D'UNE SEMAINE A L'AUTRE

MERAABI: PRIORITE AUX SOUCIS QUOTIDIENS…

M. Talal Méraabi, député de Akkar, estime que le futur gouvernement devra s’atteler, en priorité, à résoudre les problèmes qui se posent aux citoyens dans leur vie quotidienne. «Ceux-ci, ajoute-t-il, ne peuvent plus supporter les surtaxes et le relèvement des impôts qui grèvent leur budget familial. C’est pourquoi, les gouvernants sont appelés à se pencher sur ces problèmes et à leur accorder la même attention qu’à ceux en rapport avec la reconstruction». Le parlementaire nordiste insiste, d’autre part, sur la nécessité pour les responsables de s’en tenir au principe du «développement équilibré», sans privilégier une région aux dépens d’une autre.

LES CONDITIONS DE BAKHOS

M. Auguste Bakhos, ancien président de la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice, a posé comme condition à ceux parmi les «décideurs» qui proposent de lui confier un portefeuille ministériel au sein du futur gouvernement, de se consacrer à l’élaboration d’une nouvelle loi sur base de laquelle seraient organisées les élections municipales et à la concrétisation de la décentralisation administrative. «Mon étude d’avocat, dit-il, a plus besoin de moi que l’Etat, d’autant que les procès recommencent à y affluer en grand nombre depuis que je l’ai réintégrée après les législatives».

FADLALLAH ET SES CRAINTES

L’uléma Mohamed Hussein Fadlallah exprime ses craintes de ce que les élections législatives aient pour conséquence directe d’immobiliser davantage la vie politique. “Etant donné le caractère monochrome de la nouvelle législature, observe le dignitaire chiite, l’opposition étant pratiquement dans la quasi-impossibilité de se mouvoir de manière à faire entendre sa voix et prévaloir son point de vue, le jeu parlementaire ne peut s’exercer normalement”. Aussi, écarte-t-il toute possibilité de réaliser quelque changement à travers l’Assemblée nationale.

SURPRISE A PROPOS DE LA REPRE-SENTATION CHIITE?

Un député chiite ayant été réélu au Liban-Sud, prédit des «surprises» au plan de la représentation de sa communauté au sein du futur gouvernement. Ce parlementaire s’attend que des ministres chiites considérés par certains comme «inamovibles ou irremplaçables» seraient remplacés par d’autres pour des considérations qu’il n’a pas voulu révéler…

QUID DE LA CONSTITUTION DES COMMISSIONS PARLEMENTAIRES?

Un ancien membre de l’Assemblée s’attend que le choix des nouveaux présidents des commissions parlementaires des Affaires étrangères et de l’Administration et de la Justice, présidées jusqu’ici par MM. Amine el-Hafez et Auguste Bakhos, candidats malchanceux aux récentes législatives, posent un problème. Il s’agit, notamment, de savoir si la répartition des présidences au niveau des commissions s’effectue sur une base confessionnelle ou bien s’il est possible de les élire sans tenir compte des communautés dont se réclament leurs titulaires…

D. CHAMOUN: ADIEU, LIBERTES!

Déplorant la nouvelle loi régissant l’audiovisuel, qui a entraîné le musellement de maints moyens d’information ou la mainmise sur ce qui en reste, M. Dory Chamoun, leader du Parti national libéral, en arrive à conclure: “La politique du Pouvoir vise à débarrasser le Liban de sa principale spécificité à savoir son attachement aux libertés et, aussi, à modifier son visage au plan de la civilisation et de l’ouverture sur le monde”.

NEUF MINISTRES SERONT “SACRIFIES”...

Selon une source officielle fiable, neuf membres de l’actuel Cabinet ont peu de chance de faire partie du futur gouvernement, pour des raisons et des considérations que ces sources ne mentionnent pas. Il s’agit de MM. Stéphane Douaihy, Robert Ghanem, Kabalan Issa el-Khoury, Ali el-Khalil, Ali Hrajli, Pierre Pharaon, Nadim Salem, Anouar el-Khalil et el-Fadl Chalak...

TROIS DOSSIERS PRIORITAIRES

Trois dossiers préoccupent les gens du Pouvoir et figurent en tête de leurs priorités. Il s’agit de celui relatif au nouveau Cabinet à former après la démission du gouvernement actuel dès l’entrée en fonction de la nouvelle législature; du dossier concernant les questions devant figurer à l’ordre du jour des réunions du groupe consultatif issu de “l’arrangement d’avril”; enfin, du dossier de l’audiovisuel, en marge de la prochaine visite du président Jacques Chirac à Beyrouth.

BLACK-OUT SUR LES NOUVEAUX MINISTRES

Les hauts responsables évitent, actuellement, de se prêter au jeu des pronostics en ce qui concerne la composition de la prochaine équipe ministérielle. Et ce afin de ne pas provoquer des remous au plan politique et parlementaire, étant donné le grand nombre de ministrables. De plus, il est possible que la future équipe gouvernementale soit maintenue jusqu’à la fin du mandat (prorogé) du chef de l’Etat, jusqu’en septembre 1998.

VISITE REPORTEE...

La visite que le président Rafic Hariri se proposait d’effectuer à Washington début octobre, afin de participer aux travaux du groupe consultatif issu de “l’arrangement d’avril”, a été reportée jusqu’à la mi-novembre. En effet, l’attention de l’Administration américaine est accaparée par la situation inquiétante qui sévit en Israël et, plus particulièrement, dans les zones où est appliqué le régime d’autonomie.

VERS UN CABINET D’UNION NATIONALE?

Le Dr Pierre Daccache, député (élu) de Baabda, préconise la mise sur pied d’un gouvernement d’union nationale représentatif de tous les courants politiques. Le Dr Daccache est persuadé qu’un tel Cabinet peut seul sceller l’entente et, surtout, consolider la paix civile, tout en contribuant à raffermir la démocratie.

EN MARGE DU FUTUR CABINET

Un leader politique beyrouthin pense que la nomination des ministres du futur Cabinet ne posera pas de problème, contrairement à celui de la répartition des portefeuilles ministériels, de manière à préserver l’équilibre au double plan communautaire et régional. De plus, il écarte la possibilité de faire appel à des personnalités extra-parlementaires, si l’on excepte certains membres du gouvernement actuel, entre autres; MM. Fouad Sanioura, ministre d’Etat pour les affaires financières; Bahige Tabbara, ministre de la Justice et, peut-être, El-Fadl Chalak, ministre des Postes et Télécommunications.

WASHINGTON JUSTIFIE LES BOMBARDEMENTS ISRAELIENS AU SUD…

D’après des cercles diplomatiques occidentaux, de profondes divergences se seraient manifestées lors de la dernière réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu au Liban-Sud, qui s’est tenue au siège du commandement de la FINUL à Nakoura. Ainsi, le représentant des Etats Unis a pris le parti d’Israël, alors que les délégués libanais et syrien ont adopté une position antagoniste. Le représentant français a tenté, vainement, de concilier les points de vue. Car le porte-parole de l’Administration US au sein dudit comité a justifié les bombardements israéliens de certaines zones méridionales du Liban, en soutenant que «Tsahal» a agi en état de légitime défense, suite aux attaques de la résistance…

POUR UN TRAITEMENT URGENT DE LA CRISE SOCIO-ECONOMIQUE

M. Elie Skaff, député de Zahlé, revient à la charge pour réclamer avec insistance “l’étude des moyens d’améliorer la situation socio-économique, en mettant le doigt sur la plaie”. En ce qui concerne la future équipe gouvernementale, il souligne la nécessité d’assurer la représentation parlementaire au sein du Cabinet, de manière à rétablir l’équilibre au double plan national et régional. “De cette manière, soutient-il, la crise politico-socio-économique pourra être transposée de la rue et examinée sous l’hémicycle, dans le cadre de la liberté et de la démocratie sans lesquelles le Liban ne peut survivre”.

ON DIT...

Qu’une promesse a été faite à un candidat aux législatives s’étant désisté en faveur d’un autre, de lui confier un portefeuille ministériel lors de la formation du nouveau Cabinet, d’autant qu’il jouit d’une grande popularité dans sa circonscription.

Un ancien ministre «frondeur» s’attend au relèvement des taxes sur la plupart des services assurés par des organismes étatiques mais d’une manière progressive, «afin d’atténuer le choc qu’une telle décision produira sur les citoyens»...

Qu’un député élu ayant fait l’objet d’une demande d’invalidation de son mandat devant le Conseil constitutionnel, y a répondu en invoquant les mêmes faits consignés par son concurrent dans sa requête.

OPINION

POUR METTRE UN TERME A L’OPPRESSION DU CITOYEN!

On avait l’impression que tout était fait en vue de contraindre les citadins à quitter Beyrouth pour élire domicile dans la montagne. Mais il n’en est rien. Les taxes et impôts sous lesquels ploient les citoyens dans la capitale, surtout la taxe sur les propriétés bâties et d’autres encore, affectent aussi les habitants des régions montagneuses. Nous ne voulons pas y relever une mauvaise intention et une tentative de faire fuir les citoyens de la capitale et du littoral vers la montagne! On dirait qu’on ne cherche pas à les pousser vers les régions médianes, mais à les encourager à s’expatrier. Comme si le Liban était devenu exigu au point de ne pouvoir contenir tous ceux qui y résident! Ainsi, les Libanais seraient condamnés à émigrer, à l’effet de gagner assez d’argent pour acquitter les impôts et taxes, dans un pays où ils ont vu le jour et grandi, tout en jouissant de sa belle nature pour laquelle on les envie. Ils ont été victimes de ces envieux qui ont asséné des coups mortels à cette terre et l’ont déchiquetée, la privant de sa volonté et de son libre-arbitre! Oui, l’oppression est la décision prise... de même que la mainmise. Les “décideurs” ont dit, par exemple, à ceux qu’ils oppriment: “Vous devez payer le prix de l’électricité que vous avez consommée, quelle que soit la facture qui vous est présentée, sinon on vous prive du courant”. Ce langage, ils ne peuvent le tenir aux “vainqueurs”, partant du fait que c’est la règle de la vie, à savoir que les victorieux imposent leur loi aux vaincus. L’électricité dont les tarifs deviendront prochainement “astronomiques”, constituera un moyen pour “sucer” le sang des citoyens. Les percepteurs de l’O.E.L. effectueront des visites dans les maisons... des vaincus, naturellement et après avoir consulté les compteurs, établiront les factures sur base de la nouvelle tarification. Puis, ils prétendront que les abonnés n’avaient acquitté qu’une partie infime de leurs anciennes factures, parce que les percepteurs ne prenaient pas la peine de procéder à une vérification sur place et les factures étaient établies sur la base de chiffres arbitraires... Ce qui gonfle, énormément, le total à payer. Que pense de tout cela M. Mouhib Itani, directeur général de l’OEL? Accepte-t-il que l’abonné répare l’erreur commise par un fonctionnaire de l’organisme qu’il dirige? Quel est l’avis du ministre des Ressources hydrauliques et électriques: tolère-t-il de tels comportements au sein de son département et que le citoyen soit chaque jour opprimé davantage? Puissent-ils donner à ces questions des réponses convaincantes, de nature à dissiper le doute de l’esprit des citoyens...

NADIM EL-HACHEM.