FACE A FACE CLINTON - DOLE

SUR LE RING TELEVISUEL

Les deux candidats faisant ensemble face au public.

La nuit du 6 octobre, Bill Clinton et Bob Dole se sont affrontés pour la première fois devant les caméras de la T.V. Au Q.G. de la campagne républicaine, les militants entretenaient peu d’illusion. Ce débat étant la dernière chance pour l’ancien sénateur du Kansas: 90 minutes pour réussir l’impossible. Face à Bill Clinton, il a vingt points de retard dans les sondages. Pour les experts, aussi bien que pour l’homme de la rue, l’élection est déjà jouée. Selon un sondage du Pew Research Center 79% des personnes interrogées sont persuadées que M. Clinton sera réélu. Face à un Clinton sûr de lui, Bob Dole a poli son image, s’étant débarrassé de son vitriol habituel et ayant adopté un ton beaucoup moins acerbe. Il en est résulté qu’au cours du premier duel télévisé de la campagne présidentielle américaine, ayant donné une nouvelle énergie au candidat républicain, le président Clinton a su éviter tous les faux pas et est resté le grand favori dans la course à la Maison-Blanche. M. Bob Dole a eu beau l’accuser d’être un homme de gauche, notamment en raison de sa politique économique.

Le débat en présence du modérateur.

Hillary, Chelsea et le président Clinton d’un côté.
De l’autre: Bob Dole, Elizabeth et Liddy.

“Cette élection, a-t-il martelé, se joue entre un homme de gauche déguisé et un conservateur adepte du bon sens.” Cet appel n’a pas empêché le ralliement du “Big Business” à Clinton. Celui-ci, la veille, dans le Connecticut avait reçu le soutien de plus de 2.500 hommes d’affaires, dont les PDG de 21 des 500 plus grosses entreprises des Etats-Unis, qui constituent cependant et en temps normal la clientèle privilégiée du parti républicain! A écouter certains politologues, les débats et même la campagne d’automne sont des manifestations inutiles. Depuis 1948, l’élection a toujours été remportée par le candidat qui arrive en tête dans les sondages du début septembre, en d’autres termes Bill Clinton. En tout état de cause et pour en revenir au débat lui-même, Bill Clinton n’ignorait pas que sa jeunesse, son débit rapide et son goût prononcé pour les chiffres risquaient d’offrir à Bob Dole le rôle du sage. Il faisait des efforts manifestes pour contenir son côté verbeux! Mais après quelques-unes de ses tirades, Bob Dole frisait la condescendance amusée; “Vous me rappelez mon frère, un beau parleur. Aussi, l’appelait-on le grand exagérateur!” Alors, sourire un peu crispé du locataire de la Maison-Blanche. On aurait pensé qu’un candidat jouissant d’une vingtaine de points d’avance dans les sondages, eût été plus “relax”. Ainsi, ce dimanche-là, la génération de Gary Cooper a croisé courtoisement le fer avec celle d’Elvis Presley. Ce qui a fait dire au journaliste anglais Martin Walker: “Difficile de les comparer... Ils vivent sur deux planètes différentes”. Conclusion: le débat n’a pas changé le rapport de force.

C.E.H.