D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

EDDE MET EN GARDE CONTRE UN “JEU AMERICAIN”...

Les personnes ayant rendu visite, dernièrement, à M. Raymond Eddé à Paris, font état de la campagne qu’il commence à déclencher contre les Etats Unis. Le “amid” pense que les USA s’acquittent, aujourd’hui, du même rôle joué chez nous par la Grande-Bretagne en 1860, date à laquelle ce pays n’avait épargné aucun effort ni moyen, en vue de compromettre les relations de la France avec le Liban; il y eut, alors, plus d’un protocole et d’une tutelle. “Aujourd’hui, ajoute le leader du Bloc national, Washington ne tolère pas “l’ingérence” de l’Europe au Liban, ni de près ni de loin. La capitale fédérale veut en faire une chasse gardée et ne veut y avoir aucun associé”. D’autre part, le “amid” appréhende que les eaux du Litani soient cédées à Israël avec la bénédiction américaine et l’agrément d’autres Etats. “Ce contre quoi, dit-il, je n’ai cessé de mettre en garde, de même que contre la négligence d’une proposition par laquelle je suggère l’aménagement d’un lac artificiel dans la région sudiste où l’eau de pluie serait emmagasinée, car contrairement à ce que soutiennent des éléments mal intentionnés, nous ne sommes pas riches en ressources hydrauliques et avons besoin de chaque goutte du précieux liquide”. M. Eddé rappelle qu’au temps où il détenait le portefeuille des Travaux publics et des Ressources hydrauliques et électriques, vers la fin des années cinquante, il avait chargé feu Ibrahim Abdel-Al, alors, responsable de l’Office du Litani, de procéder à une étude sur le terrain qu’il avait effectuée. Puis, il a été admis à l’hôpital de l’université américaine où il a succombé des suites d’une opération chirurgicale bénigne. “A l’époque, d’aucuns avaient affirmé qu’Israël était à l’origine du décès d’Abdel-Al”. “C’est pourquoi, conclut M. Eddé, je mets en garde contre tout ce qui se mijote dans les cuisines américaines contre le Liban, les Libanais et l’ensemble de la région”.

AUTOUR DES LEGISLATIVES DE 96

Quatre spécialistes des questions politiques et électorales: MM. Paul Salem, Ahmed Beydoun, Nawaf Salam et Farid el-Khazen, ont procédé à une analyse exhaustive du dernier scrutin, à la faveur d’une table ronde. Ils en sont arrivés au fait que “le récent scrutin n’a pas consolidé la légalité du Pouvoir, ni favorisé la stabilité politique ou réalisé le principe de l’alternance au niveau de l’autorité étatique”. Et d’ajouter: “La loi électorale élaborée avec précipitation, en dépit de l’avis négatif émis par le Conseil constitutionnel, paraît être la plus rétrograde parmi toutes celles adoptées par les pays sous-développés”. Enfin, les quatre spécialistes indiquent que “douze candidats au moins ont accédé au parlement par le biais de la falsification de la consultation populaire”...

RIAD SALAME ELU “MEILLEUR GOUVERNEUR ARABE POUR 1996”

La revue londonienne “Euromoney” spécialisée dans la finance et l’économie, a choisi M. Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban, comme “meilleur gouverneur arabe pour 1996”. Agé de 42 ans, c’est le plus jeune gouverneur d’une banque centrale dans le monde; il a été nommé à ce poste en août 1994 pour six ans. Selon “Euromoney”, “Riad Salamé a jeté les bases d’une renaissance du secteur financier libanais et appliqué une politique monétaire qui a permis à la livre libanaise de s’apprécier pour la première fois depuis 10 ans face aux devises fortes, 8.5% entre 1993 et 1995”. “Riad Salamé a œuvré à la création et à l’activation des marchés de capitaux au Liban, dont le marché secondaire et le marché obligatoire et a également joué un rôle premier dans la modernisation des lois fiduciaires, conclut la revue britannique.

CRAINTES ACCRUES PAR RAPPORT AU SUD

Malgré les assurances données par les cercles diplomatiques et les instances internationales, les milieux politiques à Beyrouth craignent une explosion sur une large échelle au double plan politique et militaire dans les zones de Palestine où est appliqué le régime d’autonomie. Ces mêmes milieux s’attendent à des retombées négatives au Liban-Sud et dans la Békaa ouest, surtout si le sommet quadripartie de Washington ne devait pas déboucher sur un accord palestino-israélien en vue de la relance des négociations de paix et, surtout, de la fermeture du tunnel jouxtant la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.

VERS LA SUPPRESSION DE LA PENSION DE RETRAITE DES ANCIENS DEPUTES?

Un certain nombre de députés élus envisagent d’élaborer une proposition de loi portant suppression de la pension de retraite à vie qui est versée, actuellement, aux anciens parlementaires, partant du fait que «cette pension grève le Trésor, parce que les montants versés à ces derniers se montent à plusieurs milliards de livres par an». De plus, il s’est avéré que les anciens parlementaires qui profitent de cette pension sont, pour la plupart, des personnes disposant d’une fortune leur permettant de mener une vie aisée. Cependant, les députés élus comptent ajouter à leur proposition de loi, une clause en vertu de laquelle une subvention pourrait être accordée aux ex-députés dont la situation financière laisserait à désirer…

EN MARGE DU REDEPLOIEMENT SYRIEN

Les milieux renseignés indiquent que le redéploiement des forces syriennes en direction de la Békaa, s’est opéré d’une manière discrète et partielle, en application d’une clause de l’accord de Taëf, dont l’application a été retardée de près de deux ans pour des considérations en rapport avec la sécurité. Le retrait syrien est intervenu en vertu d’un accord entre Beyrouth et Damas, mais les forces du pays voisin seraient disposées à se déployer de nouveau, si le gouvernement libanais en formulait la demande.

UNE PATRIE «TEMPORAIRE»?

Une instance officielle parlant des dernières législatives, a émis des regrets quant à la manière dont s’est déroulé le scrutin. «On s’attendait, dit-il, que le jeu démocratique fût rétabli et que la vie politico-parlementaire reprît ses droits. Il n’en fut rien: nous avons l’impression de vivre dans une… «patrie temporaire» où sévit l’arbitraire. «Les législatives, observe-t-il, n’ont pas reflété la volonté du peuple, ni rétabli l’équilibre politique, encore moins le développement équilibré dans les différentes régions et, surtout, l’entente nationale.

QUID DES CONSULTATIONS EN VUE DU NOUVEAU CABINET?

La coterie de la «troïka» manifeste son étonnement face au flux de nouvelles diffusées par les moyens d’information, relatives à la future équipe ministérielle. Les milieux proches du palais de Baabda admettent que la tendance serait en faveur du maintien de M. Rafic Hariri à la troisième présidence, mais qualifient de «fantaisistes» les noms des nouveaux ministres et, aussi, l’attribution des portefeuilles à chacun d’eux. «Cette question, assurent ces mêmes milieux, n’a même pas été effleurée lors de la dernière rencontre entre les présidents Hraoui et Assad».

VISITE (DISCRETE) D’UN EMISSAIRE SYRIEN

D’après des sources fiables, un émissaire syrien serait venu, la semaine dernière à Beyrouth dans le plus grand secret, pour transmettre aux responsables des messages de la direction syrienne, en rapport avec les derniers développements de la conjoncture régionale, à la lumière des menaces adressées par Israël au Liban. Cet émissaire spécial a, également, évoqué le problème de l’information audiovisuelle, en insistant sur la nécessité de parvenir à une solution de compromis.

ANNEXE AU DECRET SUR LA NATURALISATION

Selon des milieux informés, un décret concernant le nouveau groupe de naturalisés serait promulgué avant la constitution du futur Cabinet et le début de la nouvelle législature. Le projet de décret déjà mis au point, requiert les signatures des présidents Hraoui, Hariri et du ministre concerné, à savoir celui de l’Intérieur. Il n’a pas besoin d’être soumis, pour approbation, au Conseil des ministres. Ce décret rétablira l’équilibre au plan démographique et communautaire, la première fournée de naturalisés ayant favorisé des communautés déterminées aux dépens d’autres.

VERS L’ELECTION D’UN NOUVEAU MUFTI DE LA REPUBLIQUE

De sources officielles, on apprend qu’il serait question de procéder à l’élection d’un nouveau mufti de la République libanaise, en remplacement de feu cheikh Hassan Khaled, cette charge étant assumée jusqu’ici à titre intérimaire par cheikh Mohamed Rachid Kabbani. Tout indique que cheikh Kabbani serait confirmé dans cette charge. Et ce, à la suite de la normalisation des rapports entre Dar el-Fatwa et l’association islamique des «Ahbache» dont le chef, cheikh Karakira, a rendu visite à cheikh Kabbani durant la campagne électorale. Ceci a contribué à dissiper le froid qui caractérisait les rapports entre la haute instance sunnite et tous les dignitaires de la communauté.

ON DIT...

l Que des milieux gouvernementaux s’attendent que les élections municipales aient lieu au début du printemps prochain, toutes les raisons qui justifiaient leur renvoi ayant été éliminées.

l Qu’un leader en vue pense que la nouvelle législature et le futur gouvernement auront entre autres missions, de proroger de nouveau le mandat présidentiel qui avait été reconduit il y a plus d’un an jusqu’en 1998.

l Qu’un chef de file de la nouvelle Assemblée a mis au point le cadre sur base duquel il constituera son bloc parlementaire, sous forme de groupe ayant en même temps un caractère socio-culturel.

OPINION

LA CIVILISATION DE LA FIN DU SECOND MILLENAIRE…

Les Libanais peuvent se réjouir de l’état de leurs villes et villages, surtout de façon «géniale» dont certains se débarrassent des ordures et des détritus. Ces derniers sont devenus chez nous le summum des problèmes inextricables difficiles à résoudre, davantage que celui de l’audiovisuel lequel est remis sur le tapis, d’une manière qui ne laisse aucun doute sur l’avenir de ce secteur qui ne prête nullement à l’optimisme à l’ombre d’intentions malveillantes qui ne sont plus un secret pour personne, la démocratie et la liberté étant de plus en plus menacées. L’information peut être présentée sous différentes formes aux citoyens, le blanc étant transformé en noir et vice-versa… Quant aux déchets - et nous ne disons pas les déchets toxiques qui ont défrayé longtemps la chronique et fait couler vainement beaucoup d’encre - les déchets, disons-nous, ne peuvent être camouflés; même ceux qui s’ingénient à les brûler, ne peuvent leurrer les gens et affirmer que c’est un problème déjà résolu! Loin de l’environnement et des moyens à mettre en œuvre pour le protéger, nul parmi ceux qui se déplacent chaque jour, dans le secteur de Bourj Hammoud, ne peut échapper aux odeurs nauséabondes. S’il est permis de lire le titre de la civilisation à laquelle nous avons abouti à l’orée du troisième millénaire, dans les monticules d’ordures qui s’amoncellent à la bifurcation de toute ville et localité rurale ou au milieu des forêts et même à l’intérieur des réserves, il n’est nullement permis à ceux qui ont en charge de traiter le problème des déchets, de laisser le citoyen respirer ces odeurs putrides à nulle autre pareille. Dans toutes les régions libanaises des installations ont été mises en place et des réseaux pour débarrasser les villes et les villages des eaux ménagères. Ceux qui ont été inaugurés acheminent ces eaux vers la mer, sans doute pour engraisser les poissons. Voyez-vous à quel point les instances concernées se préoccupent d’assurer la nourriture jusqu’aux créatures marines! Mais les autres égoûts qui ne déversent pas dans la grande bleue, comment se débarrasse-t-on de leur sale contenu? Et est-il possible de les brûler? Que ces «génies» nous disent ce qu’ils envisagent de faire pour trouver une solution à un tel problème, sans donner encore la preuve de leur négligence et de leur insouciance. Car ils sont tenus d’assurer au citoyen un environnement propre et de le reposer de tant d’odeurs malsaines infestant l’air qu’il respire. Qu’on consacre donc, à cet effet, ne serait que quelques millions, à prélever sur les milliards affectés aux projets du développement et de la reconstruction.

NADIM EL-HACHEM.