-t-on fait de l’égalité de chances des citoyens et, surtout, des candidats en matière de règlementation de temps à la Radio et à la TV et de l’espace dans la presse écrite au cours des campagnes électorales? N’est-ce point l’argent et le pouvoir qui ont sévi? Est-ce qu’en Suisse, qui est une confédération où l’on parle officiellement quatre langues: l’allemand, le français, l’italien et le romanche, est-ce que l’on voit “les pays voisins” qui ont une langue commune avec un canton, se mêler des élections législatives, en Suisse, au nom de l'amitié, du voisinage ou de la communauté des langues? Allons, allons M. Murr... Que vous compariez le Liban à une République bananière, en faisant sincèrement une autocritique des élections, cela aurait pu passer! Mais pousser le cynisme et l’outrecuidance jusqu’à comparer les élections du Liban à celles de la Suisse est, non seulement une injure pour la Suisse, mais surtout une insulte à l’intelligence des Libanais!
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QUI PENSE AUX ETUDIANTS?
La fermeture du pont Fouad Chéhab qui relie Achrafieh à Ras-Beyrouth pose un véritable casse-tête aux étudiants. Ceux-ci sont nombreux à se rendre tous les jours pour leurs études d’un coin à l’autre de Beyrouth. Mais si pour les étudiants du secondaire, complémentaire et primaire, il y a les autocars de leurs établissements qui leur assurent le trajet, qu’en est-il des étudiants des universités? Or, nombreux sont les étudiants d’Achrafieh qui sont inscrits soit au BUC, soit à l’Université américaine ou dans différents instituts de langues situés du côté de Hamra et Raouché. Il en est de même des étudiants inscrits à l’Université Saint-Joseph, à l’Université Libanaise, à la LAU ou NDU et qui viennent de Hamra; quel sera le sort de ces malheureux étudiants? Tous ne possèdent pas de voiture et même s’ils en possèdent, cela ne leur règle pas la question du temps qui sera mis pour effectuer le trajet, en raison des embouteillages. Avant d’embarquer dans ces travaux nécessaires, il est vrai, les responsables qui ne circulent qu’avec motards en avant et à l’arrière de leurs véhicules, n’auraient-ils pas dû trouver une solution à ce problème? Ne peuvent-ils mettre à la disposition de ces étudiants des autocars à heures fixes pour desservir les deux secteurs de la capitale sur une voie particulière qui leur serait réservée, tout comme il existe des voies spéciales pour les autobus dans toutes les villes du monde? Serait-il trop exiger des responsables qui nous bombardent de taxes indirectes, l’une plus élevée que l’autre, de songer à faciliter la vie des Libanais? n
MARY YAZBEK AZOURY.