LES NOUVELLES FIGURES DU PARLEMENT
APPORTANT A LA CHAMBRE UNE VASTE EXPERIENCE ADMINISTRATIVE ET LEGISLATIVE
FAOUZI HOBEICH AMBITIONNE D’EXERCER SON MANDAT DE LA MEILLEURE MANIERE POSSIBLE
Ayant démissionné de la présidence du Conseil de la fonction publique, il accède au parlement riche d’une vaste expérience en matière administrative et législative, étant donné sa formation de juriste. Ceci a constitué pour lui un atout aux élections générales, ayant obtenu 73.905 voix. Il succède au siège parlemen-taire du Akkar à M. Mikhaël Daher, lequel a déposé un recours en invalidation du mandat de son concurrent direct, invoquant à l’appui de sa requête des preuves quant à “l’irrégularité du scrutin.”
J’AI TOUJOURS SEPARE LA FONCTION PUBLIQUE DE LA POLITIQUE
M. Hobeich ne cache pas qu’il aspirait à s’adonner à la politique qu’il séparait en permanence de la fonction publique, en ce sens qu’il a été toujours respectueux des lois et réglements en vigueur, agissant selon sa conscience sans aucun parti-pris.
- Qu’est-ce qui vous a incité à poser votre candidature aux élections législatives?
“Maintes raisons m’ont poussé à le faire: d’abord, ayant atteint l’échelon le plus élevé de ma catégorie, je n’avais plus aucune ambition dans ce domaine. Puis, je devais faire valoir mes droits à la retraite dans quatre ans. Enfin, la base populaire me demandait avec insistance de m’adonner à l’action politique, après les nombreux services que j’avais rendus à mes compatriotes”.
- Qu’apportez-vous de l’Inspection centrale à la Chambre des députés?
“J’apporte de la présidence de l’Inspection centrale et du Conseil de la fonction publique une vaste expérience sur le plan administratif. Ceci m’aidera beaucoup dans mon activité parle-mentaire, par rapport au contrôle de l’Exécutif, sans omettre mon expé-rience sur le plan législatif, d’autant que j’ai participé à travers mes fonctions, à l’élaboration de plus d’une centaine de projets de loi que la Chambre a ratifiés, ayant trait à l’administration, à la comptabilité et à la fonction publiques.”
LA DOUBLE MISSION D’UN PARLEMENTAIRE
- Après votre accession au parlement, quel est votre programme, d’autant que vous représentez une région connue pour avoir pâti de la frustration?
“Si nous vivions en Europe ou en Amérique, j’aurais répondu que l’action du député se limite à contrôler l’Exécutif et à légiférer. Malheureuse-ment, nous sommes dans un pays en voie de développement où le contrôle et la faculté de légiférer constituent la moitié de la tâche du député. La seconde moitié consiste en une action à entreprendre dans le domaine des services, surtout dans les régions défavorisées, comme c’est le cas du Akkar où la plupart des villages manquent d’eau, de téléphone, d’électricité et de routes. “En plus de cela, le citoyen demande des services personnels à son député et ceci constitue une partie de ses activités quotidiennes. D’ailleurs, avant même de commencer mon action à l’Assem-blée, les gens en grand nombre frappent à ma porte pour réclamer une aide ou un service déterminé. Si je ne leur donnais pas satisfaction, cela se retournerait contre moi. Il faut agir, car le plus souvent, le citoyen ne peut assurer son droit sans l’intervention du député ou d’une personne influente ayant des attaches auprès du Pouvoir.”
POUR UN BLOC A L’ECHELLE NATIONALE
- Comptez-vous coopérer avec vos collègues les députés nordistes, en vue de réaliser les projets dont votre circonscription a le plus besoin?
“Je tiens à assurer qu’aucune inimitié ne m’oppose à aucun député nordiste et de toutes les régions. Je suis l’ami de tous les membres de l’Assemblée et même de bon nombre parmi ceux à qui la chance n’a pas souri aux élections”.
- Préférez-vous faire partie d’un bloc restreint aux députés du Nord ou d’un bloc à l’échelle nationale?
“Il est préférable que le bloc parlementaire dont je dois me réclamer englobe toutes les circonscriptions. Mais il est prématuré d’en parler et il peut se faire que je fasse partie d’un groupe comprenant mes collègues nordistes”.
- Si les trois chefs de la liste dont vous faisiez partie aux législatives: Karamé, Frangié et Farès venaient à constituer un bloc parlementaire, duquel d’entre eux vous sentirez-vous le plus proche?
“Les trois sont mes amis. Peut-être vont-ils mettre sur pied un seul bloc et dans ce cas j’y adhèrerai tout naturellement, s’ils veulent bien m’y admettre”.
VOTERA-T-IL POUR BERRI ET HARIRI?
- Quel est votre candidat à la présidence de la Chambre?
“Attendons de connaître les noms des candidats afin de pouvoir établir une comparaison en connaissance de cause”.
- Voteriez-vous pour le président Berri?
“Oui, je lui accorderai mon soutien, surtout s’il n’y avait pas un concurrent de la même qualité”.
- Quelle est votre position envers le candidat à la présidence du Conseil?
“Pourquoi en parler maintenant? Adoptons l’attitude chère aux Anglais; Wait ans see”.
- Et si le président Hariri posait sa candidature à la troisième présidence?
“Le président Hariri est, également, mon ami et je suis fier de son amitié. Cependant, il est prématuré de s’étendre sur cette question”.
- Pensez-vous qu’un chef du gouvernement autre que M. Hariri pourrait réaliser le projet de la reconstruction ou bien s’agit-il d’un projet lié à sa personne?
“Il faut reconnaître que le président Hariri a eu le mérite d’entreprendre la reconstruction du Liban. Naturelle-ment, ce rôle il l’a joué en coopération avec les deux présidents, les Pouvoirs exécutif et législatif. Et comme dit le dicton: Une main seule ne peut applaudir. “Le président Hariri a réussi dans le processus de la reconstruction, mais il faut que cette dernière soit équilibrée et que le développement ne se limite pas à la capitale. Il doit s’étendre à tous les districts, le Liban-Nord en tête”.
- Vous attendez-vous à devenir ministre dans le futur Cabinet?
“Non”.
- Après votre victoire aux législatives, ambitionnez-vous d’accéder à la magistrature suprême?
“Dans la fonction publique, j’ai gravi les échelons par étape. La présidence de la République n’est pas dans mon esprit à l’heure actuelle. Tout ce qui m’importe aujourd’hui, en tant que député, c’est d’exercer mon mandat de la meilleure manière possible”.
LIBAN-SYRIE
- Comment concevez-vous les relations libano-syriennes?
“Je suis de ceux qui favorisent les bonnes relations entre le Liban et les Etats arabes, à commencer par notre plus proche voisin la Syrie, ces rela-tions avec elle devant être privilégiées, en raison du voisinage et des liens de parenté et autres qui rapprochent les deux peuples. “En revenant à 1975, au début de la guerre libanaise, nous constatons que la Syrie s’est tenue en permanence aux côtés du Liban. Ses troupes sont entrées en territoire libanais sous le mandat du président Frangié et elles ont joué un grand rôle dans le sauvetage des chrétiens. Ainsi, dans mon village (Kobeyate) qui était, alors, le théâtre de massacres, les Syriens sont intervenus pour mettre fin à ces massacres. Ils sont également entrés à Zahlé et dans d’autres localités, Bhamdoun notam-ment, pour y rétablir l’ordre, dans l’intérêt des chrétiens, des musulmans et de tous les Libanais”. Enfin, M. Hobeich se dit optimiste quant à l’avenir du Liban. “Je crois que les Libanais appartiennent à la race des géants, étant parvenus en un temps relativement court à reprendre leurs activités après leur dure épreuve pour édifier l’homme et la pierre. L’Allemagne a mis trente-cinq à quarante ans pour se relever au lendemain de la deuxième conflagration mondiale”.
(Propos recueillis par Hoda Chédid)