POUR SON CINQUANTIEME ANNIVERSAIRE, LA MEA REDECOLLE... EN BEAUTE
Les 22 ans de Schéryn, étudiante en psychologie, pour fêter les 50 ans d’existence de la MEA.
De la MEA, ses crises à répétition, ses problèmes gravissimes, sa faillite imminente, tant de fois annoncée, tant de fois différée, que n’aura-t-on pas prédit, que n’aura-t-on pas spéculé? La grande compagnie aérienne, jadis sujet de fierté du pays, a certes eu les aides tronquées, dangereusement même. Mais aujourd’hui, halte à la chute libre. La MEA telle le phœnix, renaît de ses cendres. Plus libanaise, plus nationale que jamais - la banque centrale est en effet à présent son principal actionnaire et la responsable des nouveaux capitaux qui y ont été injectés - la MEA, dirigée par son nouveau PDG M. Khaled Salam, opère un changement en profondeur, une restructuration complète. Le cap est désormais mis sur l’avenir. Destination: lendemains meilleurs. Seul maître à bord: le passager.
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M. Khattar Hadathi, directeur général de la MEA, chargé des relations publiques et ressources humaines. |
Samar, 19 ans, étudiante en droit. Déjà, tout le maintien et l’élégance d’une véritable hôtesse. |
Pour M. Khattar Hadathi, directeur général de la MEA chargé des relations publiques et ressources humaines, l’aspect humain éclipse les progrès de la technologie et l’homme aura toujours la primeur sur la machine. Certes, les vieux avions de la compagnie doivent être changés. Toujours sûrs mais peu économiques et de moins en moins compétitifs de par leur entretien, leur consommation d’essence, leur espace restreint limitant le nombre de sièges. Certes, on a déjà effectué la location de quatre airbus (deux airbus 320, deux autres 321) flambant neufs qui remplaceront quatre des huit Bœing 707 de la compagnie dès la fin de janvier 97. Certes, toute la compagnie s’informatise, se modernise, s’électronise, pour occuper un rang digne du réseau aérien mondial. Mais ce qui aboutira à ce bond en avant n’a pas échappé à la nouvelle politique de la compagnie. Partant du slogan “le passager a toujours raison”, la MEA soigne et aiguise l’image qui a si bien contribué à son succès dans le passé. Compagnie de services avant tout, elle engage réforme sur réforme à tous niveaux. Depuis la réservation, à la vente du billet, à l’accueil à l’aéroport, à la prise en charge des bagages, à l’accueil et au service à bord de l’avion, le mot d’ordre semble être: regagner la confiance du client. Car confiance signifie fidélité. Et si fidélité il y a, on parlera alors de compétitivité, de profits. Donc de survie. A l’injection des capitaux s’ajoute ainsi une injection de sang jeune, d’idées neuves qui se grefferont sur la ligne de vie de la compagnie et la réactiveront. “Le savoir, l’expérience et le professionnalisme des anciens servira puis cèdera la place aux jeunes cadres de l’avenir”. Déjà, un programme existe pour recycler tous les employés, en particulier ceux qui opèrent sur le terrain et jouissent d’un contact direct avec les passagers. Il est loin le temps des départs impromptus, des congés inopinés pour cause de bombes, de service relâché. “La MEA joue sa dernière carte, affirme M. Hadathi. Elle se doit de rectifier ses erreurs, de remédier à ses points faibles si elle souhaite survivre et perdurer”.
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Les nouvelles hôtesses de l’air, jeunes et dynamiques universitaires encadrées par M. Khattar Hadathi et Dr Bardawil, vice-président du centre d'entraînement de la MEA. |
Denise à l’éclatant sourire. 22 ans, une future archéologue. |
PLUS DE NEGATIVISME
Plus de négativisme. Haro aux critiques malsaines. On redécolle. Le centre d’entraînement des locaux de la MEA est réactivé. Entraîneurs compétents, formateurs très à la page ont reçu, depuis que le Conseil d’administration est en fonction, 800 employés, toutes catégories confondues. 310 personnes ont suivi des sessions de recyclage pour parfaire leurs connaissances en informatique, dans les différentes sections de la compagnie. Six jeunes universitaires reçus au concours suivent un programme de formation intensif sur le terrain. Ils seront fins prêts en mars 97 pour assumer des responsabilités d’ordre administratif au Liban ou dans les différents points de MEA dans le monde. Aux réformes sérieuses s’est ajoutée une transformation de charme, tout aussi nécessaire cependant. Trente jeunes filles universitaires, en passe d’obtenir divers diplômes, ont été engagées dernièrement. Filtrées, testées, mises à l'épreuve dans le sévère centre de formation, elles représentent l’infime partie des candidates reçues en tant que nouvelles hôtesses de l’air. Les Miss MEA, c’est ainsi qu’on devrait les surnommer, apportent 30 sourires éclatants à la compagnie. Chignon de rigueur, maquillage discret, uniforme impeccable. Mais aussi une tête bien faite, le sens de la responsabilité et de l'accueil. Car on enseigne à ces futures dames des airs comment être les figures les plus représentatives de la compagnie dans leur rapport avec les passagers. On leur apprend la fierté de représenter cet emblème national et le désir de donner le meilleur d’elles-mêmes. Ainsi, Denise, 22 ans, sourire de nacre et yeux pétillants, me confiera fièrement sa joie de faire partie de la nouvelle grande famille de la MEA. Elle achèvera ses études d'archéologie quoi qu’il en soit. Schéryn, future psychologue de 22 ans, sait parfaitement où elle s’aventure. Pour rejoindre la nouvelle équipe, elle a tenu tête à ses parents et balayé les préjugés accumulés durant les années de guerre. Elle me l'avouera dans son français impeccable, ou son espagnol parfait, au choix. Samar, 19 ans, véritable Miss MEA, vient d'achever sa première année de droit. Mais il y a vingt-sept autres sourires et regards pétillants et d'autres encore à venir… Car enfin, on l'aura bien compris, ce sont les générations d’aujourd’hui qui feront la MEA de demain et lui rendront son éclat passé. Les jeux sont faits. Sus aux critiqueurs aveugles. Voici venir l’ère du passager-roi.
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Trois regards portés vers le futur. L’avenir de la compagnie s’annonce prometteur. |
M. Hadathi entouré de 6 jeunes futurs cadres. De droite à gauche: Ayman Omeiri, Marwan Atallah, Marwan Abd el Baki, Salim Kharrat, Joseph Maroun, Ziad Najjar. |
NADA SKAFF