D'UNE SEMAINE A L'AUTRE
DU NOUVEAU A ALEY
Les nouveaux députés d’Aley: MM. Antoine Andraos, Abdo Bejjani et Akram Chéhayeb sont tombés d’accord au cours de leurs réunions hebdomadaires, sur la constitution d’un organisme pour le développement ayant des branches dans les différents villages du caza. Les trois parlementaires croient pouvoir bénéficier des services assurés par le Conseil pour le développement du caza que préside notre confrère Mrad Khoury. Par ailleurs, des changements se produisent, progressivement, au niveau des clubs de la région. Ainsi, M. Tarek Jaber, ingénieur, a été élu président du club d’Aley, en remplacement de M. Fouad el Saad, ancien parlementaire dont le mandat a expiré. Fondé en 1973, ce club avait eu entre autres présidents: MM. Pierre Hélou, Fadlallah Talhouc, anciens députés de la circonscription. Fait à signaler: le club doit à M. Hélou un montant non inférieur à 5.000 dollars. Il est question, aussi, de réactiver la coopérative de l’olivier dont M. el-Saad assumait la présidence à titre intérimaire et dont la fondation remonte aux années 70.
NOUVELLE MISE EN GARDE DU CARDINAL-PATRIARCHE
Les visiteurs de Bkerké rapportent de leur entrevue avec S.Em. le cardinal Nasrallah Sfeir, des propos traduisant son mécontentement de la régression survenue dans la vie politique au Liban, disant que «celle-ci ne s’exerce plus dans le cadre démocratique». L’éminent prélat ne cache pas sa crainte quant à l’avenir du peuple libanais «qui est menacé dans sa liberté à laquelle il est fermement attaché». Aussi, appréhende-t-il des réactions violentes, conséquemment aux crises socio-économiques sous lesquelles ploie notre peuple.
PREPARATIFS DES ELECTIONS DU BARREAU
Les préparatifs des élections du Barreau pour le renouvellement du conseil de l’Ordre et le choix d’un nouveau bâtonnier battent leur plein. A cet effet, maintes manifestations mondaines sont organisées, dont la toute dernière, le dîner offert par Me Antoine Klimos, membre du comité exécutif du Bloc national, a eu lieu à l’hôtel «Marriott». Ayant fait son stage à l’étude du «amid» Raymond Eddé, Me Klimos est l’un des avocats qui briguent la succession du bâtonnier Cortbawi dont le mandat viendra à expiration en décembre. Parmi les autres candidats, signalons: Mes Michel Liane et Zaghloul Atieh, lequel avait posé sa candidature pour le bâtonnat au cours de l’avant-dernière bataille, mais à ce moment, deux de ses collègues: Mes Michel Khattar et Elias Hanna étaient en lice, le premier l’ayant emporté avec un léger écart de voix.
QUID DU «FRONT D’OPPOSITION» ELARGI?
Le «front d’opposition» élargi en cours de constitution sera rendu public, comme prévu, le 21 novembre prochain à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance. Le programme d’action de ce «front», son discours politique et les relations qu’il se propose d’entretenir avec des instances régionales et internationales, font l’objet de concertations entre les membres fondateurs, à savoir: le président Amine Gemayel, le général Michel Aoun, le «amid» Raymond Eddé et Dory Chamoun, leader du PNL. Le chef des Libéraux est retourné au début de la semaine à Paris, à l’effet de parachever les préparatifs en cours.
NAUFAL SE PREOCCUPE DE SA CIRCONSCRIPTION
M. Emile Naufal, nouveau député de Jbeil, pense qu’il est difficile pour les parlementaires maronites de s’entendre, ceux-ci étant tous ou presque ministrables. De toute manière, il tient à ce qu’un portefeuille ministériel soit confié à l’un des trois députés de sa circonscription. M. Naufal rappelle ce qu’il ne cesse de dire, à savoir que Jbeil a besoin d’un certain nombre de projets à exécuter d’urgence, notamment ceux concernant les routes, les égouts, l’eau, les hôpitaux et dispensaires, l’électrification et les incinérateurs, surtout dans les localités du caza n’ayant pas de municipalité. M. Naufal se propose, d’ores et déjà, de procéder au percement ou à l’élargissement de deux routes, celles reliant Hébaline à Tartèje et le tronçon de la route allant de Annaya à Akoura, en passant par Ehmej et Laklouk.
BOUEZ NE DESESPERE PAS DE L’ONU
En recevent les diplomates accrédités à Beyrouth, le chef du palais Bustros met l’accent, en permanence, sur la nécessité d’appliquer les résolutions des Nations Unies relatives au Liban-Sud, résolutions qu’Israël refuse de mettre en application. Le ministre des Affaires étrangères ne désespère pas de voir l’organisation internationale contraindre l’Etat hébreu à se plier à ces résolutions notamment la 425 qui lui fait obligation de retirer ses forces d’une manière inconditionnelle des portions du territoire libanais qu’elles occupent illégalement, depuis plusieurs années. Le chef de la diplomatie observe que le comité de surveillance du cessez-le-feu issu de “l’arrangement d’avril” a, pour la première fois depuis vingt ans, fait assumer à ”Tsahal” la responsabilité directe de ses raids perpétrés sur les populations civiles. Le comité a pu établir que les attaques du “Hezbollah” contre les positions israéliennes n’étaient pas entreprises à partir des villages sudistes.
CLIMAT ENFIEVRE A BAABDA...
Les visiteurs du palais de Baabda font état, ces temps-ci, de “l’insatisfaction” du chef de l’Etat quant à la situation interne et vont jusqu’à dire que “le président Hraoui pourrait se joindre aux opposants pour critiquer tout ce qui est anormal et transgresse les lois ou règlements en vigueur”. Ces mêmes visiteurs rapportent que les concertations de la “troïka” ont pour but de déblayer le terrain des obstacles qui entravent la formation d’un nouveau Cabinet digne de ce nom, représentatif de tous les courants politiques, afin de rendre possible la réalisation de l’entente et de consolider la paix civile. Il va sans dire, observent les milieux proches de Baabda, que le problème de l’audiovisuel et les scandales financiers, surtout au ministère des Finances, ne contribuent nullement à assainir l’atmosphère et, surtout, à normaliser la situation aux plans politique et socio-économique...
VISITE PEU REUSSIE DE HARIRI A BKERKE
La déclaration faite par Mgr Roland Aboujaoudé, vicaire patriarcal maronite, à l’issue de son entrevue vendredi dernier avec le chef de l’Etat, laisse penser que la visite effectuée par le président Rafic Hariri à Bkerké, la semaine dernière, n’a pas été un succès total. De fait, le chef du gouvernement prétend avoir réglé le problème des stations radiophoniques et de télévision religieuses avec le cardinal Sfeir. Cependant, Mgr Aboujaoudé a reconnu que “la question de l’information religieuse a été réglée... mais l’Eglise a des réserves en ce qui concerne les médias politiques”. Et d’ajouter: “Nous tenons au principe et croyons nécessaire de respecter la liberté d’expression, raison d’être du Liban”.
SOIREE LABORIEUSE CONSACREE AU PROBLEME GOUVERNEMENTAL
Les conciliabules se précipitent entre les autorités, en prévision de la mise sur pied du nouveau Cabinet. Cependant, bien des obstacles compliquent la tâche des “décideurs”. Ainsi, le président Hraoui a dû en discuter durant le dernier week-end, aux fins de dissiper les divergences qui l’opposent au président Hariri quant à l’équipe ministérielle. De fait, les noms des “ministrables” ont été passés en revue, mais l’accord n’a pas été total autour de tous ces noms, d’autant qu’il importe d’obtenir “l’aval” du président Nabih Berri, lequel tient à attribuer des portefeuilles déterminés à sa communauté, si ce n’est à ses amis...
MALVERSATIONS ET “GUERRES POLITIQUES”...
Une source politique s’est arrêtée sur l’insistance des présidents de la République, de la Chambre et du Conseil à mener à leur terme les enquêtes menées sur les scandales financiers découverts au ministère des Finances et dans certains organismes officiels. L’affaire des malversations dans laquelle est impliqué un fonctionnaire des Finances continue à défrayer la chronique, d’autant que l’auteur de ce scandale court encore la prétentaine; seule sa conjointe a été arrêtée pendant deux jours “pour les besoins de l’enquête”, avant d’être élargie... Les milieux informés pensent que le fait de monter en épingle ces scandales, s’inscrit dans la “stratégie” de certains ministrables ou membres sortants du Cabinet qui croient avoir peu de chance de faire partie de la future équipe gouvernementale...
ON DIT...
- Qu’un membre du Barreau traitant de la chose publique au double plan local et international, pourrait remplacer un ambassadeur accrédité auprès d’une grande capitale.
- Qu’un ancien député du Mont-Liban estime avoir perdu deux choses fondamentales en n’étant pas parvenu à renouveler son mandat: la tribune à travers laquelle il s’adressait à l’opinion publique et l’immunité qui lui permettait d’exposer son point de vue avec plus de liberté.
- Qu’un groupement s’occupant d’un secteur en rapport avec le développement, ayant assuré ses services à plusieurs candidats aux législatives, dans l’espoir d’en cueillir le fruit, a été surpris de se voir contraint d’apporter des modifications au plan de son personnel du point de vue géographique et démographique…
EN RACCOURCI
- Le responsable de l’une des stations de télévision n’ayant pas obtenu de licence l’autorisant à poursuivre son activité, fait état d’une promesse qui lui aurait été faite de disposer d’une cinquième licence, si les stations n’ayant pas bénéficié d’une autorisation acceptent de fusionner pour former une société unique.
- Les milieux économiques s’attendent que les crédits additionnels qui seraient ouverts dans le budget 97, accroissent le montant du déficit, lequel dépasserait 10 pour cent à la fin de l’année.
OPINION
CORRUPTION ET CORRUPTIBILITE.
L’Etat promet de sévir contre l’auteur des malversations... N’a-t-il pas mis la main sur le voleur? Il est vrai que treize mois se sont écoulés depuis que celui-ci a commis son forfait. Mais c’est in extremis qu’on a découvert le pot aux roses.. Car Raafat Sleiman Haidar est, semble-t-il, très fort pour avoir pu faire la navette pendant plus d’un an entre Beyrouth et l’Egypte sans être inquiété. Il percevait l’argent du contribuable qu’il versait dans des caisses personnelles, la sienne et celles de ses complices, que Dieu nous en préserve! Le président Nabih Berri trouve étrange le fait pour le scandale d’avoir pu être camouflé pendant treize mois, alors que selon la loi en vigueur, un contrôle hebdomadaire doit être effectué au service des Finances réservé aux timbres fiscaux. Comment cela a-t-il pu se passer, alors que le ministre d’Etat pour les affaires financières, Fouad Sanioura prétend avoir l’œil sur son département? L’erreur d’un homme perspicace en vaut mille... Vous nous réclamez des comptes, M. le ministre, à propos de taxes ou d’impôts non acquittés, en nous chicanant le millier de livres. Comment n’avez-vous pas constaté que 3 milliards de livres avaient disparu de vos caisses? Et les intérêts des 143 milliards ne se montent-ils pas, justement, à près de trois milliards durant treize mois? Les projets en cours d’exécution nécessitent le débours d’importants crédits, mais les sommes sont dépensées par tranches de millions. Puis, elles augmentent ou s’amenuisent selon la nature du projet, l’importance de l’entrepreneur, sa position et, aussi, les parts qu’il importe de distribuer... Dans ce cas, le vol est “légalisé” alors que les malversations sont autre chose, car les montants extorqués sont pris dans leur totalité, sans que le bénéficiaire donne quoi que ce soit en contre-partie. S’il est vrai qu’il a perpétré ses malversations avec préméditation sans avoir de complices, Raafat Sleiman Haidar est-il un “modèle” peu ordinaire chez nous? Est-il possible qu’il ait agi seul sans qu’un gang organisé puisse être impliqué dans cette affaire? Cherchez minutieusement et vous trouverez bien d’autres émules au voleur des Finances et, peut-être des réseaux en bonne et due forme qui s’ingénient à subtiliser les deniers publics. Nous ne parlons pas des ronds-de-cuir qui rançonnent les citoyens en faisant monnayer les formalités qu’ils sont tenus d’accomplir. Ni des “courtiers de projets”, grands et petits, beaucoup parmi ces “héros” ayant bon dos, puisqu’ils sont couverts par des personnes influentes. Nous avons beaucoup rêvé de l’Etat de la loi depuis que le canon a cessé de tonner après Taëf... On a promis aux gens monts et merveilles, en plus de la démocratie et de la liberté. Toutes ces promesses se sont volatilisées; l’Etat de la loi, de la liberté et de la démocratie, ceux qui ont la haute main sur ses institutions et rouages juridico-administratifs s’arrogent le droit de déterminer les critères à leur guise et à leurs mesures, exactement comme cela s’est passé par rapport à la loi sur l’audiovisuel et celle sur base de laquelle les législatives ont été organisées. Peut-on oublier, aussi, l’épuration visant soi-disant à réformer l’administration et quelle réforme! C’est une honte que la corruption et la corruptibilité sévissent chez nous, sans qu’on s’emploie à débarrasser l’Etat des éléments corrompus et de leurs acolytes.
NADIM EL-HACHEM.