LA CHRONIQUE
LA PAIX AU PROCHE- ORIENT MARCHE DE DUPES!
Certes, on ne saurait mieux traduire la politique mondiale à l’égard du Proche-Orient que par ces termes. Sous la houlette américaine, on n’a toujours pas trouvé une solution adéquate au sempiternel conflit israélo-arabe: les inimitiés refont surface. Sans compter les fameuses méthodes de la “dirty politic” (politique sale), pour laquelle tous les moyens sont bons pour abattre l’adversaire, y compris, l’incitation à la violence politique qui, malheureusement bénéficie d’une scandaleuse impunité internationale, à l’insu des peuples opprimés. Les procureurs généraux qui gouvernent la planète étant si peu accoutumés à respecter le droit des peuples à l’auto-détermination et à la liberté, incompatible, avec leurs intérêts, demeurent impassibles. L’ampleur de la corruption qui ronge les instances internationales, rend désormais insignifiantes les défaillances de la démocratie de cette fin de siècle, où la loi, la morale, la dignité et la justice n’ont plus cours.
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Le spectacle révoltant des dernières agressions israéliennes au Liban, à Jérusalem, à Gaza, témoignent non seulement de la brutalité mise en œuvre mais, aussi, de l’indifférence de la communauté internationale face aux atrocités perpétrées par Israël. Aucune condamnation, exceptée celle de la France étant la plus rigoureuse sur ce point, ne se fait entendre. Puisse l’appel du président Bill Clinton à une rencontre au sommet entre Benjamin Netanyahu, Yasser Arafat et le roi Hussein de Jordanie, - le président Hosni Moubarak ayant décliné l’invitation - venir à la rescousse d’une paix moribonde, depuis l’arrivée au pouvoir de Benjamin Netanyahu. Aussi, faut-il l’avouer en l’occurrence, qu’il n’y a jamais eu dans l’histoire, un seul pays de la taille d’Israël, pour lequel la moitié du monde, secondée par la superpuissance américaine, ne se soit mobilisée. A en croire certains observateurs, le Likoud et ses colistiers, ne veulent pas d’une certaine paix en échange de la terre, alors que la moitié des Israéliens sinon la majorité, clament le contraire. Toutefois, rappelons-nous dans quel état de crispation anti-arabe se trouvait l’opinion israélienne avant les accords de Camp David et la visite inopinée du président égyptien Anouar Sadate à Jérusalem. Pourtant, le parti du Likoud alors au pouvoir, Menahem Begin en tête, n’a pas trouvé grand peine à dissuader cette même opinion et à l’entraîner en faveur de la paix. Cependant, si l’on objecte que Benjamin Netanyahu n’est pas Menahem Begin, il faudrait s’attendre à une volte-face de sa part, en direction du processus de paix entamé par son prédecesseur Shimon Pérès. Les raisons ne lui manquent pas pour y arriver. L’actuel chef du Likoud, élu à l’arraché à la deuxième magistrature, avec les pouvoirs absolus que lui confère la Constitution, rompera-t-il aussi facilement avec les méthodes de la “dirty politic” dont on connaît l’origine, pour anéantir son adversaire arabe, advienne que pourra?
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Benjamin Netanyahu a beau faire des déclarations veloutées apparemment pacifiques, la paix, telle que nous l’entendons, ne peut avoir qu’une seule définition: Pour ce qui nous concerne, l’application pure et simple de la résolution onusienne 425 relative au retrait d’Israël du Liban-Sud et de la Békaa Ouest. Viennent ensuite, le retrait du Golan, le débouclage de Gaza et le reste des territoires occupés, le redéploiement, au plus vite de l’armée israélienne au-delà de Hebron, l’arrêt des implantations juives au cœur des quartiers arabes, la fermeture du tunnel traversant Jérusalem et la fameuse “route 60” réservée aux Israéliens, curieuse séparation de la circulation, selon les nationalistes sur les routes! Voilà pour l’essentiel. La paix implique, aussi, un statut international pour les Lieux Saints et un statut administratif israélo-arabe pour Jérusalem. Si Benjamin Netanyahu, obstiné tel qu’il est, demeure hostile à l’organigramme mentionné et irrespectueux des engagements pris par son prédécesseur Shimon Pérès, en faveur d’une paix juste et durable, tous les ingrédients sont prêts à raviver derechef une inimitié que l’on croyait révolue. La violence des faibles devrait à long terme lui faire peur! Cet ambitieux, très imbu de lui-même, venu du monde des affaires, a, cependant, rassemblé toutes les “droites”, les conservateurs, les faucons et les religieux chevronnés. Peut-il, à lui seul, faire échouer le processus de paix et inverser le cours de l’Histoire? D’ailleurs, Netanyahu, sait fort bien que l’avenir d’Israël et son essor économique sont intimement liés au processus de paix. Il y réfléchira à dix fois, avant de prendre des mesures draconiennes qui pourraient, non seulement entraîner la fuite des capitaux, mais une récession économique, fatale, à tous les niveaux. Après tout, Benjamin Netanyahu, est plus américain que tous ses prédécesseurs, cela étant, il veillera, avant tout, à sauvegarder l’alliance sacro-sainte avec les Etats-Unis. Ce sera l’unique choix pour lequel il a dû opter à Washington, face à Bill Clinton, à Yasser Arafat et au roi de Jordanie. L’avenir d’Israël et le sien devraient l’y pousser.
“Retenons simplement pour la morale de l’histoire, que les impasses politiques n’engendrent que la violence.”
(Charles De Gaulle)
José M. LABAKI.