SATURNALES

HONNEUR A ROBERT GHANEM! TOUT COMME CATON

Honneur aux vaincus, “Les dieux furent pour le vainqueur, mais Caton pour le vaincu. Honneur en premier à Robert Ghanem. Sa réaction, à l’annonce de sa défaite électorale, pourrait servir de modèle de fair-play en politique. Beau joueur, il a mis la pendule à l’heure, sans se départir un instant de sang-froid, d’un langage cohérent, clair, châtié et digne. Ministre de l’Education, il a donné le meilleur exemple de l’éducation en politique, rejoignant Michelet qui écrivait: “Quelle est la première partie de la politique? L’Education. La seconde? L’Education. Et la troisième? L’Education”. A souhaiter qu’il demeure, à la tête de ce ministère!

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LE PRESTIGIEUX “27 RUE ST GUILLAUME” A PARIS

Les élections sont terminées. Le niveau culturel des nouveaux élus n’est ni pire, ni meilleur que le précédent. Nombreux parmi les parlementaires ont à peine atteint le stade des études secondaires. Ce fait n’est pas particulier au Liban. S’il est vrai que, dans de nombreux pays, le IQ (Quotient intellectuel) et l’éducation des députés de la Nation se situent autour de la moyenne, il n’en demeure pas moins, qu’il s’y dégage toujours une élite. Au Liban, cette élite, il faut le reconnaître est quasi-inexistante. Elle est noyée dans la masse des bienheureux médiocres, car les gens médiocres arrivent à tout; ils n’inquiètent personne. Combien de dirigeants libanais savent ce qu’est la science politique? Combien d’entre eux ont entendu parler de grandes écoles ou d’Instituts de “Sciences Po”? S’adressant à des lecteurs francophones, on se contentera de parler du prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Paris, dit “Sciences-Po”, 27 Rue St Guillaume. Héritier de l'Ecole Libre des Sciences Politiques, fondée en 1871 par Emile Boutmy et un groupe d’amis, dont Hippolyte Taine, le but de cet Institut est de préparer aux fonctions stratégiques et aux Cadres administratifs haut niveau. Mais qui a dit qu’au Liban, être ministre, député, ou n’importe quoi, implique une formation de haut niveau pour occuper une fonction stratégique. Citons parmi les célèbres diplômés de “Sciences-Po”, quelques noms des plus illustres à savoir que pénétrer dans cette citadelle est déjà au départ une véritable gageure: Boutros-Boutros Ghali, Hélène Carrère d’Encausse, Jacques Chaban-Delmas, Jacques Chirac, Paul Claudel, Maurice Couve de Murville, Michel Debré, Pierre Mendès-France, François Mitterrand, Christine Ockrent, Georges Pompidou, Marcel Rocard, André Seigfried, Anne Sinclair, et toute une brochette d’hommes politiques et de grands diplomates français, et d’autres nationalités. Au Liban, les quelques rares diplômés de “Sciences-Po”, Raymond et Victor Jabre, Nadim Abouhamad de Tarazi ne font pas de la politique. “Acta est fabula”, la farce est jouée. Le rideau est tombé sur le feuilleton “élections”.

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LA “IVY LEAGUE”

C’est la rentrée universitaire et les lecteurs qui s’intéressent aux grandes universités américaines sont nombreux. Plusieurs se demandent ce qu’est la “Ivy League” ou la “Ligue de Lierre”, qui se rapporte aux prestigieuses universités des USA sur la Côte Est ou celle de l’Atlantique. Ce sont les plus anciennes de l’Amérique du Nord et c’est la raison pour laquelle leur nombre se limite à cinq, tout comme les côtés de la feuille de lierre et tout comme le lierre qui grimpe, les étudiants des Universités de la “Ivy League” sont les décideurs d'aujourd’hui et ceux sans doute de demain, sans aucune exclusive. Qui sont ces Universités? - Harvard, à Boston (Massachussetts). - John Hopkins, à Baltimore (Maryland). - Princeton, à Princeton, (New-Jersey). - Yale, à New Haven, (Connecticut). - Philadelphia University, à Philadelphie, (Pennsylvania). D’autres universités plus récentes sont devenues aussi célèbres, mais il leur manque sans doute la patine du temps!

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MADAME OU MADEMOISELLE: QU’IMPORTE?

Au cours des conférences de presse données par le ministre libanais de l’Intérieur, M. Michel Murr, en s’adressant aux journalistes de sexe féminin employait toujours la formule: “Madame ou Mademoiselle, je ne sais”... M. Michel Murr ne devrait pas se tracasser pour ces détails. Sans commettre de crime de lèse-féminité, il aurait pu s’adresser à toutes ces dames, en disant “Madame”, tout simplement. A moins que son interlocutrice soit une adolescente de moins de 20 ans (teen-ager), ce qui est rarement le cas dans la presse. Certains des journalistes, surtout de langue arabe ont tendance à féminiser les titres. Cela est-il possible en français? Non! Dans la plupart des cas, n’en déplaise aux ultra-féministes. Employer certains titres au féminin serait du plus haut ridicule. Un petit fascicule distribué en France à tous les ministères, enseigne le protocole en usage dans ces cas précis. Par exemple, on dit: Madame le ministre et non “Madame la ministre”. Madame le député, et non Madame la députée “Madame le Maire et non Madame la Maire”. Maître, à une avocate et non “Maîtresse”. “Madame le Juge et non Madame la Juge”. Madame le conservateur, et non Madame la conservatrice. “Madame l’ambassadeur et non Madame l’ambassadrice”. Le titre d’ambassadrice est réservé à l’épouse d’un ambassadeur. Un bâtonnier, un président, un ambassadeur etc... gardent leurs titres toute la vie... et après! Tels sont les caprices de la langue de Molière.

MARY YAZBEK AZOURY.