LA CHRONIQUE
POUR EVITER LE PIRE
Et d’ajouter: “Ce qu’exigent les générations de l’an 2000, ce sont des valeurs et des repères, sans lesquels, une société n’existe pas.” Il ne s’agit pas ici de faire un procès à qui que ce soit, car personne n’a intérêt à jeter de l’huile sur le feu. Cependant, une prise de conscience s’avère impérative pour éviter le pire. Le baromètre, annonce un climat social orageux. Le manège des manif, et des sit-in, n’en finit pas de tourner à toute allure. Chaque mécontent voit dans ce genre de contestation une interprétation de son désespoir, peu lui importe les objectifs et les principes, l’essentiel est que l’on crie en son nom. Sans compter ceux qui, pour une raison valable ou moins valable, grognent, revendiquent, de l’aurore au couchant, dans l’attente d’un quelconque réconfort, peu importe, d’où il vient! Quand on discrédite tout ce monde, les troupes débandées, ne peuvent que recourir à l’affrontement. Problème “sui generis” du siècle finissant. Or, il est certain que si le gouvernement avait fait au départ, toutes les ouvertures nécessaires en direction du mouvement syndical et de ses nombreux associés sociaux, dans le secteur public et privé; s’il avait pris l’initiative de réunir autour d’une table ronde, les responsables des grandes centrales syndicales, il aurait assurément rendu fort difficile et quasi impossible, l’extension de la contestation sur tous les fronts, ce qu’il n’a pas su faire et dont il n’est peut-être pas convaincu. D’ailleurs, c’est devenu cou-tumier chez nous: pour n’avoir pas suivi les avertissements et les recommandations des experts en la matière, nos politiciens n’ont jamais pris les dispositions nécessaires pour remédier au mal de la fracture sociale. Rien de plus évident que le fait accompli. Le fossé qui se creuse quotidiennement entre le gouvernement et les partenaires sociaux, rend inévitable une réforme du statut social au Liban. Elle s’impose, aujourd’hui plus que jamais, étant, dans l’impasse la plus totale de notre histoire. Faute de pouvoir être surmontée à temps, par une véritable alternance démo-cratique, la situation risque à court terme, d’exploser. Il n’est dans l’intérêt de personne, de participer à cette dérive, à l’heure où le Liban affronte les défis régionaux et internatio-naux, sans escompter ceux du siècle à venir.
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Toutefois, le souci de la cohésion sociale, devrait l’emporter, sur toute autre considération. La plus qualifiée étant une négociation à cœur ouvert entre patronat et salariat, assistés par l’Etat, supposé être l’arbitre, ouvrant ainsi la voie à une concertation qui engagerait forcément toutes les parties. Il est dans l’intérêt de tous de ne pas brouiller davantage le panorama socio-économique, déjà assez brumeux; de ne pas amalgamer les problèmes dont souffrent les Libanais depuis plus d’un quart de siècle. La situation salariale, toutes fonctions confondues, forme un tout indivisible appelé “statut social” voire un pacte social, aux règles nettes et claires, capable de rassurer chaque citoyen sur le bon fonctionne-ment de la solidarité nationale, longtemps attendue. Le temps est venu pour les Libanais d’affronter auda-cieusement ce grand com-promis. Tous les acteurs en sont concernés pour assurer sa réussite qui contribuerait à une redistribution équitative des revenus. Ceci implique essentielle-ment, un engagement de toutes les parties en conflit. Aussi implique-t-il, une grande responsabilité professionnelle et syndicale à tous les niveaux. Il est vital pour le Liban du troisième millénaire, d’accélérer au plus vite, le règlement du problème social dans son ensemble (Santé, Services, Education etc), où seraient intégrés implicitement toutes les exigences d’un développement équilibré à l’air des temps à venir, appelé à devenir de plus en plus efficace, de plus en plus productif et de plus en plus innovant, frayant ainsi la voie à une nouvelle croissance, créatrice d’emploi, endiguant un chômage devenu alarmant. Alerte aux fossoyeurs qui pêchent en eau trouble qui n’étant pas en mesure de regarder en face nos faiblesses et nos atouts vont à la recherche d’un bouc émissaire! Le vent est-il à l’optimisme? Il est grand temps pour les Libanais d’avoir une vision de l’avenir, un souffle historique, pour ne pas baigner à nouveau dans l’irrationnel, au lieu d’aller à la rescousse d’un pays qu’ils ont tous combattu; de venir en aide à ceux qui peinent, de les orienter vers des critères réfléchis et conséquents. Tous ceux qui finissent par se ranger du côté du “fric et de la frime” sont, tôt ou tard, voués à l’échec. La “Paix sociale” s’impose aussi bien au Liban que dans le monde”.
(1) - Martine Aubry, attachée au ministère d’Edith Cresson et Pierre Beregovoy, fille de Jacques Delors.
“Nous vivons certes à l’air des conflits que nous ne savons pas gérer.”
Martine Aubry (1)
José M. LABAKI.