SATURNALES
RESISTANCE A OUTRANCE
Notre dieu est grand et l’argent est son prophète. “Essayez de les convaincre, disait Pierre le Grand. Si vous n’arrivez pas, essayez de les acheter. Si vous n’y arrivez pas, écrasez-les...” Tels sont les ordres de Pierre le Grand de Russie à ses sbires. Ceci se passait il y a trois siècles environ. Aujourd’hui, que voyons-nous au Liban? Une poignée d’incompétents, qui se pavanent comme des paons et veulent imposer à une majorité de citoyens leurs diktats. Supprimer “Télé-Lumière”, supprimer. “La Voix de la Charité”, supprimer “Radio-Alleluiah”. Voilà leurs dernières innovations pour museler l’Opinion. C’est ça la Démocratie au Liban. On commence par la censure et on finit par l’assassinat. A croire que ces audiovisuels flanquent la frousse aux autorités. Car ces TV et Radios ne chantent pas la gloire de ces nullités qui nous gouvernent, mais la Gloire du Très Haut. Ils se sont pris pour Dieu le Père et s’imaginent être nos nouveaux créateurs. Ils ont élevé quelques tours en béton et cru être les nouveaux prophètes, touchés par la Grâce. Les Libanais sont arrivés à un tel point de renoncement, d’abdication, de soumission qu’ils s’attendent que d’un moment à l’autre l’édifice craque. Car le dieu libanais, ses sbires et ses larbins ont créé une telle foire dans notre monde, dans notre société que nous nous sentons aller à la dérive et ne savons plus où et comment colmater les brèches. A croire qu’ils appliquent le “Après moi le déluge”, mais un déluge qui les emportera eux-mêmes s’ils ne prennent pas garde. “Résistance à outrance”, doit être le mot d’ordre. Nous garderons “La Voix de la Charité”, “Télé-Lumière”, et Radio “Alleluiah”, contre vents et marées! Gloria et Alleluiah!
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QUAND LE GOUVERNEMENT DEVALISE LE CITOYEN
«Il faut un minimum de bien-être pour croire en Dieu». Il faut un minimum d’argent pour avoir le sens civique. C’est pourquoi, le gouvernement crée des difficultés matérielles aux citoyens qui n’ont plus ni l’envie, ni la force, ni les moyens pour résister. Qu’est-ce la Liberté pour quelqu’un qui se débat dans les problèmes matériels inextricables? Allez parler à un citoyen de la Liberté de Presse, de la Liberté de l’Audiovisuel, quand il n’a pas les moyens de mettre ses enfants à l’école, de nourrir sa famille, de les habiller, de les soigner? Il vous répondra que la Liberté est un luxe qu’il ne peut se permettre. Et pourtant c’est la Liberté qui est à la base de tout. La Liberté de dire non à l’oppresseur. A celui qui bombarde le citoyen d’impôts indirects qui ne touchent que ceux aux revenus les plus faibles du pays: téléphone, eau, électricité, municipalité, transports etc… Si l’on doit énumérer le nombre des questions dont le Libanais devrait se plaindre, une revue entière n’y suffirait pas. Les dirigeants s’en moquent, s’en fichent et se contrefichent! Quand ils en ont assez, ils vont s’oxygéner sous d’autres cieux et le plus souvent aux frais de cette population indûment taxée. Mais l’horrible dans toute cette foire, le plus horrible de ce gouvernement, c’est qu’il n’hésite pas accuser d’être l’agent de l’ennemi, toute personne qui le critique ou qui ne l’approuve pas. C’est faire le jeu d’Israël, du sionisme international que de critiquer notre gouvernement, est la dernière trouvaille de ceux qui sont au pouvoir. L’odieux de cette mauvaise foi c’est qu’elle finit par donner mauvaise conscience à la bonne foi. Il faudrait rappeler aux citoyens libanais que «lorsqu’un imbécile fait quelque chose dont il a honte, il déclare toujours que c’est son devoir» (George Bernard Shaw).
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“MES INTENTIONS SONT SAINTES”
Pour terminer ces “Saturnales” sur une note plus gaie, je conterais ce qui suit et dont je me suis rappelée à la lecture des nombreuses promesses antérieures aux législatives libanaises faites par les candidats au Parlement. “J’ai fait toutes mes études primaires et secondaires, chez les “Dames du Sacré-Cœur”, un pensionnat français établi en fait sous le nom de “Société du Sacré-Cœur de Jésus”, fondation Sainte-Madeleine Sophie Barat et qui est une sorte d’homologue des Pères Jésuites pour jeunes filles. Mes compagnes et moi-même avons eu la chance d’être éduquées, instruites et suivies par, non seulement, d’excellentes religieuses pleines d’abnégation et de patience, mais surtout douées d’un grand sens de l’humour. Durant la “retraite” qui précédait la fête de Pâques, nous avions l’habitude de prendre et de rédiger des “Résolutions” pour toute l’année à venir, afin d’améliorer nos qualités morales, spirituelles. En classe de Première, la titulaire, la très regrettée Mère Isabelle Doutreleau décide d’organiser un concours pour stimuler nos ardeurs et donner l’exemple aux plus jeunes. Le résultat devait être proclamé dans la grande salle de fêtes devant tout le Pensionnat, les religieuses et les professeurs. Je rédigeais à la suite de quelques bonnes résolutions le quatrain suivant: “Mes intentions sont saintes J’y crois fermement Mais soyez sans crainte J’y manquerais certainement.” A la lecture de “Mes Résolutions” un éclat de rire général éclate dans la salle. Loin d’être punie, les Religieuses, me décernent le premier prix du concours doté de très beaux livres “en hommage” à mon honnêteté et ma lucidité. J’en rêve encore!
MARY YAZBEK AZOURY.