SATURNALES

JUSTE ET PLUS QUE JUSTE! PARFAIT ET PLUS QUE PARFAIT!

Les subtilités de la dialectique, le chef du Législatif, les connaît. Aux journalistes qui lui demandaient, si le fait d’accepter d’amender la loi sur l’audiovisuel, c’est reconnaître implicitement que la loi est bancale, M. Nabih Berry a répondu avec aplomb: “Une loi peut être juste et désirer qu’on la rende plus juste...” Difficile à comprendre... Si une chose est juste, exacte, comment peut on l’améliorer? Le plus que parfait n’existe qu’en grammaire. C’est le temps du verbe qui exprime une action passée antérieure à une autre action passée. Quant au jugement moral, il est ou il n’est pas. On rend la justice et non “plus que la justice”. La “plus que la justice” laisse entendre une action charitable, une générosité gratuite, une clémence qui ne peut être retenue dans le cadre d’une loi. Il aurait été tellement plus simple, de reconnaître, qu’il y avait lacune dans le texte de la loi et qu’on l’avait adoptée hâtivement et légèrement.

POURQUOI UN MINISTERE DE L’EMIGRATION? ET NON DE L’IMMIGRATION?

La vie politique au Liban ressemble de plus en plus à un navire sans capitaine, où le bateau tangue, roule selon la force des flots et la direction des vents. On a “inventé” un ministère de l’Emigration. On n’a jamais trop compris pourquoi. Le fait d’émigrer est déjà en soi le refus d’accepter l’autorité libanaise. Si l’on est heureux au Liban, on n’émigre pas. On peut émigrer et ressentir une certaine nostalgie du pays de ses aïeux; dans ce cas on adhère à l’Union Libanaise Culturelle Mondiale (ULCM), mais cela ne veut pas dire qu’on accepte la tutelle de n’importe quelle autorité libanaise. On peut se consulter, entretenir un lien d’amitié, mais non se soumettre aux desiderata de tel ou tel ministère. C’est ce dont se plaint le président actuel de l’ULCM, M. Naji Naïm, qui se trouve au Liban. Il a déclaré: “En tant qu’émigrés, nous assumons parfaitement notre rôle. Il serait déplorable que certaines parties en dehors de l’ULCM, telle que le ministère des Emigrés, tentent de contrôler et de politiser l’ULCM... Qu’on nous laisse en paix et nous saurons régler nos problèmes.” Dans l’état actuel des choses, un ministère de l’Immigration, ne serait-il pas plus profitable au Liban? Au moins il aurait à contrôler les rentrées illégales au Liban. Et ce serait un bonne chose, à un moment où la population de travailleurs étrangers et de leurs familles semble dépasser celle des autochtones, qui s’en vont vers des cieux plus cléments.

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QUID DES ATTACHES DE L’EMIGRATION?

Il y a plusieurs mois, le gouvernement et la Fonction publique ont organisé un concours pour le recrutement d’attachés de l’Emigration, qui seraient envoyés en poste dans les pays où la diaspora libanaise se trouve en grand nombre. Une vingtaine de jeunes et bons éléments ont réussi et ont été nommés; cela a été publié dans le Journal officiel, en Mai 1996. Mais jusqu’à présent, on bloque tous ces nominés au Liban. Pourquoi? Pourquoi leur a-t-on fait miroiter un avenir meilleur et les a-t-on fait démissionner de leurs postes antérieurs, si les autorités n’étaient pas prêtes d’aller jusqu’au bout? Puisque le ministère des Emigrés existe et qu’à notre connaissance, il fonctionne, on ne comprend pas le pourquoi de ce retard dans l’exécution du décret paru au Journal officiel. Ce n’est pas sérieux! Il ne s’agit pas de discuter (dans le cadre de cet article) du bien-fondé de la création de ce ministère, mais puisqu’il a été créé, il doit assumer ses responsabilités, parmi lesquelles la plus urgente serait d’envoyer à l’étranger, ces jeunes attachés, qu’on laisse mijoter dans l’embarras et l’anxiété. Et même si ce ministère venait à disparaître, il serait juste que ces attachés soient transférés près de nos ambassades à l’étranger. Les autorités se doivent d’être conséquentes avec elles mêmes, bien que la logique ne soit pas leur fort.

“SCIENCES PO” (SUITE SANS FIN)

On a parlé la semaine dernière du 27 Rue St Guillaume à Paris. Il a été bien précisé que l’on se limitait, dans le cadre dudit article à nommer le prestigieux Institut, sans exclusive et sans prétendre citer les nombreux diplômés libanais, en Sciences politiques issus d’autres Facultés ou Instituts non moins illustres dans le monde. Plusieurs de nos plus prestigieux diplomates sont diplômés en Sciences politiques de Harvard, de la Columbia University, de Ann Arbor (Michigan), de l’Université Notre-Dame, de l’Académie Diplomatique de Vienne, de l’Université de Heidelberg, de St Catherine’s College (Oxford), ou de Rome. Sans être exhaustifs, on peut citer: l’ex ministre des Affaires étrangères M. Georges Hakim, les ambassadeurs et diplomates: Samir Mobarak, Fouad Aoun, Jean Daniel, Michel Katra, Samir el Khoury, Elysée Alam, etc... etc... Sans oublier bien sûr, un des plus anciens diplomates libanais l’ambassadeur Pierre Ziadé, qui a obtenu son Doctorat en Sciences politiques à Rome déjà en 1956... Il nous revient que les ministres Ali Osseiran et Mahmoud Abou Hamdane sont des diplômés en Sciences Po... (Rubrique à suivre)

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LES DIX COMMANDEMENTS DU PARFAIT TELEPHONISTE

Le téléphone est un problème au Liban. Les téléphonistes le sont aussi, surtout dans les Administrations publiques, les hôpitaux, les grands centres, les universités etc... Essayez d’obtenir quelqu’un au bout d’une ligne audible et vous aurez l’idée du travail de persévérance, de patience et d’abnégation que cela exige. Le téléphone est un peu comme la langue d’Esope. Il peut être le meilleur et le pire des instruments. Quels sont les dix commandements du parfait téléphoniste? 1- Au téléphone tu répondras Sans hésiter, immédiatement. 2- En premier lieu tu énonceras Nom, qualité, fort poliment. 3- Ton élocution tu soigneras: Exprime-toi très distinctement. 4- Grande courtoisie tu observeras Envers collègues, chefs et clients. 5- Les appels erronés tu transfè-reras sans grogner, au service compétent 6- Près de l’appareil, tu garderas stylo et bloc-notes, constamment 7- Si nécessaire, tu suggèreras de rappeler ton correspondant 8- Chaque fois que tu t’absenteras Dis où et si c’est pour longtemps 9- Si on t’appelle, tu resteras Sur la ligne bien patiemment 10- Sitôt fini tu raccrocheras Le récepteur, tout doucement.

MARY YAZBEK AZOURY.